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Comment cesser de fumer une fois pour toutes

Par Catherine Meilleur Mise en ligne : 09 décembre 2011  |  Magazine : janvier 2012

Brève - Grossesse : payées pour écraser

Nicorette, Habitrol, Nicoderm, Zyban, Champix­, accompagnement psychologique... Il existes de nombreux médicaments et méthodes pour aider les gens à cesser de fumer. Quelles approches sont efficaces? Nous faisons le tour de la question.

Selon un sondage mené en 2011 pour le compte de la Société ca­na­dienne du cancer (SCC), 72 % des fumeurs québécois envisageraient sérieusement d’écraser. Or, «le tabagisme est l’une des accoutumances dont il est le plus difficile de se défaire, mais peu importe l’âge, il y a toujours un bénéfice à cesser de fumer», dit la pharmacienne Annik Thériault, qui a collaboré au développement de la formation sur l’arrêt du tabac que l’Ordre des pharmaciens a offerte à ses membres.

Pourquoi est-ce si compliqué d’écraser? L’enquête de la SCC fournit des indices. D’abord, peu de personnes sondées se croient dépendantes de la nicotine, alors que, selon l’American Psychological Association (APA), de 80 à 90 % des fumeurs réguliers le sont. Ensuite, la plupart des répondants n’ont fait appel à aucune aide professionnelle.

Pourtant, selon les dernières études, une préparation adéquate et un soutien adapté sont aussi déterminants que le bon choix de traitement pour réussir à se défaire de cette toxicomanie. Et surtout, il faut être persévérant: de cinq à sept essais sont nécessaires, en moyenne, pour arrêter de fumer pour de bon.

Les 3 méthodes qui marchent pour cesser de fumer

Les études ont démontré que les fumeurs qui ont recours à une aide pharmacologique ont environ deux fois plus de chances d’écraser que ceux qui n’utilisent aucune aide. Une approche globale, qui allie un médicament sur ou sans ordonnance et un soutien psychologique, représente la combinaison la plus prometteuse. «Il n’existe aucune méthode miracle. Le fumeur doit, au départ, vouloir cesser de fumer, se motiver et se préparer. La médication est un ajout pour l’aider à ressentir moins de symptômes de sevrage et l’aider à apprendre à vivre sans tabac», explique la ­­Dre Michèle Tremblay, de l’INSPQ.

«Avant d’entamer un traitement, chaque fumeur doit évaluer à quel point il est dépendant de la nicotine sur les plans comportemental et physiologique», explique le Dr Marcel Boulanger, un pionnier de la lutte contre le tabac qui a tenu pendant 10 ans une clinique de traitement du tabagisme à Montréal. Selon lui, cette évaluation se fait mieux en collaboration avec un professionnel de la santé spécialisé en cessation tabagique.

1. Produits de remplacement de la nicotine

Ils sont vendus sous les marques Thrive, Nicorette, Habitrol et Nicoderm, et offerts sous diverses formes: timbres transdermiques, gommes à mâcher, pastilles, comprimés sublinguaux, vaporisateur nasal et inhalateur. Leur principal avantage? «Ils ne créent pas de dépendance et ne contiennent pas les 4 800 substances potentiellement nocives pour la santé présentes dans la cigarette», note la Dre Tremblay, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Avant de choisir, demandez à un pharmacien de vous guider pour le dosage, qui varie selon votre poids et le nombre de cigarettes à remplacer. Il pourra vous expliquer les contre-indications de chaque produit; par exemple, les timbres risquent de ne pas convenir dans les cas de troubles cutanés et la gomme n’est pas indiquée pour ceux qui souffrent de maladies buccodentaires sévères. «Les pharmaciens sont en mesure de s’assurer que le traitement n’interfère pas avec les médicaments que prend déjà le patient», ajoute Annik Thériault.

Un traitement dure généralement de huit à 12 semaines, mais il peut être prolongé jusqu’à six mois si nécessaire. Les aides nicotiniques sont remboursées par les régimes d’assurance médicaments public et privés, pourvu que vous obteniez une ordonnance d’un médecin ou d’un pharmacien qui, en vertu d’une ordonnance collective, détient le droit de prescrire ce type de médicaments. Seul l’inhalateur n’est pas remboursé, car son coût est plus élevé que celui des autres produits, sans bienfaits supplémentaires.

2. Médicaments «non nicotiniques»

Les deux produits qui se rangent dans cette catégorie sont remboursés par les régimes d’assurance médicaments public et privés. Étant donné qu’ils comportent des risques d’effets secondaires sérieux, dont la dépression, ils sont vendus sur ordonnance et nécessitent un suivi serré.

• Le bupropion à libération prolongée ­(Zyban) est un antidépresseur dont les propriétés antitabac ont été découvertes par hasard. Son mode d’action n’est pas encore bien compris, mais il pourrait agir sur le système de récompense du cerveau et donc sur la dépendance. Considéré comme un médicament d’exception par la Régie de l’as­su­rance maladie du Québec, le Zyban n’est couvert qu’à certaines conditions. Un traitement devrait durer de sept à 12 semaines, mais il peut s’étirer sur six mois dans les cas de forte dépendance. Ce médicament peut être combiné avec des substituts nicotiniques si le médecin le juge indiqué.

• L’autre option est la varénicline (Champix­). Développée spécifiquement pour traiter la dépendance au tabac, elle agit en privant le fumeur de la sensation agréable provoquée par la nicotine. Parmi tous les traitements pharmacologiques, «la varénicline aurait le taux de succès le plus élevé», précise la Dre Tremblay. Un traitement s’étire sur 12 à 24 semaines. Étant donné son mode d’action, le Champix n’a pas avantage à être utilisé de pair avec des substituts nicotiniques.

3. Accompagnement psychologique

L’approche privilégiée pour accompagner les fumeurs dans leur démarche est le counselling, une forme de thérapie axée sur le présent, qui vise à ce que le sujet s’aide lui-­même. «Plus l’intervention est prolongée, plus grandes sont les chances de succès», précise la Dre Tremblay. Le counselling peut se faire en personne ou par téléphone, de façon individuelle ou en groupe.

«On a la chance d’avoir au Québec des ­Centres d’abandon du tabagisme qui offrent ces services gratuitement», explique la nutritionniste Nadine Bonneville, qui a elle-même été associée à l’un de ces centres. «Les professionnels de la santé qui y travaillent sont formés pour la cessation tabagique, et puisque plusieurs d’entre eux sont soit nutritionnistes, infirmières ou kinésiologues, ils sont aussi outillés pour vous conseiller sur l’activité physique et l’alimentation.»

 Avant de jeter votre dernier paquet de cigarettes, assurez-vous d’être sur la bonne voie.

  • Évaluez votre degré de dépendance à la nicotine à l’aide du test de Fagerström.
  • Cernez le type de fumeur que vous êtes sur les plans psychologique et social. Par exemple, fumez-vous quand vous êtes stressé? Ou alors pour vous intégrer à votre groupe de collègues, pendant les pauses?
  • Prenez le temps de réfléchir, d’explorer le pour et le contre de cette décision.
  • Assurez-vous d’avoir une raison d’arrêter qui vous tienne vraiment à cœur et à laquelle vous pourrez vous raccrocher dans les moments plus difficiles.
  • Déterminez les obstacles potentiels et prévoyez des moyens concrets pour y faire face. Vous pouvez, par exemple, préparer une réponse advenant qu’on vous offre une cigarette.
  • Trouvez des ressources: consultez votre médecin ou votre pharmacien, prenez rendez-vous dans un Centre d’abandon du tabagisme (CAT).
  • Faites connaître à vos proches la façon dont vous souhaitez être soutenu. Un parrainage? Des encouragements? Une pression stimulante? De la discrétion?

>> À lire sur notre site: Comment choisir un psychothérapeute?

Des traitements controversés

«On ne possède pas de données suffisantes, consistantes et non biaisées qui permettent de dire que l’acupuncture, l’acupression, l’électrostimulation, la thérapie au laser et l’hypnose sont efficaces pour arrêter de fumer», affirme la Dre Michèle Tremblay. Protégez-Vous s’est tout de même rendu en octobre 2011, sous le couvert de l’anonymat, à la clinique d’hypnothérapie Archétype­, à la clinique d’acupuncture Cai et dans l’un des ­Centres Stop, tous trois situés à Montréal.

Dans les trois cas, nous avons obtenu des explications relativement détaillées au sujet des traitements. Par contre, au Centre Stop, la réceptionniste n’a pas voulu préciser quelle formation détenaient les «Thérapeutes-Laser­», se contentant de répondre qu’ils avaient tous une formation «en santé». Selon les informations reçues, l’acupuncture agirait sur plusieurs problèmes liés à la cessation tabagique (envie de fumer, stress, constipation, etc.) et le traitement serait ajusté à chaque séance en fonction de l’état du client. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le client reste conscient durant toute la durée de la séance d’hypnothérapie. Il est allongé et porte un casque d’écoute qui retransmet la voix du thérapeute sur fond de musique calme.

Le traitement au «laser doux» s’inspire de l’acupuncture: il consiste à envoyer sur différents points dans l’oreille un laser de faible puissance qui stimulerait les terminaisons nerveuses dans le but de rééquilibrer la production de neurotransmetteurs perturbés par le tabagisme. Selon Santé Canada, aucune thérapie de renoncement au tabagisme par le laser n’a été homologuée à ce jour. Et attention: «La loi québécoise sur l’acupuncture permet aux acupuncteurs d’utiliser un rayon lumineux comme le laser. Les Centres Stop et autres centres du genre ne sont toutefois aucunement des cliniques d’acupuncture», précise Guilhem Durand, syndic adjoint de l’Ordre des acupuncteurs du Québec.

Grosses promesses

Ni l’acupuncteur ni l’hypnothérapeute n’ont fourni de chiffres sur le taux de succès de leur méthode. L’hypnothérapeute a néanmoins précisé que de 10 à 15 % des gens étaient très réceptifs à l’hypnose, 80 % moyennement réceptifs et de 5 à 10 % réfractaires. Si le client n’est pas satisfait après six séances, l’hypnothérapeute recommande de se tourner vers une autre approche.

C’est au Centre Stop que les promesses sont les plus étincelantes. Selon le dépliant remis aux clients, le «Protocole Avancé Stop-Tabac exclusif aux Centres Stop» aurait un taux de réussite de 80 % après 12 mois, ce qui en ferait la méthode la plus efficace et la plus facile pour arrêter de fumer. Le tout appuyé par des statistiques mal interprétées sur le taux de réussite d’autres méthodes, tirées du New England Journal of Medicine. Ne vous fiez pas à la mention selon laquelle Protégez-Vous a rapporté cette étude en mai 2000: nos chiffres ne correspondent pas à ceux du dépliant!

Pas donné

Le traitement d’acupuncture proposé s’échelonne sur trois ou quatre semaines à raison de deux rendez-vous hebdomadaires; au total, on peut s’attendre à payer de 330 à 430 $. Pour l’hypnose, on suggère habituellement de trois à cinq séances hebdomadaires; facture totale: de 225 à 375 $.

Le traitement au laser doux coûte plus cher: à ceux qui ne fument jamais plus d’un paquet par jour, les Centres Stop proposent une séance à 564 $, alors que ceux qui fument davantage se voient suggérer deux séances étalées sur deux jours consécutifs, au coût de 769 $. Un suivi téléphonique, deux produits naturels et deux traitements d’appoint en cours d’année, si nécessaire, sont inclus dans les traitements au laser.

Fait notable: dans les trois cliniques, le personnel à qui nous avons parlé a insisté sur l’importance d’être décidé. « Il n’y a pas de mauvaise méthode pour arrêter de fumer, confirme la nutritionniste Nadine Bonneville. Certaines ont toutefois fait leurs preuves plus que d’autres. La ligne de conduite, c’est d’offrir un accompagnement à la personne afin de réduire les risques d’effets secondaires possibles et d’éviter qu’elle se démotive.» Sachant qu’il y a au Québec de nombreux Centres d’abandon du tabagisme qui offrent leur soutien gratuitement, le recours à des méthodes payantes se justifie difficilement!

Changer en trois temps
 
La dépendance à la cigarette comprend une composante à la fois sociale et psychologique non négligeable, puisque le geste est fortement associé à des moments agréables. Il existe toutefois des outils pour aider à mieux y faire face. Jean-François Villeneuve, psychologue en modification des habitudes de vie, propose un modèle de changement en trois étapes simples.
 
Réflexion. «Il s’agit d’explorer le pour et le contre. On peut faire une liste, un texte, un collage.» Pour que le changement tienne la route, le psychologue insiste sur l’importance de cerner les aspects négatifs. «La cigarette peut représenter une stratégie qui répond à certains besoins.» Elle permet aux uns de s’intégrer à un groupe d’amis, aux autres de prendre une pause, de se concentrer ou de simplement respirer! En être conscient, c’est déjà franchir un pas. «En identifiant ces besoins, on est en mesure de trouver d’autres moyens de les combler.»
 
Préparation. Une fois que la décision d’écraser est prise, il faut s’y préparer: trouver de l’information, du soutien, choisir la méthode qui nous convient, déterminer quels sont les obstacles qui peuvent se présenter et trouver des moyens pour s’adapter à sa nouvelle réalité. «Ça peut être aussi concret que d’aller s’acheter des carottes à grignoter dans les moments plus difficiles», note le psychologue.
 
Action. La troisième étape est celle du passage à l’action. «Il est important de préciser à ses proches le genre de soutien dont on a besoin. Certains fumeurs seront motivés si leur entourage exerce une certaine pression, et il n’y a rien de mal à ça. Par contre, d’autres préféreront recevoir des encouragements. Certains vont souhaiter le dire à plein de monde, d’autres à une seule personne.»

Jean-François Villeneuve aime bien l’idée de se trouver un soutien pour répondre à nos appels «911»: «On peut prendre l’engagement ferme avec cette personne qu’on la contactera en cas de tentation forte ou qu’on l’appellera dans les 24 heures suivant une rechute pour discuter des facteurs déclencheurs et des obstacles rencontrés». Cela dit, le psychologue insiste sur le fait qu’il ne faut pas se surprendre de rechuter, puisque «arrêter de fumer est un défi majeur», et il suggère de s’engager à faire un apprentissage à chaque rechute. «De cette façon, au lieu de s’éloigner de son objectif on s’en approche.»

En général, trois éléments vont contribuer à la réussite du passage à l’action:

• L’importance accordée au changement. «Il faut que la motivation vienne du cœur, qu’elle ait été longuement mûrie et travaillée», dit le psychologue Jean-François ­Villeneuve.
• La confiance. «On doit être allé chercher tous les éléments susceptibles d’augmenter son niveau de confiance, comme des connaissances ou du soutien.»
• Le choix d’un moment approprié. «Le meilleur moment, c’est celui qui fonctionne bien pour soi». Autrement, les pressions qui viennent d’autrui ne vous aideront pas à écraser si vous êtes dans une période de stress, par exemple.

Il faut aussi garder en tête que changer un comportement peut prendre du temps. Les adeptes de psycho-pop ont sans doute déjà entendu dire qu’il fallait 21 jours pour intégrer une nouvelle habitude. M. Villeneuve recommande plutôt de se donner de six mois à un an pour atteindre un changement d’habitude de vie durable.

Arrêter de fumer sans prendre de poids

C’est connu, écraser rimerait nécessairement avec engraisser… Mythe ou réalité? Selon la nutritionniste Nadine Bonneville, qui a été associée pendant trois ans au Centre d’abandon du tabagisme (CAT) de l’Institut universitaire de cardiologie et de pneumologie de Québec, il faut d’abord relativiser certaines données sur le sujet: «La majorité des gens prennent moins de 4,5 kg lorsqu’ils cessent de fumer. Mais étant donné qu’il y en a tout de même de 10 à 15 % qui prennent plus de 11 kg, ça fait monter la moyenne.» Et certaines personnes seraient plus à risque de se retrouver avec des kilos en trop: les Afro-Américains, les gens de moins de 55 ans, de statut socioéconomique plus faible, de même que ceux qui fument plus de 25 cigarettes par jour (un paquet).

«Chez les femmes, la peur de prendre du poids est la principale raison pour laquelle elles ne réussiront pas à maintenir leur cessation tabagique», confirme la nutritionniste. C’est donc, comme elle le souligne, un problème réel lorsqu’il est question d’abandon du tabagisme. Toutefois, il y a moyen de prendre les choses en main.

Pourquoi risque-t-on d’engraisser en écrasant?

Mme Bonneville l’explique par quatre facteurs. La possibilité qu’on ingère plus de calories. Ce phénomène peut s’expliquer de plusieurs façons, notamment par le fait que l’odeur et la saveur de la nourriture sont meilleures maintenant que les sens ne sont plus altérés par la cigarette. Il se peut aussi qu’inconsciemment on tente d’occuper autrement ses mains et sa bouche. D’autres processus physiologiques peuvent également intervenir: le temps où la nourriture reste dans l’estomac avant de se rendre dans l’intestin est temporairement accéléré lorsqu’on cesse de fumer, ce qui stimule l’appétit. Enfin, il faut savoir que la nicotine intervient sur les signaux chimiques du cerveau qui régulent la faim et la satiété, en supprimant l’appétit.

L’abandon du tabac provoque un retour à la normale du métabolisme de base, qui représente la quantité d’énergie que l’organisme utilise au repos. «Mais attention, ça ne le ralentit pas par rapport à ce qu’il devrait être normalement, c’est la nicotine qui l’accélérait», nuance la nutritionniste. Cesser de fumer entraîne un changement dans le métabolisme des lipides: ceux-ci seront moins bien convertis en énergie et donc davantage emmagasinés. Le quatrième point concerne les femmes, plus particulièrement celles qui surveillent beaucoup leur alimentation, puisqu’elles seraient plus susceptibles de perdre le contrôle de leur consommation de nourriture lorsqu’elles décident d’écraser.

Des solutions

«On évalue qu’une consommation moyenne de cigarettes, soit un paquet par jour, accélère de 4 à 16 % le métabolisme basal. La baisse du métabolisme de base à la suite de l’abandon tabagique pourrait expliquer pratiquement 40 % du gain de poids», fait remarquer Mme Bonneville. Compte tenu de cette composante, les thérapies de remplacement nicotinique peuvent aider à limiter les kilos lors du sevrage. Toutefois, puisque cette aide peut ne pas convenir à tous, il importe de bénéficier d’un bon accompagnement.

«Si l’ordonnance le permet, combiner les thérapies nicotiniques de remplacement peut donner de bons résultats pour limiter le gain de poids. Par exemple, quand on a une envie folle de fumer, on peut utiliser de la gomme et des pastilles contenant de la nicotine.» Mais pour éviter de dépasser la dose de nicotine à laquelle le corps est habitué, il est important que celle-ci soit calculée, précise-t-elle, autrement il y a un risque d’accroître sa dépendance. Et il faut savoir que, sans l’ajout d’un soutien professionnel, il n’est pas prouvé qu’à elles seules ces aides nicotiniques s’avèrent efficaces pour restreindre le gain de poids lors de la cessation tabagique.

Par ailleurs, «la littérature scientifique démontre que les conseils généraux n’ont aucun impact sur ce problème; ce qui fonctionne, ce sont les conseils individualisés», explique Mme Bonneville, qui recommande de consulter dès le départ, puisque le moment critique pour la prise de poids se situe en début de cessation.

Un bon plan

La première initiative devrait être d’aller voir votre médecin pour discuter avec lui de votre intention d’arrêter de fumer, pour qu’il puisse ajuster votre médication s’il y a lieu et qu’il vous prescrive le médicament de sevrage le plus approprié. Vous pourrez ensuite prendre rendez-vous dans l’un des Centres d’abandon du tabagisme du Québec, où travaillent notamment des nutritionnistes, des kinésiologues et des infirmières qui pourront élaborer un plan personnalisé.

Suivre une thérapie cognitivo-comportementale peut aussi être souhaitable, selon la nutritionniste. Comme son nom l’indique, cette forme de thérapie se penche non seulement sur le comportement, mais aussi sur les pensées, donc sur les facteurs moins tangibles. «Ce type de thérapie a obtenu des résultats concluants pour ce qui est de limiter la prise de poids en contexte de cessation tabagique.»

Un changement à la fois?

Cesser de fumer tout en veillant à ne pas prendre un kilo… est-ce trop s’en demander? De façon générale, les recommandations invitent à ne pas s’engager à changer deux ou trois comportements à la fois. «Les données se contredisent à ce sujet, dit Mme Bonneville. Par contre, celles-ci ne tiennent pas compte des strates de population ni des types de personnalité. L’idéal serait de faire des études qui considèrent ces facteurs, puisque certaines personnes performent beaucoup mieux lorsqu’elles combinent des modifications complémentaires. Ce qui nous ramène à l’importance d’un programme personnalisé.»

Les lignes directrices

  • Suivre les recommandations du Guide alimentaire canadien.
  • Manger les mêmes quantités d’aliments qu’avant de cesser de fumer; si on a besoin de manger plus souvent, diminuer la grosseur des portions aux repas pour, en bout de ligne, arriver au même.
  • Éviter de s’embarquer dans une diète restrictive.
  • Pratiquer de l’activité physique régulièrement et intégrer, si possible, des exercices de musculation afin d’augmenter sa masse musculaire pour accélérer naturellement son métabolisme de base.
  • Recourir à une aide pharmacologique adaptée à ses besoins.
  • Lorsqu’on a une forte envie de fumer, prendre de la gomme ou des pastilles contenant de la nicotine, si l’ordonnance le permet.
  • Viser graduellement à perdre cet automatisme de porter quelque chose à sa bouche.

Ressources utiles

Que penser de la cigarette électronique?
 
PAR CÉLINE MONTPETIT, 14 AOÛT 2014
 
La cigarette électronique est un dispositif dans lequel vous insérez une cartouche d’un liquide spécial contenant du propylèneglycol, de la glycérine et des arômes, avec ou sans nicotine. Vous inhalez, puis rejetez une vapeur qui ressemble à de la fumée de cigarette.
 
Est-elle légale ? Au Canada, seules les cigarettes électroniques sans nicotine sont permises, car elles ne sont pas visées par la Loi sur les aliments et drogues. Pourtant, Protégez-Vous a constaté en mai 2014 qu’il est facile de trouver des produits avec nicotine sur le Web et même dans les tabagies. La Dre Christiane Laberge, médecin généraliste et chroniqueuse dans les médias, s’inquiète de « l’absence d’encadrement dans la fabrication de la cigarette électronique pour protéger les consommateurs ». Aucune réglementation n’encadre l’étiquetage de ces produits ; ainsi, les fabricants ne sont pas tenus d’y inscrire la liste d’ingrédients. Résultat : des produits portant la mention « sans nicotine » en contiendraient tout de même, selon ce que révèlent des tests effectués par l’Université de Montréal et rendus publics par la Société­ canadienne du cancer en septembre 2013.
 
Est-elle dangereuse ? Tout comme Santé Canada, le ministère de la Santé et des Services­ sociaux du Québec déconseille, dans un communiqué publié sur son site Web, l’usage des cigarettes électroniques avec ou sans nicotine « jusqu’à ce que soient mieux compris les impacts de leur consommation sur la santé ». L’Institut national de santé publique du Québec a analysé plusieurs études afin de dresser un portrait de la situation. L’une de ces études, réalisée en 2010 par le Department of Environmental Health du National Institute of Public Health au Japon, mentionne que parmi les produits détectés dans la vapeur émise par certaines cigarettes électroniques se trouve du formaldéhyde, une substance classifiée comme étant cancérogène par le Centre international de recherche sur le cancer, en France, et par Santé Canada. Le Dr Martin Juneau, directeur de la prévention à l’Institut de cardiologie de Montréal, n’est pas aussi alarmiste : « Ce n’est pas un produit totalement sans risque, car il peut contenir des contaminants, comme la nitrosamine ou l’acétaldéhyde, mais à des niveaux beaucoup plus bas que ceux qu’on trouve dans les cigarettes ordinaires. Il est clair que c’est moins nocif que le tabac. »
 
Est-elle efficace pour arrêter de fumer ? « Aucune étude n’indique qu’elle est plus efficace que les timbres ou la gomme à la nicotine, souligne le Dr Juneau. Mais depuis mai 2013, j’observe que 60 % de mes patients qui utilisent la cigarette électronique [avec nicotine] arrêtent complètement de fumer en quelques mois. Une autre proportion d’environ 20 %, souvent les gros fumeurs, garde quelques cigarettes par jour. C’est un succès spectaculaire. » Le Dr Juneau figure d’ailleurs parmi les 50 scientifiques de 15 pays ayant fait valoir à l’Organisation mondiale de la santé que ces produits pourraient être parmi les innovations les plus importantes du 21e siècle en matière de santé. Il a également cosigné, avec 11 médecins et professionnels de la santé, une lettre ouverte publiée dans The Gazette en mars 2014 enjoignant à la ministre canadienne de la Santé, Rona Ambrose, d’autoriser la vente de la cigarette électronique avec nicotine au Canada. Parmi les arguments soulevés : seulement 10 % des fumeurs ayant entrepris une démarche traditionnelle pour arrêter de fumer y sont arrivés après un an d’essai. « La cigarette électronique marche bien, car elle imite la cigarette traditionnelle. Elle procure aux fumeurs dépendants le pic de nicotine qu’ils recherchent tant, ce qui n’est pas le cas avec les timbres », conclut le Dr Juneau. Vous voulez arrêter de fumer ? Consultez un médecin, qui saura vous guider vers la méthode la mieux appropriée à votre profil.

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Santé et alimentation

Commentaires 46 Masquer

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  • Par MARCEL TRUDEAU | 02 septembre 2014

    J'ai 65 ans et selon mes proches, j'étais la dernière personne sur terre qui arrêterait de fumer. C'était trois paquets par jour, j'achetais trois cartons à la fois et lorsqu'il restait 3 paquets, il y avait un début de panique, j'allais manquer de cigarettes........

    Je devais gagner $10,000.00, payer l'impôt et ce qui restait était mon coût annuel pour fumer. Une copine m'a prêté des timbres Nicoderm pour faire un voyage en avion, un collé sur chaque bras, en transit à Chicago, j'ai fumé 5 cigarettes en 15 minutes (Ca fait beaucoup de Nicotine).

    Quelques semaines après lors du retour au pays, j'ai acheté Nicoderme et ma motivation fut, (car j'écrivais dans mon agenda l'heure et le jour de l'arrêt) cela fait 3 heures que je n'ai pas fumer, cela fait 48 heures, cela fait d`jà 1 semaine, je serais bien fou de recommencer et c'est ainsi que j'ai arrêté de fumer le 25 octobre 2002, j'ai gardé en souvenir les timbres non utilisés et les cigarettes restantes de mon dernier paquet......Voila, bonne chance...

    MRT.

    Par JEAN-MARC CARON | 11 février 2016

    Bon courage mon ami et lâches pas! J'étais jeune (13 ans) lorsque j'ai commencer à fumer quoi que mon jeune entourage m'en offrait sous prétexte qu'on devenait un "homme". Pour faire comme mon père (décédé à l'âge de 42 ans), je fumais également la pipe. Mais dès l'âge de 19 ans, la respiration devenait de plus en plus difficile lorsque je patinais sur la glace et la santé en générale me signalait d'éventuel avenir sombre et difficile de ce côté. J'ai donc arrêté de fumer malgré mon entourage et savouré la victoire après un sevrage très difficile et je me suis mis à pratiquer presque tous les sports. Fini d'être obligé d'avoir un paquet de cigarette dans ma poche de chemise et fini la goût de fumer qui avait complètement disparu. Aujourd'hui, je savoure la bonne air fraîche. 65 ans je travail encore et toujours en pleine forme et je ne regrette à rien et je mord dans la vie.
    JM

    Par ANNE-MARIE OUELLET | 02 septembre 2014

    Je suis d'accord avec vous. Si on attend d'avoir une motivation à toute épreuve, on retarde notre arrêt éventuel. Je suis en période de sevrage actuellement avec des timbres et je me dis que chaque jour en est un de plus sans fumer. Et plus j'avance, moins c'est difficile. Quand j'ai commencé, je ne pouvais pas me passer de ma première et de ma dernière cigarette de la journée mais je ne me sentais pas coupable de le faire. Je n'étais pas très motivée et j'avais décidé de prendre mon temps. Maintenant, je peux mettre mon timbre (PHASE 2) juste après le déjeuner sans faire de crise de nerf! La motivation c'est un peu comme l'appétit qui vient en mangeant! C'est bon aussi de remplacer la cigarette par l'activité physique qui procure une satisfaction très semblable (endorphines). Bonne chance à tous les futurs ex-fumeurs!

  • Par Anne Falcimaigne | 19 août 2014

    Selon moi, on pose mal le problème en parlant de «volonté». C'est d'ailleurs culpabilisant (tu n'as pas de volonté!) et on n'a pas besoin de culpabilité quand on veut cesser une dépendance.

    Tout le monde «veut». Ce qui diffère, c'est la capacité à tenir bon sur une durée de plusieurs semaines voire mois : déranger les automatismes, devoir les remplacer par d'autres moins satisfaisants, supporter les effets désagréables du sevrage, tolérer les «downs» (qui vont s'accentuer) sans la béquille habituelle de la cigarette, être en plus vigilant avec la nourriture (ce qui demande un effort supplémentaire, alors qu'on est déjà au top de l'effort...).

    L'être humain n'aime pas souffrir, surtout longtemps, et il y a une souffrance inévitable à rompre une habitude, encore plus une dépendance. Ne pas s'attendre à ce que ce soit facile ou rapide est primordial...

  • Par Jean-François Caron | 18 juillet 2013

    Moi aussi j'ai arrêter de fumer grâce a ce livre:je le recommande souvent a certaines personnes et ma volonté grandissante de me délivrer de ce poison car l'entrainement intensif (boxe,arts martiaux) et la cigarette ne fait pas bon ménage:parlez-en aux athlètes...,J'avoue que l'auteur met en évidence des causes que plusieurs personnes ne pense pas alors que dans le fond un simple retour dans le temp comme quel était vos activités avant de fumer et L'hypnose comme le précise l'auteur a un pouvoir insoupsonné sur le subconsient qui permet d'agir de façon beaucoup plus éfficace que le conscient,moi pour ma part ce livre a été un précurseur pour moi vers l'auto-hypnose et depuis que je le pratique j'ai réussit a me délivrer de bon nombre de vices tel que tabac,alcool et drogue et m'orienter vers de saines habitudes de vie:excercices réguliers,manger naturel et simple,etc...,je dois préciser aussi que depuis 2 ans j'ai commencer a méditer et ça aussi a entrainer d'autres changement positifs

  • Par Jacqueline Pelletier | 17 janvier 2015

    J'ai arrêté de fumer il y a 27 ans déjà. Je fumais depuis l'âge de 14 ans et j'étais rendue à deux paquets par jour. Le soir, quand ma fille de 7 ans était dans son lit, je l'entendais tousser et je me sentais terriblement coupable. Je me suis inscrite à une thérapie de goupe qui s'appelait "Cig-Arrêt" au coût de 85$. Je me souviens qu'une copine de bureau avait ri de moi en me disant: ben voyons donc, payer pour arrêter de fumer. Il faut croire que la méthode était efficace. On avait un livre et il y avait des trucs à faire à tous les jours et à la fin du mois (et du livre) on arrêtait. J'ai même arrêté quelques jours avant tellement j'avais hâte. Mais je sais que c'est très difficile. Avant, j'avais fait plusieurs tentatives et je retombais tout le temps. Aujourd'hui, je n'ai même plus le goût et je trouve que ça pue terriblement. *** rires *** Ma mère me disait ça dans le temps et je ne la croyais pas. Elle avait raison. Quand on décide d'arrêter, il faut être convaincu que c'est le plus beau cadeau que l'on puisse se faire à soi. Ne pas tenter d'arrêter pour faire plaisir aux autres surtout, le faire pour soi.

  • Par Michel Loffredo | 23 août 2014

    Bonjour,

    J'ai cessé de fumer en mai 2005. Il ne s'agit que de le vouloir pour réussir.
    L'observation de ceux et celles qui doivent se proméner avec des bonbonnes d'oxygène, des trous dans la gorge et la perte d'une grande partie de votre qualité de vie sont des facteurs beaucoup plus efficaces que toutes le méthodes existantes.
    Par conséquent, ce n'est même plus une question de volonté mais seulement de voir la réalité en face.
    Quand on le réalise...on arrête, point à la ligne.
    Michel Loffredo