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Graffitis: comment éloigner les tagueurs... et agir si le mal est fait

Par Diego Creimer
Que fait la police contre les graffitis

Rien ne peut vous protéger complètement contre les graffitis, mais il y a divers moyens de rendre vos murs moins attrayants aux yeux des artistes des ruelles. Voici donc comment éviter qu'on s'attaque à votre demeure et comment faire appel à un professionnel si le mal est fait.

La couleur. Un graffiti ne serait pas très visible sur un mur aux tons contrastés, comme ceux peints de deux couleurs, ou encore faits de pierres de différentes tonalités ou de briques en dégradé.

La murale. Une murale peut aussi contrer l’apparition des tags. La Ville d’Ottawa, par exemple, encourage les jeunes à en créer sur les édifices publics, dans les quartiers qui connaissent un taux élevé de «vandalisme par graffitis». Il faut toutefois être prêt à vivre avec ce type d’art toute l’année. Et à payer un prix qui dépend de la célébrité du peintre et de la complexité de l’œuvre. Même s’il n’est pas Diego Rivera, un artiste vous demandera de 2 000 à 10 000 $ pour une murale de 7 x 3 m qu’il faudra restaurer ou effacer dans à peine six à 10 ans.

>> À lire aussi sur notre site: Graffitis, c’est l’heure du ménage du printemps

La verdure. Si vos murs sont en bon état, l’ajout de plantes grimpantes aura un effet bénéfique, car elles empêcheront les rayons ultraviolets, la pluie et les polluants atmosphériques d’en atteindre directement la surface, ce qui protégera les matériaux de l’érosion physique et chimique, explique l’horticulteur Pierre-Yves Comtois, qui a travaillé au Jardin botanique de Montréal. La Ville de Gatineau recommande la vigne vierge d’Engelmann, qui requiert peu d’ensoleillement, pousse avec vigueur dans des endroits exigus et est offerte dans la plupart des centres de jardinage. Vendues environ 16 $ chacune, les vignes couvriront un mur en deux ou trois étés si vous en plantez une tous les 1,5 m.

Attention: les plantes grimpantes peuvent rendre humides et abîmer les surfaces de brique ou de béton qui présentent des fissures ou des imperfections. «L’impact sur un mur ne varie pas en fonction de l’espèce, mais en fonction de la densité de la couverture, explique Pierre-Yves Comtois. Une espèce vigoureuse qui pousse dans de bonnes conditions et qui crée une couverture très épaisse modifiera davantage les conditions près des murs.»

Vous préférez ne pas recouvrir votre mur? Plantez plutôt des buissons, des arbustes ou des rosiers, à une distance de 50 cm à 1 m du mur.

1. La présence de plantes grimpantes éloigne les tagueurs.
2. On peut aussi ajouter des buissons pour compliquer encore plus l’accès au mur et en faire un moins bon canevas. 
3. Un autre bon choix: un grillage décoratif auquel il est impossible de grimper.

La lumière. Les experts en nettoyage de graffitis et la police suggèrent d’installer un détecteur de mouvement pour qu’une lu­mière puissante s’allume quand quel­qu’un s’approche de votre maison. Il est aussi conseillé de munir l’ampoule d’une grille de protection.

Le vernis. Le vernis antigraffitis, largement utilisé en Europe et aux États-Unis mais encore assez rare au Québec, est un film transparent, résistant aux intempéries, qui rend la surface moins poreuse pour éviter que d’autres substances n’y adhè­rent. La peinture coulera sur le mur comme l’huile sur le téflon! Comptez environ 2 $ par pied carré, soit 650 $ pour peindre un mur de 7 x 3 m (23 x 10 pi). Malheureusement, ce produit est difficile à trouver en quincaillerie. Il faut faire appel à un nettoyeur ou à un peintre professionnel, ou encore le magasiner sur Internet.

Le grillage. Certaines municipalités, dont Gatineau, encouragent les propriétaires à couvrir leurs murs de grillage décoratif auquel on ne peut ni grimper ni attacher de sacs. Installez le grillage jusqu’à une hauteur d’au moins 2 m (6 1/2 pi), puisqu’il est peu probable que les graffiteurs veuillent faire leurs dessins plus haut. Une clôture ornementale de 1,8 m (6 pi) de hauteur en aluminium ou en acier peint coûte de 50 à 70 $ le pied linéaire. Pour un mur latéral de 7 m (23 pi) de longueur d’une maison située à un coin de rue, une clôture en aluminium blanc, par exemple, coûterait 1 600 $.

Persévérance!

Votre maison a été taguée malgré tous vos efforts préventifs? Le meilleur conseil: effacez le graffiti aussi vite que possible. «Le message est clair: arrêtez de gribouiller sur nos murs, parce qu’on va effacer tous vos graffitis! explique Éric Lalonde, commandant du poste de quartier 16 du SPVM, dans l’arrondissement de Verdun. Il faut se rappeler qu’un adolescent qui fait des graffitis cherche seulement à se faire remarquer.» La course au découragement est dure, mais il s’agit d’être plus persévérant que les graffiteurs. Si vous effacez leurs tags une, deux ou trois fois, les risques qu’ils continuent à vous prendre pour cible s’amoindrissent.

Que fait la police contre les graffitis?

Au fil des ans, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a développé une approche basée à la fois sur la prévention et sur la répression. N'affrontez pas les tagueurs si vous les prenez en flagrant delit. Appelez le 911 et laissez la police faire son travail. Éric Lalonde, commandant du poste de quartier 16, dans l’arrondissement de Verdun, a consacré une partie de sa carrière à étudier le phénomène des graffiteurs. Aujourd’hui, il multiplie les présentations dans les écoles secondaires afin de décourager les jeunes qui songent à tracer leurs tags sur les murs, les ponts et les édifices de leur quartier. «Il y a des ados qui se lancent des défis à l’école: je vais taguer tel ou tel endroit, tu verras ! Il faut que les jeunes comprennent que ces actes ne sont pas sans conséquence.»

Prévention ou répression?

Difficile de dire quelle approche est la plus efficace, car seule la répression fournit des résultats quantifiables. Comme la plupart des tagueurs sont des mineurs, parfois âgés d’à peine 12 ans, la prévention doit commencer à la maison. «On peut se rendre compte qu’un ­jeune est en train de faire des graffitis parce qu’il va dessiner un peu partout dans ses cahiers le tag qu’il fera plus tard sur un vrai mur», explique Éric Lalonde. Plusieurs municipalités adoptent une approche prévention-­répression. L’arrondissement de Côte-des-Neiges–Notre-Dame-de-Grâce, par exemple, a vu son budget de sensibilisation auprès des jeunes graffiteurs augmenter de 25 % en 2011.

L’action coordonnée de la police, de l’école et des parents contribue à contrer la prolifération des graffitis. Le SPVM af­firme que cela donne de bons résultats. En 2011, il y a eu sur l’île de Montréal 2 204 rapports de police relatifs à des graffitis qui ont conduit à 335 arrestations. Pour un gribouilleur qui se fait prendre pour la première fois, l’amende est de 100 $. Certains arrondissements facturent aussi les coûts du nettoyage.

La police de Montréal a développé des méthodes sophistiquées pour débusquer les graffiteurs. Ses agents photographient et répertorient un bon nombre de tags. Quand un individu est arrêté alors qu’il était en train de faire un graffiti, on compare ce dernier aux images du registre. Si la police arrive à prouver que le suspect est aussi l’auteur d’autres graffitis, l’amende augmente. Et s’il est mineur, la facture est refilée à ses parents ou tuteurs. De quoi gâcher un souper en famille… De plus, les tagueurs récidivistes sont traduits devant la Chambre de la jeunesse.

Il ne faut pas se décourager: des techniques semblables ont permis à de grandes villes comme New York d’endiguer le problème des graffitis!

Nettoyer un graffiti ce quil faut savoir Shutterstock

Nettoyer les graffitis

Vous vous réveillez un dimanche matin, choyé par le soleil qui entre par la fenêtre. Vous vous servez une tasse de café et sortez chercher votre journal, ou encore regarder si les fleurs ont commencé à pousser. En faisant demi-tour pour rentrer, vous voyez un graffiti sur votre mur hier encore immaculé. Vous restez bouche bée. Vous ne pouvez pas le lire. Ce n’est ni une croix gammée, ni un slogan politique, ni un dessin intelligible. Ça ne dégage ni haine ni amour. C’est un tag!

Dans une grande ville comme Montréal, Québec ou Sherbrooke, nombreux sont les propriétaires qui, un jour ou l’autre, deviennent victimes de tagueurs. Si cela vous arrive, ne désespérez pas: on peut effacer les graffitis avec des techniques de nettoyage qui varient selon la nature de la surface sur laquelle ils ont été faits.

Repeindre ou nettoyer?

Évidemment, si votre mur était déjà peint, vous pouvez couvrir le graffiti d’une autre couche de peinture. Toutefois, si vous n’avez pas exactement la même couleur, ou si la peinture de votre mur était déjà un peu fanée, assurez-vous d’avoir des bords très précis où l’on peut s’arrêter sans voir la différence avec la couleur originale.

Pour les murs de maçonnerie ou de stuc, ou les bardages d’aluminium ou de vinyle, la solution passe par un nettoyage à haute pression. Cette technique consiste à appliquer sur la surface à nettoyer des produits chimiques – souvent acides – qui affaiblissent la peinture du graffiti, et d’y projeter ensuite un jet d’eau très puissant qui l’enlève complètement. Selon la porosité de votre mur de même que la quantité et la qualité de la peinture du graffiti, cette opération peut prendre quelques minutes ou quelques heures. Plus la surface est poreuse, plus il sera difficile d’effacer un tag.

Voilà pourquoi, au moment d’appeler un nettoyeur de graffitis, il faut considérer la manière dont il vous facturera ses services: au pied carré, à l’heure ou à forfait? La plupart des nettoyeurs facturent au pied carré, ce qui n’est pas très avantageux quand le dessin est creux, car l’intérieur du périmètre du graffiti sera aussi comptabilisé. La facturation à l’heure peut également gonfler les frais si les experts mettent trop de temps à finir leur travail. Pour tenir votre budget en laisse, l’idéal est de demander un prix ferme que le nettoyeur sera obligé de respecter.

Exigez un devis

Un expert en nettoyage évalue toujours l’état des matériaux avant de passer à l’action, car malgré ses bienfaits esthétiques, le nettoyage abîme davantage la surface que le graffiti lui-même. En effet, l’eau peut ouvrir de petites fissures là où le revêtement d’un mur présente des faiblesses. Si vous appelez une compagnie de nettoyage pour effacer un tag, on vous demandera probablement d’envoyer une photo et les mesures du graffiti pour qu’on puisse vous soumettre un devis. Quelques compagnies se déplaceront chez vous pour évaluer les dégâts sur place.

Demandez quel type de produit sera utilisé pour affaiblir la peinture: acide ou simplement savonneux? Est-ce qu’on peut vous garantir que le nettoyage ne laissera pas de trace? Car l’une des pires choses qui pourraient vous arriver, ce serait d’avoir à vivre avec le «fantôme» du graffiti, cette partie du mur légèrement blanchie qui vous rappellera toujours que les gribouilleurs sont passés chez vous… Rappelez-vous qu’en règle générale, les produits savonneux sont moins dommageables pour les surfaces que les produits acides. Vous pouvez aussi demander au nettoyeur si les produits qu’il utilisera sont biodégradables, et s’il peut vous fournir la fiche signalétique détaillant leur niveau de toxicité et leurs dangers. Certaines compagnies de nettoyage affichent ces informations sur leur site Web. Toute entreprise de nettoyage à haute pression offre normalement un service d’enlèvement de graffitis, mais l’inverse n’est pas toujours vrai. Le nettoyage de graffitis est une spécialité.

Les coûts

Prenez la peine de demander quelques devis avant de fixer votre choix, car les prix peuvent varier grandement d’une compagnie à l’autre. La preuve: nous avons demandé à trois nettoyeurs de nous proposer une estimation pour le même travail: un graffiti à la peinture blanche de 5 x 2 m, sur un mur de brique rouge, à Verdun. Le devis le moins cher s’établissait à 200 $; les deux autres, à 300 $. Ne comptez pas sur votre assureur pour rembourser ces frais: bien que certaines polices couvrent les actes de vandalisme et que ceux-ci incluent les graffitis, le Bureau d’assurance du Canada soutient que la franchise à payer est presque toujours plus élevée que le coût du nettoyage.

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