Trouver son bien-être financier à l’ère de l’IA
Philippe d’Astous | 13 mars 2026, 14h25
Les outils d’intelligence artificielle peuvent en principe vous aider à prendre des décisions concernant vos finances, mais encore faut-il que vous ayez un minimum de littératie financière.
Nous sommes de plus en plus responsables de la gestion de nos finances. Aujourd’hui, obtenir du crédit en ligne se fait en quelques minutes, investir de façon autonome est à portée de main et commander via des plateformes de livraison n’a jamais été aussi simple.
Nous sommes devenus très habiles avec la technologie. Mais, côté finances personnelles, nos connaissances stagnent. Du moins, depuis qu’on la mesure, en 2019, la littératie financière de la population canadienne ne montre pas de progression nette.
La littératie financière et ses implications
On mesure la littératie financière avec quelques questions sur des concepts fondamentaux : le coût d’intérêt sur un prêt, l’effet de l’inflation sur le pouvoir d’achat, ou encore le risque associé à un investissement boursier. Pris séparément, ces concepts peuvent déjà sembler exigeants. Ensemble, ils deviennent vite difficiles à combiner au moment de prendre de vraies décisions, comme la retraite, qui est probablement l’exemple le plus frappant.
Nos travaux montrent d’ailleurs que la compréhension de notre système de retraite lui-même demeure limitée. Les règles sont nombreuses, les programmes s’imbriquent et nos choix ont des effets à long terme. C’est précisément pour cela que plusieurs organisations se mobilisent afin d’améliorer la littératie financière, notamment dans le cadre de la Stratégie québécoise en éducation financière.
La technologie au service de nos décisions
Les outils d’intelligence artificielle peuvent maintenant expliquer l’effet d’une décision, comme le report de la rente du RRQ, en termes simples, en s’appuyant sur l’information disponible sur les sites gouvernementaux. Avec l’avènement de ces technologies, une question se pose : est-ce qu’on va les utiliser pour mieux comprendre un système financier complexe et ses conséquences concrètes de nos choix ? Ou bien est-ce que nos habiletés technologiques vont évoluer sans renforcer, en parallèle, nos compétences financières ?
Parce qu’au fond, la technologie permet de réduire les frictions. Et quand les frictions diminuent, il devient aussi plus facile de prendre une décision, bonne ou mauvaise. Si on veut vraiment améliorer son bien-être financier, l’objectif n’est donc pas seulement d’avoir plus d’outils. C’est d’avoir les bons repères pour s’en servir au bon moment. Les outils technologiques peuvent déjà nous aider, mais c’est notre capacité à poser les bonnes questions qui pourrait faire évoluer les choses.