Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

4 solutions pour manger moins de plastique

Par Rémi Leroux Mise en ligne : 13 Février 2020

Vivre sans plastique est sans doute irréaliste, mais vous pouvez limiter votre exposition aux microparticules en adoptant de bonnes habitudes, notamment en ce qui concerne l'eau que vous buvez, la façon de réchauffer vos repas, le type d'ustensiles que vous utilisez et la façon dont vous entreposez les aliments.

 

Solution 1 : Buvez l’eau du robinet
Solution 2 : Ne chauffez pas vos aliments dans du plastique
Solution 3 : Changez ustensiles et contenants
Solution 4 : Optez pour des aliments en vrac

Le bébé de Chantal Plamondon et Jay Sinha est né en 2003. En grandissant, le petit garçon a fait comme tous les enfants du monde : il a porté à sa bouche tout ce qui lui pas-sait entre les mains. Ses jouets, sa cuillère, son biberon, l’accoudoir de sa chaise haute… «Tous ces objets étaient en plastique, sans exception, raconte Chantal Plamondon. À l’époque, je commençais à lire des articles qui expliquaient que les additifs utilisés dans les plastiques n’étaient pas complètement stables et pouvaient se retrouver dans la nourriture et être ingérés par notre enfant.»

Avec son conjoint, Chantal se met alors à la recherche d’objets de remplacement. Et une idée surgit : pourquoi ne pas créer une boutique en ligne spécialisée dans les produits sans plastique? C’est ce qu’ils font en 2006. Au fil des ans, Chantal Plamondon et Jay Sinha développent une expertise sur les enjeux liés au plastique. Expertise dont ils font aujourd’hui profiter les Québécois dans un livre paru en 2019 : «Vivre sans plastique: des outils pédagogiques à notre portée» (Écosociété).

L’ouvrage propose des pistes très concrètes pour remplacer les objets du quotidien. «Bien entendu, il n’est pas réaliste de supprimer toutes les sources de plastique, reconnaît Chantal Plamondon. Mais, il y a aujourd’hui suffisamment de présomptions sur les effets de certains additifs et plastifiants sur la santé pour appliquer le principe de précaution et, lorsque c’est possible, éliminer le plastique de notre quotidien.»

Jay Sinha rappelle cependant que la meilleure solution reste la réduction à la source. Individuellement, les gens ont certes un rôle à jouer, mais ils ne devraient pas porter seuls cette responsabilité, croit Agnès Le Rouzic, porte-parole de la campagne Océans et plastique de Greenpeace : «Il est primordial d’éliminer graduellement les produits emballés en portions individuelles jetables et, pour les entreprises du secteur agroalimentaire, d’investir dans des systèmes de recharge et de réutilisation.»

Plusieurs épiceries ont pris le virage ces dernières années et proposent davantage de produits en vrac ou acceptent de remplir vos contenants. Voici quatre idées pour vous aider à faire la transition vers une cuisine et une alimentation sans plastique.

>> À lire aussi: Nos articles Où se cache le plastique dans l'alimentation? et  Les 7 familles de plastique

Solution 1 : Buvez l’eau du robinet

La grande majorité des bouteilles à usage unique sont fabriquées en polyéthylène téréphtalate (PET), un polymère qui contient du trioxyde de diantimoine, un additif chimique ignifuge suspecté d’être cancérigène chez l’humain. Ce plastique est «à éviter», selon Chantal Plamondon et Jay Sinha, «surtout lorsqu’il entre en contact avec les aliments et les boissons». L’eau en bouteille est l’une des sources principales d’ingestion de microplastiques.

Au pays, Santé Canada ne classe pas le trioxyde de diantimoine au rang des substances toxiques, car «les niveaux d’exposition actuels ne sont pas préoccupants». Ces conclusions ne sont pas partagées par d’autres agences de santé internationales. En France, par exemple, l’Institut national de recherche et de sécurité (INRS) considère cet additif comme «susceptible de provoquer le cancer», davantage lorsqu’il est inhalé qu’ingéré.

Dans les conditions normales de fabrication, détaillent Chantal Plamondon et Jay Sinha dans leur ouvrage, «la quantité de ce type d’antimoine émanant d’une bouteille d’eau jetable est vraisemblablement minimale». Toutefois, des recherches ont montré que les émanations augmentaient considérablement avec la température. «Pensez aux bouteilles d’eau ou aux contenants alimentaires qui restent plusieurs heures dehors au soleil ou dans l’auto par une chaude journée d’été», écrivent les auteurs.

La meilleure solution? Boire l’eau du robinet! Même si les stations d’épuration n’éliminent pas la totalité des microplastiques présents dans l’eau (qui contient notamment des résidus de fibres synthétiques provenant des eaux usées des laveuses), c’est la source à privilégier. Les taux de microparticules de plastique y sont largement inférieurs à ceux qu'on trouve dans les bouteilles en plastique, comme le concluent les chercheurs de l’Université de Victoria dans une étude publiée en juin 2019 dans la revue Environmental Science & Technology.

Solution 2 : Ne chauffez pas vos aliments dans du plastique

Vous reprendrez bien une portion de cette délicieuse soupe à la courge et aux phtalates? Lorsque vous réchauffez votre lunch au micro-ondes dans un pot de yogourt que vous réutilisez avec fierté, vous augmentez en fait votre risque d’ingérer des substances indésirables. Le plastique de ce récipient n’est pas conçu pour résister aux ondes et ses propriétés sont altérées quand il est chauffé. Plastifiants et molécules de plastique migrent alors dans les aliments. La solution? Utilisez des plats en verre ou en céramique ou, à défaut, des contenants qui portent un symbole ou une mention indiquant qu’ils peuvent aller au micro-ondes.

Ne mettez pas au lave-vaisselle des contenants qui n'ont pas été conçus pour y aller. L’American Academy of Pediatrics (AAP) rappelle sur son site que les codes de recyclage 3, 6 et 7 contiennent respectivement des phtalates, du styrène et des bisphénols, des substances susceptibles de migrer lorsque le plastique est chauffé. 

Solution 3 : Changez ustensiles et contenants

Pour cuisiner, se passer des ustensiles et récipients en plastique n’est pas très compliqué. «À peu près tous les accessoires dont on a besoin dans une cuisine 100 % fonctionnelle existent en version sans plastique», assure Chantal Plamondon. Le bois, le bambou ou l’acier inoxydable sont des remplaçants tout trouvés.

Idem pour les contenants : l’acier inoxydable, la céramique et le verre sont des solutions de rechange sûres. Si vous devez les couvrir, pour les mettre au réfrigérateur par exemple, utilisez une pellicule à la cire d’abeille ou un couvercle en tissu fixé à l’aide d’un élastique en caoutchouc. Pour la cuisson, préférez les contenants en fonte ou en acier inoxydable. Une poêle en fonte est certes plus lourde à manipuler, mais elle peut aller au four. 

Et que penser des fameux moules en silicone utilisés pour préparer des muffins aux enfants? L’industrie classe les silicones dans la famille des plastiques «thermodurcissables» : très stables, ils présentent une forte résistance thermique et chimique. Selon Santé Canada, «leur utilisation n’est associée à aucun danger connu pour la santé». Par ailleurs, «le caoutchouc de silicone ne réagit pas aux aliments ou aux liquides et ne pro-duit aucune vapeur nocive». Principal inconvénient : le silicone ne va pas dans le bac à recyclage. « Cette matière n’est pas récupérée via la collecte sélective, mais un éco-centre pourrait la reprendre. Il faut appeler sa municipalité pour le savoir », précise Brigitte Geoffroy, chargée des communications et relations médias chez Recyc-Québec.

Solution 4 : Optez pour des aliments en vrac 

Il existe très peu d’études sur les taux de microplastiques, d’additifs et de plastifiants dans les produits frais. Toutefois, selon l’AAP, les aliments vendus en vrac vous exposeraient moins à des microparticules indésirables que les aliments emballés dans des barquettes en plastique ou «saucissonnés» dans du film étirable.

Certains récipients contiennent, par exemple, du bisphénol A. C’est le cas des boîtes de conserve : une fine couche est appliquée sur la surface interne de votre «canne» de haricots ou de tomates en dés pour éviter que les aliments n’entrent directement en con-tact avec le métal. Santé Canada considère cela comme étant sans danger pour la santé, mais des inquiétudes subsistent. Si possible, préparez vous-même vos conserves dans des pots en verre. 

En résumé, achetez autant que possible des produits en vrac, que vous transporterez dans vos contenants en verre ou en métal et, conclut Chantal Plamondon, «n’oubliez pas un entonnoir pour les remplir». Mais pas en plastique, l’entonnoir!

Et l’industrie dans tout ça ?

En octobre 2019, le géant de l’agroalimentaire et des cosmétiques Unilever signifiait son engagement à réduire de moitié ses emballages en plastique neuf d’ici 2025. L’entreprise, propriétaire entre autres des marques Hellmann’s, Lipton, Magnum et Maille, veut aussi mettre fin à l’emballage individuel de certains produits, la crème gla-cée, par exemple. Un autre géant du secteur, Nestlé, a annoncé en 2019 la mise en marché de certains de ses produits phares – comme son légendaire Nesquik – dans des emballages en carton, et l'entreprise a aussi indiqué qu'elle visait à augmenter la part du PET recyclé dans ses bouteilles (35 % d’ici 2025 à l’échelle mondiale).

Ces derniers mois, d’autres grands fabricants, comme PepsiCo et Proctor & Gamble, ont fait la publicité de contenants innovants à base de «bioplastique» (fabriqué à partir de maïs, de blé, de soja ou de canne à sucre, par exemple). Agnès Le Rouzic, porte-parole de la campagne Océans et plastique de Greenpeace, demeure méfiante : «Certaines entreprises essaient d’établir une relation de confiance avec les consommateurs et de les convaincre qu’elles sont à l’avant-garde de la lutte contre la pollution plastique.» Mais la réalité est parfois moins reluisante : les emballages des produits Nestlé (avec ceux de Tim Hortons) figurent parmi les déchets de plastique les plus présents au pays, selon Greenpeace et le mouvement #BreakFreeFromPlastic.

>> Pour en savoir plus sur les enjeux liés à l'utilisation du plastique, lisez nos articles Où se cache le plastique dans l'alimentation? et Les 7 familles de plastique

Voir la vidéo
Vidéo: 5 façons de soulager son mal de dos sans médicaments

Jeunes et moins jeunes: le mal de dos n'épargne personne. 4 personnes sur 5 vont souffrir de ces maux au cours de leur vie. Malheureusement, chez la majorité des gens, on n’arrive pas à identifier clairement la source de la douleur. Voici 5 approches reconnues pour soulager votre mal de dos sans médicaments.

Lire l'article
Que faire en cas d’éclosion de COVID-19 à l’école de votre enfant?

De nombreux parents ont reçu une lettre de l’école les avisant que des cas de COVID-19 s’étaient déclarés dans la classe de leur enfant ou dans l’établissement et leur indiquant les règles à suivre. Des instructions qui ne sont pas toujours bien comprises. Protégez-Vous a demandé au ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) de les clarifier.

Lire l'article
Des experts demandent un plus grand encadrement des soins de pieds au Québec

Coupe des ongles, réduction de cors et de callosités, ongles incarnés… la demande pour les soins de pieds grimpe en flèche. Or, ces services ne sont pas toujours professionnels, avec les risques que cela comporte pour la santé et la sécurité des patients, indique le rapport d’un comité d’experts cliniques.

Lire l'article
Doit-on emballer ou non les aliments?

L’emballage des aliments permet d’éviter les pertes et le gaspillage, mais augmente aussi la production de gaz à effet de serre. Alors, qu’est-ce qui est le mieux sur le plan environnemental? Une étude a tenté de répondre à la question.

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

  • Par FRANCE MAICE
    14 Février 2020

    Questions :
    1) Est-il nocif pour la santé de boire l'eau bouillie dans une bouilloire électrique en plastique?
    2) Et qu'en est-il de l'eau bouillie dans une bouilloire en acier inoxidable?

    Merci pour vos précieux conseils,
    France Maice
    Ormstown, qc

     5
  • Par JASMIN DUFOUR
    13 Février 2020

    https://www.lesoleil.com/actualite/verification-faite/verification-faite-non-on-ne-mange-pas-une-carte-de-credit-par-semaine-b3cab23b84d4c640c7a65764d70d53f4

  • Par CLÉMENT VENNE
    14 Février 2020

    L’équivalent d’une carte de crédit par semaine de microplastiques ???
    Je suis très très septique. À ce rythme mes contenants et ustensiles de plastique fonderaient à vue d'oeil !

  • journalist
    Par CéLINE MONTPETIT de Protégez-Vous
    28 Février 2020

    La réponse de notre journaliste Rémi Leroux aux commentaires de MM.Clément Venne et Jasmin Dufour:

    Notre article reprenait la conclusion d'une étude du World Wildlife Fund (WWF) et de l'Université de Newscastle, en Australie, qui dit que chaque humain ingérerait en moyenne 5 grammes de plastique par semaine. Au banc des accusés: les micro et nano particules de plastique qui migrent dans l'alimentation d'une foule de manières, y compris par le biais de l'eau embouteillée et du sel.
    Il est vrai que, de Gatineau à Gaspé, en passant par Mont-Laurier et Trois-Rivières, la quantité de plastique ingérée par chaque être humain varie certainement beaucoup. L’image de «carte de crédit de microplastique» a frappé les esprits et, en cela, la campagne de WWF a été efficace pour sensibiliser sur une problématique importante.
    L’étude du WWF et de l’Université de Newcastle s’appuie sur une «synthèse des meilleures données disponibles» au sujet de la présence de micro et nanoparticules de plastiques dans l’eau et dans certains aliments. La littérature scientifique sur ces enjeux demeure cependant limitée et les auteurs le reconnaissent. La présence de micro et nanoparticules de plastiques n’a ainsi pas été étudiée (ou l'a peu été) dans de nombreux aliments consommés en très grande quantité à travers le monde et susceptibles d’être contaminés (le riz ou le soja, par exemple).
    De plus, plusieurs spécialistes que nous avons interrogés ont confirmé que les sources d’ingestion de micro et nanoparticules de plastique ne se résument pas à l’eau et à l’alimentation. Les fibres issues de l’usure des vêtements sont, en particulier, une source d’inhalation supplémentaire très peu documentée à l’heure actuelle.
    Pour se rapprocher de la réalité de notre exposition aux microplastiques, les chercheurs de l’Université Newcastle ont donc utilisé des hypothèses et des extrapolations, ce qu’ils expliquent dans la méthodologie de leur étude. Ils s’entendent toutefois pour dire que «même si les chiffres [publiés dans le rapport] restent réalistes, d’autres études sont nécessaires pour obtenir une estimation précise». Ni plus ni moins que ce que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a recommandé en 2019.

  • Par MIREILLE LANGEVIN
    11 Mars 2020

    SantéCanada n'est pas fiable. Je l'ai vérifiée plusieurs fois. Ils tolèrent ce qui est défendu dans plusieurs pays.