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Par Amélie Cléroux
cepages

Mieux adaptés à notre climat, les cépages hybrides sont à la base de plusieurs vins québécois. Mais les cépages européens de la variété vitis vinifera, aussi appelés «nobles», trouvent peu à peu leur place dans nos vignobles grâce à des techniques de production mises au point par les vignerons du Québec.

Cépages d’ici et d’ailleurs

La plupart des cépages utilisés dans les vins québécois sont des hybrides (croisements entre deux types de vignes), choisis pour leur rendement sur le territoire et leur résistance à notre climat capricieux. Les plus répandus du côté des vins blancs – le vidal, le seyval blanc, le frontenac gris, le frontenac blanc et le st-pépin – sont aussi les plus présents dans les vins de notre test de vins blancs du Québec

Depuis quelques années, les cépages européens des variétés vitis vinifera, souvent qualifiés de cépages « nobles » (pinot gris, sauvignon, chardonnay, etc.), prennent aussi leur place dans les champs de la Belle Province. Le secret de la réussite pour les cultiver ? Une technique toute québécoise, soit l'utilisation de géotextiles, qui consiste à recouvrir les vignes à l'automne pour récupérer la chaleur du sol pendant l'hiver. Grâce à cette méthode, jusqu'à 10 degrés Celsius peuvent être gagnés lors des grands froids.

Et les résultats valent les efforts déployés affirment les vignerons Daniel Lalande (Vignoble Rivière du Chêne) et Matthieu Beauchemin (Domaine du Nival), qui sont satisfaits du rendement de leur production et de la qualité des vins obtenus. De plus, ces cépages bien connus des amateurs facilitent la mise en marché, disent-ils. « Le coût de production est plus élevé avec les cépages européens, mais on en vend beaucoup plus, et à un prix plus élevé », témoigne Matthieu Beauchemin. Ce viticulteur cultive à la fois du vidal (pour le vin blanc), un cépage hybride, et du pinot noir (pour le rouge), un cépage dit « noble ».

Il est clair que pour beaucoup de gens, un cépage de l’espèce vitis vinifera (un cépage européen aussi appelé « noble ») représente une valeur sûre, comme l'admet Yvan Quirion, propriétaire du Domaine St-Jacques. Mais, surtout, « faire pousser des vitis vinifera envoie le message que nous avons le climat pour faire du vin au Québec, tout comme le terroir pour mettre ces cépages en valeur et afficher notre typicité », nuance-t-il. 

Mais cépage hybride ne veut pas dire vin de moindre qualité. Le vigneron vante par exemple les subtilités du st-pépin, un hybride qu'on trouve entre autres dans l’un des « meilleurs choix » de notre test de vins blancs québécois. D’ailleurs, plus de la moitié des « meilleurs choix » élus par nos dégustateurs ne contiennent aucun cépage des vignes vitis vinifera.

En fin de compte, les vignerons peuvent compter sur un bel éventail de variétés pour se diversifier, et les amateurs, sur une foule de produits à explorer.

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