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Comment éviter que votre chat ne devienne un vecteur de maladies

Comment éviter que votre chat ne devienne un vecteur de maladies Jan Gustavson/Shutterstock.com

Les animaux de compagnie occupent une place importante dans la vie de nombreuses personnes, leur apportant une compagnie précieuse. Pourtant, ils peuvent parfois être à l’origine de pathogènes et de maladies indésirables, surtout lorsqu’ils sortent régulièrement à l’extérieur.

Nous sommes des écologistes et un vétérinaire qui étudions la santé de la faune sauvage, ainsi que la circulation des pathogènes entre la faune sauvage, les animaux domestiques et les humains. Si votre chat sort librement ou si des chats errants fréquentent votre jardin, nos récentes découvertes vous concernent peut-être directement.

Les agents pathogènes zoonotiques sont des organismes capables d’infecter aussi bien les animaux que les humains. Du point de vue d’un agent pathogène, nous ne sommes qu’un hôte parmi d’autres. La faune sauvage est souvent pointée comme source principale de maladies émergentes, ce qui se comprend, étant donné qu’il existe bien plus d’espèces sauvages que d’espèces domestiques.

Cela dit, même si un agent pathogène peut infecter les humains, encore faut-il qu’il trouve un moyen de nous atteindre. Or, nous partageons davantage d’agents pathogènes zoonotiques avec nos animaux domestiques qu’avec la faune sauvage, tout simplement parce qu’ils vivent à notre contact. L’avantage est encore plus grand pour les pathogènes capables d’infecter un animal de compagnie.

Dans notre étude récemment publiée, nous avons compilé les données de plus de 400 études afin d’examiner dans quelle mesure le mode de vie d’un chat – intérieur, extérieur ou errant – influe sur sa probabilité de porter des agents pathogènes susceptibles d’infecter les humains.

Au total, cette compilation recense près de 100 agents pathogènes détectés chez les chats, considérés comme zoonotiques. Parmi les plus courants : la rage, Toxoplasma gondii, les vers ronds et la salmonelle.

Nos recherches

Nous avons constaté que les chats ayant accès à l’extérieur avaient trois à cinq fois plus de chances de porter un agent pathogène zoonotique que les chats vivant exclusivement à l’intérieur. Fait plus surprenant : les chats autorisés à sortir présentaient un risque comparable à celui des chats errants. Ils portaient certes moins de types d’agents pathogènes différents, mais les mêmes pathogènes qui infectent les chats errants peuvent tout autant affecter les chats de compagnie.

Ce risque prend une dimension considérable à grande échelle, car les chats qui déambulent librement sont en contact étroit avec les humains, la faune sauvage et d’autres animaux domestiques. Dans l’ensemble des études analysées, environ 60 % des chats domestiques avaient un accès non surveillé à l’extérieur, un taux qui dépasse 90 % dans certaines régions.

Les chats errants chassent, interagissent avec la faune sauvage ou d’autres animaux domestiques, et évoluent dans des environnements contaminés. Des recherches suggèrent que les propriétaires de chats sous-estimeraient les captures de leurs chats d’environ 80 %, ce qui signifie que la majorité des contacts avec des animaux sauvages passent inaperçus.

Ces interactions ne sont ni rares ni limitées aux espèces dites nuisibles. À l’échelle mondiale, les estimations du nombre d’animaux sauvages tués par des chats se chiffrent en milliards, avec plus de 2000 espèces répertoriées comme proies des chats domestiques.

Les chats chassent des animaux susceptibles de véhiculer des agents pathogènes zoonotiques – rongeurs, oiseaux, chauves-souris – qui n’auraient autrement que peu de contacts avec les humains. Ils peuvent ramener chez eux des rongeurs porteurs de virus, et des cas documentés montrent des chats introduisant dans des habitations des chauves-souris séropositives pour la rage. Un chat rentrant avec une proie peut ainsi ouvrir une voie directe entre les agents pathogènes circulant dans les populations sauvages et les humains.

Les propriétaires ne sont pas les seuls exposés. Les chats d’extérieur défèquent dans les jardins, les parcs, les aires de jeux et autres espaces communs, ce qui peut engendrer des taux de contamination élevés. Une étude a estimé que les chats d’extérieur déposaient plus de 60 tonnes de matières fécales pour 10 000 foyers chaque année.

Selon le parasite, les excréments peuvent contenir des centaines, voire des centaines de milliers d’œufs qui persistent dans le sol ou l’eau pendant des mois, voire des années, et infecter toute personne ou tout animal entrant en contact avec eux.

Ce que les propriétaires de chats peuvent faire

La mesure la plus simple est aussi la moins coûteuse et la plus humaine : éviter que les chats ne vagabondent sans surveillance. Cela ne signifie pas leur interdire l’extérieur. Il existe des alternatives : construire des enclos ou des « catios », les promener en laisse, organiser des sorties surveillées ou tout autre dispositif permettant un accès contrôlé.

Les soins vétérinaires restent indispensables. Traiter les infections parasitaires et vacciner contre la rage sont des précautions essentielles, y compris pour les chats d’intérieur. Mais ni les vaccins ni les antiparasitaires ne couvrent l’ensemble des agents pathogènes associés à la faune sauvage : limiter l’exposition demeure donc l’approche la plus complète.

Le débat sur la liberté de mouvement est souvent présenté comme un faux dilemme : soit le chat se promène librement, soit il est privé d’une vie naturelle. Ce cadre est trompeur, et ne correspond pas à la façon dont nous gérons les autres animaux de compagnie. Nous ne considérons pas qu’un chien a besoin d’un accès illimité aux routes, aux jardins des voisins ou à la chasse pour s’épanouir. De la même façon, les chats d’intérieur ou ceux bénéficiant d’un accès surveillé peuvent mener une vie saine, enrichie et plus longue.

Des politiques encadrant les déplacements des chats à l’extérieur peuvent contribuer à préserver la biodiversité, le bien-être des félins et de la faune sauvage, ainsi que la santé publique. C’est là l’essence même du concept One Health : les choix qui protègent les écosystèmes sont souvent les mêmes que ceux qui protègent les animaux et les humains qui les partagent.

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Cet article est tiré de La Conversation et republié sous licence Creative Commons. Lire l’article original.

Par Amy Wilson, professeur adjoint, Sciences forestières et de la conservation, Université de la Colombie-Britannique, Peter Marra, professeur de Biologie et environnement, Université de Georgetown, et Scott Wilson, professeur adjoint, Sciences forestières et de la conservation, Université de la Colombie-Britannique, coécrit par David Lapen, chercheur à Agriculture et Agroalimentaire Canada.

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