Ménopause et hormonothérapie : trois ordres professionnels tirent la sonnette d’alarme
Face à la popularité grandissante des traitements hormonaux pour soulager les symptômes de la ménopause, trois ordres professionnels du Québec lancent un avertissement clair : certaines pratiques observées sur le terrain soulèvent de sérieuses préoccupations.
Le Collège des médecins du Québec (CMQ), l’Ordre des infirmières et infirmiers du Québec (OIIQ) et l’Ordre des pharmaciens du Québec (OPQ) ont récemment publié un avis conjoint destiné à la fois aux professionnels de la santé et au public. Leur objectif est de rappeler les essentiels d’une pratique sécuritaire et encadrée de l’hormonothérapie.
Une réponse à des dérives inquiétantes
Cette mise en garde fait suite à de multiples signalements concernant la prise en charge de femmes en périménopause et en postménopause. Parmi les pratiques jugées préoccupantes, les ordres pointent notamment la prescription d’hormones en trop grande quantité ou trop rapidement, ainsi que le recours à des bilans sanguins inutiles ou sans fondement scientifique.
Selon eux, de telles approches vont à l’encontre des obligations professionnelles. Toute décision clinique – qu’il s’agisse de prescrire un traitement ou de demander des analyses – doit reposer sur une évaluation rigoureuse et des données probantes reconnues.
Des traitements qui ne se valent pas tous
Dans un marché où les solutions se multiplient, les trois ordres professionnels rappellent un principe fondamental : tous les traitements ne se valent pas. Ils recommandent de privilégier les produits approuvés par Santé Canada qui offrent des garanties en matière de qualité, d’efficacité et de sécurité.
À l’inverse, les produits non homologués ne disposent pas de ces validations, ce qui peut exposer les patientes à des risques pourtant évitables.
Clarifier les rôles et éviter les dérives
L’avis insiste sur la nécessité de bien comprendre le rôle de chaque professionnel, en précisant qu’il n’existe aucune spécialité reconnue en hormonothérapie ou en ménopause au Québec.
Les médecins et les infirmières évaluent les symptômes et proposent des options de traitement, tandis que les pharmaciens assurent un suivi et ajustent les thérapies en collaboration avec eux. Tous sont tenus de maintenir leurs compétences à jour et de respecter les mêmes standards, quel que soit leur milieu de pratique.
Le droit à une décision éclairée
Au cœur de cette démarche se trouve la patiente. Les trois ordres rappellent que l’hormonothérapie ne peut être amorcée sans un consentement libre et éclairé. Avant de commencer une hormonothérapie, les patientes doivent recevoir une information complète, claire etacte concernant les bienfaits, les risques, la durée et les effets du traitement.
Elles doivent pouvoir poser des questions, comprendre les recommandations qui leur sont faites et, au besoin, refuser ou interrompre un traitement sans pression.
Les professionnels de la santé ont aussi la responsabilité d’accompagner les femmes dans leur réflexion, en tenant compte de leur situation individuelle et en proposant, lorsque c’est pertinent, des approches non médicamenteuses.
Assurer des soins sécuritaires
En intervenant publiquement, les trois ordres professionnels souhaitent avant tout protéger les patientes et réaffirmer l’importance d’une pratique basée sur la rigueur scientifique.
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