Déjà inscrit ou abonné ? Connectez-vous ici

Accédez à cet article gratuitement

Il suffit de vous inscrire à nos infolettres

Vous recevrez maintenant nos infolettres par courriel. Sachez que vous pouvez vous désabonner en tout temps en suivant le lien "Me désabonner" dans le bas d'une infolettre.

Défi 28 jours sans alcool: quels bienfaits?

Par Céline Montpetit Mise en ligne : 15 janvier 2018  |  Magazine : février 2018

Shutterstock.com

Avis à ceux qui en doutent: la sobriété volontaire a de réels bienfaits. Après des Fêtes bien arrosées, la Fondation Jean Lapointe vous invite à faire une pause d’alcool en février. L’occasion de prendre conscience de votre consommation et de donner une pause à votre foie.

En février, Amélie Chamberland relèvera de nouveau le défi 28 jours sans alcool. « Je l’ai fait l’an dernier et j’ai trouvé ça dur au début, surtout les fins de semaine et dans les soupers, dit-elle. J’avais l’impression d’être perçue comme une extraterrestre. Mais plus le mois avançait, moins j’avais envie de boire. » La Montréalaise de 38 ans, qui évolue dans le milieu des communications, traversait alors une période stressante sur le plan professionnel. Le fait de diminuer sa consommation d’alcool – elle buvait en moyenne sept ou huit verres par semaine – l’a aidée à retrouver le sommeil. Depuis, elle a réduit sa consommation de moitié et s’en porte mieux.

C’est quoi, le défi ?

L’année 2018 marquera la cinquième édition du défi 28 jours sans alcool de la Fondation Jean Lapointe. L’objectif : amasser des fonds afin de permettre à l’organisme d’offrir des ateliers de sensibilisation aux risques de la consommation d’alcool et de drogues dans les écoles secondaires. « Les animateurs expliquent aux jeunes les effets des drogues et de l’alcool sur le cerveau et ils leur donnent des trucs pour apprendre à dire non », résume Annie Papageorgiou, directrice générale de la Fondation. Cette année, elle vise 500 000 $, soit 180 000 $ de plus que l’an dernier. « Beaucoup d’écoles figurent sur notre liste d’attente. Nous peinons à répondre à la demande », souligne-t-elle.

Envie de participer  ?

Il suffit de vous inscrire en ligne au defi28jours.com, de faire un don minimal de 28 $ et de vous engager à ne pas consommer d’alcool du 1er au 28 février. Pour vous aider à tenir le coup, la Fondation conseille que vous demandiez à quelqu’un de votre entourage de relever le défi avec vous. Vous ne vous sentez pas le courage de rester sobre tout ce temps et préférez vous abstenir… de prendre part à l’expérience ? Vous pouvez faire un don en ligne ou parrainer un valeureux participant (la liste figure sur le site) – un reçu à des fins fiscales vous sera envoyé, ainsi qu’à chaque participant.

Les bénéfices pour la santé

Ce défi pourrait vous donner l’occasion d’accorder une pause à votre foie, comme en témoigne une expérience qu’a tentée une quinzaine d’employés du magazine anglais New Scientist, en collaboration avec l’Institute for Liver and Digestive Health de l’University College London Medical School, en Grande-Bretagne. Désireux de mesurer les effets d’une trêve d’alcool sur leur santé, 10 d’entre eux – considérés comme des « buveurs ordinaires » – ont cessé de boire pendant cinq semaines.

Résultat : ceux qui étaient demeurés sobres ont vu leur quantité de gras hépatique diminuer de 15 à 20 %. « Difficile de tirer des grandes conclusions de cette expérience, car il ne s’agit pas d’une étude complète, et l’échantillonnage est très restreint, indique le Dr Harold Dion, médecin de famille à la clinique l’Actuel, à Montréal. Cela dit, elle démontre que cesser de consommer de l’alcool pendant 28 jours améliore assurément la santé du foie. »

Mais attention : l’effet s’estompe dès qu’on se remet à boire, prévient ce professionnel de la santé. Le mieux, à son avis, est de respecter les limites de 10 consommations par semaine pour les femmes (2 verres par jour) et de 15 pour les hommes (3 verres par jour), avec une pause de deux jours. « Boire modérément ne fera pas augmenter votre quantité de gras dans le foie », dit-il.

Par contre, poursuit le médecin, il a été démontré que l’alcool affecte les dernières phases du sommeil (phases 3 et 4), le rendant plus léger et agité, surtout du côté des personnes de 50 ans et plus, chez qui il est plus fragile. « Souvent, les gens s’endorment rapidement, mais ils se réveillent au bout de deux ou trois heures et éprouvent de la difficulté à se rendormir », explique le Dr Dion.

Rester sobre 28 jours de suite ne fera toutefois pas une différence sur le pèse-personne, à moins que vous ne soyez un buveur excessif. Car si vous consommez, par semaine, six verres de vin (environ 100 calories chacun) et quatre bières (environ 140 calories chacune), vous aurez retranché quelque 4 640 calories, soit un peu plus d’une livre (0,45 kg). En effet, pour perdre une livre, il faut couper (ou dépenser) 3 500 calories.

>> À lire aussi: Combien de calories dans votre alcool préféré? Voyez notre infographie

Relever le défi pour les bonnes raisons

Avant de se lancer, Amélie Chamberland s’est demandé si elle réussirait à maintenir le cap. « Mon conjoint m’a fait remarquer que si j’échouais, j’aurais intérêt à réfléchir à mon rapport à l’alcool », dit-elle. Le Dr Harold Dion approuve : « Si vous êtes incapable de tenir le coup pendant 28 jours, c’est que vous avez un problème de dépendance. Relever le défi est une bonne façon de vous tester. »

Hubert Sacy, directeur général de l’organisme Éduc’alcool, salue l’initiative de la Fondation Jean Lapointe, mais il ne voit pas en quoi cesser de boire 28 jours consécutifs relève de l’exploit. « Collectivement, on devrait se questionner sur la pression sociale qui fait que c’est si difficile de s’arrêter temporairement. Si vous le faites pour reposer votre foie pendant un mois, pensez plutôt à ne pas l’épuiser à longueur d’année. L’alcool n’est pas un produit à consommer en quantité, mais en qualité », souligne-t-il.On ne le dira jamais assez: la modération a bien meilleur goût!

Les bienfaits sur le portefeuille

Vous avez l’habitude de boire six verres de vin et trois bières par semaine ? Il vous en coûte alors quelque 20 $, ou 80 $ par mois ou 960 $ par année (si on se base sur le prix d’une bouteille de vin à 15 $ et sur celui d’une caisse de 12 bières à 20 $). La facture sera bien sûr plus salée si vous prenez de l’alcool dans un restaurant ou dans un bar.

des adolescents croient que consommer de l’alcool aide à se faire accepter d’un groupe.
Source : Fondation Jean Lapointe.

Ajouter aux favoris
Ajouter aux favoris

Pour suivre toutes les mises à jour et nouveautés sur cet article, vous devez être connecté.

Santé et alimentation

Commentaires 1 Masquer

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

  • Par LéANDRE BOUCHARD | 30 janvier 2018

    Éducalcool sera pas content. Leur recommandation : 3 consommations par jour pour l'homme et 2 pour la femme... il semble que cette recommandation s'applique aussi aux adolescent(e)s.
    Léandre Bouchard

    Par JEAN-YVES HEMLIN | 01 février 2018

    "Si vous êtes incapable de tenir le coup pendant 28 jours, c’est que vous avez un problème de dépendance."

    Ç'est un jugement un peu extrême. Il y a mille et une raison expliquant pourquoi vous pourriez vous pourriez prendre de l'alcool, certaines plus mauvaises que d'autres.
    Ce qu'il faudrait faire c'est se poser sérieusement la question quand au POURQUOI elle prend ce verre plutôt que de culpabiliser la personne en lui disant qu'elle a une dépendance.

    Je bois moins de deux verres par mois. Si je dit que je passe 28 jours sans une goutte mais que, à mi-chemin, je décide de célébrer X, Y ou Z en prenant un verre de vin, je doute qu'on puisse raisonnablement me traiter d'alcoolique!