De plus en plus d’acheteurs de maisons ayant découvert des vices et des dommages dans leur nouvelle propriété m’appellent peu de temps après la prise de possession.
Ma première question est toujours la même : l’avez-vous fait inspecter et avez-vous pris connaissance du rapport avant de procéder à l’achat ? La réponse typique : « Oui, mais je n’aurais pas dû prendre un inspecteur recommandé par le courtier. L’inspection a duré une heure, et il s’est contenté de passer la tête dans la trappe du vide sous toit sans y monter. »
Une inspection à refaire
Sachant qu’une inspection complète et rigoureuse dure environ trois heures, je propose, dans la majorité des cas, de refaire l’inspection au complet afin de s’assurer que d’autres points importants n’ont pas été oubliés. Il n’est pas rare que plusieurs vices supplémentaires s’ajoutent alors à la liste déjà établie.
Des vices qui coûtent cher à corriger, d’autant plus qu’il faut souvent payer des experts pour mieux comprendre les problèmes et les régler. Une question se pose alors : vaut-il la peine d’entreprendre des démarches judiciaires, sans savoir si on aura gain de cause, et sans compter toute l’énergie négative que cela engendre. J’ai vu des batailles juridiques entraîner des séparations, des dépressions et des faillites.
Des recours limités
Dans un tel cas de figure, le courtier est généralement intouchable, car il a suivi les recommandations de l’Organisme d’autoréglementation du courtage immobilier du Québec (OACIQ), qui lui demande de proposer au moins deux inspecteurs. Bien sûr, le courtier affirme avoir recommandé les meilleurs, mais trop souvent, il s’agit surtout des plus complaisants. Et pour un courtier, ils sont faciles à trouver. J’ai même essayé de formuler une plainte à l’OACIQ, sans succès.
Il serait grand temps pour le gouvernement d’instaurer une loi visant à mieux protéger les acheteurs de maisons. Le courtier devrait seulement pouvoir donner le nom des associations d’inspecteurs reconnues par l’OACIQ et laisser l’acheteur faire son propre choix, sans conflit d’intérêts.
Comment trouver un bon inspecteur
Bien sûr, l’acheteur a une certaine responsabilité et il doit, au minimum, savoir comment trouver un inspecteur sur les sites de l’Association des professionnels de la construction et de l’habitation du Québec (APCHQ) et de l’Association des inspecteurs en bâtiments du Québec (AIBQ).
Il a tout intérêt à questionner l’inspecteur qu’il prévoit engager sur des points précis : l’interroger sur son expérience, lui demander un exemplaire de rapport, et une preuve d’assurance erreurs et omissions, vérifier s’il utilise une convention de service d’inspection, etc.