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Comment choisir un vélo à assistance électrique usagé?

Par Maxime Bilodeau
Comment choisir un vélo à assistance électrique usagé? Sandu Herta/Shutterstock.com

Se procurer un vélo électrique d’occasion n’a jamais été aussi facile tant l’offre est abondante. Encore faut-il être en mesure de reconnaître les bons plans.

L’engouement des dernières années pour le vélo à assistance électrique (VAE) favorise l’émergence d’un nouveau marché : celui de l’usagé. Une recherche rapide sur des plateformes de revente en ligne comme Facebook Marketplace permet en effet de trouver des dizaines de VAE aux quatre coins du Québec. Leur prix de 30 %, 40 %, voire plus de 50 % inférieur à celui d’origine – qui est plutôt élevé – les rend alléchants pour les petits budgets.

Derrière ces occasions en or peuvent cependant se cacher de désagréables surprises. C’est du moins la mise en garde que fait David Flipot, gestionnaires des opérations au sein du réseau de boutiques spécialisées Primeau Vélo. « Par exemple, on trouve beaucoup de VAE achetés durant la pandémie [de COVID-19], mais qui ont finalement peu roulé, relève-t-il. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, cela est problématique, car une batterie qui est peu utilisée tend à s’user prématurément. »

Distinguer le bon grain de l’ivraie est d’autant plus difficile que la batterie est à peu près impossible à évaluer à l’œil nu. « Pour avoir une bonne idée de son état réel, il faut plutôt la confier à un spécialiste, qui procédera à un diagnostic complet en atelier », affirme Abdelali El Khannouri, mécanicien vélo chez CycloChrome, un organisme à but non lucratif spécialisé dans la mécanique cycliste et la formation. Le coût à prévoir : environ 60 $.

Au terme de cette analyse s’impose parfois la nécessité de remplacer la batterie par une neuve. Or, à quelques centaines, voire plus de mille dollars l’unité dans le cas des plus onéreuses, c’est un pensez-y-bien… « Les économies réalisées initialement en se tournant vers le seconde main peuvent très bien y passer », prévient Rémy Leduc, directeur de succursales chez Bicycles Quilicot. Surtout si l’on rajoute à l’équation d’autres frais plus ou moins incontournables, comme ceux qui s’avèrent nécessaires à la mise au point mécanique.

À lire aussi : nos conseils sur l’entretien et sur l’achat d’une batterie de vélo électrique

Une offre à géométrie variable

Qu’ils soient pour la route, le gravier ou la montagne, tous les types de vélo se déclinent en version électrique. Pour certains segments plus nichés, comme le vélo-cargo, la quasi-totalité des modèles sont dotés d’un moteur électrique et d’une batterie rechargeable. En principe, il est donc possible de dénicher des VAE d’occasion peu importe la forme que prend votre pratique cycliste. Dans les faits, l’offre sur le marché de l’usagé se concentre surtout sur les vélos de ville et hybrides, assez répandus au Québec.

Ces vélos urbains à guidon droit et à la position relevée sont conçus pour rouler confortablement sur les pistes cyclables. Lorsqu’ils sont électrifiés, leur moteur se situe soit sur le pédalier (pour les modèles de moyen à haut de gamme), soit à même le moyeu d’une des deux roues (dans le cas des modèles plus bas de gamme). Flambant neufs, les premiers, de marques réputées (Giant, Trek, Specialized, etc.), sont vendus entre 2 000 et 4 000 $ en moyenne. Les seconds coûtent pour leur part moins de 2 000 $ – voire quelques centaines de dollars en grande surface – et leur marque est souvent inconnue, ce qui peut s’avérer délicat pour le remplacement de pièces, même lorsqu’ils sortent du magasin.

Les VAE perdent rapidement une grande partie de leur valeur. « Après 2 à 3 années d’utilisation normale, un VAE perd environ 50 % de son prix catalogue », précise Rémy Leduc. Cette forte dépréciation s’explique par l’évolution rapide des technologies, qui changent tous les trois ans environ; si bien qu’après le passage de deux à trois cycles, les technologies équipant un VAE sont probablement dépassées, ce qui signifie que vous devriez passer votre chemin. « Il devient difficile de se procurer des pièces de remplacement, même auprès des grands fabricants de moteurs électriques comme Shimano et Yamaha », souligne ce spécialiste.

Le cœur du système : batterie et moteur

Les experts consultés pour les besoins de cet article sont unanimes : la batterie est le composant déterminant dans la décision d’achat concernant un VAE qui a déjà servi. « Si elle est en mauvais état, autant la performance, la durabilité que la sécurité de VAE peuvent être compromises », avertit Abdelali El Khannouri. Le cas échéant, vous vous exposez entre autres au risque que la batterie prenne en feu pendant sa recharge, ce qui provoquerait un incendie.

Il existe deux façons complémentaires de déterminer l’état d’une batterie de VAE :

1- Demandez au vendeur de vous montrer ses factures originales d’achat et d’entretien, ainsi que ses statistiques d’utilisation. Ces dernières se trouvent dans la plupart des applications intégrées de VAE, comme eBike Connect de Bosch. Le but : dresser le « curriculum vitæ » le plus exhaustif possible du vélo, et donc de sa batterie par la bande. Cela vous permettra ainsi de connaître le nombre de cycles de charge effectués, un indicateur de sa capacité restante. À noter qu’une batterie vierge comprend généralement entre 500 et 1 000 cycles de charge.

2- Amenez la batterie dans un magasin spécialisé en VAE afin qu’un technicien réalise une analyse complète. Ce diagnostic nécessite d’ouvrir la batterie en vue de vérifier la présence de corrosion, de fuite électrolytique ou de chocs potentiels, ou les trois. Il implique également de brancher la batterie à un testeur électromécanique pour effectuer une évaluation de la résistance interne, de la capacité et du voltage initial. Ce test, qui prend de 1 heure 30 minutes à 2 heures, repose cependant sur la bonne volonté et l’implication du vendeur, avec qui vous devez préalablement établir une entente.

« Ce test simule l’utilisation normale d’une batterie, en cumulant par exemple les cycles de décharge et de recharge, résume Abdelali El Khannouri, de CycloChrome. Il donne notamment une bonne idée de sa capacité totale restante, exprimée en wattheures [Wh]. » Cela vous permettra d’en savoir plus sur l’autonomie du VAE, qui est corrélée à la capacité de la batterie, ainsi que sur l’usure de cette dernière. « Pour une batterie d’une capacité initiale de 700 Wh, une mesure de 600 Wh [soit une perte d’environ 15 %] est raisonnable. » Au-delà de 20 % de perte de capacité initiale, réfléchissez-y à deux fois.

Multipliez les questions auprès du propriétaire du VAE d’occasion. Par exemple, comment a-t-il entretenu et remisé la batterie du vélo? Pour connaître les meilleures pratiques, voyez notre article sur le sujet.

Par ailleurs, sachez que le moteur d’un VAE dûment entretenu s’avère rarement une source de problèmes, et qu’il ne perd pas de sa puissance. « À l’instar d’une voiture, il existe toutefois une limite de kilométrage au-delà de laquelle les problèmes sont plus fréquents, auquel cas la réparation du moteur d’un VAE est plus probable », indique néanmoins Rémy Leduc, de Bicycles Quilicot, qui estime ce seuil à entre 25 000 et 30 000 km. La présence anormale de bruits, de claquements ou de frictions lors d’un essai sur la route devrait à tout le moins vous alerter.

La périphérie : les composants mécaniques

Comme dans le cas de l’achat d’un vélo conventionnel usagé, lequel avance uniquement grâce à la force des jambes du cycliste, il convient de s’attarder aux composants mécaniques d’un VAE usagé. Sans représenter un facteur décisif, l’usure du système de transmission, des roues et des pneus, et ainsi de suite, peut malgré tout fournir des informations précieuses sur la manière dont le propriétaire a entretenu – ou non – le VAE dans son ensemble.

De manière générale, les composants mécaniques d’un VAE se détériorent assez rapidement. En cause : le poids supérieur du vélo, qui, combiné à la puissance du moteur, sollicite beaucoup la chaîne, la cassette, les freins à disque et même la suspension simple ou double, lorsqu’il y en a. Dans un tel cas, David Flipot mentionne que l’entretien de ce seul élément peut être « assez coûteux » (parfois plus de 200 $), et donc peser relativement lourd dans votre réflexion.

Pour sa part, Abdelali El Khannouri vous conseille de solliciter l’expertise d’une boutique spécialisée pour vous aider à vérifier l’état mécanique de votre éventuelle acquisition. Abordable (environ 30 $), cette évaluation peut en outre être réalisée en même temps que le diagnostic de la batterie, décrit plus haut. « Une paire d’yeux expérimentée pourra en outre détecter des détails subtils, comme un cadre fissuré ou déformé par un impact, indicateur d’un vélo accidenté », fait-il valoir.

Visiter votre atelier cycliste traitant se révèle aussi une bonne idée après avoir fait l'achat d’un VAE usagé. Une mise au point – même de base – et le remplacement de quelques pièces usées peuvent effectivement insuffler une seconde vie à votre nouveau vélo. « Pour 200 à 300 $, on s’assure que les vitesses passent bien, que la visserie est sécuritaire, que les freins à disque sont bien ajustés, spécifie Rémy Leduc. Il s’agit à la fois d’une question d’efficacité et de sécurité. »

Les risques et pièges fréquents

Les plateformes de revente en ligne sont, hélas, des lieux propices à l’écoulement de vélos volés. La meilleure solution pour ne pas se procurer malencontreusement un VAE dérobé consiste à consulter la plateforme Garage 529, sur laquelle il est possible d’effectuer des recherches selon différents critères, notamment le numéro de série. « Un VAE qui serait vendu sans batterie ou chargeur, ou les deux, doit éveiller les soupçons », insiste David Flipot, de Primeau Vélo.

Il en va de même si le propriétaire du VAE dit l’avoir bricolé pour, par exemple, supprimer la vitesse légale d’assistance de 32 km/h en vigueur en Amérique du Nord. En plus d’être illégale, cette pratique de débridage a pour effet de rendre caduques toutes les garanties qui couvrent le vélo, dont celles du manufacturier ou du magasin. Encore une fois, la sécurité s’avère ici un point crucial, le débridage facilitant les incendies de batterie. Un VAE dont la puissance nominale excéderait le seuil maximal de 500 watts est aussi hasardeux, car cela est prohibé dans le contexte québécois.

Vous le constatez : acquérir un VAE usagé est moins simple qu’il n’y paraît. Devant une telle complexité, il peut donc s’avérer judicieux de se tourner vers des programmes d’achat et de revente de VAE usagés mis en place par des boutiques spécialisées comme Primeau Vélo, Bicycles Quilicot et Mathieu Performance. Le principal avantage est celui de la paix d’esprit, car cela vous permet d’avoir des certitudes quant à la performance et la fiabilité de votre VAE, qui aura été correctement inspecté au préalable.

À lire aussi : Les meilleurs vélos électriques et Huit conseils à suivre avant d’acheter une bicyclette électrique

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