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Par Frédéric Perron

Les applications antipub sont habituellement très efficaces pour bloquer les publicités traditionnelles comme les bannières, qui apparaissent généralement dans le haut, dans le bas et sur les côtés des pages Web.

Par contre, plusieurs d’entre elles n’arrivent pas à bloquer les annonces qui s’affichent avant les vidéos. De nombreux bloqueurs de publicité laissent également passer les annonces textuelles qui s’affichent dans les résultats de recherches sur Google. Les antipubs auxquels nous avons attribué la mention « meilleur choix » bloquent efficacement ces différents types d’annonces. Cependant, aucune des applications testées n’est conçue pour freiner les publicités qui peuvent apparaître dans d’autres applications que le navigateur Web, par exemple des jeux.

Certains antipubs comme Adblock Plus ont une politique de « publicités acceptables », c’est-à-dire qu’ils ne bloquent pas les annonces répondant à certains critères : être bien identifiées comme telles, ne pas nuire à la lecture, etc. Dans la plupart des cas, il est tout de même possible de bloquer ces publicités en changeant les réglages de l’application. Plusieurs bloqueurs – dont tous ceux que nous recommandons – vous permettent de créer une « liste blanche » de sites sur lesquels vous acceptez l’affichage de publicités.

C’est une façon de contribuer aux revenus, et donc à la survie, de vos sites préférés. On trouve aujourd’hui sur la plupart des sites Web, ceux d’information notamment, des boutons sociaux qui permettent par exemple de partager des contenus sur Twitter et Facebook. Or, ces boutons collectent des données relatives aux sites que vous visitez, que vous cliquiez dessus ou non. Tous les antipubs que nous recommandons offrent la possibilité de bloquer ces boutons.

Bloquer la publicité, est-ce une bonne idée?

Selon un rapport publié en août 2015 par le développeur de logiciels Adobe et par PageFair, une entreprise qui conçoit des solutions pour aider les éditeurs à contrer le blocage de publicité, l’utilisation d’applications antipub dans le monde a augmenté de 41 % de 2014 à 2015. En Amérique du Nord, environ 15 % des internautes bloquent les publicités.

Le phénomène inquiète les éditeurs de sites Web, dont plusieurs dépendent des revenus publicitaires pour financer leurs opérations et leurs contenus. Eyeo, la compagnie derrière le très populaire bloqueur de pub Adblock Plus, croit avoir trouvé le meilleur compromis entre les intérêts des éditeurs de sites Web et ceux des internautes. Son approche : exempter les pubs de certains éditeurs du blocage d’Adblock Plus, à condition qu’elles soient bien identifiées et qu’elles ne nuisent pas à la lecture, entre autres critères. Les plus fortunés de ces éditeurs, tels Google, Microsoft et Amazon, doivent payer des frais à Eyeo pour que leurs annonces soient visibles.

« Selon nous, bloquer toute forme de publicité n’est pas une très bonne idée, affirme Ben Williams, porte-parole d’Eyeo. Le bon contenu doit être financé, et la majorité de l’argent provient de la pub. Voilà pourquoi nous croyons que notre politique de “publicités acceptables” constitue un bon compromis. »

D’après Samuel Parent, consultant en communications interactives et en publicité chez Titan Interactif, l’approche d’Eyeo est une excellente avenue : « Ça force les éditeurs de sites Web à accepter des pubs qui respectent leurs usagers. Les gens ne trouveront plus la pub fatigante si elle est intéressante et pertinente. » Cela dit, la plupart des bloqueurs ont une approche plus radicale, refusant l’accès à toute forme d’annonces.

Le blocage de publicité est-il justifié?

« La publicité Web est beaucoup moins agressante qu’elle l’a déjà été, mais elle est tellement présente que ça devient fatigant, constate Samuel Parent. Malheureusement pour mon industrie, j’estime que le blocage publicitaire est justifié pour le consommateur parce qu’il y a trop de pubs et qu’elles ne sont pas bonnes. »

Même son de cloche du côté de Geneviève Lajeunesse, productrice de jeux vidéo et membre de Crypto.Québec, un organisme de sensibilisation aux enjeux du numérique, comme la sécurité informatique et la vie privée. « Les sites affichent les mêmes annonces à répétition, remarque-t-elle. Ça devient dérangeant pour l’usager. Rien ne vous oblige à voir de la publicité quand vous naviguez en ligne, tout comme vous n’êtes pas obligé d’accepter les circulaires parce que vous avez une boîte aux lettres. »

Selon elle, l’impact de la publicité sur la vitesse de navigation constitue également un irritant. Les annonces étant souvent composées d’images et d’animations, elles alourdissent les pages Web. D’après nos essais, les bloqueurs de publicité peuvent d’ailleurs réduire de moitié, voire plus, le temps de chargement des sites Web.

Les éditeurs ripostent

Se jugeant menacés par la perte de revenus publicitaires, les éditeurs de sites Web tentent de contrecarrer les bloqueurs de pub. Par exemple, le New York Times s’apprêtait, lors de la rédaction de cet article en juillet 2016, à lancer un abonnement premium – plus cher que l’abonnement régulier – permettant à ses lecteurs d’accéder au site sans voir d’annonces.

Par ailleurs, plusieurs éditeurs misent sur le marketing de contenu. Un exemple ? En septembre 2015, pour mousser sa série Narcos, Netflix a commandité, sur le site du Wall Street Journal, un dossier interactif portant sur le trafic de cocaïne. Intégrée comme du contenu éditorial, ce genre de publicité permet de contourner les extensions antipub.

Samuel Parent voit ce virage d’un très bon œil. « C’est moins agressant et intrusif que la pub traditionnelle, juge-t-il. Il s’agit de contenu qui est réellement intéressant pour l’usager. » Selon Geneviève Lajeunesse, le marketing de contenu doit toutefois être bien identifié comme tel. « Je ne suis pas certaine que les gens font toujours la différence entre du contenu éditorial et du contenu publicitaire », ajoute-t-elle. Le premier ayant pour objectif principal d’informer, et le second, de vendre.

Cacher ses traces

Même si ce n’est pas leur fonction première, plusieurs bloqueurs de publicité empêchent aussi le pistage (tracking), qui permet aux annonceurs et aux éditeurs de sites Web d’établir des profils d’utilisateurs et de mieux les cibler. Il s’agit même de la spécialité de certaines extensions comme Ghostery et Privacy Badger.

Selon Samuel Parent, les inquiétudes des internautes quant au pistage ne sont pas fondées. « Par vos comportements en ligne, l’annonceur tente de deviner quel genre de consommateur vous êtes, explique-t-il. Il ne veut pas savoir qui vous êtes exactement ni connaître votre adresse. Ce qui l’intéresse, c’est si vous êtes un acheteur d’auto potentiel, par exemple. »

Mais pour Geneviève Lajeunesse, ce genre de profilage n’est pas si anodin. « Si un annonceur peut savoir que vous habitez en banlieue, que vous avez environ 45 ans et que vous vous intéressez aux voitures, il commence à en connaître pas mal sur vous. » Selon elle, la collecte et l’analyse de données par les entreprises peuvent mener à des dérives. Elle rappelle qu’il y a quelques années, Target avait envoyé par la poste des coupons-rabais de produits pour bébé à une jeune femme enceinte qui habitait toujours chez ses parents… et qui ne leur avait pas encore annoncé la nouvelle !

Le reciblage publicitaire peut en effet donner l’impression à un internaute d’être traqué sans relâche d’un site à l’autre, admet Samuel Parent. Par exemple, si vous magasinez en ligne pour des chaussures, vous risquez de voir apparaître des annonces de chaussures un peu partout sur le Web. « Le reciblage est souvent mal fait, critique-t-il. La plupart des annonceurs ne respectent pas les règles de comportements d’achat. Si on estime que pour des chaussures vous devriez normalement avoir pris votre décision dans les 48 prochaines heures, on ne devrait pas vous achaler après cette période. »

Geneviève Lajeunesse

« Rien ne vous oblige à voir de la publicité quand vous naviguez en ligne. »
Geneviève Lajeunesse, membre de Crypto.Québec

Ben Williams

«Selon nous, bloquer toute forme de publicité n’est pas une très bonne idée. Le bon contenu doit être financé, et la majorité de l’argent provient de la pub. »
Ben Williams, porte-parole d’Eyeo

420 millions de propriétaires de téléphones intelligents dans le monde utilisent un bloqueur de pub.
Source : PageFair.

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