Déjà inscrit ou abonné ? Connectez-vous ici

Accédez à cet article gratuitement

Il suffit de vous inscrire à nos infolettres

Vous recevrez maintenant nos infolettres par courriel. Sachez que vous pouvez vous désabonner en tout temps en suivant le lien "Me désabonner" dans le bas d'une infolettre.

Comment éviter le gaspillage alimentaire

Par Mise en ligne : 17 septembre 2018  |  Magazine : octobre 2018

Shutterstock.com

Shutterstock.com

Bien organiser son frigo et ses armoires, faire une liste de courses, se fier à ses sens plutôt qu’aux dates de péremption pour certains produits… Voilà quelques initiatives antigaspillage alimentaire.

Le chiffre impressionne : un tiers de la nourriture produite sur la planète est perdue ou jetée, d’après les données de l'Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Des pertes qui ont de lourdes conséquences pour l’environnement, souligne l’organisme dans son rapport Food Wastage Footprint: Impacts on Natural Resources, publié en 2013.

Chaque fois que vous jetez un concombre flétri, un restant de spaghetti ou un yogourt périmé, ce sont des terres, de l’eau, de l’emballage et des camions de livraison qui ont été utilisés en vain. À l’échelle planétaire, le gaspillage alimentaire rejette 3,3 gigatonnes de gaz à effet de serre (GES) par an, selon la FAO, soit l’équivalent de la moitié des GES produits par les États-Unis!

>> À lire aussi : Comment améliorer votre empreinte écologique

À qui la faute? Dans les pays industrialisés, 40 % du gaspillage alimentaire survient dans les commerces et les foyers, signale la FAO. Mais difficile de savoir quelle quantité de nourriture jettent les Québécois, puisque les chiffres manquent ou représentent des estimations, relève Éliane Brisebois, coordonnatrice et agente de recherche à la Chaire de recherche UQAM sur la transition écologique.

Pertes importantes

Publiées en 2009, les plus récentes données de Statistique Canada à ce sujet révèlent qu’en 2007, les pertes d’aliments solides vendus au détail étaient estimées à 38 % du total, soit l’équivalent de 183 kg par personne. Or ces déchets coûtent cher : en 2014, 31 milliards de dollars de nourriture ont été jetés au pays, dont près de la moitié (47 %) par les consommateurs, selon une étude du Value Chain Management Centre, un centre de recherche canadien spécialisé dans les produits agroalimentaires. «Mais il s’agit de gaspillage en valeur financière, pas en quantité d’aliments. Et la carotte vaut moins dans le champ que dans le frigo», nuance Éliane Brisebois. 

Cela représente tout de même environ 20 dollars d’aliments que les ménages québécois mettraient aux ordures ou au compost chaque semaine, calcule le site du ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ).

Pourquoi les Québécois perdent-ils autant d’aliments (et d’argent)? C’est ce qu’a voulu savoir Protégez-Vous en collaboration avec le Centre de recherche Organisations, Sociétés et Environnement (OSE) de l’UQAM, la Chaire de recherche UQAM sur la transition écologique et La Transformerie, un organisme à but non lucratif dont le mandat est de donner une seconde vie aux aliments invendus des épiceries. Résumé. 

Des Québécois croient qu’encourager les commerçants à donner les aliments invendus est la solution idéale pour réduire le gaspillage.
Source :  Sondage auprès des consommateurs sur les pratiques d’achat et le gaspillage alimentaire, UQAM – La Transformerie – Protégez-Vous.

Meilleur avant, mais bon après?

Notre sondage, mené auprès d’un échantillon de 1 026 personnes, nous a permis de connaître la perception qu’ont les Québécois de leur consommation alimentaire. Ses résultats montrent que le respect des dates de péremption constitue la cause principale de leur décision de se débarrasser de certaines denrées. Près de trois répondants sur 10 (28 %) indiquent ainsi que la mention «meilleur avant» est ce qui les incite le plus à jeter la nourriture.

QUELLE QUANTITÉ D’ALIMENTS ENCORE COMESTIBLES ESTIMEZ-VOUS JETER CHAQUE SEMAINE ?

des Québécois affirment ne jamais rien gaspiller

des Québécois estiment jeter en moyenne l’équivalent de 1/6 d’un sac d’épicerie

des Québécois croient jeter en moyenne 1/3 d’un sac d’épicerie

Source : Sondage auprès des consommateurs sur les pratiques d’achat et le gaspillage alimentaire, UQAM – La Transformerie – Protégez-Vous.

L’enquête montre également que plus du tiers (37 %) des sondés souhaiteraient disposer de fiches informatives concernant les dates d’expiration des produits achetés à l’épicerie. Un besoin pris en compte par le Conseil national zéro déchet qui, dans un récent rapport, recommande de revoir les termes aujourd’hui en vigueur. Des formules telles que «consommer avant», «congeler avant» ou «meilleur goût avant» devraient aider les consommateurs à y voir plus clair, estime l’organisme canadien qui regroupe des entreprises du secteur alimentaire, des représentants gouvernementaux ainsi que des organisations non gouvernementales.

«Il y a une confusion entre salubrité et fraîcheur. Or, très peu de produits sont dangereux à la consommation une fois passée la date de péremption», souligne Marianne Taillefer, organisatrice communautaire à Sauve ta bouffe, une association qui propose des trucs pour lutter contre le gaspillage. La date de péremption est garante de la fraîcheur, du goût et des valeurs nutritionnelles d’un produit, précise l’Agence canadienne d’inspection des aliments sur son site. Mais cela ne signifie pas forcément «mauvais après». «On recommande désormais aux gens de se fier davantage à leurs sens, c’est-à-dire à l’odeur, à la texture et au goût, et plus seulement à leur durée d’entreposage», explique Yohan Dallaire Boily, relationniste au MAPAQ.

>> À lire aussi : Où ranger les aliments dans votre réfrigérateur?

Les bonnes affaires à la bonne place

Notre sondage montre qu’environ 15 % des personnes interrogées croient que ranger les aliments au mauvais endroit dans le frigo et les placards contribue fortement au gaspillage. Un réfrigérateur et des armoires désorganisés les amène à jeter des produits que, autrement, elles auraient consommés.

Pour améliorer au maximum la conservation des aliments, Sauve ta bouffe, rattaché à l’organisation environnementale internationale Les Amis de la Terre, recommande d’abord de respecter les «zones climatiques» du réfrigérateur. «Par exemple, mettez le lait où vous voulez dans le réfrigérateur, sauf dans la porte puisque c’est l’endroit le plus chaud. La viande va sur la tablette du bas pour éviter la contamination des autres aliments. Et les produits qui n’ont pas encore été ouverts ou qui se gardent plus longtemps, comme les boissons ou les pots de cornichons, doivent être placés au fond», conseille Marianne Taillefer.

Des Québécois disent partager leurs surplus d’aliments avec des amis, des voisins ou autres personnes.
Source :  Sondage auprès des consommateurs sur les pratiques d’achat et le gaspillage alimentaire, UQAM – La Transformerie – Protégez-Vous.

Autre truc : pour éviter d’acheter des produits que vous possédez déjà, dressez l’inventaire du frigo et des placards avant d’aller faire vos courses. La tâche sera plus facile si vous rangez les mêmes aliments toujours au même endroit dans le réfrigérateur et les armoires, suggère le MAPAQ.

Et si vous trouvez un aliment périmé, il est parfois encore possible de l’utiliser, insiste Marianne Taillefer. «Le lait a caillé? Pourquoi ne pas en faire du babeurre», lance-t-elle. Même les épluchures de légumes, de préférence bios pour éviter les pesticides, peuvent avoir une deuxième vie, par exemple dans un bouillon de légumes. Différents sites, comme celui des Banques alimentaires du Québec, proposent des recettes antigaspillage.

>> À lire aussi : Écolos ou pas? Cinq produits décortiqués

Et composter? Un sondage mené en 2017 par le Natural Resources Defense Council, un groupe environnemental américain, révèle que plus de la moitié (58 %) des habitants de Denver, Nashville et New York déclarent se sentir moins coupables de jeter des aliments lorsqu’ils les compostent. Au point que dans la Grosse Pomme, les ménages qui compostent gaspillent plus de nourriture que les autres!

Format familial

Enfin, notre enquête montre que le trop grand format de certains aliments vendus en épicerie représente un autre facteur qui amène 13 % des Québécois à gaspiller. Qui n’a jamais jeté une botte de coriandre ou de persil après en avoir cuisiné quelques feuilles seulement? Même si la majorité des consommateurs (70 %) disent cuisiner, congeler et sécher dès que possible les denrées qui se défraîchissent, 14 % d’entre eux gaspillent des fruits et légumes encore comestibles au moins une fois par semaine.

Pourtant, Marianne Taillefer assure qu’il est possible de prolonger leur durée de vie. «Traitez-les comme des plantes», conseille-t-elle. Par exemple, vous pouvez déposer certains légumes, comme la salade, le céleri, les radis et les fines herbes, dans un verre d’eau que vous enveloppez d’un sac de plastique et rangez au réfrigérateur.

Tous les intervenants interrogés s’entendent néanmoins pour dire que la meilleure façon de réduire le gaspillage consiste à donner à des voisins, aux amis ou à des réseaux de dons alimentaires, comme les organismes affiliés aux Banques alimentaires du Québec et les «frigos communautaires du Québec», qui favorisent l’échange de denrées que vous avez en surplus. Des points de dépôt répartis dans la province acceptent fruits et légumes entiers, œufs et produits laitiers, denrées sèches et conserves en bon état. Un geste qui est à la fois bon pour les plus démunis et pour l’environnement. 

Bye bye Costco?

Au Québec, les plus grands gaspilleurs sont les ménages aisés ayant un revenu familial supérieur à 150 000 dollars, révèle le sondage. Ils font l’épicerie plus souvent, soit plus de trois fois par semaine, et fréquentent davantage les grandes surfaces comme Walmart et Costco.

Si vous achetez dans ces enseignes, questionnez-vous sur le type de consommateur que vous êtes, conseille Marianne Taillefer, organisatrice communautaire à Sauve ta bouffe. «Les publicités pour inciter à acheter en gros parce que le prix est moins cher au poids sont nombreuses. Mais on ne fait pas d’économies quand on finit par jeter la moitié [de nos emplettes].» Tout dépend aussi des produits, ajoute-t-elle. En effet, si un sac de riz grand format peut se conserver des années, le pot de mayonnaise de quatre litres, lui, devient périmé au bout de quelques mois.

EST-CE ENCORE BON ?

Comme ils ne permettent pas la croissance de bactéries nocives pour la santé, les aliments ci-dessous peuvent être consommés plus d’un an après la date « meilleur avant », à condition qu’ils ne soient pas altérés.    

Céréales sèches, pâtes, riz, légumineuses, farine et sucre 
Sauf si vous y trouvez des mites alimentaires, des insectes ou des moisissures.

Boîtes de conserve 
Sauf si la boîte est rouillée ou bombée.

Aliments surgelés 
S’ils ne sont pas desséchés ou ne dégagent une odeur rance (due au congélateur).

Miel 
S’il se cristallise, il suffit de le chauffer au bain-marie.

FAITES APPEL À VOS SENS

En fonction de leur état de conservation, les produits ci-dessous peuvent être consommés plusieurs jours – voire semaines – après la date de péremption. Leur odeur, leur couleur et leur texture vous aideront à en juger.

Fruits et légumes frais entiers et fromages à pâte ferme
Vos carottes, navets ou votre cheddar sont couverts de moisissures ? Les aliments durs peuvent être coupés à 2,5 cm autour de la partie moisie, puis être mangés. Par contre, jetez les aliments mous – notamment la confiture –, car les moisissures y pénètrent plus facilement.

Œufs et pain
Si vous plongez dans l’eau un œuf et qu’il flotte, c’est qu’il n’est plus bon. Quant aux produits de boulangerie, éliminez ceux qui présentent des traces de moisissure.

Beurre, margarine, huiles et marinades
Ces produits peuvent rancir, ce qui n’est pas nocif en soi mais gâte leur saveur.

Yogourt, kéfir
Un test mené par le magazine français 60 millions de consommateurs révèle que les yogourts gardent la même qualité au moins trois semaines après la date de péremption.

Respectez la date

Viandes fraîches, poissons, fruits de mer, charcuteries, fromages à pâte molle, mayonnaise, houmous, pousses et germes doivent être consommés au plus tard à la date limite de consommation qui figure sur l’emballage.

Ces indications sont valables pour les produits dont l’emballage n’a pas été ouvert et qui sont conservés dans les conditions prévues. Sources : MAPAQ ; 60 millions de consommateurs.

Ajouter aux favoris
Ajouter aux favoris

Pour suivre toutes les mises à jour et nouveautés sur cet article, vous devez être connecté.

Santé et alimentation

Commentaires 1 Masquer

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

  • Par DANIEL VACHON | 19 septembre 2018

    Je travaille dans l’alimentation depuis 48ans don 35 comme gérant des viandes dans des IGA et Métro . J’achète les produit périmé depuis toujours à 50@70% de rabais des produit dit de luxe que je ne pourrait pas m’offrir à plein prix comme, magret de canard, wapiti, sanglier, lapin
    ,agneau, veau est... bien entendue j’achète à la date de péremption ou un ou deux journée passe date que je congèle et consomme le plus rapidement possible et depuis jamais depuis toute ces années moi ou ma famille n’avons été incommoder côté santé à cause de cela et j’économise des centaines de dollars par années en plus de manger des produits de très bonne qualité.