Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Histoire de jouets: GoPoP!

Par Sylvain Trottier
GoPoP-2

Tout comme la musique, le cinéma et les livres, les jeux et les jouets ont leur his-toire. Voici un survol de celle du GoPoP!, un jeu qui, depuis un an, a envahi les cours de récré et les maisons.

Un jeu de société avec de vraies règles

Surtout associé aux jeux de manipulation pour enfants (et adultes) atteints de TDAH et autres troubles de l’attention, le GoPoP! peut ressembler à un nouveau Fidget Spinner, cet objet tournant qui a fait fureur le temps d’un été avant d’aller dormir dans l’armoire avec les Slinky, POG et autres Tamagotchi.

Pourtant, derrière les petites bulles siliconées, il y a des règles. Le GoPoP! fait partie de la famille des jeux de NIM, où les joueurs doivent à tour de rôle retirer des éléments, généralement des bâtonnets, et où celui qui prend le dernier a perdu.

D’ailleurs, un des noms d’une itération précédente du jeu était Last One Lost, autrement dit «le dernier a perdu!». Et la première version mise en marché du GoPoP s’appelait Last Mouse Lost. Chaque bulle avait une tête de souris en relief et le but était de ne pas être la dernière souris attrapée par un chat. Ces copies sont maintenant très recherchées par les collectionneurs.

Un jeu édité par une compagnie québécoise

Hé oui! L’épicentre de cette folie ludique mondiale vient du Québec, plus spécifiquement d’une compagnie de jeux située dans le sud-ouest de Montréal. Fondée par David Capon en 2003, la maison d’édition et de distribution FoxMind a pour mission, aux dires de son président, de «développer des jeux ludiques, intelligents et rapides à jouer, qui apportent quelque chose de positif aux joueurs».

Aujourd’hui, la compagnie emploie 15 personnes. Dans son catalogue, on trouve des jeux originaux comme Equilibrio, un jeu de dextérité pour les tout-petits, et Smart Cookies, un jeu de casse-têtes logiques, mais aussi des jeux d’importation comme le célèbre Jungle Speed, le jeu de vitesse au succès mondial, ou Trajan, un jeu de stratégie bien corsé.

David Capon a signé avec les auteurs en 2012, mais ce n’est que deux ans plus tard que le jeu a été lancé, à la Toy Fair de New York. Il a connu un essor fulgurant sur le réseau social TikTok et, à l’été 2019, il s’est glissé en exclusivité américaine dans les magasins de la chaîne Target, sous le nom PopIt. Un an plus tard, en septembre 2020, en pleine pandémie, une influenceuse faisait une vidéo avec le jeu. Sa publication a fait boule de neige et, en quelques mois, l’ensemble des contenus reliés à GoPoP! atteignaient les 4 milliards de visionnement!

Ce succès monstre entraîne évidemment de bonnes nouvelles pour l’équipe, comme la signature de licences connues (Disney, Marvel, Star Wars…), mais aussi de moins bonnes. Il existe de très nombreuses contrefaçons et M. Capon passe aujourd’hui la majorité de son temps à se battre, à l’aide d’avocats, pour faire cesser leur production et leur vente. D’ailleurs, il a refusé de dévoiler ses projets pour l’avenir, de crainte que des faussaires tentent de le prendre de vitesse.

Vous avez déjà joué à un autre jeu des créateurs

L’histoire des créateurs du jeu vaut aussi qu’on s’y attarde. Œuvrant sous le nom de Theora Design, le couple israélien Theo et Ora Coster a créé de nombreux jeux en plus du GoPoP!, originellement appelé Lahzaniot (qui selon Google Traduction peut signifier «bouton» ou «pour les seins»).

Ancien collègue de classe de la célèbre Anne Frank, Theo Coster aura eu plus de chance qu’elle en se cachant dans une ferme et en changeant son nom de Maurice Simon pour Theo. Il produira, en 2007, un film sur le sujet: Classmates of Anne Frank. Après la guerre, il déménagera en Israël, où il rencontrera celle qui deviendra son épouse et partenaire de création.

Si Ora était la créative aux idées foisonnantes, Theo était celui qui les structurait pour en faire des jeux, et GoPoP! ne fait pas exception. L’idée serait venue en rêve à Ora après le décès de sa sœur d’un cancer du sein, en 1974. Elle aurait rêvé à un champ de seins où elle pouvait appuyer sur des mamelons. À son réveil, elle aurait dit à Theo de faire un jeu reprenant cette idée.

Des idées, ils en avaient beaucoup. Ils ont créé ensemble plus de 150 projets tournant autour des jeux. Leur plus grand succès, si on exclut le GoPoP!, est un classique paru en 1979 auquel vous avez sûrement déjà joué: Guess Who? (Qui est-ce?). D’ailleurs, leur pierre tombale reprend la forme en clapet très caractéristique de ce jeu.

Si Ora a pu entrevoir le succès de GoPoP! – elle est décédée cette année –, ça n’a pas été le cas de Theo, mort en 2019.

Entre 10 et 20 millions de copies ont été vendues dans le monde et, selon les estimations de David Capon, si on ajoute les versions illégales, ce nombre grimperait à entre 2 et 3 milliards. Un succès fou qui dépasse de loin les un peu plus de 250 millions d’unités de Monopoly vendues à ce jour.

>> À lire aussi  Les meilleurs jeux de société québécois et Jeux de société: où jouer au Québec

 

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.