Un contexte économique qui favorise la fraude
La situation économique actuelle crée un terreau fertile pour les fraudes. La hausse du coût de la vie, les difficultés d’accès à la propriété, l’endettement étudiant et l’incertitude financière poussent plusieurs jeunes adultes à chercher des moyens d’améliorer rapidement leur situation pécuniaire. Dans ce contexte, les promesses d’investissements simples, rentables et rapides peuvent paraître particulièrement attrayantes.
Ni le niveau d’éducation ni la confiance ne protègent complètement
La fraude ne repose pas seulement sur un manque de connaissance, elle exploite surtout certains mécanismes psychologiques.
Par exemple, plusieurs jeunes adultes ont confiance en leurs compétences numériques ou financières. Cette confiance peut parfois mener à une surestimation de leur capacité à détecter une arnaque, un phénomène connu sous le nom de biais de surconfiance. C’est justement dans ce cas précis que les personnes qui se sentent très compétentes en matière d’investissement peuvent être plus susceptibles de croire à des promesses de rendements élevés.
Les fraudeurs savent très bien exploiter cette surconfiance. Ils utilisent un langage technique, parlent de cryptomonnaies ou d’investissements « innovants » et créent l’impression que l’occasion est réservée à des personnes informées.
Les réseaux sociaux comme facilitateurs de la fraude
Les réseaux sociaux jouent un rôle dans la diffusion de la fraude à l’investissement. Le fonctionnement même de ces plateformes repose sur l’engagement, c’est-à-dire plus de clics, de commentaires et de partages. Pour y arriver, elles utilisent nos comportements en ligne pour nous proposer du contenu similaire.
Le problème survient lorsque ce mécanisme d’engagement amplifie du contenu trompeur. Les publications promettant un enrichissement rapide attirent souvent beaucoup d’attention et gagnent en visibilité. Avec le temps, cela crée une bulle informationnelle, soit un environnement où nous voyons surtout des contenus qui vont dans la même direction. Plus nous les voyons circuler, plus ils peuvent paraître plus crédibles ou plus normaux qu’ils ne le sont réellement. Ce phénomène peut être renforcé lorsque des influenceurs font la promotion d’occasions d’investissement douteuses. En raison de leur popularité auprès des jeunes, leurs recommandations peuvent paraître particulièrement crédibles et intéressantes.
Pour les parents, voici quelques pistes de prévention :
- S’intéresser aux contenus financiers en ligne ;
- Encourager l’esprit critique. Face à une proposition frauduleuse, poser des questions comme : « Pourquoi quelqu’un partagerait-il cette occasion avec des inconnus ? » ;
- Normaliser l’erreur : plus le sujet est ouvert, moins les jeunes auront honte de demander de l’aide s’ils ont des doutes.
Pour les jeunes :
- Se méfier des influenceurs qui exhibent un mode de vie luxueux pour persuader leur audience de leur réussite ;
- Traiter les contenus des médias sociaux comme des messages promotionnels plutôt que comme des conseils financiers ;
- Ne jamais transférer d’argent ou de cryptoactifs à des individus, mais plutôt à des entreprises enregistrées.
Si vous ou un proche avez besoin d’accompagnement, visitez le site de la Clinique de cyber-criminologie de l’Université de Montréal ou appelez au 438 901-4395.
À lire aussi
Pour mieux comprendre les mécanismes psychologiques exploités dans les fraudes à l’investissement, dont le biais de surconfiance et d’autres biais cognitifs, voir le billet de recherche de Mathieu Dagenais sur les biais cognitifs et émotionnels.
Avec la collaboration de Benoît Dupont, professeur titulaire, École de criminologie, Université de Montréal.