La dynamique des paiements hypothécaires
Pendant des années, vos paiements hypothécaires vous forcent à épargner une partie de votre revenu en valeur nette immobilière. C’est une forme d’épargne illiquide : l’argent ne s’accumule pas dans un compte bancaire, mais la dette hypothécaire diminue tandis que les fonds propres dans la maison augmentent.
Pour une maison unifamiliale d’une valeur médiane de 500 000 $ au Québec, financée avec un taux fixe sur 5 ans de 4,5 %, avec un amortissement sur 25 ans et une mise de fonds de 20 %, le paiement mensuel est d’environ 2 200 $. La première année de remboursement, c’est près de 70 % du paiement qui sert à payer les intérêts. Mais, pendant la dernière année, soit 25 ans plus tard, la situation sera complètement différente : moins de 5 % du paiement ira aux intérêts, et le reste servira à réduire la dette.
Autrement dit, à la fin de l’hypothèque, le paiement mensuel ressemble de plus en plus à une cotisation automatique à votre patrimoine.
Plus de revenus disponibles, mais…
Si la fin de l’hypothèque correspond à une augmentation du revenu disponible, ce n’est pas exactement une augmentation de richesse. On peut plutôt y voir la disparition d’un mécanisme d’épargne forcée.
Une fois l’hypothèque remboursée, il faut décider quoi faire du montant libéré chaque mois, dont la part qui devrait continuer de servir à l’épargne. C’est un moment idéal pour repenser ses finances.
Que font les ménages ?
Nous avons étudié cette question à l’aide de données fiscales du Danemark, un pays qui offre un système social et financier comparable au nôtre. Les résultats montrent que, pour plusieurs ménages, la fin de l’hypothèque ne mène pas à une augmentation de la consommation.
Elle permet plutôt de rembourser des marges de crédit, des prêts personnels et d’autres dettes accumulées. Certains ménages utilisent aussi cette nouvelle marge de manœuvre pour travailler moins ou prendre une retraite progressive.
Une contrainte utile pour certains
L’hypothèque peut être perçue comme une contrainte financière, mais elle a aussi une vertu : elle discipline l’épargne. Une fois l’hypothèque remboursée, on peut se demander comment remplacer cette discipline. La liberté financière, c’est aussi de choisir consciemment ce que cette nouvelle marge de manœuvre permettra de faire.