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Comment choisir un zoo qui respecte les animaux ?

Par Maxime Bilodeau Mise en ligne : 06 avril 2020  |  Magazine : mai 2020

zoo

Dans le contexte de la pandémie actuelle, plusieurs activités prévues pour cet été sont tombées à l’eau. Même si ce n’est pas le moment de parcourir le Québec, il n’est toutefois pas interdit de réfléchir à des activités familiales aux alentours, notamment les sorties dans les zoos et aquariums. Le Québec en compte près d’une quarantaine, mais tous ne traitent pas leurs animaux de la même manière. Apprenez à connaître les critères (types d’animaux en captivité, leur environnement de vie, etc.) permettant de faire un choix intelligent.

Geneviève Fortin-Boudreault se souviendra toujours de sa première et seule visite au Zoo de Falardeau, il y a quelques années. Ce jour-là, un employé a invité la petite famille de Québec à caresser des bébés tigres. « Sur le coup, nous étions très mal à l’aise. Nous avons informé nos enfants que ça ne se fait pas, qu’on ne cajole pas des animaux sauvages en captivité », raconte-t-elle.

Daniel Gagnon, propriétaire du Zoo de Falardeau, considère pour sa part qu’encourager les visiteurs à toucher à de jeunes félins est acceptable. « Les animaux y sont habitués et en sont très heureux», rétorque-t-il. Une position qui est loin de rallier tous les experts (voyez « Les animations : entre éducation et divertissement »). Par ailleurs, au moment de mettre sous presse en février dernier, le Zoo de Falardeau faisait l'objet d'enquêtes de la Sûreté du Québec et du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs concernant des allégations de cruauté animale.

Aujourd’hui,  Geneviève Fortin-Boudreault magasine les zoos qu’elle fréquente avec sa marmaille de deux, cinq et huit ans. Ses recherches l’ont menée à déterminer des établissements qu’elle juge plus vertueux que d’autres, « même si aucun n’est parfait », précise-t-elle. « Avec ses habitats construits de manière à ce que nous soyons de simples observateurs, le Zoo sauvage de Saint-Félicien nous semble très bon. Nous aimons bien le Zoo de Granby aussi, mais la présence d’animaux exotiques dans sa collection entre en conflit avec nos valeurs. »

Le Québec compte près d’une quarantaine de zoos et d’aquariums, mais ils ne sont pas tous égaux, confirme Rachel Léger, directrice intérimaire d’Aquariums et zoos accrédités du Canada (AZAC), un organisme sans but lucratif qui gère un programme d'accréditation au pays. « Même les établissements dument accrédités ne le sont pas tous », indique-t-elle. Un avis que partagent d’ailleurs tous les experts consultés pour ce reportage, même si aucun ne s'est risqué à nous pointer de « bons » et de « mauvais » zoos.

« C’est aux gens à se faire une opinion sur le sujet et à privilégier des établissements qui sont conformes à leurs convictions personnelles », résume Émilie-Lune Sauvé, responsable de campagne pour la division canadienne de la Humane Society International, l’un des organismes de protection animale les plus importants au monde.

Pour vous aider dans cet exercice, Protégez-Vous vous fournit des points de repères auxquels vous référer avant d'arrêter votre choix sur un établissement. 

Le permis, c’est la base

Pour fonctionner en toute légalité au Québec, un zoo doit détenir un permis valide du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP). Ce dernier garantit le respect des normes prévues par la réglementation en matière de bien-être des espèces sauvages gardées en captivité, en plus d’assurer la santé et la sécurité du grand public. Cette réglementation n’est pas un code de bonnes pratiques, mais bien un minimum auquel les propriétaires de tels établissements doivent se conformer. Lorsqu’un inspecteur du MFFP constate l'incapacité à s’y soumettre, cela entraîne des amendes qui vont de 250 $ à 750 $ pour une première infraction et de 750 $ à 2 200 $ pour les récidives.

Depuis la fin de l’été 2018, une nouvelle réglementation est en vigueur dans les établissements de la province, qui ont jusqu’à septembre 2020 pour s’y conformer. « Désormais, il y a davantage de critères mesurables à respecter », explique Frédérick Lelièvre, biologiste et chef à la Division de la biosécurité et de la santé des animaux sauvages du MFFP. Les dimensions d’enclos pour chaque espèce de même que des normes sur l’aménagement des habitats, sur les soins à dispenser et sur les conditions de garde y sont spécifiés. « Par exemple, les primates, qui aiment grimper, doivent impérativement pouvoir le faire à l’aide de branches, de modules », illustre-t-il.

Un pas de plus avec les certifications

Il existe plusieurs certifications privées réservées aux jardins zoologiques et aquariums en Amérique du Nord et dans le monde. Au Québec, la plus populaire, et de loin, est celle de l’AZAC (Aquariums et zoos accrédités du Canada) ; sept établissements sont accrédités dans la province, alors que 30 le sont au pays. Les établissements accrédités s’engagent à dispenser les meilleurs soins possibles à leurs pensionnaires et à déployer des efforts de conservation animale et d’éducation du public.

L’accréditation de l’AZAC, renouvelable tous les cinq ans, va donc bien au-delà du bien-être animal. « Un des principes qui guide notre évaluation est la santé financière des institutions : il faut que nous ayons de bonnes raisons de croire qu’elles sont assez solides pour fonctionner. Des finances trop précaires sont synonymes de mises à pied du personnel, de tâches bâclées... et de souffrance animale », indique Rachel Léger, directrice intérimaire de l’AZAC et ancienne employée du Biodôme de Montréal, où elle a œuvré pendant 30 ans.

Le hic? L’adhésion à ce gage de qualité est volontaire au Québec comme dans la majorité des provinces canadiennes, dont l’Ontario. Au Nouveau-Brunswick, cependant, il est une condition à la garde d’animaux exotiques. Les importantes sommes à débourser tous les cinq ans – pouvant aller jusqu’à plusieurs dizaines de milliers de dollars – pour les inspections, la mise à niveau des pratiques et infrastructures ainsi que la réalisation de projets de recherche expliquent en partie cet état de fait. « L’accréditation est parfois hors de prix pour un petit zoo de région. Cela ne signifie toutefois pas qu’il soigne moins bien ses animaux », précise Rachel Léger, qui est aussi détentrice d'une maîtrise en microbiologie vétérinaire. L’accréditation de l’AZAC constitue en ce sens un idéal vers lequel tendre, dit-elle.

D’autres critères vous permettent néanmoins de raffiner votre jugement.

Les animaux : indigènes ou exotiques?

On peut classifier les animaux sauvages en captivité en deux grandes catégories. D’un côté, il y a les animaux indigènes comme le loup des bois, l’orignal ou l’ours noir qui sont issus de la Boréalie. De l’autre, on trouve les animaux exotiques comme le lion, la girafe ou l’éléphant, des espèces qui proviennent de contrées dont le climat est différent de celui du Québec et du Canada. 

Selon Émilie-Lune Sauvé, de la Humane Society International, l’origine des animaux qui composent une collection constitue un critère de sélection pertinent. « La majorité de la faune exotique ne tolère pas bien nos latitudes nordiques. Cela est tout particulièrement vrai durant la saison froide, pendant laquelle elle doit s’abriter et vivre des mois dans des espaces intérieurs contraignants », fait-elle valoir. Au Québec, cela disqualifierait d’emblée des établissements comme le Parc Safari, le Zoo de Granby et le Miller Zoo, où on trouve maintes espèces exotiques. 

Toutefois, il faut savoir que le MFFP et l’AZAC balisent les normes d’aménagement des quartiers d’hiver afin que les dimensions et le confort y soient adéquats. Par ailleurs, certaines espèces, qu'elles soient indigènes ou non, s’adaptent moins bien à la captivité, rapporte une étude parue en 2011 dans la revue scientifique PLOS One. C’est notamment le cas des chimpanzés et des gorilles, qui sont plus susceptibles de développer des comportements stéréotypés, comme l’automutilation ou les balancements continuels. D’autres, comme l’orque (épaulard), ne devraient quant à elles jamais être maintenues en captivité, une condition très nuisible pour leur propre santé et qui les rend dangereuses pour leurs propriétaires et le grand public. Au Canada, une nouvelle loi interdit depuis juin 2019 de garder en captivité et de forcer la reproduction des baleines, des dauphins et des marsouins. Seuls deux établissements, soit le parc Marineland, en Ontario, et l’aquarium de Vancouver, en Colombie-Britannique, conservent cette permission en vertu d’une clause de droit acquis; ils n'ont toutefois pas le droit de se procurer de nouveaux animaux. 

>> À lire aussi: Comment choisir un anti-moustiques et Quand doit-on craindre les piqûres d'insectes?

Les habitats : sont-ils adaptés?

De tous les critères de sélection à prendre en compte, la qualité des installations est peut-être le plus important, estime Frédérick Lelièvre du MFFP. « Les habitats, c’est le nerf de la guerre. Même des espèces qui sont réputées inadaptées à la captivité s’en tirent plutôt bien dans des habitats bien construits et riches en stimulations de toutes sortes », affirme-t-il. Bien sûr, les milieux de vie varient beaucoup selon les espèces animales. Par exemple, il est tout à fait normal de retrouver plusieurs manchots royaux dans un même enclos, comme c’est le cas au Biodôme de Montréal, étant donné leur caractère sociable.

Pour vous y retrouver, Rachel Léger de l’AZAC suggère de vous attarder à des détails comme la propreté de l’enclos et son aménagement général. « Il y a des signes qui ne mentent pas. Quand l’habitat d’un animal consiste en un enclos de béton ceinturé de clôtures en broche, c’est un mauvais présage », met-elle en garde. Il ne faut toutefois pas monter aux barricades trop rapidement ; un peu de contextualisation auprès des employés du zoo s’imposent parfois, surtout lorsqu'il est question de l'apparence des animaux. « Les manchots muent une fois par an, et ce, aussi bien en captivité qu’à l’état naturel. Lors de cette période, ils perdent leurs plumes et peuvent sembler malades, ce qui n’est pas du tout le cas », décrit-elle.

Les animations : entre éducation et divertissement

Caresses dispensées à de mignons lionceaux, égoportraits avec des kangourous et balades sur le dos d’animaux exotiques constituent des moments mémorables pour votre petit dernier. Or, pour les principaux concernés, ces interactions peuvent représenter d’importantes sources de stress, surtout si elles sont répétées sur une base régulière. « Nous croyons beaucoup à la nécessité de garder une saine distance avec des animaux sauvages, affirme Émilie-Lune Sauvé de la Humane Society International. Concrètement, cela signifie qu’ils doivent pouvoir se soustraire au toucher, à la présence et à la vue du visiteur s’ils le désirent, ce qui implique des habitats configurés en ce sens. »

Rachel Léger nuance ce point. Selon elle, entrer en contact avec des humains est moins stressant pour certaines espèces que pour d’autres, comme les reptiles. « Pour [qu'il veuille] être caressé, on doit séparer un lionceau de sa mère à un très jeune âge, voire dès sa naissance. Tandis qu’un serpent, ou une grenouille, qui naît dans un œuf, a une nature plus compatible avec ce geste », analyse l'experte. Les animations qui impliquent des animaux sauvages devraient en outre aller au-delà du simple divertissement. « Il faut qu’il y ait une bonne raison pour les flatter, que ça conscientise les visiteurs aux enjeux de conservation auxquels fait face tel ou tel animal. Le zoo doit en plus passer des messages sur les écosystèmes en danger, sur les enjeux de survie de certaines espèces... », énumère-t-elle.

La science : une valeur ajoutée

Outre leur chapeau de site récréatif et touristique, certains zoos sont de véritables laboratoires vivants. En coulisse, à l’abri des regards des visiteurs, des scientifiques mènent une foule de projets de recherche afin de faire avancer les connaissances. Le Zoo de Granby, par exemple, alloue chaque année 1,5 % de son budget d’exploitation à des projets de conservation, comme celui du rétablissement de la tortue molle à épines, une espèce qui est menacée au Québec. « Il faut le voir comme une valeur ajoutée qui donne une bonne impression générale du zoo », indique Rachel Léger. 

Pour vous renseigner, consultez les sites web des institutions zoologiques, de même que celui de l’AZAC, afin d’obtenir des informations sur les collections animales, sur les projets de recherche en cours, ainsi que sur les orientations et missions de l’établissement. 

Mais pour une appréciation plus globale de la qualité d’une institution zoologique, Frédérick Lelièvre suggère d’interroger des amis ou des proches qui y sont allés ou en ont entendu parler. Comme le MFFP ne publicise pas les plaintes et constats d’infraction émis à l’endroit d’établissements délinquants, il est à peu près impossible pour le visiteur de les cibler avant sa visite. « Le mieux reste de se rendre sur place pour se faire sa propre idée », conclut-il. 

Établissements membres de l’AZAC

Zoos au Québec : 

- Aquarium du Québec (Québec) ;
- Biodôme de Montréal ;
- Zoo Ecomuseum (Sainte-Anne-de-Bellevue);
- Parc Omega (Montebello) ;
- Parc Safari (Saint-Bernard-de-Lacolle);
- Zoo de Granby ; 
- Zoo sauvage de Saint-Félicien.

Zoos en Ontario : 

- African Lion Safari (Hamilton) ; 
- Bird Kingdom (Niagara Falls) ;
- Cochrane Polar Bear Habitat ; 
- Little Ray’s Reptile Zoo (Ottawa et Hamilton) ; 
- Reptilia, Ripley’s Aquarium (Toronto);
- Parc et zoo de Riverview ; 
- Safari Niagara ;
- Science North (Sudbury) ; 
- Wye Marsh (Midland) ;
- Zoo de Toronto.

Au Nouveau-Brunswick : 

- Zoo de Cherry Brook (Saint-Jean) ;
- Zoo de Magnetic Hill (Moncton).

Pour porter plainte

Habitats insalubres? Pratiques préjudiciables? Pour le signaler au ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP), contactez la ligne SOS Braconnage :1 800 463-2191 ou [email protected].

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