Comment utiliser son téléphone en voyage sans se ruiner

Par Simon Diotte Mise en ligne : 07 septembre 2017

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Même à l’autre bout du monde, les voyageurs veulent profiter des fonctionnalités de leurs téléphones et leurs tablettes. Voici comment utiliser ces appareils à l’étranger de façon sécuritaire et sans vous ruiner.

Pour Stéfane Dion, en voyage, le téléphone est aussi important que la valise et la brosse à dents. «Puisque j’adapte mon voyage en fonction des circonstances, j’utilise mon téléphone pour connaître les attraits sur place, faire mes réservations en ligne et m’orienter grâce aux applications de navigation», raconte-t-il.

Lors d’un récent séjour au Maroc, il a déverrouillé son cellulaire afin d’utiliser les services d’un fournisseur local. «Il me revenait beaucoup moins cher de me procurer sur place une carte SIM assortie d’un forfait prépayé plutôt que de souscrire au forfait international de mon fournisseur habituel», raconte M. Dion.

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Résultat: M. Dion est revenu du Maroc avec de merveilleux souvenirs et une toute petite facture pour l’utilisation de son appareil. Mais ce n’est pas le cas de tous les voyageurs. Plusieurs reçoivent des factures salées de leur fournisseur de services de téléphonie mobile lorsqu’ils rentrent au bercail. La raison: les forfaits des fournisseurs canadiens ne comprennent généralement pas les frais d’itinérance à l’étranger – frais supplémentaires exigés lors des appels vocaux ou des transferts de données, notamment des messages textes, avec ou sans photos. En résumé, si vous n’y prenez garde, l’utilisation de vos cellulaires ou tablettes connectées pourrait vous coûter cher lors de vos déplacements hors du pays.

Pour limiter l’envoi de factures jugées trop salées, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) a adopté en 2013 le Code sur les services sans fil, qui impose aux fournisseurs d’avertir leurs abonnés lorsqu’ils atteignent 100 $ en frais d’itinérance. «Si les abonnés veulent continuer à utiliser leur téléphone, ils doivent d’abord accepter de payer les frais d’utilisation supplémentaires, ce qui évite les mauvaises surprises», explique Scott Shortliffe, dirigeant principal de la consommation au CTRC.

Trois façons de limiter les frais

  • Mettez votre appareil en mode avion. En mode avion, vous ne pouvez recevoir ni appels ni textos, ni naviguer sur Internet en passant par les réseaux cellulaires. Vous pouvez toutefois utiliser Internet en vous connectant sur un réseau Wi-Fi. On active le mode avion dans le menu réglage du cellulaire ou de la tablette.
  • Désactivez la fonction d’itinérance pour les données. Désactiver cette fonction bloque l’échange de données, mais n’empêche pas de recevoir des appels et des textos. Ceux-ci seront facturés à l’usage. En vous branchant sur le Wi-Fi, vous pouvez naviguer sur Internet. Le site internet du CRTC explique comment désactiver ce mode sur les différents types d’appareils.
  • Sur place, connectez-vous sur un réseau Wi-Fi. En vous connectant sur un réseau Wi-Fi, vous pouvez papoter avec vos proches en utilisant des applications comme Skype ou Google Duo, texter avec des logiciels gratuits comme WhatsApp ou encore échanger avec Messenger sur Facebook sans que cela ait quelque effet que ce soit sur vos frais d’itinérance.

Paiement à l'usage, forfait en itinérance ou fournisseur local?

  • Le paiement à l’usage. Vous n’avez pas à modifier votre forfait actuel. Votre fournisseur vous facturera chaque texto, la quantité de données échangées et les minutes utilisées pour les appels vocaux. «Le paiement à l’usage convient aux gens qui utilisent leur appareil à l’étranger avec parcimonie», explique Bertrand Hébert, vice-président marketing chez Vidéotron.
  • Les forfaits pour frais d’itinérance. Si vous comptez utiliser votre appareil de façon régulière, vous pouvez opter pour les forfaits journaliers couvrant les frais d’itinérance. Les principaux fournisseurs canadiens – Vidéotron, Bell, Telus et Rogers – en offrent, à des prix allant de 5 à 10 $ par jour. En règle générale, ces forfaits permettent aux abonnés de profiter de toutes les options de leur abonnement pendant leurs déplacements à l’étranger. Vous pouvez acheter un de ces forfaits en ligne en quelques clics, avant de partir ou même à destination.
  • Le branchement à un fournisseur local. Vous pouvez économiser davantage en faisant affaire avec un fournisseur local dans le pays que vous visitez. Pour ce faire, vous devez déverrouiller votre appareil et remplacer la carte SIM de votre fournisseur canadien par celle d’un fournisseur local, en optant pour un forfait prépayé. Plusieurs grands voyageurs, dont Stéfane Dion, ne jurent que par cette méthode, car les prix des services de téléphonie mobile sont généralement moindres à l’extérieur du Canada, comme le prouve une étude comparative commandée par le CRTC et réalisée en 2016. Cette opération sera facilitée à l’avenir, puisque le CRTC a annoncé qu’à partir du 1er décembre 2017, les Canadiens pourront faire déverrouiller leurs mobiles sans frais, alors que cela coûte actuellement 50 $ ou plus. De plus, tous les appareils vendus après cette date seront déverrouillés.

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L’exception des croisières

La plupart des croisiéristes offrent l’accès à un réseau cellulaire à bord à leurs passagers lorsque leurs navires se trouvent en eaux extraterritoriales. «Toutefois, les frais d’utilisation de ces réseaux, qui fonctionnent par satellite, sont extrêmement coûteux», précise M. Hébert, de Vidéotron. À utiliser seulement en cas d’extrême nécessité. «Cela dit, pendant une escale, vous pouvez vous brancher sur le réseau local, qui peut être inclus dans votre forfait international», ajoute-t-il.

Conseils de sécurité à l’étranger

Il arrive que les voyageurs baissent la garde lors de leurs déplacements à l’étranger. Pourtant, les risques augmentent en voyage: connexion à des réseaux inconnus, utilisation d’ordinateurs publics, perte ou vol d’un cellulaire contenant des renseignements personnels pouvant servir aux fraudeurs, etc. Voici quelques conseils de sécurité à respecter en voyage.

  • Dotez votre appareil d’un code d’accès et essayez de protéger votre NIP, comme vous le faites avec votre carte de guichet. «Ne pitonnez pas votre code à la vue de tous», dit Geneviève Lajeunesse, directrice des opérations chez Crypto.Québec, un organisme qui sensibilise les gens aux enjeux de la sécurité informatique.
  • Activez le verrouillage automatique de votre appareil après une courte période d’inutilisation.
  • Effectuez les mises à jour de votre système d’exploitation. «Elles pourraient vous protéger si vous installez une application malicieuse», dit Mme Lajeunesse.
  • Méfiez-vous des réseaux Wi-Fi inconnus et non protégés. «Utilisez vos appareils uniquement sur des réseaux de confiance qui sont protégés par mot de passe», conseille le Réseau intégré sur la cybersécurité (SERENE-RISC) de l’Université de Montréal.
  • Prenez garde aux réseaux Wi-Fi «jumeaux», qui copient le nom de réseaux officiel. Par exemple, si vous êtes dans un café et que vous captez deux réseaux du même nom, vérifiez si c’est normal avant de vous connecter, suggère Mme Lajeunesse.
  • N’effectuez pas de transactions par carte de crédit ni de transactions bancaires sur les réseaux Wi-Fi, plus vulnérables au piratage. Selon Sécurité publique Canada, les réseaux cellulaires sont généralement plus sécuritaires que le Wi-Fi.
  • Munissez votre appareil d’un outil de chiffrement, aussi appelé VPN (pour Virtual Private Network), qui cryptera les données sortant de votre téléphone. Selon Mme Lajeunesse, un VPN devrait faire partie de la boîte à outils de tous les mobinautes. On trouve plusieurs services de ce genre sur Internet, offerts gratuitement ou sur abonnement.
  • Protégez-vous en désactivant le mode repérage Bluetooth de votre appareil. Le piratage des appareils via Bluetooth, une technologie reliant les appareils électroniques par liaison radio, peut être une porte d’entrée pour des malfaiteurs, affirme Mme Lajeunesse. Sécurité publique Canada recommande d’ailleurs de ne pas activer l’accès Bluetooth dans «des lieux publics congestionnés», c’est-à-dire des endroits bondés.
  • Effacez régulièrement l’historique de votre appareil, qui pourrait contenir des informations sensibles.
  • N’utilisez que votre propre chargeur, car selon le SERENE-RISC de l’Université de Montréal, certaines stations de charge peuvent installer des logiciels sur votre appareil sans que vous vous en aperceviez.
  • En cas de vol de votre appareil, contactez le plus rapidement possible votre fournisseur de services, qui le désactivera à distance. Aussi, contactez les autorités locales pour les avertir du vol. Attention: n’essayez pas de récupérer votre téléphone ou votre tablette vous-même en utilisant la fonction «Localiser mon appareil». La priorité doit rester votre sécurité.

Comment éviter les risques liés aux ordinateurs publics

L’accès à des ordinateurs publics dans un café internet ou une bibliothèque s’avère très pratique. Cependant, leurs utilisateurs peuvent être espionnés. Voici quelques conseils à respecter lorsque vous utilisez ces ordinateurs.

  • Ne visitez pas les plateformes qui exigent l’entrée d’un mot de passe, comme Facebook ou Gmail. Si vous le faites malgré tout, Mme Lajeunesse conseille d’activer le mode de navigation privée, de ne pas utiliser la fonction copier-coller (qui pourrait faire circuler des informations sensibles), de vous déconnecter de tous les sites visités et d’éteindre l’ordinateur à la fin de votre session.
  • N’enregistrez jamais votre nom et votre mot de passe.
  • Ne faites jamais de transactions bancaires ou exigeant une carte de crédit sur un ordinateur public.

Facture trop salée: que faire?

  • Communiquez d’abord avec votre fournisseur pour tenter de trouver un terrain d’entente.
  • En cas de mésentente, vous pouvez déposer une plainte au Commissaire aux plaintes relatives aux services de télécommunication (CPRST) au 1 888 221-1687 ou en ligne au ccts-cprst.ca.

Cet article a été réalisé grâce à un partenariat entre Protégez-Vous et l’Office de la protection du consommateur, dans le cadre de leur mission d’information et d’éducation des consommateurs.

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