Assurance vie temporaire moins chère: faut-il revoir votre protection ?
Jean-Sébastien Jutras | 15 janvier 2026, 08h08
Depuis quelques années, à âge et à protection comparables, certaines primes d’assurance vie temporaire ont diminué.
Pour illustrer cette tendance, regardons l’évolution des primes d’une assurance vie temporaire de 500 000 $ pour un non-fumeur de 40 ans. En 1998, une police de 10 ans coûtait environ 510 $ par an. En 2012, ce montant avait déjà chuté à 340 $. En 2024, ce même contrat coûtait environ 305 $ par an, soit une baisse de près de 40 % sur 26 ans.
L’assurance vie temporaire, en bref
L’assurance vie temporaire couvre une période déterminée, souvent 10, 20 ou 30 ans. Elle sert généralement à protéger un besoin qui, lui, est temporaire : payer l’hypothèque si un décès survient, sécuriser le revenu familial pendant que les enfants sont à charge, couvrir un prêt d’entreprise ou protéger un conjoint contre une baisse importante de niveau de vie.
Ce type d’assurance est souvent choisi parce qu’il offre une protection élevée pour une prime relativement abordable. L’inconvénient est qu’une fois le terme terminé, la prime peut augmenter fortement au renouvellement, surtout si vous renouvelez la police sans refaire l’analyse de vos besoins.
Pourquoi les primes ont-elles baissé ?
Il n’existe pas une seule explication, mais plusieurs changements dans l’industrie ont contribué à rendre l’assurance temporaire plus compétitive.
D’abord, la modernisation des processus a réduit les coûts administratifs. Moins de paperasse, plus de traitements automatisés, des parcours de souscription accélérés, parfois avec des exigences médicales allégées selon certains profils et montants d’assurance. Quand l’émission d’une police coûte moins cher aux assureurs, cela peut se refléter dans la tarification.
Ensuite, les assureurs sont devenus plus précis dans leur évaluation du risque. Les modèles actuariels, les bases de données et les outils d’analyse permettent de mieux distinguer les profils. Résultat : certaines personnes, par exemple des non-fumeurs en bonne santé, peuvent se retrouver plus avantagées qu’avant dans les grilles de tarification.
Enfin, la concurrence joue un rôle important. L’assurance temporaire est souvent un produit d’entrée : les assureurs veulent attirer de nouveaux clients, et cela encourage des tarifs compétitifs, surtout sur les produits les plus standardisés.
Une baisse de prix, oui, mais la vraie question est ailleurs
Le réflexe naturel est de se demander : « Est-ce que je peux payer moins cher ? » Parfois, oui, et ça vaut le coup de vérifier. Mais l’enjeu le plus important est souvent : « Est-ce que je suis encore bien assuré ? »
Votre assurance a peut-être été prise à un moment précis : achat d’une maison, naissance d’un enfant, dettes importantes, revenu à protéger. Or, la vie évolue vite : hypothèque réduite, salaire différent, séparation, nouvelle union, enfants plus autonomes, projet d’entreprise, obligations envers un parent vieillissant. Tout cela peut modifier vos besoins.
Il est aussi fréquent de voir des gens choisir une temporaire 10 ans parce que la prime est plus basse, alors que leur besoin réel s’étire sur 20 ans. Et lorsqu’arrive le renouvellement, la hausse de prime peut être brutale. Une révision avant l’échéance donne souvent plus d’options et de contrôle.
Les bons moments pour revoir votre assurance temporaire
Vous n’avez pas besoin d’attendre un problème pour faire le point. Voici des situations où une révision est particulièrement pertinente :
- Votre assurance arrive à échéance d’ici un, deux ou trois ans ;
- Votre situation familiale s’est transformée (enfants, conjoint, séparation, nouvelle union) ;
- Votre niveau d’endettement a changé (hypothèque, consolidation, prêt d’entreprise) ;
- Vos revenus ont augmenté, ou vous êtes devenu travailleur autonome ;
- Vous avez une assurance collective et vous voulez vérifier s’il faut la compléter par une assurance privée ;
- Vous n’êtes plus certain du montant assuré, du terme, ou des bénéficiaires.
Dans bien des cas, l’objectif n’est pas de tout changer, mais d’ajuster des aspects comme le montant, la durée, la coordination avec l’assurance de l’employeur et l’alignement avec vos objectifs.
Les pièges à éviter avant de remplacer une police d’assurance
Remplacer une assurance peut être une bonne stratégie, mais elle doit être faite avec prudence.
Le premier point est la santé. Si votre état de santé s’est détérioré depuis la souscription, une nouvelle demande pourrait coûter plus cher, exclure certaines conditions, ou être refusée.
Le deuxième point concerne le redémarrage du contrat. Lorsqu’une nouvelle police est émise, certaines clauses importantes repartent à zéro, notamment la clause de suicide (non couvert durant 24 mois) et la période pendant laquelle l’assureur dispose de pouvoirs élargis pour vérifier le dossier de l’assuré en cas de décès. Ce n’est pas nécessairement problématique, mais c’est un élément essentiel à bien comprendre avant de signer un nouveau contrat.
Et règle d’or : ne résiliez jamais votre police actuelle avant que la nouvelle ne soit officiellement acceptée et en vigueur, avec des documents à l’appui.
Pourquoi consulter un conseiller en sécurité financière
Revoir une assurance vie temporaire, ce n’est pas seulement comparer des primes. Un conseiller en sécurité financière peut :
- Valider le montant réellement nécessaire (ni trop élevé ni insuffisant) ;
- Choisir le bon terme selon vos obligations (hypothèque, enfants, dettes, objectifs) ;
- Analyser les options de renouvellement et les conditions importantes du contrat ;
- Vérifier la cohérence avec vos autres protections (invalidité, maladie grave, assurance collective) ;
- S’assurer que vos bénéficiaires et votre logique de protection sont à jour.
La baisse du coût des assurances temporaires est une occasion. Il ne s’agit pas nécessairement de changer à tout prix, mais plutôt de vérifier si votre couverture correspond encore à votre situation actuelle, et si elle peut être améliorée, parfois pour le même prix, parfois pour un montant moindre.