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Se faire soigner sans passer par les urgences

Par Florence Dujoux
docteur Ground Picture/Shutterstock.com

Comment vous faire soigner sans attendre des heures, lorsque votre état de santé n’est pas critique ? Voici un résumé des ressources disponibles.

Environ 50 % des patients qui se rendent à l’urgence n’ont pas de problème urgent. En cas de soucis mineurs, par exemple une douleur modérée et stable, d’autres options s’offrent à vous. Ce ne sont pas des solutions miracles, mais cela vaut le coup de les essayer : vous serez pris en charge plus rapidement et vous contribuerez à réduire l’achalandage aux urgences.

Quand aller aux urgences ?

Difficultés respiratoires importantes, fortes douleurs à l’abdomen ou à la poitrine, traumatisme sévère, état mental représentant un danger pour vous-même ou pour autrui : si votre vie ou celle de l’un de vos proches est en danger, ou si votre état nécessite des soins rapides, rendez-vous à l’urgence la plus proche ou composez le 911.

En tout premier lieu : Info-Santé (811)

Le ministre de la Santé et des Services sociaux Christian Dubé veut que vous obteniez plus rapidement une réponse sur la ligne Info-Santé 811, qui est accessible en tout temps. L’objectif ? Que votre problème de santé soit évalué après une attente maximale de dix minutes. Vous craignez que les infirmières et les travailleurs sociaux vous recommandent systématiquement de vous rendre aux urgences ? Sachez que la nouvelle initiative « Un appel, un service », annoncée au début du mois de novembre, propose une offre de services bonifiée, particulièrement pour les moins de 18 ans. Si l’intervenant confirme qu’il vous faut une consultation, vous serez directement orienté vers une centrale téléphonique pour fixer un rendez-vous avec un professionnel de la santé. Ce service, déjà disponible dans le Grand Montréal, devrait s’étendre sous peu au reste du Québec.

Pour voir un médecin

En fonction de votre situation, il existe plusieurs options pour éviter les urgences.

Si votre état de santé nécessite la consultation d’un médecin, mais qu’il n’est pas urgent, prenez rendez-vous avec votre médecin de famille sur le site Rendez-vous santé Québec, ou directement auprès de votre clinique.

Si vous êtes en attente d’un médecin de famille et que votre problème de santé est ponctuel, urgent ou semi-urgent (par exemple, une infection urinaire), vous pouvez contacter le Guichet d’accès aux soins de première ligne (GAP) de votre région, ou appeler le 811, option 3. Pour bénéficier de ce service, il faut toutefois être inscrit au Guichet d’accès à un médecin de famille (GAMF) ou auprès d’un groupe de médecins. Selon votre condition clinique, une infirmière vous proposera un rendez-vous gratuit avec un médecin ou un autre professionnel de la santé. Le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS) assure que vous pourriez être pris en charge dans les 36 à 72 heures, mais les délais pourraient être plus longs si votre condition ne présente pas de risque (de 5 à 10 jours).

>> À lire aussi: Le GAP : un nouveau guichet qui promet un meilleur accès aux soins

Si vous n’avez pas de médecin de famille ou que celui-ci n’est pas disponible, pas de panique ! Des services de consultations médicales sont accessibles le jour même ou le lendemain. Le répertoire du gouvernement indique les ressources proches de votre domicile. La prise de rendez-vous peut se faire en ligne sur Rendez-vous santé Québec (RVSQ).

Certains CLSC proposent des plages de consultation sans rendez-vous. Attention ! la plupart du temps vous devrez quand même réserver votre place la veille ou tôt le matin.

Certains groupes de médecine de famille (GMF), regroupant des médecins de famille et d’autres professionnels de la santé et des services sociaux, offrent un accès à toutes les clientèles, parfois sans rendez-vous. Là encore, veillez à réserver votre place d’avance.

Dans certaines régions (notamment Montréal, Laval, la Montérégie, la Capitale-Nationale), les super-cliniques répondent aux besoins semi-urgents ou aux besoins urgents simples comme une fièvre persistante, une grippe ou une blessure nécessitant des points de suture. À noter qu’elles offrent aussi des services de prélèvement et d’imagerie médicale.

Des cliniques spécialisées

Le ministre Dubé vient d’annoncer une autre nouveauté : les cliniques pédiatriques. Ces dernières vont prolonger leurs heures d’ouverture en soirée et durant les fins de semaine. En fait, elles prennent la relève des cliniques désignées pédiatriques (CDP) créées pendant la pandémie et fermées depuis, un service qui était très apprécié.

Des cliniques d’infirmières praticiennes spécialisées (IPS) doivent également ouvrir dans les prochaines semaines à Montréal. L’une est prévue sur le territoire du Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) de l’Est-de-l’Île-de-Montréal, l’autre sur celui du CIUSSS du Centre-Sud-de-l’Île-de-Montréal. Elles pourront prendre en charge les problèmes de santé courants, aigus ou chroniques, tant chez les adultes que chez les enfants. Plusieurs modèles de cliniques IPS existent déjà dans la province, entre autres avec la coopérative de solidarité SABSA et le projet Archimède de la clinique médicale Saint-Vallier, tous deux situés dans la ville de Québec. Il existe aussi quelques cliniques regroupant principalement des IPS.

Et les autres professionnels de la santé ?

Les médecins ne sont peut-être pas les seuls à pouvoir vous aider.

Depuis la modification de la Loi sur la pharmacie en mars 2020, votre pharmacien est habilité à vous prescrire des médicaments sans ordonnance pour traiter des problèmes de santé simples. Il est aussi en mesure d’ajuster et de prolonger une ordonnance, et de prescrire et d’interpréter des analyses de laboratoire. Il doit toutefois s’assurer que votre état ne nécessite pas la consultation d’un médecin.

Quant aux diététistes-nutritionnistes, ils peuvent prescrire des analyses de laboratoire depuis juillet 2022, ainsi que certains macronutriments, c’est-à-dire les éléments provenant de l’alimentation qui fournissent de l’énergie au corps et assurent le bon fonctionnement de ses fonctions vitales, comme les glucides (sucre), les protéines et les lipides (gras). Ces professionnels ont aussi l’autorisation d’ajuster l’insuline et les antidiabétiques de leurs patients, lorsque leur état le nécessite.

>> À lire aussi : De nouvelles responsabilités pour les diététistes

Des services payants

Si vous êtes prêt à payer, sachez qu’il y a plusieurs ressources dans le secteur privé.

Le site Bonjour-Santé propose un service d’abonnement (à partir de 6 $ par mois pour une personne seule) pour vous aider à trouver un rendez-vous, en clinique ou en téléconsultation.

Des cliniques privées offrent des services de médecine familiale et de prélèvements. Mais attention ! les coûts sont élevés. Par exemple, une visite ponctuelle de 10 minutes coûte 200 $ aux non-membres, au sein du réseau En Route ! Ces cliniques font partie des options recensées dans le répertoire du gouvernement.

Si vous ne pouvez ou ne voulez pas vous déplacer, il est possible que la télémédecine puisse vous aider. Sachez cependant que certaines conditions, comme une otite, se traitent moins bien à distance que d’autres, par exemple un rhume. Plusieurs employeurs offrent ce service dans leurs assurances collectives, mais il existe également des plateformes payantes accessibles à tous. Par exemple, chez Clinique Go, chaque rendez-vous est facturé 119 $.

>> À lire aussi: Télésanté : pharmaciens, médecins, dentistes et autres professionnels répondent à vos questions en ligne

>> À lire aussi: Télémédecine : se faire soigner à distance

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  • Par Francis Caron
    04 Novembre 2022

    Très beau sujet! Il faut penser que les physiothérapeutes sont aussi une option rapide, sécuritaire et facilement accessible lorsqu'on se donne la peine de chercher. Pas besoin de voir le médecin avant de passer chez le physio! Bien que le service de physiothérapie privé soit payant pour l'usager, il s'agit d'une professionnel de la santé hautement qualifié pour prendre en charge vos problèmes musculo-squelettique. On pourrait réduire jusqu'à 25% les visites à l'urgence. Aussi, la majorité des assurances privées remboursent une partie des frais de physiothérapie. Oui ce sont des services payant, mais ça peut être payant dans les deux sens! Francis Caron, fier physiothérapeute