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Pelouse : quelles sont les règles d’arrosage dans votre municipalité ?

Par Marie-Eve Shaffer
Pelouse : quelles sont les règles d’arrosage dans votre municipalité ? Kinek00/Shutterstock.com

Des municipalités sortent l’artillerie lourde pour limiter l’utilisation de l’eau potable pendant l’été : elles interdisent carrément l’arrosage des pelouses.

Saint-Hyacinthe, Shawinigan et Vaudreuil-Dorion ont adopté des règlements qui empêchent l’irrigation des gazons pendant une partie ou l’entièreté de l’été. La Ville de Saint-Lin–Laurentides a, quant à elle, publié un avis dans le même sens le 1er juin dernier.

La Ville de Shawinigan fait figure de précurseur en ayant durci sa réglementation dès 2023 ; elle avait déjà diffusé des communiqués de 2020 à 2022 pour limiter l’utilisation de l’eau venant de l’aqueduc municipal pour arroser les gazons.

« Les premières années de la mise en application de la réglementation, l’objectif était davantage de faire de la sensibilisation auprès de notre population, [mais] depuis le début de la saison estivale actuelle, deux constats d’infraction liés à l’arrosage ont été émis », indique la Ville de Shawinigan, dans un échange de courriels.

Dans cette municipalité de la Mauricie, les amendes s’élèvent à 300 $ pour une première infraction et vont de 600 à 2 000 $ en cas de récidive.

Des règlements à géométrie variable

Sans interdire complètement l’arrosage des pelouses, bien des municipalités ont révisé leur règlement sur l’utilisation de l’eau potable pendant l’été ces dernières années. Les textes varient d’une ville à l’autre, selon le type d’équipement ainsi que les végétaux à arroser.

L’arrosage à la main – à l’aide d’un arrosoir muni d’une anse – est permis en tout temps. Vous préférez utiliser un boyau d’arrosage ? Assurez-vous qu’il est équipé d’un pistolet avec un dispositif d’arrêt automatique ; plusieurs municipalités l’exigent désormais.

Vérifiez en outre si votre municipalité impose un horaire pour l’arrosage manuel. À titre d’exemple, la Ville de Gatineau le permet en tout temps, sauf le lundi. La Ville de Laval l’autorise, de son côté, en début et en fin de journée, mais seulement pour les fleurs et les potagers.

Quant aux arroseurs oscillants et aux systèmes de gicleurs, la plupart des municipalités ont prévu une, deux ou trois plages horaires par semaine. Plusieurs font, par ailleurs, la distinction entre la pelouse et les autres végétaux.

Par exemple, la Ville de Québec permet l’arrosage du gazon avec ces équipements mécaniques et automatiques une journée par semaine selon un horaire précis ; pour les autres végétaux, le même programme est en vigueur, mais tous les jours de la semaine.

Le règlement de la Ville de Sherbrooke est encore plus détaillé. Avec un système de gicleurs ou un arroseur oscillant, vous pouvez arroser votre pelouse, vos arbres, vos arbustes et vos vivaces une journée par semaine, pendant deux à trois heures. Pour votre potager et vos fleurs, vous le faites quand bon vous semble, sans « arrosage excessif ».

Nouvelles pelouses et plantations : des exceptions possibles

Notez que bien des municipalités font preuve de souplesse quand vous installez une nouvelle pelouse ou que vous plantez des arbres et elles élargissent les heures d’arrosage. Gatineau et Longueuil, entre autres, exigent cependant que vous demandiez un permis.

Les usages excessifs

  • Pour éviter les excès, plusieurs municipalités précisent dans leur règlement qu’il est proscrit :
    d’arroser quand il pleut ;
  • de laisser l’eau couler sans raison ;
  • d’arroser un banc de neige pour le faire fondre.

Pourquoi des règlements stricts ?

En révisant leurs règlements, les municipalités veulent limiter la consommation d’eau potable pour réduire la pression sur leurs infrastructures municipales vieillissantes.

« L’objectif principal de ces mesures, c’est […] surtout de diminuer les pics de demande, lesquels exercent une pression plus importante sur les infrastructures de production, de traitement, de stockage et de distribution de l’eau potable », indique la Ville de Sherbrooke.

« Les mauvaises utilisations de l’eau potable dans les usages extérieurs ont aussi un coût pour la filtration », souligne, pour sa part, la Ville de Saguenay.

L’appel à la vigilance lancé par la Ville de Montréal, à la fin du mois de mai, illustre bien cette problématique : la métropole a demandé à ses citoyens de réduire leur consommation d’eau en raison de travaux d’urgence à effectuer sur une conduite principale, sous l’avenue Atwater.

Le ministre des Affaires municipales, Samuel Poulin, a d’ailleurs indiqué qu’il aimerait « lancer une réflexion sur la consommation d’eau potable en raison d’un risque de défaillance “élevé ou très élevé” des équipements municipaux », selon ce que rapportait récemment Radio-Canada.

Des solutions
Pour éviter d’utiliser l’eau venant de l’aqueduc municipal, vous pouvez mettre en place diverses solutions :

  • Installer un baril récupérateur d’eau de pluie (certaines villes en vendent à prix modique ou proposent des subventions)
  • Maintenir la hauteur de votre pelouse à au moins 7 cm
  • Laisser les résidus de tonte au sol
  • Ajouter du paillis dans vos bacs à fleurs et vos plates-bandes

À lire aussi : Comment aménager une pelouse écologique et Entretenir la pelouse avec ou sans engrais et pesticide ?

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