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L'Autopilot de Tesla sous enquête

Par Alain McKenna
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L’Agence américaine de la sécurité dans les transports (NHTSA) a ouvert une enquête il y a dix jours afin de déterminer si le système Autopilot de Tesla, présent sur 765 000 véhicules aux États-Unis, est réellement sécuritaire. Et si ce n’était qu’un problème de vocabulaire ? Tesla sauverait-elle des vies en rebaptisant son Autopilot ?

Ce système se caractérise par un haut niveau d’autonomie dans sa conduite : la personne derrière le volant peut laisser le véhicule s’occuper de sa vitesse et de son comportement routier sur de longues portions de route. L’Autopilot peut aussi changer de voie de façon à peu près autonome, dans certaines circonstances.

Appellation non contrôlée

Mais de là à lui confier la conduite complète du véhicule, il y a un pas que ne recommandent pas de franchir les spécialistes en sécurité routière, selon George Iny, directeur de l’Association pour la protection des automobilistes (APA).

Il rappelle d’ailleurs qu’aux États-Unis, le Center for Auto Safety conteste les appellations « Autopilot » et « Full Self-Driving », sous prétexte qu’elles induisent le public en erreur sur les capacités des systèmes.

« Tesla affirme [que ces systèmes] sont supérieurs à un conducteur humain quand on calcule le risque d’incidents aux millions de kilomètres parcourus. Selon nous, cette mesure relative entre un humain et une machine est insuffisante pour un dispositif ou une technologie de sécurité. On s’attend à ce que le dispositif soit totalement sécuritaire », dit-il.

Une voiture autonome et réellement sécuritaire ne sera pas sur la route avant encore quelques années, croit M. Iny. Des incidents impliquant l’Autopilot semblent résulter d’une difficulté à reconnaître de gros objets stationnaires – comme un camion pompier –, qui font entrave dans la voie devant le véhicule.

« J’imagine qu’avec le nombre d’incidents rapportés, Tesla va apporter des correctifs au niveau de sa programmation pour que le système réagisse mieux à l’avenir, poursuit le directeur de l’APA. Mais ce n’est pas encore un système entièrement autonome : le conducteur doit rester attentif. D’ailleurs, dans des essais menés par l’APA, les systèmes de guidage sur les véhicules de marque Hyundai, Kia et Genesis ont rivalisé ou étaient supérieurs au système de série sur les Tesla. À bord d’un véhicule Hyundai, le système alerte le conducteur après une minute s’il n’a pas au moins une main sur le volant et apporte des correctifs au guidage. »

L’Autopilot n’est pas un pilote automatique

L’Autopilot n’est pas inutile pour autant. Selon ce que rapportait il y a environ un an le patron de Tesla, Elon Musk, sans atteindre l’utopique modèle de conduite zéro accident dont rêvent la plupart des constructeurs d’automobiles impliqués dans le développement de systèmes autonomes de conduite, son Autopilot a le mérite de réduire de moitié les risques d’accident. C’est du moins ce que révèlent les statistiques de Tesla quand on les compare à la moyenne du parc automobile américain.

Sauf qu’après 25 accidents impliquant ce système, qui ont provoqué une dizaine de décès, les autorités américaines ont décidé de se pencher de plus près sur son rôle dans le cadre de ces accidents.

L’impact de cette enquête se fera sans doute sentir jusqu’au Canada, où un incident survenu l’an dernier en Alberta a fait la manchette jusqu’aux États-Unis en raison du contexte assez sordide dans lequel il est survenu : le propriétaire d’une Model S a été intercepté par la Gendarmerie royale du Canada (GRC) alors qu’elle circulait à 150 km/h sur l’autoroute tandis que son conducteur s’était assoupi derrière le volant.

Un porte-parole de la GRC avait alors critiqué la façon un peu trompeuse dont ces systèmes sont utilisés. « Bien que les fabricants prennent certaines mesures pour empêcher les conducteurs d’abuser de ces nouveaux systèmes d’aide à la conduite, il reste que ces systèmes ne sont que ça : des accessoires de sécurité. Ce ne sont pas des systèmes de conduite autonome et la responsabilité de tenir le volant demeure celle du conducteur », avait rappelé par communiqué Gary Graham, directeur de l’unité de sécurité routière de la GRC pour l’Alberta.

En d’autres mots : l’Autopilot, contrairement à ce que dit son nom, n’est pas un pilote automatique. Tesla a d’ailleurs récemment revu sa définition de l’Autopilot pour insister un peu moins sur son autonomie et un peu plus sur son niveau d’assistance à la conduite.

>> À lire aussi : Consumer Reports demande à Tesla de débrancher son pilotage automatique et Convertir les autos actuelles en véhicules autonomes, une solution d’avenir ?

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