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Par Amélie Cléroux
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Qui dit sexe dit contraception; cela semble évident. Pourtant, même si les méthodes sont plus nombreuses que jamais, «se protéger» n'est pas aussi simple qu'on le souhaiterait. Pour quelle solution opter? Comment savoir si la méthode choisie est la meilleure dans notre situation? Quels sont les professionnels pour nous renseigner? Quelles questions leur poser? Avec ou sans hormones? Qu’est-ce que la contraception naturelle? Toutes les réponses dans les articles qui suivent.

Partie 1

Quel moyen de contraception est pour vous?

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Par Amélie Cléroux

Qui dit sexe dit contraception; cela va de soi. Pourtant, même si les méthodes sont plus nombreuses que jamais – de la pilule au stérilet en passant par le condom, le timbre et l’anneau –, «se protéger» ne se fait pas toujours pas sans accrocs. Voici comment choisir la méthode contraceptive qui vous convient.

1. Entre confusion et fardeau
2. Les hormones : du pour et du contre
3. Impact sur l'environnement des méthodes contraceptives
4. Choisir d’abord pour soi

Pour des milliers de jeunes Québécoises, tout commence avec la pilule combinée, dont l’ancêtre a révolutionné les mœurs dans les années 1960. C’est le cas d’Alexandra, de Constance, de Bianka et de Joanny*, qui se sont fait prescrire un contraceptif oral à l’adolescence.

Nous avons invité ces quatre amies âgées de 26 à 30 ans à discuter de contraception avec nous autour d’une table. Toutes témoignent du même constat : aucune d’entre elles ne se souvient d’avoir discuté à l’époque d’une autre méthode avec leur médecin.

>> Lisez aussi nos articles à propos des méthodes classiques (pilule, stérilet, etc.), de la contraception naturelle, de la contraception définitive et de l'avenir de la contraception

Ce moyen de contraception convient à la majorité des jeunes filles et est souvent mis de l’avant par les professionnels de la santé, confirme la Dre Édith Guilbert, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). C’est aussi la méthode la plus connue, et donc la plus demandée, ajoute celle qui est aussi professeure associée au Département d'obstétrique, de gynécologie et de reproduction de l’Université Laval. 

Au Québec, elle est utilisée par 63,2 % des femmes qui sont âgées de 17 à 20 ans et qui sont actives sexuellement, et par 48,7 % de celles qui ont de 21 à 29 ans et le même profil, rapporte la plus récente enquête sur la santé sexuelle des jeunes adultes menée par l’INSPQ en 2013-2014.

Si le recours à la contraception décline avec l’âge, selon différentes statistiques québécoises, l’usage de la pilule diminue aussi au profit d’autres méthodes, comme le stérilet et l’anneau contraceptif. Par exemple, l’utilisation du stérilet Mirena (avec hormone progestative) a fait un bond de 1,9 à 6,9 % entre les deux groupes d’âge étudiés par l’INSPQ. L’emploi de ces deux derniers moyens reste néanmoins marginal, et bien en deçà de celui de la pilule, du condom… et même du coït interrompu.

1. Entre confusion et fardeau

« Et pourquoi ne pas opter pour l'anneau ? » demande Bianka à ses amies, qui s’interrogent sur leur méthode de contraception actuelle. « J'y ai pensé, mais mon médecin semblait dire que c'était compliqué de le placer pour qu'il soit vraiment efficace », répond Joanny, qui est passée sans conviction de la pilule au timbre cutané il y a quelques années. Pourtant, l'anneau est reconnu efficace, peu importe son emplacement dans le vagin, nous a confirmé la Dre Guilbert en entrevue.

De leur côté, Constance et Alexandra prennent toujours la pilule et n’ont aucune idée de ce qu’est l’anneau. « Mon médecin ne m’a jamais proposé autre chose que la pilule ou le stérilet », indique Alexandra. Si les professionnels de la santé ne tiennent pas tous le même discours, difficile pour les utilisatrices de ne pas être confuses, estiment les quatre femmes.

Certains intervenants auraient besoin de mettre leurs connaissances à jour, reconnaît la Dre Édith Guilbert. Or, c’est aussi la responsabilité de chacune de s’informer, dit-elle. Un avis que partage Sylvie Lévesque, sexologue et professeure à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « Mais ce n’est pas toujours évident, nuance cette spécialiste. Et on ne peut pas demander à une adolescente de 16 ans de bien connaître toutes les méthodes qui existent et ce qui pourrait lui convenir, par exemple. »

Parce que non seulement c’est compliqué, mais c’est aussi un fardeau, croit la sexologue. « Le poids de la contraception et le stress d’une grossesse non désirée reposent actuellement sur les épaules de la personne qui possède un utérus », dit-elle. Selon la professeure et chercheuse à l’UQAM, il est important de sensibiliser tout le monde aux enjeux de la contraception – y compris les hommes.

2. Les hormones : du pour et du contre

Pour Joanny, qui voulait cesser la prise d’hormones et ne plus se soucier de contraception pendant plusieurs années, le stérilet de cuivre semblait être la meilleure solution, même si l’intervention l’intimidait un peu. L’inclinaison particulière de son utérus a finalement eu raison de son projet : « J'ai lâché prise après une tentative très douloureuse et un peu traumatisante, raconte la femme de 28 ans. Les risques de perforation étaient trop importants et ça devenait ridicule de me mettre autant en danger pour ça. »

C'est donc pour elle un retour au timbre contraceptif. « Je suis déçue, avoue-t-elle. J'avais envie de donner une pause à mon corps et de reprendre un cycle menstruel naturel. »

« Ne plus vouloir prendre d’hormones synthétiques est compréhensible. Certaines femmes ont parfois des effets secondaires légers ou plus importants », explique Édith Guilbert. Reste que la majorité d’entre elles n'ont pas d'effets secondaires qui nuisent à leur qualité de vie, et les risques sur la santé sont minces, rappelle la docteure.

Les méthodes à base d'œstrogènes, par exemple la pilule, le timbre et l’anneau, peuvent favoriser la formation de caillots et entraîner une thromboembolie veineuse. Le risque est faible, mais il est présent. « On estime qu’une femme sur 1 000 environ est touchée, ce qui représente un taux plus faible que pendant la grossesse ou l’accouchement », souligne la Dre Guilbert. Quand cela arrive, les conséquences peuvent être très graves, comme une embolie pulmonaire, ajoute-t-elle. C’est pour cette raison que le rapport risques-bénéfices est évalué en fonction de l’état de santé de chaque patiente.

Cette crainte fait qu’on oublie les effets positifs de la prise d’hormones sur les femmes qui n’ont pas de contre-indications médicales, dit cette professionnelle de la santé. Parmi eux : la diminution des symptômes menstruels et la réduction des risques de développer un cancer de l’endomètre ou de l’ovaire. Et « ces risques sont réduits aussi longtemps qu’on utilise le contraceptif », ajoute la médecin-conseil.

3. Impact sur l'environnement des méthodes contraceptives

Les hormones des contraceptifs sont aussi décriées pour leur impact sur l'environnement. Excrétées dans l’urine, elles ne sont pas filtrées dans les usines d’épuration et se retrouvent dans les cours d’eau et l’environnement. Il s’agit de perturbateurs endocriniens pour la faune aquatique.

On y associe principalement la « féminisation » des poissons mâles, un phénomène qui entraîne une diminution de leur fertilité – et donc du nombre d’individus (et de leur survie), eux-mêmes nécessaires à la survie d’autres espèces, explique Anne-Marie Boulay, chercheuse en génie chimique et en analyse de cycle de vie à Polytechnique et au Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG).

Outre l’effet des hormones, les répercussions écologiques de la contraception sont peu étudiées. Une chose est sûre, toutefois : comme pour tout objet dont la fabrication, l’emballage et le transport nécessitent des ressources – et dont l’utilisation génère des déchets –, les conséquences sur l’environnement sont liées à la fréquence d’utilisation et à la durée de vie du bien en question. Par exemple, le stérilet sans hormones (fait de plastique et d’un fil de cuivre), qui ira à la poubelle au bout de cinq ans, a une incidence mineure. « Bien entendu, l’utilisation d’une méthode comme le condom [généralement fait de latex et emballé individuellement] a moins d’impact si on a une vie sexuelle peu active, dit Anne-Marie Boulay. Mais on ne dira jamais aux gens de cesser de faire l’amour ou de ne pas utiliser de condoms ! » Surtout que, à l’échelle mondiale, plusieurs jugent que la régulation des naissances constitue en soi une approche écologique.

4. Choisir d’abord pour soi

Essayer plusieurs moyens de contraception au fil du temps constitue un cheminement normal, selon la Dre Édith Guilbert. Cependant, « comme les risques liés à la contraception hormonale combinée [pilule, timbre, anneau vaginal] sont plus importants au cours des six premiers mois de son utilisation, faire une pause de la pilule pour quelques mois, par exemple, n’est pas recommandé ». Se faire installer un stérilet entraîne aussi des risques pour la santé. « Il est préférable d’utiliser le même contraceptif longtemps, résume la spécialiste. D’où l’importance de faire un choix réfléchi et à son image. »

Mais comment ? À moins de contre-indications, il importe de choisir une méthode avec laquelle la personne se sent bien physiquement, et dont le fonctionnement correspond à son rythme de vie et à sa rigueur d’utilisation, conseille la Dre Guilbert. « Il vaut mieux choisir une méthode un peu moins efficace en théorie que d'en utiliser une de la mauvaise manière », indique-t-elle. Par exemple, un moyen de contraception a beau avoir une efficacité théorique de 99 % et plus, s’il est mal utilisé, il ne fera pas son travail correctement.

Tout dépend aussi du risque de grossesse que la personne est prête à prendre. L’enjeu n’est pas le même pour une femme qui souhaite avoir un enfant avec son conjoint prochainement et qui utilise une méthode naturelle, pour un couple dont la famille est complète et qui s’informe sur la vasectomie ou pour une adolescente de 15 ans pour qui une grossesse non désirée serait dramatique, illustre Édith Guilbert.

dre-edith-guilbert-1 - « Comme les risques liés à la contraception hormonale combinée [pilule, timbre, anneau vaginal] sont plus importants au cours des six premiers mois de son utilisation, faire une pause de la pilule pour quelques mois, par exemple, n’est pas recommandé. » - Dre Édith Guilbert, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et professeure associée au Département d’obstétrique, de gynécologie et de reproduction de l’Université Laval

* Par souci de confidentialité, seul le prénom des personnes ayant livré un témoignage pour les besoins de ce dossier a été conservé.

RESSOURCES

Le sexe et moi
Ce site Internet conçu par la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada regroupe une foule d’informations sur la contraception et la sexualité en général.

Clinique de planning des naissances de Rimouski
Elle publie de nombreux renseignements sur les différents moyens de contraception.

Fédération du Québec pour le planning des naissances 
Il s’agit d’un regroupement féministe de défense des droits et d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et reproductive. 

6 juillet 2019
Date à laquelle une action collective contre le géant pharmaceutique Bayer a été autorisée au Québec, afin de dédommager les femmes qui ont pris ou se sont fait prescrire les pilules Yasmin et/ou Yaz. L’action collective est notamment fondée sur des allégations de risques de thrombose artérielle, de thromboembolie veineuse, d’embolie pulmonaire ou de maladie de la vésicule biliaire associés à l’utilisation de ces produits comparativement à d’autres contraceptifs oraux. 

>> Pour faire un choix éclairé, quelle que soit votre situation, nous vous proposons un guide pratique des moyens de contraception qui existent à l’heure actuelle. Lisez nos articles à propos des méthodes classiques (pilule, stérilet, etc.), de la contraception naturelle, de la contraception définitive et de l'avenir de la contraception.

Partie 2

Comparatif des méthodes de contraception «classiques»

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Par Amélie Cléroux

Il existe divers moyens de contraception «classiques» : hormones combinées (pilule contraceptive, timbre, anneau vaginal), hormone progestative seule (minipilule, injection Depo-Provera, stérilet), condom, diaphragme, cape cervicale, éponge, spermicides et gel contraceptif. Comparatif de leur niveau d'efficacité, de leurs effets secondaires et de leurs risques pour la santé.

1. Méthodes hormonales (hormones combinées)
2. Méthodes hormonales (hormone progestative seule)
3. Stérilet
4. Condom
5. Autres méthodes (diaphragme, cape cervicale, éponge, spermicide, gel)

L’information sur l’efficacité des méthodes de contraception présentées dans cet article provient du site Internet lesexeetmoi.ca et de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada (SOGC). L’expression « utilisation parfaite » fait référence à l’efficacité théorique du contraceptif, tandis que l’« utilisation typique » est fondée sur l’usage courant et prend en compte, par exemple, l’oubli occasionnel du contraceptif ou un manque de rigueur dans son utilisation. 

Les « risques pour la santé » et les « effets secondaires possibles » énumérés sont les plus fréquents. Plusieurs contre-indications médicales existent. Consultez un professionnel de la santé pour votre cas précis.

Il est à noter que les informations ont été validées par Isabelle Savard, infirmière praticienne spécialisée (IPS) et professeure adjointe à l’Université du Québec en Outaouais.

>> Lisez tout notre dossier: Quel moyen de contraception est pour vous? et nos articles à propos de la contraception naturelle, de la contraception définitive et de l'avenir de la contraception

Du côté des méthodes hormonales (hormones combinées et hormone progestative seule), des hormones synthétiques, qui « imitent » les hormones naturelles de la femme, empêchent l’ovaire de relâcher un ovule, font épaissir la glaire cervicale pour que les spermatozoïdes aient de la difficulté à atteindre l’ovule et modifient la paroi interne de l’utérus (l’endomètre), ce qui rend difficile l’implantation de l’ovule dans l’utérus. Au début, une période d’ajustement allant parfois jusqu’à 12 semaines peut donner des menstruations irrégulières, mais l’effet contraceptif n’en est pas altéré.

1. Les méthodes hormonales (hormones combinées)

Ces moyens contraceptifs font appel à deux types d’hormones : un œstrogène et un progestatif, dont la concentration et le type exacts varient non seulement selon le produit (pilule, anneau, timbre), mais aussi selon la marque utilisée. En temps normal, une « pause » de sept jours, à la quatrième semaine du mois, permet d’avoir ses règles. L’efficacité reste la même pendant cette période.

Effets secondaires possibles : maux de tête, nausées, sensibilité aux seins, etc.

Risque pour la santé : la présence de l’œstrogène augmente le risque de caillots sanguins, particulièrement chez les femmes ayant des troubles sanguins (anomalies de la coagulation, par exemple), chez celles qui ont des antécédents familiaux de caillots sanguins et chez les fumeuses de plus de 35 ans. Ce risque augmente aussi avec l’âge et est plus élevé au cours des six premiers mois d’utilisation du contraceptif.

Efficacité : 99,7 % (utilisation parfaite) ; 91 % (utilisation typique).

Où se les procurer : en pharmacie, avec une ordonnance.

pilules

Pilule

• Comment ça marche ? C’est un comprimé à avaler quotidiennement – idéalement à la même heure –, qui libère des hormones dans l’organisme. Certains produits peuvent être pris en continu pendant trois mois, ou encore sans aucune interruption ; d’autres permettent une pause de deux jours seulement (plutôt que sept, comme c’est le cas pour la pilule traditionnelle).

• À savoir : il faut parfois passer par une période d’essais-erreurs pour trouver la bonne combinaison d’hormones afin de minimiser les effets secondaires.  

• Prix* : entre 15 et 25 $ par mois environ. Couverte par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) – quelques marques ne sont pas couvertes – et par la plupart des régimes d’assurance privés.
* Les prix sont approximatifs et varient d’une pharmacie ou d’un commerce à l’autre.

timbres

Timbre

• Comment ça marche ? On parle ici d’un carré plastifié qui se colle sur la peau et qui relâche des hormones. Il doit être changé chaque semaine, idéalement le même jour.

• À savoir : le timbre peut être collé sur les fesses, le bas du ventre, dans le dos ou sur un bras près de l’épaule, mais pas sur les seins. Il résiste à l’eau (douche, bain, baignade, transpiration) la plupart du temps, mais s’il se décolle, il n’est plus efficace. Ce produit peut irriter la peau de certaines personnes.

• Prix : environ 25 $ par mois. Couvert par la RAMQ et par la plupart des régimes d’assurance privés.

anneaux

Anneau vaginal

• Comment ça marche ? Il s’agit d’un anneau souple, fait de silicone, que la femme insère elle-même dans son vagin et qui libère des hormones en continu. Il doit être changé une fois par mois.

• À savoir : l’anneau est efficace, peu importe sa position dans le vagin, mais il sera plus confortable près du col de l’utérus. Il peut être retiré jusqu’à trois heures sans que son effet soit altéré, par exemple en cas d’inconfort lors d’une relation sexuelle.

• Prix : entre 22 et 24 $ par mois environ. Couvert par la RAMQ et par la plupart des régimes d’assurance privés.

2. Les méthodes hormonales (hormone progestative seule)

Ces moyens contraceptifs font appel à un seul type d’hormones : un progestatif, dont la concentration et le type exact varient selon le produit (minipilule, injections, stérilet hormonal). Ces contraceptifs conviennent aux femmes chez qui la prise d’œstrogènes est contre-indiquée ; celles qui allaitent ou qui ont des troubles sanguins, par exemple.

minipilule

Minipilule

• Comment ça marche ? C’est un comprimé à avaler quotidiennement – idéalement à la même heure – qui libère un progestatif dans l’organisme. Il doit être pris en continu (sans « pause », contrairement aux hormones combinées).

• Effets secondaires possibles : saignements menstruels irréguliers, maux de tête, acné, sautes d’humeur, etc.

• Efficacité : 99,7 % (utilisation parfaite) ; 91 % (utilisation typique).

• Où se la procurer : en pharmacie, avec une ordonnance.

• Prix : entre 20 et 22 $ par mois environ. Couverte par la RAMQ et par la plupart des régimes d’assurance privés.

injections

Injections (depo-provera)

• Comment ça marche ? Il faut recevoir l’injection, qui contient un progestatif, toutes les 12 à 13 semaines (quatre fois l’an).

• À savoir : une période de plusieurs mois est nécessaire avant un retour à la fertilité.

• Effets secondaires possibles : saignements menstruels irréguliers, maux de tête, acné, sautes d’humeur, dépression, changement de la libido, etc.

• Risque pour la santé : diminution de la densité minérale osseuse (réversible, mais ce traitement est contre-indiqué chez certaines personnes ou au-delà d’un certain nombre d’années, selon les cas).

• Efficacité : 99,8 % (utilisation parfaite) ; 94 % (utilisation typique).

• Comment se le procurer : il faut une prescription pour acheter le produit. Les injections, faites par un professionnel de la santé, ont habituellement lieu en clinique, dans un CLSC ou dans certaines pharmacies (avec infirmière sur place).

• Prix : entre 40 et 45 $ par mois environ. Couvert par la RAMQ et par la plupart des régimes d’assurance privés.

3. Le stérilet

Le dispositif intra-utérin (DIU) est un petit objet en plastique en forme de T qu’on insère dans l’utérus. L’intervention, relativement simple et sans anesthésie, ne prend que quelques minutes, mais elle est douloureuse pour la plupart des femmes.

À savoir : selon le modèle choisi, le stérilet peut rester en place de 5 à 10 ans (5 ans en général).

Risques pour la santé : perforation de l’utérus lors de l’installation ou rejet du stérilet quelque temps après. Risque accru d’infection pelvienne lors de l’installation (surtout si la personne a une infection transmissible sexuellement [ITS]).

Comment se le procurer : les médecins omnipraticiens, les gynécologues et les infirmières spécialisées en soins de première ligne (IPSPL) peuvent installer le stérilet. Tournez-vous d’abord vers votre médecin de famille, si vous en avez un. Si l’omnipraticien vous dirige en gynécologie, le processus complet — de votre demande à l’installation comme telle  — peut prendre quelques mois. Vous n’avez pas de médecin de famille? Selon l’organisation des soins de santé de votre région, vous pourriez être dirigé vers un médecin ou une IPSPL.

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Stérilet de cuivre (sans hormone)

• Comment ça marche ? Le fil de cuivre le recouvrant crée un milieu hostile qui affecte la mobilité et la survie des spermatozoïdes, et donc prévient la fécondation. Il provoque également une inflammation de l’endomètre qui empêche l’implantation d’un ovule fécondé. Pour cette raison, il est parfois utilisé comme contraceptif d’urgence (jusqu’à sept jours après une relation sexuelle non protégée).

• Effets secondaires possibles : augmentation de l’intensité des crampes menstruelles, du flux et de la durée des menstruations.

• Efficacité : 99,2 %.

• Prix : entre 80 et 100 $ environ. Non couvert par la RAMQ et rarement couvert par les régimes d’assurance privés.

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Stérilet avec hormone progestative

• Comment ça marche ? Un petit cylindre intégré au stérilet libère progressivement une hormone progestative, le lévonorgestrel. À noter que ce type de stérilet fait aussi partie de la famille des méthodes hormonales (hormone progestative seule).

• Effets secondaires possibles : menstruations irrégulières, légères ou absentes ; maux de tête ; acné ; sautes d’humeur ; etc.

• Efficacité : 99,8 %.

• Prix : entre 300 et 420 $ environ. Couvert par la RAMQ et par la plupart des régimes d’assurance privés.

4. Les condoms

Ce sont les seuls contraceptifs qui servent aussi à se prémunir contre les infections transmises sexuellement et par le sang (ITSS). Ils doivent être portés avant tout contact entre les parties génitales, et lors des relations sexuelles vaginales, orales ou anales. Les préservatifs sont donc souvent utilisés en complément d’une autre méthode de contraception.

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Condom externe (ou « masculin »)

• Comment ça marche ? Le condom enveloppe le pénis comme une seconde peau et emprisonne le sperme pour l’empêcher de se frayer un chemin jusqu’à l’ovule. La plupart sont fabriqués en latex (naturel ou synthétique), mais certains sont faits de polyuréthane et de polyisoprène, des produits de synthèse hypoallergènes. Plusieurs sont lubrifiés et certains incorporent un spermicide.

• À savoir : pour être confortable et efficace, le condom doit bien épouser la forme du pénis. Un condom trop grand peut s’enlever inopinément, alors qu’un modèle trop petit peut causer de l’inconfort, voire se déchirer. Il faut parfois essayer plusieurs modèles de diverses tailles pour trouver celui qui convient le mieux.   

• Effets secondaires possibles : en cas d’allergie au latex (sensation de brûlure, le plus souvent) ou d’irritations liées à une intolérance au lubrifiant ou au spermicide présents sur le condom.

• Efficacité : 98 % (utilisation parfaite) ; 82 % (utilisation typique).

• Où se le procurer : en vente libre en pharmacie, dans plusieurs dépanneurs et machines distributrices (dans les toilettes publiques, de bars ou de restaurants), et gratuit dans quelques maisons des jeunes et certains centres de santé (milieux scolaires, cliniques communautaires, etc.).

• Prix : entre 10 et 15 $ environ la boîte de 12 unités, selon la marque. Non couvert par la RAMQ et par les régimes d’assurance privés.

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Condom interne (ou « féminin »)

• Comment ça marche ? Il s’agit d’une gaine souple et plus ample que le condom externe qui s’insère dans le vagin et qui emprisonne le sperme, l’empêchant ainsi de féconder l’ovule. Ce condom est lubrifié et fait de nitrile ou de polyuréthane.

• À savoir : il peut être inséré dans le vagin jusqu’à huit heures avant l’acte sexuel. Il faut s’assurer qu’il est bien en place pendant la pénétration.

• Effets secondaires possibles : irritations liées à une intolérance au lubrifiant.

• Efficacité : 95 % (utilisation parfaite) ; 79 % (utilisation typique).

• Où se le procurer : ce produit est peu distribué. Il est en vente sur Internet, dans certaines cliniques spécialisées en santé sexuelle et en pharmacie sur commande spéciale (sans ordonnance).

• Prix : environ 25 $ la boîte de six. Non couvert par la RAMQ et par les régimes d’assurances privés.

5. Les autres méthodes (diaphragme, cape cervicale, éponge, spermicide, gel)

D’autres produits existent, mais ils sont difficiles à trouver en raison d’une faible demande et d’une efficacité typique moindre. Consultez un pharmacien, une infirmière ou un médecin pour en savoir plus.

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Diaphragme, cape cervicale et éponge

• Comment ça marche ? Ces petits dispositifs servent de barrière physique entre le sperme et l’utérus. Ils sont installés sur le col utérin avant la relation sexuelle et s’utilisent avec du spermicide. L’éponge (faite de polyuréthane) contient déjà du spermicide libéré en continu pendant 24 heures, alors que la cape cervicale (en silicone) et le diaphragme (en latex ou en silicone et nylon) nécessitent l’ajout d’un spermicide. Ils doivent être laissés en place dans le vagin au moins six heures après la relation sexuelle.

• À savoir : plus d’une relation sexuelle est possible après l’installation du dispositif, mais il faut réappliquer du spermicide chaque fois (sauf pour l’éponge).

• Effets secondaires possibles : irritations des parties génitales des deux partenaires sous l’effet du spermicide ; allergies au matériel (latex ou silicone) ; risque accru d’infections récurrentes des voies urinaires.

• Risques pour la santé : syndrome du choc toxique possible. Augmente le risque de transmission du VIH (en raison de l'irritation causée par le spermicide).

• Où se les procurer : sur Internet et en pharmacie sur commande spéciale (sans ordonnance). Un modèle de diaphragme est aussi offert en pharmacie, sous ordonnance ; un gynécologue doit mesurer le col de l’utérus pour prescrire la bonne taille.

• Efficacité : dans le cas du diaphragme et de la cape cervicale, il n’y a pas de données chiffrées sur leur efficacité au Canada à l’heure actuelle. Le site Internet de la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada mentionne que ces méthodes ont un taux d’échec supérieur à celui des autres méthodes de contraception. Éponge : chez les femmes qui ont déjà accouché, on parle d’un taux d’efficacité de 80 % (utilisation parfaite) et de 76 % (utilisation typique). Chez celles n’ayant jamais accouché : 91 % (utilisation parfaite) et 88 % (utilisation typique).

• Prix : non couverts par la RAMQ et par la plupart des régimes d’assurance privés. Il faut aussi ajouter le coût du spermicide (sauf dans le cas de l’éponge). Diaphragme (1-2 ans) : entre 80 et 100 $. Cape cervicale (1 an) : environ 100 $. Éponge (24 h) : environ 20 $ pour trois unités.

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Spermicides et gel contraceptif

• Comment ça marche ? Ce sont des produits qui agissent principalement en détruisant les spermatozoïdes, ou alors en les rendant inactifs (dans le cas du gel contraceptif). Ils figurent parmi les méthodes les moins efficaces de toutes et devraient toujours être utilisés avec un autre moyen de contraception, comme la cape cervicale, le diaphragme ou le condom.

• Où se les procurer : en vente libre en pharmacie ou sur Internet (avec la cape cervicale, par exemple).

• Effets secondaires possibles : irritations des parties génitales des deux partenaires.

• Risque pour la santé : augmente le risque de transmission du VIH (en raison de l'irritation causée par le spermicide).

• Efficacité : 82 % (utilisation parfaite) ; 72 % (utilisation typique).

• Prix : environ 25 $ pour 15 utilisations. Non couvert par la RAMQ et par les régimes d’assurance privés.

Le contraceptif d’urgence (pilule du lendemain)

Ce n’est ni une méthode de contraception ni une méthode d’avortement. Le contraceptif d’urgence, connu sous le nom de « pilule du lendemain », empêche plutôt la fécondation – un peu comme le font les contraceptifs hormonaux réguliers, mais avec des doses beaucoup plus élevées.

Quelques marques de contraceptif d’urgence sont vendues sans ordonnance en pharmacie, dans les CLSC, en milieu scolaire ou auprès d’un médecin de famille. Son efficacité est optimale dans les 24 premières heures suivant une relation sexuelle non protégée, et elle diminue au fil du temps. Il est quand même recommandé jusqu’à cinq jours après le rapport sexuel. Un autre produit semblable, vendu celui-là sous ordonnance, permettrait une efficacité accrue dans certaines situations, par exemple lorsque le délai de 24 heures est passé (mais toujours jusqu’à cinq jours après la relation sexuelle).  Pour savoir quel produit vous convient le mieux, consultez un professionnel de la santé.

Prix : entre 18 et 37 $ environ. Certains produits sont couverts par la RAMQ (Plan B, Yuzbe) et la plupart des régimes d’assurances privées, mais une ne l’est pas (Ella).

>> Lisez tout notre dossier: Quel moyen de contraception est pour vous? et nos articles à propos de la contraception naturelle, de la contraception définitive et de l'avenir de la contraception

Cet article a été modifié le 4 septembre 2019 afin de clarifier le paragraphe qui explique comment se procurer un stérilet. 

Partie 3

La contraception naturelle: efficace?

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Par Amélie Cléroux

Pour éviter une grossesse, il existe plusieurs pratiques ou méthodes naturelles de contraception, comme la méthode symptothermique, le retrait préventif (coït interrompu), le calendrier et la température corporelle. Mais ces méthodes contraceptives demandent de la rigueur, et leur efficacité ne fait pas toujours consensus.

Partie 4

Vasectomie et ligature des trompes de Fallope: couper pour de bon

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Par Amélie Cléroux

Quand on est bien sûr de son coup, la contraception définitive (vasectomie et ligature ou obturation des trompes de Fallope) peut se révéler un choix judicieux. Pour bien comprendre en quoi consistent ces interventions chirurgicales, nous détaillons leur efficacité, si elles comportent des risques pour la santé et si elles sont réversibles.

Partie 5

Pilule pour hommes et implant sous-cutané: pour bientôt?

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Par Amélie Cléroux

Que nous réserve l'avenir en matière de contraception? Voici ce qu'il faut savoir à propos de l'implant contraceptif sous-cutané et de la fameuse pilule pour hommes.

Canada : l’implant contraceptif à l’horizon

Avec les deux types de stérilets et les méthodes définitives (vasectomie et ligature des trompes de Fallope), l’implant contraceptif sous-cutané est l’une des méthodes les plus efficaces, soutient la Dre Édith Guilbert, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et professeure associée au Département d'obstétrique, de gynécologie et de reproduction de l’Université Laval.

Il consiste en un petit bâtonnet de la taille d’une allumette qu’on insère sous la peau du bras et qui libère dans l’organisme une hormone progestative pendant trois ans. « 

Ce contraceptif, entre autres utilisé en France, n’est pas autorisé au Canada, mais il semble vouloir se pointer le bout du nez prochainement », explique la spécialiste. Santé Canada indique de son côté que l’implant Nexplanon est en cours d’examen – innocuité, efficacité, qualité – et qu’une décision à son sujet sera rendue d’ici un an.

Pour la Dre Guilbert, la venue d’une option aussi efficace et durable constituerait une excellente nouvelle pour les Canadiennes. À suivre !

>> Lisez tout notre dossier: Quel moyen de contraception est pour vous? et nos articles à propos des méthodes classiques (pilule, stérilet, etc.), de la contraception naturelle et de la contraception définitive

La fameuse pilule pour hommes

« La pilule » version masculine pourrait-elle révolutionner la contraception ? Peut-être… mais elle n’est pas encore au point. Cette méthode consiste pour les hommes à prendre chaque jour un comprimé qui bloque deux hormones de fertilité masculine (formules abrégées : LH et FSH), réduisant ainsi la production de spermatozoïdes et de testostérone. La pilule simule aussi l’effet de la testostérone afin de contrebalancer sa diminution dans le reste du corps.

Deux études cliniques préliminaires réalisées aux États-Unis démontrent que le produit n’a pas d’effets secondaires importants sur la santé, du moins pas à court terme. Parmi les inconvénients subis, quelques participants ont mentionné la fatigue, l’acné, la prise de poids, les maux de tête et, plus rarement, une baisse de libido ou des épisodes de dysfonction érectile légère.

Le médicament n'a pas été donné aux sujets assez longtemps – 28 jours dans le cas de l’étude la plus récente, menée par le Los Angeles Biomedical Research Institute (LA BioMed) et l’Université de Washington à Seattle, aux États-Unis – pour que les chercheurs puissent voir une réelle diminution du nombre de spermatozoïdes. Toutefois, une baisse des taux de LH et de FSH chez tous les participants a été observée, sauf chez ceux qui avaient pris un placebo. Les effets se sont avérés réversibles après l’arrêt de la médication. Ces données laissent croire à une probable commercialisation du produit, mais pas avant au moins 10 ans, avancent les scientifiques. Des études à plus long terme, menées avec des couples actifs sexuellement, seront nécessaires pour conclure à son efficacité.

Selon Sylvie Lévesque, sexologue et professeure à l’Université du Québec à Montréal, « il y a longtemps que la contraception orale pour hommes aurait pu être développée ». Selon elle, c'est un manque d'intérêt, et non un manque de savoir, qui justifie qu'on ait pris tant de temps pour obtenir ces avancées. « Mais est-ce que les femmes voudront faire confiance à ces pilules et dépendre de leur partenaire en matière de contraception ? » s’interroge la Dre Édith Guilbert. Pour Sylvie Lévesque, toute offre supplémentaire de contraception est la bienvenue. Et « ce sera une bonne façon de conscientiser les hommes aux enjeux de la contraception et à leur prise de responsabilités », conclut-elle.

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