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Par Mathilde Roy
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La pandémie de COVID-19 a poussé bon nombre de personnes à vouloir couler leurs vieux jours à la maison. Une perspective qui ne va pas sans une bonne planification. Vous vous demandez par quel bout commencer? Voici les options qui vous permettront de profiter le plus longtemps possible de la quiétude de votre demeure.

Tout d’abord, vous devez savoir à quelle porte cogner pour obtenir les services auxquels vous avez droit. Bien sûr, le CLSC constitue le guichet principal pour tout ce qui concerne le maintien à domicile, mais d’autres organismes, parfois méconnus, viennent compléter l’offre de base.

Par ailleurs, qui dit vieillesse dit aussi apparition éventuelle de petits – et parfois de gros! – bobos qui viendront miner votre autonomie. Or, une foule d’appareils et d’accessoires conçus expressément pour vous faciliter la vie et rendre vos déplacements sécuritaires dans la maison sont vendus en magasin – et parfois même offerts en location. Aussi, si vous rénovez prochainement, pensez à réaménager l’espace en prévision de vos vieux jours!

Finalement, pour vous sentir en sécurité, vous lorgnez peut-être un bouton « d’alerte » ou « de panique ». Ce type de dispositif, relié à une centrale de télésurveillance, peut détecter les chutes et certains d’entre eux sont munis d’un GPS. Quels sont les forfaits offerts sur le marché et combien coûtent-ils? Notre guide d’achat détaille les services offerts par huit entreprises.

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Partie 1: Tout ce qu’il faut savoir pour vieillir à la maison
Les services à connaître pour bien vous entourer
Partie 1

Les services à connaître pour bien vous entourer

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Par Mathilde Roy

CLSC, soutien à domicile, aide aux repas et au ménage, accompagnement, crédits d’impôt : voici les services auxquels vous ou vos proches avez accès.

Des services à connaître
Le CLSC d’abord
Les entreprises d’économie sociale
Les organismes communautaires
Les entreprises privées
Vieillir à la maison, le coût
L’aide gouvernementale

À 68 ans, Pauline Gervais est catégorique : elle n’a aucune envie d’aller vivre dans une résidence pour aînés, « à moins d’y être contrainte ». La détentrice d'un doctorat en gérontologie, retraitée du réseau de la santé, souhaite plus que tout vieillir dans son domicile de la région de Sherbrooke. « La pandémie, avec ses milliers de morts, m’a tellement alarmée que j’ai décidé de cofonder le mouvement “Vieillir chez moi, c’est gagnant !” avec une ex-collègue », raconte-t-elle. Dans ce « cri du cœur » lancé en mai 2020, elle implore le gouvernement de donner un solide coup de barre dans l’offre de services à domicile.

Un sondage effectué en juillet 2020 révèle qu’un très grand nombre de Canadiens souhaitent aussi vieillir à la maison. Lors de cette enquête, menée par le National Institute on Ageing de l’Université Ryerson, à Toronto, 91 % des répondants ont indiqué qu’ils essaieront « de vivre en sécurité et de manière autonome dans leur propre maison aussi longtemps que possible ».

Des services à connaître

Le défi est de taille pour le Québec, qui compte trois fois plus de têtes grises en résidences privées qu’ailleurs au Canada : environ 18 % chez les 75 ans et plus, contre 6 % dans les autres provinces. « Cette situation s’explique sans doute par le fait que les services publics à domicile ont, de toutes les époques, été déficients et très variablement répartis dans la province », soutient Louis Demers, professeur à l’École nationale d’administration publique (ENAP).

Ces services sont assurés par les centres locaux de services communautaires (CLSC), des groupes communautaires et des organismes privés. Or, il ne serait pas toujours facile d’y avoir accès, selon plusieurs témoignages. « Il manque beaucoup de liants entre les services. Quand les gens font des démarches, ils se butent à toutes sortes d’obstacles, et ça devient épuisant », déplore le Dr Stéphane Lemire, gériatre et président de la Fondation AGES, un organisme de bienfaisance québécois qui prône la gériatrie sociale et vise à préserver l'autonomie des personnes âgées.

Parmi les obstacles rencontrés : la méconnaissance de plusieurs services existants. Si vous ou un proche aîné souhaitez rester le plus longtemps possible à la maison, vous trouverez, dans les pages suivantes, où chercher ces services, combien ils coûtent et comment profiter de l’aide financière pour les obtenir.

Le CLSC d’abord

Les services de soutien offerts par votre CLSC comprennent des soins (infirmiers, psychosociaux, médicaux, d’ergothérapie, de nutrition, etc.) ; de l’assistance personnelle (aide à l’hygiène, à l’habillage, au lever et au coucher, etc.) ; des services aux proches aidants (psychosociaux, de répit, etc.) ; et du prêt de matériel (marchette, siège de baignoire, etc.). Pour en bénéficier, il faut qu’un dossier soit ouvert au CLSC et que vous vous soumettiez à une évaluation. « Les gens sont classés dans l’un des 14 profils de perte d’autonomie afin de déterminer les services requis », explique Louis Demers, de l’ENAP, dont les recherches portent sur les services aux aînés en perte d’autonomie.

Mais encore faut-il avoir accès à ces services, un obstacle au maintien à domicile que déplorent plusieurs experts. « On va devoir faire quelque chose, parce que les listes d'attente sont très longues; d’abord pour être évalué, ensuite pour obtenir les services », affirme Pauline Gervais, qui a travaillé une quarantaine d’années dans le réseau de la santé, notamment en centres d'hébergement et de soins de longue durée (CHSLD). Au Québec, en mars 2020, 13 250 personnes – des aînés, mais aussi des patients atteints d’un handicap physique ou de déficience intellectuelle, par exemple – étaient en attente d’un premier service de soins à domicile, dont 5 300 depuis plus de 90 jours, selon le ministère de la Santé et des Services sociaux.

Pour bonifier l’offre de services, le gouvernement a annoncé, en novembre 2020, qu’il injectera 100 millions $ supplémentaires par année en soutien à domicile. De cette somme, 65 millions $ iront aux centres intégrés de santé et de services sociaux (CISSS et CIUSSS), qui regroupent les CLSC. Québec estime que ce financement permettra à 1152 personnes de plus de recevoir des services à la maison.

« Les temps d’attente varient selon la région et l’urgence des besoins », indique Isabelle Côté, ergothérapeute et coordonnatrice professionnelle au volet Soutien à l'autonomie des personnes âgées au CLSC La Source, dans l’arrondissement de Charlesbourg, à Québec. « Pour les soins infirmiers, comme une prise de sang ou une sortie d’hôpital, c’est très rapide, car ce sont souvent des soins qui ne peuvent pas attendre. Il y a plus de délais pour ce qui est des services d’aide physique, par exemple d’hygiène », dit-elle.

De l’avis de Pauline Gervais, les soins à domicile doivent être mieux financés, mais il faut aussi changer la façon de les financer. À l’instar du Danemark ou du Japon, le Québec devrait favoriser le maintien des personnes âgées dans leur milieu de vie plutôt que d’opter pour la construction de maisons des aînés, promise par le gouvernement Legault. C’est ce que proposait le projet d’assurance autonomie piloté de 2012 à 2014 par Réjean Hébert, alors ministre de la Santé. Ce plan, mort au feuilleton, visait à attribuer une allocation aux personnes âgées et à les laisser choisir les services voulus ainsi que le prestataire de ceux-ci (CLSC, entreprise privée, proche aidant, etc.).

Les entreprises d’économie sociale

Pour compléter l’offre de services des CLSC, les experts interrogés disent qu’il est donc primordial d’aller chercher toutes les ressources disponibles, dont celles qui sont offertes par les organismes communautaires et les entreprises d’économie sociale.

Présentes dans toutes les régions du Québec, les entreprises d’économie sociale en aide à domicile (EÉSAD) – regroupées au sein du Réseau de coopération des EÉSAD – fournissent principalement aux demandeurs des services d’aide domestique, qui comprennent l’entretien ménager, la lessive, la préparation des repas et l’accompagnement lors des achats. Certaines offrent aussi des soins d’hygiène aux aînés et de répit aux proches aidants.

Ces services sont payants, mais le Programme d’exonération financière pour les services d’aide domestique, administré par la Régie de l'assurance maladie du Québec (RAMQ), vous permet de bénéficier d’une réduction du tarif horaire (voyez « L’aide gouvernementale »). À ce montant peut s’ajouter une aide provinciale qui varie selon votre âge, votre revenu et votre situation familiale.

C’est notamment grâce aux services de l’EÉSAD Plumeau, chiffon et compagnie que Claire, 82 ans, dit pouvoir rester dans son logement du Plateau-Mont-Royal, à Montréal. « Je me déplace en marchette, donc je ne peux pas faire mes corvées. Si j’en fais, je me fais chicaner par ma femme de ménage ! » raconte Claire en rigolant, elle qui reçoit l’aide d’une préposée aux deux semaines. Le tarif varie de 8 à 22 $ l’heure, selon les revenus, l’âge et la mobilité du client.

Ces entreprises d’économie sociale sont néanmoins confrontées à leurs propres défis, notamment celui de la rétention de personnel. Dans un mémoire paru en octobre 2020, le Réseau de coopération des EÉSAD dit craindre que sa main-d’œuvre se déplace vers les CHSLD depuis que le gouvernement du Québec a bonifié le salaire horaire des préposés aux bénéficiaires dans ces établissements.

Cette réalité se vit déjà sur le terrain : « On a perdu des préposés, alors que le besoin est encore plus grand qu’avant, car beaucoup d'aînés ont manqué de stimulation pendant le confinement et ont vu leurs facultés physiques et cognitives diminuer », témoigne Annabelle Beaudoin-Gagné, coordonnatrice du service de répit à Plumeau, chiffon et compagnie. Heureusement, une partie de l’enveloppe de 100 millions $ supplémentaires promise par Québec pour améliorer les services à domicile servira à bonifier le salaire des préposés. Une annonce qui facilitera l’embauche et la rétention de la main-d’œuvre, selon le Réseau de coopération des EÉSAD. 

Les organismes communautaires

De nombreux organismes communautaires, comme Les Petits Frères, offrent aussi des services de soutien ou d’accompagnement et des visites d’amitié pour briser l’isolement vécu par plusieurs personnes âgées. « Jusqu’à 30 % des aînés vivent une situation d’isolement, ce qui a des conséquences majeures sur leur santé. C’est pire que la haute pression et le tabagisme ! » lance le Dr Stéphane Lemire. Les personnes qui vivent seules courent d’ailleurs de quatre à cinq fois plus de risque de se faire hospitaliser, selon le Conseil national des aînés.

L’Association québécoise des centres communautaires pour aînés (AQCCA) soutient quant à elle une soixantaine de centres qui offrent des services et des activités sociales et éducatives aux aînés. Le Réseau FADOQ propose aussi une variété d’activités.

Pour les proches aidants – qui sont nombreux à vivre de l’épuisement –, du gardiennage, du répit et du dépannage sont également offerts. De l’avis de tous, cette aide est essentielle, sachant que 85 % des soins aux aînés sont prodigués par des proches aidants (dont la majorité sont des femmes), comme le rapporte le Regroupement des aidants naturels du Québec (RANQ).

Les popotes roulantes, de leur côté, assurent la livraison de repas chauds à domicile. Les frais varient généralement de 4,50 à 6 $ le repas. Certaines de ces adresses desservent les 55 ans et plus en perte d’autonomie, tandis que d’autres acceptent toute personne de 65 ans et plus ainsi que les proches aidants.

Les centres d’action bénévole fournissent entre autres des services de transport aux aînés afin qu’ils puissent recevoir des soins médicaux. Le plus souvent, les organismes demandent de couvrir les frais d’utilisation du véhicule du bénévole. Pour trouver les centres, vous pouvez consulter le répertoire des ressources sur le site de L’Appui pour les proches aidants d’aînés ou sur celui de la Fédération des centres d’action bénévole du Québec.

Les entreprises privées

Le soutien à domicile peut également se faire par l’entremise d’entreprises privées. « Notre clientèle fait appel à nous un peu avant que le CLSC intervienne, ou en même temps, quand celui-ci ne peut offrir l’ensemble des services voulus », indique Stéphane Laporte, directeur général et propriétaire d’Alliance Santé soutien à domicile, située à Longueuil.

Soins personnels et d’hygiène, aide aux repas, accompagnement, transport… ­la gamme de services offerts par ces entreprises varie selon les besoins des bénéficiaires et peut venir complémenter ceux que donnent les CLSC. Le privé n’est toutefois pas à la portée de toutes les bourses. Par exemple, tous les services d’Alliance Santé sont offerts à 30 $ l’heure. « ­Notre clientèle réserve en moyenne 15 heures par semaine. Il faut donc compter 23 400 $ par année », illustre Stéphane Laporte.

Avec le crédit d’impôt remboursable du fédéral (voyez « L’aide gouvernementale »), ce montant passe à 15 210 $ pour une personne seule non autonome, ce qui correspond à près de 1 260 $ par mois. En comparaison, le loyer moyen pour un appartement d’une chambre en résidence privée en 2020 était de 1 884 $ par mois pour l’ensemble du Québec, selon la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Ce montant grimpait à 3 409 $ pour ceux qui paient afin de recevoir au moins 1,5 heure de soins par jour.

Vieillir à la maison, le coût

Faut-il être riche pour vieillir à domicile ? L’aspect financier peut se révéler important, convient Stéphane Laporte. « Le souci, c’est que la majorité du capital des retraités qui commencent à avoir besoin de soutien à domicile est dans leur maison. Or, c’est cette même maison qu’ils ne veulent pas quitter », fait-il remarquer.  

Selon le Dr Stéphane Lemire, tout dépend de l’autonomie de la personne. « Quelqu’un qui est en forme et qui a un vieillissement normal va pouvoir rester longtemps chez lui [sans trop de frais]. Mais plus une personne perd de l’autonomie, plus ça devient compliqué. » Quand la mobilité ou les capacités cognitives se voient réduites et qu’elles exigent l’adaptation de son domicile, les coûts peuvent devenir trop importants, selon lui.

Le conseil que donne Pauline Gervais aux personnes qui souhaitent vieillir à la maison ? Commencez à y réfléchir tôt. « On planifie ses REER, mais il faut aussi planifier d’avoir de belles années, même quand on sera moins mobile. Qu'est-ce que je souhaite pour mon avenir ? Comment je vais m'organiser si jamais je tombe malade ? Planifions comment nous voulons vieillir », conclut-elle.

L’aide gouvernementale

Voici quelques-uns des crédits d’impôt et déductions liés aux services de soutien à domicile.

Crédit d’impôt pour maintien à domicile des aînés

Réservé aux 70 ans et plus, ce crédit d’impôt compense 35 % des dépenses payées dans l’année pour des services donnés à domicile (entretien ménager, aide pour le bain ou pour les repas, déneigement, etc.). La limite annuelle des dépenses varie selon la situation et le revenu familial du demandeur. Par exemple, le maximum de dépenses admissibles est de 25 500 $ par année pour une personne seule non autonome, ce qui équivaut à un crédit annuel maximal de 8 925 $.

Programme d'exonération financière pour les services d’aide domestique

Une aide fixe de 4 $ par heure de services rendus est accordée à tous les clients des entreprises d’économie sociale en aide domestique reconnues par le ministère de la Santé et des Services sociaux, peu importe leur état de santé ou leurs revenus. Ces services comprennent l’entretien ménager, la lessive, la préparation des repas et l’accompagnement lors des achats. Une aide variable supplémentaire peut être accordée selon l’âge, le revenu et la situation familiale de la personne. Un outil en ligne vous permet d’estimer le montant d’aide domestique auquel vous avez droit.

Vous pouvez obtenir le répertoire des entreprises reconnues auprès de la RAMQ ou calculer l’aide accordée ici.

D’autres programmes et crédits d’impôt existent. Ils sont regroupés dans le guide gouvernemental Programmes et services pour les aînés Édition 2020.

>> À lire aussi : notre article sur les maisons intergénérationnelles

Correction : Le 21 janvier 2021, nous avons corrigé le titre de Pauline Gervais, qui est détentrice d’un doctorat en gérontologie et non doctorante (étudiante) de cette même discipline. 

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Partie 2: Tout ce qu’il faut savoir pour vieillir à la maison
Comment adapter votre domicile
Partie 2

Comment adapter votre domicile

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Par Nathalie Kinnard

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  • Par SOUHAIL EID
    21 Janvier 2021

    a l' heure ou la pandémie et le confinement sont omniprésents la consomation d' antidépresseurs monte en fléche .Je suggére a Protégéz-vous de faire un test de produits naturels disponibles avec effets relaxant ,aidant le sommeil tels que Camomille,tilleul,mente,vervaine.....etc