Y a-t-il trop de gaz radioactif chez vous ?

Stéphanie Perron | 27 mars 2026, 10h19

Il ne fait pas de bruit, il ne sent rien, et pourtant il y en a probablement chez vous… Quoi ? Le radon, un gaz nocif qui est la première cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs.

J’ai toujours trouvé le mot « radon » si laid que je ne m’étais jamais vraiment demandé ce que c’était. Et puis, la réalisatrice de l’émission radiophonique Sauve qui peut ! à Radio-Canada animée par Pierre-Yves McSween – et à laquelle je collabore à l’occasion – m’a demandé d’en faire un sujet à l’émission afin de mettre en garde les gens contre ce gaz nocif.

Je me suis donc lancée, et ce que j’ai découvert m’a surpris. Apprenez-en plus en écoutant l’extrait radio ou en lisant ce qui suit.

Le radon, qu’est-ce que ça mange en hiver ?

Le radon est un gaz radioactif issu de la décomposition naturelle de l’uranium présent dans le sol et dans les roches. Le mot radioactif peut faire peur, mais il faut savoir que la planète contient naturellement une multitude d’éléments radioactifs, de sorte qu’à tous les jours nous sommes exposés à de petites quantités sans que ça pose problème.

À l’extérieur, le radon se dilue dans l’air et ne présente pas de danger pour l’humain. Le problème apparaît lorsqu’il s’infiltre dans nos maisons bien isolées et qu’il s’y accumule. Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne provoque pas de troubles respiratoires, d’allergies ni d’asthme.

À forte concentration et à long terme, ce gaz augmente le risque de cancer du poumon. Selon Santé Canada, l’exposition au radon est la principale cause de cancer du poumon chez les non-fumeurs. Ce gaz est responsable d'environ 16 % des décès par cancer du poumon au pays.

Comment le radon entre-t-il chez vous ?

Le radon entre par les ouvertures qui sont liées au sol, par exemple les fissures dans la fondation, les raccords de tuyauterie, les microfissures autour du cadre des fenêtres de sous-sol, etc. La configuration de la maison a une grande influence sur la façon dont il s’infiltre, et les sous-sols y sont particulièrement exposés.

Au Canada, la ligne directrice pour le radon dans l’air d’une maison est de 200 Bq/m³ (« becquerels par mètre cube »). Si cette valeur est dépassée, Santé Canada recommande de prendre des mesures pour réduire le radon. La vraie question n’est pas « Y a-t-il du radon chez moi? », mais plutôt « À quelle concentration y en a-t-il ? »

Même si la plupart des maisons au Québec ont des concentrations sécuritaires, certaines demeures peuvent dépasser de plusieurs fois la ligne directrice. Et d’un voisin à l’autre, le portrait peut se révéler très différent. La concentration de radon peut aussi varier selon les saisons. Par exemple, elle peut être moins importante en été lorsque les fenêtres du sous-sol sont ouvertes et laissent circuler l’air. Aussi, le seul moyen de savoir s’il y en a trop chez vous, c’est de mesurer le taux.

- Je suis collaboratrice à l’émission Sauve qui peut de Pierre-Yves McSween, où je parle de divers enjeux liés au monde de la consommation. (Crédit photo: Paul-Antoine Jetté | Radio-Canada)

Comment mesurer le taux de radon?

Bonne nouvelle: mesurer soi-même le taux de radon ne coûte pas cher. Voici deux façons de procéder :

Le dosimètre (détection à long terme)

• C’est quoi : petit dispositif qui ressemble à une capsule de café Nespresso. On le place dans la maison pendant 3 à 12 mois, puis on le renvoie au laboratoire qui y est associé pour analyse.

• Fiabilité : c’est la méthode la plus fiable puisqu’elle mesure le niveau d’exposition à long terme.

• Coût : environ 60 $ en incluant les frais d’analyse. 

• Où se le procurer : chez un fournisseur certifié par le site Occupetoiduradon.ca, financé par le gouvernement fédéral.

Le détecteur numérique de radon (détection à court terme)

• C’est quoi : de taille similaire à un téléphone intelligent, ce détecteur se place dans la maison et mesure le radon pendant 4 à 5 semaines. Il n’existe pas de certification reconnue au Canada pour les modèles destinés au grand public.

• Fiabilité : moins précis que le dosimètre, il permet tout de même d’avoir un rapide aperçu.

• Coût : environ 200 $.

• Où se le procurer : on peut l’emprunter dans plusieurs bibliothèques, ce qui est plus prudent que de l’acheter auprès d’un fournisseur inconnu sur un site comme Amazon.

À lire aussi : Prudence avec les détecteurs de radon numériques

Évitez de jeter votre argent par les fenêtres
 

Selon mes recherches, il n’y a pas de fraude de masse liée au radon. Mais puisqu’il y a toujours des gens malhonnêtes pour tenter de vider nos poches, voici mes conseils : 
 

• Méfiez-vous des gens qui vendent leurs ses services sur des sites comme Marketplace. Certains faux professionnels jouent la carte de la peur pour vous vendre des détecteurs de mauvaise qualité ou des travaux effectués par n’importe qui.


• Gare aux appels frauduleux qui se font passer pour l’Association pulmonaire canadienne et qui offrent un test supposément gratuit… qui nécessite votre numéro de carte de crédit.

• Informez-vous auprès de sources crédibles, par exemple le gouvernement du Québec, l’Association pulmonaire du Québec, le gouvernement fédéral, CAA-Québec et l’Association pulmonaire du Canada.

 

• Si vous voulez faire affaire avec un professionnel pour faire réaliser des travaux visant à réduire le taux de radon (comme colmater les fissures ou installer un système d’extraction pour évacuer le radon à l’extérieur), choisissez-le sur le site occupetoiduradon.ca.

Pour en savoir plus, lisez notre article détaillé intitulé Le radon, l’ennemi invisible de la maison.