Le REEE, un outil de plus en plus populaire : le maîtrisez-vous vraiment ?
Jean-Sébastien Jutras | 24 juillet 2026, 12h29
Le REEE demeure l’un des outils les mieux subventionnés au Canada, mais encore faut-il en connaître les règles pour ne rien laisser sur la table.
Le régime enregistré d’épargne-études (REEE) attire de plus en plus de parents, séduits par des subventions gouvernementales pouvant atteindre 10 800 $ par enfant. Mais entre le choix du fournisseur, la bonification selon le revenu familial et le bon moment pour cotiser, plusieurs subtilités échappent encore aux épargnants.
Le fonctionnement de base
Le REEE permet de faire fructifier l’argent à l’abri de l’impôt jusqu’au retrait. Pour chaque dollar cotisé, le gouvernement fédéral verse la Subvention canadienne pour l’épargne-études (SCEE), soit 20 % des cotisations jusqu’à 500 $ par année, pour un maximum à vie de 7 200 $. Le Québec ajoute l’incitatif québécois à l’épargne-études (IQEE), soit 10 % des cotisations jusqu’à 250 $ par année, jusqu’à un maximum de 3 600 $. Combinées, ces subventions peuvent totaliser 10 800 $ par enfant, sans compter la croissance des placements.
Attention au fournisseur choisi
Tous les REEE ne donnent pas automatiquement accès à l’IQEE. Certaines plateformes de courtage en ligne ne participent pas à cette mesure fiscale québécoise, ce qui prive l’épargnant de la portion provinciale de la subvention. Avant d’ouvrir un compte, il vaut mieux consulter la liste officielle des fournisseurs participants publiée par Revenu Québec. Un oubli à ce chapitre peut coûter des milliers de dollars sur la durée du régime.
Un tableau de subventions selon le revenu familial
Les familles à revenu plus modeste profitent d’une bonification. Le taux de base demeure le même pour tous, mais un pourcentage additionnel s’ajoute sur une partie des cotisations selon le revenu familial rajusté. Voici comment se décline la bonification pour 2025.
| Revenu familial rajusté (2025) | Moins de 53 255 $ | 53 255 à 57 375 $ | 57 375 à 106 495 $ | 106 495 à 114 750 $ | Plus de 114 750 $ |
| SCEE (fédérale)* | 20 % + 20 % | 20 % + 20 % | 20 % + 10 % | 20 % + 10 % | 20 % |
| IQEE (Québec)* | 10 % + 10 % | 10 % + 5 % | 10 % + 5 % | 10 % | 10 % |
| BEC (fédéral)** | 500 $ + 100 $/an (max. 15 ans) | 500 $ + 100 $/an (max. 15 ans) | Non admissible | Non admissible | Non admissible |
| Maximum à vie (fédéral + Québec) | SCEE : 7 200 $ / IQEE : 3 600 $ / Total : 10 800 $, identique pour tous les revenus | ||||
Le Bon d’études canadien : de l’argent sans cotiser un sou
Autre volet méconnu, le Bon d’études canadien (BEC) est réservé aux familles dont le revenu se situe sous un certain seuil, comme l’illustre le tableau ci-dessus. Il verse 500 $ la première année d’admissibilité, puis 100 $ par année subséquente jusqu’à un maximum de 2 000 $, sans qu’aucune cotisation soit exigée. Un REEE doit tout de même être ouvert pour le recevoir. Ottawa a annoncé un projet d’inscription automatique pour les enfants admissibles nés depuis 2024, mais sa mise en œuvre n’est prévue qu’à compter de 2028-2029. D’ici là, la démarche reste à la charge des parents ou tuteurs, et plusieurs familles admissibles laissent cet argent sur la table, faute de le savoir.
L’imposition à la sortie, souvent minime
Au retrait, seules les subventions et la croissance des placements sont imposables, sous forme de paiement d’aide aux études versé dans les mains de l’étudiant. Les cotisations initiales, elles, ressortent toujours à l’abri de l’impôt. Comme les revenus des étudiants sont généralement bas, l’impôt payé sur ce paiement est souvent faible, voire nul, surtout si le régime est bien planifié.
Décembre plutôt que janvier : une question de calendrier
Le moment de la cotisation a aussi son importance. La subvention fédérale est généralement versée le mois suivant la cotisation, mais celle du Québec n’est déposée qu’en mai de l’année suivante. Cotiser 500 $ en décembre 2026 plutôt qu’en janvier 2027 permet de recevoir l’IQEE dès mai 2027, au lieu de mai 2028. Un an d’écart, pour un simple changement de mois. Cela dit, malgré cette nuance, cotiser de façon périodique reste une stratégie judicieuse. Pas la peine de s’en faire si une année est manquée : les droits de subvention inutilisés seront reportés, et un rattrapage demeure possible les années subséquentes, jusqu’aux maximums prévus.
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