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Version générique de l’Ozempic : baisse de prix et mise en garde

Par Catherine Crépeau
Version générique de l’Ozempic : baisse de prix et mise en garde fotogurmespb/Shutterstock.com

Santé Canada a approuvé la première version générique du médicament de marque Ozempic, ce qui devrait entraîner une chute de prix et amener les médecins à mettre en garde les patients.

Le Canada est le premier pays du G7 à approuver une version générique de l’Ozempic, un médicament injectable initialement développé pour traiter le diabète de type 2 – une maladie grave qui peut causer la cécité, une insuffisance rénale, des amputations et des crises cardiaques –, mais qui est devenu l’un des plus populaires pour la perte de poids, non sans certaines réserves de la part de la communauté médicale.

Le sémaglutide générique approuvé par Santé Canada est fabriqué par les Laboratoires Dr Reddy’s, une entreprise située en Inde, et il est autorisé pour le traitement hebdomadaire des adultes atteints d’un diabète de type 2 afin de les aider à contrôler leur glycémie.

Cette autorisation survient quelques mois après l’expiration du brevet de l’Ozempic au pays, en début d’année 2026.

Comme c’est le cas avec l’Ozempic, le générique pourrait être prescrit hors indication pour la perte de poids, ce qui représenterait des économies importantes pour les utilisateurs. « J’ai une bonne proportion de patients qui prennent de l’Ozempic et pour ceux qui doivent le payer présentement, ça va les soulager », souligne la Dre Marie-Philippe Morin, médecin interniste à la clinique de chirurgie bariatrique de l’Institut universitaire de cardiologie et pneumologie de Québec (IUCPQ).

L’Ozempic produit par Novo Nordisk peut coûter de 200 à 400 $ par mois et est rarement remboursé par les assureurs privés lorsqu’il est prescrit pour la perte de poids. Et il est couvert par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) uniquement pour le traitement du diabète.

Des prix à la baisse

Santé Canada précise dans un communiqué que de nombreux médicaments génériques coûtent de 45 % à 90 % moins cher que leurs équivalents de marque.

Dans le cas du sémaglutide générique, son prix par rapport à celui de l’Ozempic dépendra du nombre de génériques qui seront approuvés par Santé Canada et mis en marché au pays.

Suivant la structure tarifaire de l’Alliance pharmaceutique pancanadienne (APP), le premier médicament générique approuvé peut coûter de 75 % à 85 % du prix du médicament de marque. À l’arrivée d’un second médicament générique, le prix des deux produits tombe à environ 50 % de celui du médicament de marque. Avec trois génériques ou plus vendus au Canada, il peut descendre à 35 %, voire à 25 %, du prix du médicament de marque.

C’est ce qui pourrait se produire avec le sémaglutide générique, puisque Santé Canada examine huit autres demandes d’approbation. 

Oui à l’accessibilité, mais attention aux dérives

Les médecins qui traitent l’obésité voient généralement d’un bon œil l’arrivée d’un générique à l’Ozempic. « En étant plus accessible, ça pourrait changer la prise en charge des patients en leur offrant une option supplémentaire », souligne la Dre Morin. Mais attention, le sémaglutide est un ajout à un changement d’habitude de vie, pas une baguette magique !

Pour la spécialiste, le sémaglutide est une avancée pour certains patients : par exemple, ceux souffrant d’apnée du sommeil qui, grâce à la perte de poids associée au médicament, peuvent ainsi éviter l’achat d’équipement, et ceux en attente d’une chirurgie qui retrouveraient une certaine autonomie.

Une utilisation plus large de l’Ozempic ou du sémaglutide pourrait aussi permettre des économies à long terme en matière de prévention, puisqu’il réduit le taux de glycémie, tout en diminuant la graisse et le poids corporel, ce qui contribue à l’amélioration de la santé générale des patients.

La Dre Morin plaide toutefois en faveur d’un usage éclairé pour éviter les dérives, notamment une utilisation à des fins purement esthétiques. Certains patients pourraient réclamer une prescription, sans que leur état le nécessite. L’enjeu est important quand on sait que huit patients sur dix reprennent le poids perdu après l’arrêt du traitement.

C’est sans compter les effets secondaires, comme des nausées, des vomissements et, dans de rares cas, des troubles de la vision. La professeure au département de médecine du centre universitaire de McGill, Kaberi Dasgupta, prévenait récemment dans Le Journal de Montréal que plusieurs patients rapportent une diminution de leurs émotions, ainsi qu’une perte de plaisir et d’intérêt envers la vie après avoir commencé à prendre ces médicaments pour maigrir.

Les connaissances sur les effets secondaires du sémaglutide sont incomplètes, puisque ces médicaments sont relativement nouveaux. On sait quels sont leurs effets après un ou deux ans, mais il reste des inconnues après une utilisation sur 10 ou 20 ans.

Deuxième plus grand utilisateur

Le Canada est maintenant le deuxième plus grand utilisateur d’Ozempic au monde, selon l’Institut canadien d’information sur la santé (ICIS). Les dépenses des systèmes de santé pour ce médicament sont passées de 660 millions de dollars en 2023 à 807 millions de dollars en 2024. Cela représente 8,5 % de la croissance totale. Il s’agit désormais de la dépense publique en médicaments qui connaît la croissance la plus rapide.

À lire aussi : Ozempic et Cie : tout savoir sur les médicaments de perte de poids et L’Ozempic n’est pas une diète miracle

 

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