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Vin bio, nature ou biodynamique : comment s’y retrouver ?

Par Florence Dujoux
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L’offre de vins écoresponsables est de plus en plus large, à la SAQ comme ailleurs. Voici comment distinguer ces produits et décrypter leurs étiquettes.

Qu’ils soient biologiques, biodynamiques ou nature, les vins écoresponsables ou non conventionnels sont de plus en plus recherchés au Québec, comme partout dans le monde.

Selon Vincent Laniel (alias Vincent Sulfite), auteur du livre Supernaturel : immersion dans le monde du vin nature, l’engouement pour ces vins est lié à une prise de conscience des consommateurs, de plus en plus sensibilisés à l’environnement et aux conséquences des produits chimiques sur la santé humaine.

Les producteurs de vins écoresponsables cherchent en effet à limiter leurs interventions (outils et produits chimiques), de la culture de la vigne à l’élaboration du vin. Leur objectif ? Mieux laisser s’exprimer le terroir et obtenir des nectars plus authentiques que les vins traditionnels.

À la Société des alcools du Québec (SAQ), les ventes de vins de ce genre ont grimpé de 69 % dans les trois dernières années. Au cours de la même période, le nombre de produits proposés a augmenté de 49 %. Si les vins biologiques sont les plus vendus – 95 % des ventes en 2020 –, les vins nature connaissent la croissance la plus rapide (+237 % en 2020 pour moins de 5 % des ventes). En vue de répondre à cette popularité grandissante, la SAQ a d’ailleurs offert une sélection de 50 vins nature sur son site internet en septembre 2020, et de nouveaux arrivages sont désormais proposés chaque semaine, en succursale comme sur Internet. De leur côté, les vins biodynamiques constituent pour le moment une niche (moins de 1% des ventes).

En épicerie, toutefois, l’offre de vins non conventionnels demeure très limitée. Geneviève Grégoire, chef des communications à Metro, rapporte que l’enseigne tient dans sa liste six vins biologiques, dont deux québécois, parmi plus de 400 produits référencés au rayon des vins.

Du côté de l'importation privée, à travers laquelle pas moins de 11 000 différents vins sont offerts au Québec, il y a aussi une demande très soutenue pour les vins biologiques et les vins nature. « Beaucoup de restaurants font le choix de travailler exclusivement – ou presque – avec des produits en importation privée, afin de se démarquer avec une carte originale et exclusive », témoigne Vincent Laniel, également sommelier chez Candide, un restaurant de Montréal reconnu pour sa carte des vins. Et avec la pandémie, bon nombre de particuliers ont découvert qu’il était facile d’acheter des vins en importation privée, même si les produits sont vendus exclusivement en format caisse.

Protégez-Vous propose ici quelques explications pour mieux vous y retrouver parmi les différentes appellations des vins écoresponsables et leurs caractéristiques.

Les vins biologiques
Les vins biodynamiques
Les vins nature
Sans sulfites, vraiment?
Et le goût?
Une différence qui se paie
Peu de bouteilles québécoises

Les vins biologiques

Ni pesticides, ni engrais chimiques, ni herbicides: voilà qui résume les normes entourant les vins biologiques. La bouillie bordelaise, un mélange d’eau, de sulfate de cuivre et de chaux, est autorisée pour lutter contre l’apparition de champignons sur la vigne. Les producteurs peuvent aussi ajouter des sulfites (du soufre), un agent de conservation, en quantité limitée (maximum de 120 mg/L). À la SAQ, 75 % des vins bios proviennent de France, d’Italie ou d’Espagne. Leur repérage est facilité par le logo « Bio » et les étiquettes de prix vertes en succursale.

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Pour ce qui est des vins importés, vous pouvez notamment vous référer au symbole de la feuille biologique de l’Union européenne – à côté de laquelle se trouve parfois le logo « AB » (pour « agriculture biologique ») français – et au logo américain « USDA Organic ». Les vins biologiques canadiens sont identifiables par le logo « Bio Canada » et/ou le logo de leur organisme certificateur, comme Ecocert Canada.  

Les vins biodynamiques

Parce que les interventions en lien avec cette méthode de viticulture sont établies en fonction du mouvement des astres et des planètes, la biodynamie est parfois moquée. Dans la pratique, toutefois, ses aspects les plus ésotériques sont souvent mis de côté. Comme c'est le cas pour la production biologique, la biodynamie interdit l’usage des produits chimiques, mais elle pousse la démarche encore plus loin. Les producteurs utilisent des préparations à base de plantes médicinales pour renforcer la vigne. Ils peuvent ajouter des sulfites, mais en quantité plus limitée que dans le bio (jusqu’à 105 mg/L).

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Les vins biodynamiques peuvent être identifiés par le logo de Demeter ou par celui de Biodyvin figurant sur l’étiquette. Par ailleurs, les vins biodynamiques doivent d'abord être certifiés biologiques partout où l'appellation biologique est protégée, notamment en Europe, aux États-Unis et au Canada. 

Les vins nature

Aucun ajout, ou presque! Pas de produits chimiques, pas de filtration, rien... sauf une très faible quantité de sulfites ajoutés (jusqu’à 30 mg/L). Les vins nature se situent tout en haut de l’échelle de pureté. Les vins à la philosophie « nature » peuvent être repérés grâce au logo « Nature » de la SAQ, attribué sur la base de la déclaration des producteurs. En succursale, vous trouverez ces produits dans la section Cellier, avec des étiquettes de prix de couleur terre (beige).

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En 2020, le Syndicat de défense des vins naturels, en France, a créé la dénomination « Vin méthode nature ». Le logo existe en deux versions : avec ou sans ajout de sulfites. Les premières bouteilles à l'arborer devraient arriver à la SAQ en août 2021.

Sans sulfites, vraiment?

« Un vin sans sulfites, ça n’existe pas. Naturellement, quand il y a fermentation alcoolique, il y a dégagement de sulfites », explique Vincent Laniel. De plus, la plupart des producteurs ajoutent des sulfites, au moment des vendanges et/ou de la mise en bouteille.

Ces substances, qui s’apparentent au sel, permettent notamment de préserver le raisin et de protéger le vin pendant le transport. « Le problème avec les sulfites, c’est qu’ils tuent ce qui est mauvais, mais aussi ce qui est bon ; ils enlèvent le goût du fruit et donnent un vin plus neutre, plus industriel, moins personnalisé », décrit Ève Rainville, copropriétaire du Domaine Bergeville, producteur de mousseux biologiques québécois établi dans le Canton de Hatley, en Estrie. Elle indique ne pas avoir besoin d’en ajouter dans ses vins mousseux, parce que la transformation est effectuée sur le lieu de la récolte et que ses produits sont vendus exclusivement au Québec.

Les sulfites sont-ils dangereux? Aucune recherche ne le démontre à ce jour. Santé Canada les inclut à la liste des allergènes prioritaires, « parce que des symptômes semblables à ceux des allergies peuvent se manifester chez les personnes sensibles », lit-on sur son site internet. Les personnes asthmatiques seraient les plus à risque, mais les effets des sulfites seraient minimes pour la population en général.

La quantité totale de sulfites est fixée à un maximum de 400 mg/L par la SAQ, mais elle est rarement atteinte et varie beaucoup en fonction du type de vin.

Et le goût?

Selon une nouvelle étude américaine et française réalisée sur 128 000 vins français et publiée en 2021, les vins certifiés bios sont en moyenne jugés meilleurs au goût que les vins sans certification. Et c’est encore plus vrai pour les vins certifiés biodynamiques. Cette étude fait suite à une enquête réalisée par les mêmes auteurs en 2016 sur près de 70 000 vins californiens qui avait donné des résultats similaires. Vincent Laniel souligne d’ailleurs que de plus en plus de gros producteurs se mettent au vin bio.

Quant aux vins nature, s’ils ont une caractéristique commune, c’est leur diversité. « Le vin nature n’a pas qu’un seul goût, dit l’auteur. Le stéréotype, c’est qu’un vin nature, ça sent l’étable. C’est vrai pour certains, mais en proportion, c’est loin d’être la majorité. » Il souligne que les vins nature peuvent réserver des surprises : « Ça se peut que les vins varient beaucoup d’une année à une autre, et on ne veut pas manipuler pour corriger. Ce que certains pourraient voir comme des défauts, nous, on les voit plutôt comme des traits de caractère. »

Une différence qui se paie

Selon la SAQ, en 2020, le prix moyen de la bouteille de vin non conventionnel se chiffrait à 17,69 $, contre 14,30 $ pour le vin ordinaire, soit un écart de 24 %. Une telle différence s’explique par des coûts de production plus importants du fait d’un rendement plus faible et de frais de main-d’œuvre plus élevés. Par exemple, la vendange manuelle est fortement encouragée dans le bio.

Peu de bouteilles québécoises

En 2019, 10 % des 159 vignobles québécois travaillaient en culture biologique, selon le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec (MAPAQ). Or ces producteurs n’ont pas toujours les moyens – ou les quantités nécessaires – pour approvisionner la SAQ. Ainsi, seuls quelques vins biologiques québécois y sont vendus, comme les vins tranquilles du Vignoble Côte des Limousins et les vins mousseux du Domaine Bergeville. Les épiceries proposent aussi quelques vins bios locaux, livrés directement par les producteurs. Cependant, pour trouver des vins biodynamiques ou des vins nature du Québec, il faut vous tourner vers les restaurants, les épiceries fines ou les domaines viticoles (plusieurs ont des boutiques en ligne). Ces circuits de distribution proposent une offre locale élargie, incluant par exemple les vins biodynamiques du vignoble Les Pervenches; les vins nature de Pinard et filles et de la Ferme Le Raku; ainsi que plusieurs autres vins biologiques locaux, comme ceux de Négondos et de Pigeon Hill, et certaines cuvées du Domaine Bergeville.

>> À lire aussi : 23 vins blancs québécois au banc d'essai et 27 vins rosés évalués.

PRÉCISION (19/05/2021): pour éviter toute confusion, nous avons retiré la citation de Vincent Laniel qui disait que tous les vins nature sont forcément biologiques, et précisé que les vins biodynamiques canadiens, américains et européens doivent être certifiés biologiques.

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  • Par MICHEL VERDON
    25 Juin 2021

    Sur la biodynamie ... https://www.agriculture-environnement.fr/2019/06/27/face-cachee-agriculture-biodynamique-rudolf-steiner?fbclid=IwAR13tgvT6Lar-2SqpY3oJJpjP6mY8qV0zxiKsWvs8V568uANPmDMeOTMQjw