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Faut-il interdire le cellulaire à l’école ?

Par Rémi Leroux Mise en ligne : 03 septembre 2019  |  Magazine : octobre 2019 Shutterstock.com

cellulaire-ecole Shutterstock.com

Objet de toutes les distractions ou outil pédagogique comme un autre, le téléphone cellulaire est interdit en Ontario pendant les heures de cours. Bonne ou mauvaise idée ? Les avis divergent.

Plusieurs juridictions ont récemment décidé d’interdire le cellulaire, ou d’en limiter l’usage, à l’école. C'est le cas de l’Ontario où les téléphones seront interdits pendant les heures de cours à compter du 4 novembre prochain, sauf si on les utilise à des fins éducatives.

La ministre de l’Éducation ontarienne, Lisa Thompson, s’est justifiée en expliquant que « les élèves doivent pouvoir se concentrer sur leur apprentissage, pas sur leur téléphone cellulaire ». Chaque conseil scolaire et chaque école ont la responsabilité de déterminer les modalités de mise en œuvre de ces nouvelles règles.

Au Québec, le ministre de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, Jean-François Roberge, a annoncé qu’il n’entendait pas emboîter le pas à l’Ontario. « L’utilisation du cellulaire relève des règles de vie de chaque école et, par conséquent, elle n’est pas balisée par le Ministère », nous a confirmé Bryan St-Louis, responsable des relations avec les médias du Ministère.

« Les jeunes socialisent davantage »

Certains établissements québécois restreignent l’usage du cellulaire, dont l’école secondaire Saint-Stanislas de Saint-Jérôme, où une politique, en vigueur depuis une dizaine d’années, interdit aux élèves d’utiliser leur téléphone dans l’enceinte de l’école. « À l’origine, elle s’appliquait aux lecteurs MP3, explique le directeur Jean-Pierre Tremblay. Mais la mesure a été étendue aux cellulaires lorsque ceux-ci ont fait leur apparition. »

Il affirme que les élèves vivent bien avec cette limitation. « Ils socialisent davantage, participent à des activités à l’heure du dîner plutôt que d’être tous la face dans l’écran. » Il reconnaît que l’existence de cette règle depuis de nombreuses années est « une condition gagnante » pour la faire respecter, parce que les jeunes savent à quoi s’attendre lorsqu’ils entrent en première secondaire. Mais ce n’est pas la seule condition : « Le secret, c’est la cohérence et la constance des interventions du personnel auprès des élèves. » 

« En interdisant, on se donne bonne conscience »

Thierry Karsenti, titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les technologies de l’information et de la communication (TIC) en éducation à l’Université de Montréal, n’est pas convaincu par ces mesures : « En interdisant, on ne règle pas le problème, on se donne bonne conscience. » Selon lui, « l’école a la responsabilité d’éduquer les jeunes et, en ce qui concerne les bons usages du cellulaire, il y a clairement une éducation à mettre en place ».

« Les technologies numériques sont des outils d’apprentissage puissants », affirme encore le chercheur, qui a constaté que plusieurs enseignants les utilisent à des fins éducatives : recherche en ligne, exercices à partir d’applications spécifiques, etc. 

Par ailleurs, il considère que le téléphone n’est pas un frein à la socialisation des jeunes, mais plutôt une nouvelle forme de socialisation qu’il faut baliser : « L’encadrement fonctionne bien lorsqu’un contrat est passé entre l’élève, le parent et l’établissement. Le téléphone peut être apporté en classe, mais à certaines conditions, et sûrement pas pour texter ni pour « surfer » sur les réseaux sociaux. » Le parent doit lui aussi signer le contrat, car il a un rôle central à jouer dans l’éducation à ces technologies, souligne-t-il.

Une question de société

Que l’on soit pour ou contre l’interdiction, une chose est sûre : l’usage du cellulaire est une problématique qui dépasse le cadre scolaire. « C’est un véritable enjeu de société, et les adultes doivent eux aussi s’interroger sur leur utilisation d’une technologie qui n’est pas près de disparaître », conclut Thierry Karsenti.

Qu’en pensez-vous : faut-il interdire le téléphone à l’école ? Écrivez-nous à [email protected]

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