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Vers blancs sur la pelouse: comment les contrôler?

Par Nathalie Kinnard
vers-blancs-pelouse Shutterstock.com

Les vers blancs se cachent sous le gazon, se nourrissent des racines et causent d’importants dommages à la pelouse. Nos conseils pour lutter contre ces infâmes bestioles.

Connaître l’ennemi
Prévenir plutôt que guérir
Zut, mon gazon est infesté! 
En août, passez à l’offensive!
À oublier

C’est la fin du mois d’août et votre gazon est desséché et jauni, mais seulement par endroits. Vous arrivez même à soulever des plaques de pelouse. Sécheresse? Que nenni! Vous avez sans doute des vers blancs. D’autres indices : la présence accrue d’oiseaux au printemps, surtout les étourneaux, qui piquent leur bec entre les brins d’herbe, ou encore la visite de ratons laveurs et de moufettes, si vous êtes en banlieue ou en campagne. En effet, les vers blancs font office de véritable festin pour toute cette faune. Vous avez besoin de preuves? Grattez et retournez la terre sous le gazon amoché, et vous trouverez les fameuses larves mal-aimées.

Pas de panique, cependant! Il est normal d’avoir quelques vers blancs sur votre terrain, et en cas d’infestation, il existe des moyens pour contrôler les dommages. Deux agronomes vous livrent ici leurs secrets pour mener la guerre aux vers blancs, et ce, bien avant que ces derniers ne dévorent votre pelouse!

Connaître l’ennemi

Les vers blancs sont des larves de coléoptères, principalement le hanneton européen et le scarabée japonais. Comme leur cycle de vie est d’un an, ces insectes sont prolifiques.

Les premiers hannetons européens adultes émergent autour du 1er juillet (ou un peu plus tôt, si le printemps est hâtif), s’accouplent et pondent leurs œufs. De leurs œufs éclosent des larves qui pénètrent dans le sol et commencent à se nourrir du gazon aux mois d’août et septembre, puis qui poursuivent leurs dégâts après l’hiver, au printemps.

Les scarabées japonais adultes arrivent généralement de 10 à 15 jours après leurs congénères européens. « Depuis 2014, le scarabée japonais migre de plus en plus vers l’est du Canada, note Marc Laganière, agronome consultant. Il a été observé pour la première fois dans la ville de Québec en 2020. » Ce bel insecte fait des ravages non seulement à l’état larvaire, mais aussi une fois adulte : il dévore le feuillage de nombreuses plantes ornementales!

Le hanneton européen adulte, quant à lui, ne s’attaque pas aux végétaux, mais on le trouve souvent dans les piscines, attiré par les lumières du plan d’eau ou du cabanon.

Prévenir plutôt que guérir

« Pour mettre toutes les chances de votre côté et éviter d’attirer les coléoptères, misez sur de bonnes pratiques d’entretien de votre pelouse », recommande d’emblée Marc Laganière.

En effet, plus un sol est pauvre et déséquilibré, plus il est vulnérable aux vers blancs.

Premier mot d’ordre, donc : changez la façon d’entretenir votre gazon.

Quelques conseils:

• Ne tondez pas le gazon trop court. Maintenez-le à une hauteur minimale de 8 à 10 cm (de 3 à 4 po), et ne coupez pas plus du tiers de sa hauteur. « C’est le conseil le plus important, selon moi », précise Marc Laganière. En plus de fournir de l’ombre, qui maintient le sol frais et empêche les mauvaises herbes de germer, un gazon long créera une barrière à la ponte des œufs et fera plus de racines.

« Les racines se développent peu quand on coupe le gazon trop souvent, ajoute la biologiste et agronome Micheline Lévesque. Une racine courte absorbe moins l’eau et les nutriments et se trouve tout le temps en situation de stress. » Résultat : le gazon devient alors moins fort.

Rangez votre râteau. Laissez au sol l’herbe tondue, ainsi que les feuilles d’automne, que vous pouvez broyer avec la tondeuse afin de nourrir le sol et le gazon en matière organique. « Les résidus de tonte renferment 85 % d’eau. Vous humidifiez ainsi naturellement le gazon et vous gardez les nutriments en place », détaille Marc Laganière. Si vous devez couper plus de 30 % de la longueur de votre gazon ou si celui-ci est humide, vous pourrez alors donner un petit coup de râteau pour éviter que la pelouse soit étouffée sous les accumulations à certains endroits.

Décompactez (aérez) le sol à l’aide d’une carotteuse mécanique pour laisser les racines se développer le plus profondément possible.

Nourrissez votre gazon avec modération. Donnez-lui un minimum de nutriments pour lui assurer une bonne croissance ainsi qu’une densification. Faites faire une analyse de sol par un laboratoire spécialisé et certifié pour corriger les problèmes d’acidité ou de déficits de certains éléments (phosphore, potassium, calcium, etc.), par exemple. Pour ce faire, vous pouvez faire appel à un centre de jardinage (à partir de 25 $ par échantillon) ou à un agronome (entre 40 et 50 $). Limitez néanmoins les engrais à haute teneur en azote. « Les excès sont à éviter, avertit Marc Laganière. Un apport trop généreux en d’azote envoie le signal au gazon d’arrêter de faire des racines. » Tournez-vous vers des engrais 100 % naturels, des algues ou de l’émulsion de poisson, comme le propose Micheline Lévesque, ou encore ajoutez du trèfle, qui fixe naturellement l’azote.

Épandez une fine couche de compost au printemps ou à l’automne. Cet amendement agit comme un probiotique relançant la machine biologique de la pelouse et stimulant la vie microbienne qui rend le gazon plus fort.

Arrosez peu souvent, mais en profondeur. Tout d’abord, évitez d’arroser la pelouse au printemps; il y a en effet déjà assez d’eau dans le sol qui provient de la fonte des neiges. En été, n’arrosez que lorsque c’est vraiment nécessaire, et faites-le alors suffisamment longtemps pour assurer un mouillage en profondeur. Si vous donnez de l’eau seulement en surface, le gazon ne développera pas ses racines, devenant ainsi plus vulnérable aux vers blancs. De préférence, arrosez le matin, avant que le soleil plombe, ou encore en soirée, pour limiter les pertes par évaporation et éviter de brûler l’herbe.

Variez les semences. Les vers blancs aiment tout particulièrement les racines de gazon de type pâturin du Kentucky, qui constitue la majorité des pelouses. La prochaine fois que vous semez, ajoutez donc un mélange de semences comprenant des espèces variées, comme les fétuques, le ray-grass (ivraie), le pâturin et le trèfle, une légumineuse moins prisée des vers blancs.

Attirez les alliés naturels. Installez une cabane à oiseaux et bannissez les pesticides chimiques tuant les insectes comme les fourmis et les vers de terre, qui aèrent naturellement votre sol.

>> À lire aussi : Comment aménager une pelouse écologique

Zut, mon gazon est infesté!

Malgré vos bonnes pratiques d’entretien, une partie de votre pelouse est atteinte ? Si les ratons ou les moufettes ont fait des trous, replacez les mottes retournées avant qu’elles ne s’assèchent, puis arrosez le gazon pour qu’il s’enracine de nouveau.

Si des plaques de gazon sont desséchées, retirez-les, bêchez et retournez la terre, ajoutez du compost et mélangez ce dernier en profondeur. Vers le mois de mai, semez du gazon contenant plusieurs espèces de graminées (et surtout du trèfle), maintenez le sol humide et ne tondez pas le gazon avant qu’il atteigne 10 cm (4 po) de hauteur. Si c’est nécessaire, semez à nouveau à la fin de l’été.

Pour empêcher les hannetons de pondre à nouveau, Micheline Lévesque vous suggère d’installer sur toute la pelouse une toile agrotextile qui laisse passer la lumière et la pluie, aux alentours de la mi-juin (si le printemps est chaud) ou au début juillet (si le printemps est frais). Pour éloigner le scarabée japonais, posez cette toile plutôt vers la fin juin ou au début juillet (si le printemps est chaud), ou vers la mi-juillet ou plus tard (si le printemps est frais). «Mieux vaut endurer une toile pendant un mois que de refaire la pelouse chaque année, d’appliquer des pesticides et de dépenser beaucoup d’argent », croit la biologiste.

En août, passez à l’offensive!

Pour éviter que votre problème de vers blancs persiste, ou encore si vous avez vent d’infestations dans votre secteur, traitez ou faites traiter votre terrain idéalement au mois d’août. À ce moment-là, les larves, plus petites et plus vulnérables, sont moins résistantes.

Les nématodes. Dans les centres de jardinage, vous trouverez des produits renfermant des nématodes, de petits organismes microscopiques qui tuent les vers blancs. « Pour être efficaces, ils doivent être appliqués dans la première quinzaine du mois d’août pour combattre le hanneton européen, et entre la mi-août et le début de septembre pour lutter contre le scarabée japonais, soit quelques semaines après la ponte des œufs. Au printemps, les températures sont souvent trop froides pour les nématodes », dit Micheline Lévesque.

Suivez à la lettre les instructions d’application : journée nuageuse, et arrosage abondant avant et après, pour que le sol soit maintenu humide pendant au moins 10 jours. Selon la biologiste, les nématodes ne détruiront pas tous les vers blancs, mais ils contribueront à réduire les dommages qu’ils peuvent causer.

« Cette méthode, plutôt laborieuse, ne vient pas totalement à bout des vers blancs; son efficacité varie de 30 à 40 % », spécifie Marc Laganière.

Les bactéries Bacillus thuringiensis galleriae. De nouveaux produits à faible impact, ou biopesticides, sont désormais en vente dans les jardineries et les quincailleries pour lutter contre les larves de hannetons et de scarabées ou contre les scarabées japonais adultes. « Comme ces produits sont fabriqués à partir de bactéries, il faut que l’insecte en consomme pour mourir », explique Micheline Lévesque.

Pour venir à bout des larves, il faut appliquer l’insecticide biologique en arrosant le gazon en profondeur pendant leur période d’activité, en été. Évitez de faire le traitement au soleil, ce qui détruit les bactéries.

Pour tuer les spécimens adultes du scarabée japonais, vaporisez le produit sur le feuillage de vos plantes infestées, tôt le matin ou en fin de journée, à l’ombre.

Chlorantraniliprole (en dernier recours). Il s’agit d’un insecticide chimique, mais il ne fait pas partie de la famille des néonicotinoïdes, lesquels sont toxiques pour les abeilles. « Il ne peut être appliqué que par une entreprise d’entretien de pelouse, si votre municipalité le permet », prévient Micheline Lévesque. On le trouve notamment dans le produit commercial vendu sous le nom d’Acelepryn.

« Ce produit de nouvelle génération permet de faire un reset [une remise à zéro] et de limiter l’apparition d’une éventuelle infestation l’année suivante, décrit Marc Laganière. Il doit être appliqué au mois de juin et il fait effet jusqu’en septembre. » À souligner : nul besoin de faire ce traitement tous les ans. Les entreprises le recommandent généralement quand il y a des infestations en cours dans une région.

À oublier

L'imidaclopride. Depuis mars 2019, ce pesticide de la famille des néonicotinoïdes, dont est constitué notamment le produit commercial vendu sous le nom de Merit, est interdit d'utilisation sur les pelouses résidentielles au Québec, autant pour les entreprises d'entretien de pelouse que pour les citoyens.

La perméthrine. Cet ingrédient insecticide, trouvé dans des produits offerts sur Internet ou dans les grandes surfaces, est un neurotoxique. Il n’est pas homologué pour une utilisation contre les vers blancs au Canada. Par ailleurs, comme le signale Micheline Lévesque, il est particulièrement nocif pour les chats et les enfants.

Les recettes maison. « Souvent, ça ne marche pas, avertit Micheline Lévesque. Par exemple, pour tuer les vers blancs avec une solution savonneuse, ils doivent tremper dedans un bon moment, ce qui ne se produit pas quand on arrose la pelouse avec de l’eau et du savon. »

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  • Par JOSEPH KACHAMI
    13 Mai 2016

    Ayant 2 jeunes enfants, j'ai refusé d'utilisé les produits comme le Merit (qui sont, soit dit en passant, interdits en Europe). J'ai trouvé une recette maison (mais avec du End All) sur le site "planete ecolo". Je l'ai testé et j'ai réussi à éradiquer une infestation!!
    Voici la recette: 250ml de END ALL, 250ml de vinaigre blanc et 250ml de savon à vaisselle au citron.
    Le tout mélangé dans un pulvérisateur à pression (40$ en quincaillerie). On Vaporise sur le gazon et voilà!!

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  • Par JOSEE CHARPENTIER
    26 Juin 2015

    Je n'ai plus de gazon, j'ai du thym serpolet (c'est un couvre-sol vivace et c'est merveilleux! Je n'ai plus de vers blanc, je n'ai plus besoin de tondre (plus de pétrole, ni de pollution), je n'ai plus besoin de faire arroser avec des pesticides et des engrais chimiques pour les mauvaises herbes, ce qui est mieux pour les enfants. De plus, je ne gaspille pas d'eau potable car ce couvre-sol aime le sol sec, ce qui sera un plus lorsqu'il y aura des compteurs d'eau.

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  • Par DANIEL DOWNING
    18 Juin 2015

    Non mais ! L’homo-sapiens nord-américain qui essai encore d'avoir des espaces inutile de pelouse comme autour des châteaux Anglais, sauf qu'ici on n'a pas encore comprit que la pelouse ça pousse pas chez nous. Mais on continu à la mettre "sous respirateur" avec l'intraveineuse, à la flatter. Avez vous pensé que les agriculteurs mettent moins d'effort par mètre carré pour produire de la nourriture. Laissez pousser le trèfle, la potentille et tout les autres couvre-sol mais pas le gazon, c'est une erreur d'urbanisme monumentale en Amérique et vous alimentez encore ce culte stupide. Je viens d'une autre planète, maintenant j'en suis sûr.

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  • Par Marc Labelle
    03 Juillet 2015

    Si vous achetez des nématodes, NE les achetez surtout PAS au Centre de jardin Brossard sur Grande-Allée, parce qu'ils les vendent 46.99 $ l'unité. On peut les acheter 32.99 $ l'unité chez Botanix Faucher à La Prairie, Canadian Tire ou Home Depot notamment. Dans le cas du Centre de jardin Brossard, ça ressemble a du vol de grands chemins... pardon, de Grande-Allée.

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  • Par Étienne Gilbert
    18 Juin 2015

    Très intéressant. Je n'avais jamais pensé que les lumières extérieures pouvaient attirer ces satanées bestioles. À partir de maintenant c'est noir total dans ma cour !!

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