Planifiez votre retraite en quatre étapes

Par Protégez-Vous Mise en ligne : 01 juin 2017

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La planification de la retraite se divise en quatre grandes étapes. Ainsi, vous devrez déterminer l’âge auquel vous prendrez votre retraite, estimer quels seront vos besoins financiers en fonction de votre mode de vie, déterminer vos sources de revenu et évaluer votre besoin d’épargne.

Étape 1: à quel âge prendrez-vous votre retraite?

C’est la question! Si vous n’avez pas la réponse, difficile de planifier quoi que ce soit. En effet, c’est l’âge auquel vous prendrez votre retraite qui déterminera le temps dont vous disposez pour épargner et assurer votre sécurité financière. Pour vous aider à décider de l’âge auquel vous pourrez demander votre pension de retraite, Service Canada propose de prendre en compte les éléments suivants:

  • Recevez-vous encore un salaire et cotisez-vous encore à la Retraite Québec ou au Régime de pensions du Canada (RPC)?
  • Depuis combien d’années cotisez-vous?
  • À combien s’élèvent vos cotisations et quel est le montant de la pension de retraite de Retraite Québec ou du RPC que vous devriez recevoir?
  • Pouvez-vous compter sur d’autres sources de revenu de retraite?
  • Êtes-vous en bonne santé?
  • Que prévoyez-vous faire une fois à la retraite?

D’autres facteurs peuvent aussi intervenir dans la décision de se retirer de la vie active, notamment la pénibilité du travail ou des problèmes de santé. Cela dit, en règle générale, sachez que plus tôt vous quittez la vie active, moins vous recevrez d’argent. La raison? Les rentes publiques et de régimes complémentaires de retraite ainsi que les intérêts sur vos éventuels placements seront moins élevés, et comme l’espérance de vie s’accroît, en prenant votre retraite jeune, vous risquez de vivre plus longtemps que vos économies.

>> À lire aussi sur notre site: Conseils pour bien calculer à la retraite

Étape 2: quels seront vos besoins financiers?

Vous souhaitez conserver votre niveau de vie actuel une fois retraité? Dans ce cas, la majorité des spécialistes en planification financière estiment qu’il vous faudra environ 70 % de votre revenu annuel brut moyen des trois dernières années travaillées: c’est ce qu’on appelle le taux de remplacement. Ainsi, si votre revenu annuel est de 60 000 $ pendant cette période, vous aurez besoin de 42 000 $. Comment en arrive-t-on à ce chiffre de 70 %? Une fois que vous serez à la retraite, certaines dépenses disparaîtront. Par exemple, vous cesserez de cotiser au Régime de rentes du Québec et, passé 71 ans, à votre régime enregistré d’épargne-retraite (REER). De même, vous ne paierez plus d’assurance emploi ni d’assurances collectives, et vous paierez moins d’impôt. Enfin, certaines dépenses liées au travail auront disparu, vos charges parentales seront en général plus légères et vous aurez peut-être fini de rembourser votre emprunt hypothécaire.

Cela dit, la «règle des 70 %» ne fait pas l’unanimité parmi les planificateurs financiers. Surtout si votre revenu annuel est élevé ou que vous disposez de substantielles économies. Dans ce cas, 60 %, voire 50 % du montant que vous gagnez actuellement pourrait suffire. Selon Question Retraite, «si vous avez gagné des revenus plus élevés que la moyenne, par exemple 80 000 $ par an, vous pouvez vous en tirer avec un taux de remplacement de 60 ou 65 %». En réalité, tout dépend du genre de retraite que vous envisagez. C’est un bon point de départ pour amorcer une réflexion. Mais à mesure qu’on s’approche de la retraite et qu’on a une idée plus précise de ce qu’on souhaite faire – voyager? vivre à la campagne? faire du bénévolat? travailler à temps partiel? –, mieux vaut adopter une approche budgétaire. Il faut se dire «je veux faire ça, ça et ça», et évaluer combien cela coûtera.

D’autres estiment que la barre des 70 % est trop basse et que, pour conserver un niveau de vie acceptable, le futur retraité devrait plutôt viser 75 %, voire 80 % de ses revenus. Par ailleurs, «il faut faire preuve de logique, estime Question Retraite. Si votre revenu annuel brut des trois dernières années est inférieur à 30 000 $ et que vous devez payer un loyer ou rembourser un emprunt hypothécaire, par exemple, il est fort probable que vous aurez besoin de plus de 70 % de votre revenu pour arriver à joindre les deux bouts».

Étape 3: sur quels revenus pourrez-vous compter?

Les revenus dont vous aurez besoin à la retraite pourront provenir à la fois des régimes publics, d’un régime complémentaire de retraite et de vos économies. En règle générale, la proportion de chacune de ces sources de revenu varie selon l’âge auquel vous prendrez votre retraite et votre revenu moyen au cours de votre carrière.

Les régimes publics: les régimes gouvernementaux offrent une protection financière de base. La rente de retraite de Retraite Québec ou du RPC, indexée annuellement selon le coût de la vie, la pension de la Sécurité de la vieillesse et le Supplément de revenu garanti, si vous y avez droit, sont les trois sources de revenu public qui contribueront à financer votre retraite. Toutefois, même combinées, elles ne vous procureront qu’un certain pourcentage de votre revenu annuel moyen de carrière. Si vous souhaitez connaître le montant de votre rente, contactez Retraite Québec ou, pour le RPC, Service Canada, et demandez votre relevé de participation. Ce document vous indiquera notamment un montant estimé de la rente que vous pourriez percevoir à partir de 65 ans.

Ne vous fiez pas aux seuls programmes gouvernementaux pour assurer vos vieux jours, car ils peuvent changer au fil des ans, conseille Retraite Québec. Et si vous êtes impuissants contre l’inflation, les taux d’intérêt, les fluctuations des marchés boursiers et la fiscalité, vous pouvez toujours faire dès aujourd’hui le geste qui permettra d’améliorer votre qualité de vie à la retraite: épargner!

Les régimes complémentaires de retraite (RCR ou fonds de pension): vos revenus seront bonifiés si vous bénéficiez d’un régime de pension avec votre employeur, grâce aux cotisations versées pendant vos années de travail. Il existe plusieurs types de RCR et chacun possède ses caractéristiques propres. Informez-vous auprès de votre employeur pour en savoir plus, notamment sur l’âge d’admissibilité à la retraite et le montant prévu de la rente. Vérifiez aussi auprès de vos employeurs successifs.

Vos économies: pour vivre une retraite confortable, vous devrez probablement compter sur vos épargnes personnelles, enregistrées ou non, ou encore sur vos biens personnels (résidence principale, chalet, revenus locatifs ou d’entreprise, etc.).

Cinq conseils pratiques pour un passage harmonieux entre vie active et retraite:

• Essayez d’avoir une vision globale de votre projet de retraite. Pour vous y aider, vous pouvez consulter un planificateur financier. Faites participer vos proches à votre réflexion.
• Intéressez-vous à toutes les questions liées à la retraite, par exemple en assistant à des séances d’information données par votre employeur ou votre établissement financier, en consultant un psychologue ou en vous renseignant auprès de Retraite Québec.
• Transmettez votre expérience professionnelle aux jeunes générations, notamment grâce au mentorat ou en vous engageant dans des organismes en tant que bénévole.
• Anticipez toujours dans votre budget la possibilité de dépenses imprévues, par exemple pour des soins médicaux ou hospitaliers.
• Soyez patient et réaliste: certains risques ne peuvent être couverts, surtout en période de crise économique.

Source: Flash Retraite Québec, Retraite Québec (anciennement Régie des rentes).

>> À lire aussi sur notre site: Se préparer à la retraite, que faire à 30, 40 et 50 ans?

Étape 4: combien devrez-vous épargner?

Vous serez en mesure de déterminer vos objectifs d’épargne une fois que vous aurez estimé vos revenus prévisibles et que vous les aurez comparés avec vos besoins, par exemple environ 70 % de votre revenu moyen des trois dernières années de travail. À première vue, l’équation paraît simple: dépenses estimées – revenus prévisibles = besoin d’épargne. Dans la réalité, les choses sont un peu plus compliquées! En effet, vous devrez aussi tenir compte de deux choses:

• L’inflation, c’est-à-dire l’augmentation du prix des biens à la consommation qui s’appliquera à votre épargne. Un «détail» important, puisque dans 25 ans, et selon un taux annuel d’inflation de 3 %, une dépense de 10 000 $ aujourd’hui, par exemple, en représentera près de 21 000 $, soit plus du double.
• La durée de votre retraite. Comme l’espérance de vie augmente sans cesse, il est possible que vous passiez beaucoup de temps à la retraite.

Et si vos revenus sont insuffisants?

Les régimes publics ne couvrent qu’une partie des besoins à la retraite. Ainsi, si vous gagnez autour de 50 000 $ par an, ils remplaceront près de 40 % de votre revenu. Si vous visez un taux de remplacement de 70 %, vous devrez donc compter sur les régimes privés (régime de retraite de l’employeur, REER) ou sur vos économies pour combler la différence, soit 30 %.

Le problème? Selon Retraite Québec, même si le retraité moyen ne remplace qu’environ 65 % de son revenu antérieur, un pourcentage important des retraités actuels ne dispose pas des revenus suffisants pour y parvenir. Dans ce cas, il n’existe pas de recette miracle. Si vos revenus de retraite ne sont pas à la hauteur de vos ambitions, vous devrez revoir votre budget. Vous pourrez alors faire le choix d’augmenter vos revenus en retournant sur le marché du travail à temps partiel, par exemple, ou bien choisir de diminuer vos dépenses de façon ponctuelle ou permanente. Il y a plusieurs façons de moduler un budget; si vous avez de la difficulté, les Associations coopératives d’économie familiale (ACEF) peuvent vous aider.

Cet article a initialement été publié dans notre Guide «Préparer sa retraite» écrit par Rémi Maillard en 2013, en collaboration avec Question Retraite. Pour consulter la liste des guides que vous pouvez vous procurer, consultez notre boutique en ligne.

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