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COVID-19: La télémédecine gagne du terrain

Par Marie-Eve Shaffer
telemedecine-1 Shutterstock.com

Avec le déclenchement de la crise sanitaire de la COVID-19, la ministre de la Santé, Danielle McCann, a ouvert un peu plus la porte à la télémédecine.

Dans un décret adopté le 13 mars, le gouvernement du Québec a fait en sorte que les consultations menées «par voie de télécommunication» par des médecins omnipraticiens étaient désormais couvertes par la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ). Cela signifie que, en cas de besoin, les Québécois peuvent désormais avoir accès à un médecin de famille par vidéoconférence ou par téléphone, avec ou sans rendez-vous, selon le fonctionnement de leur clinique médicale. Ils peuvent également s’entretenir avec des professionnels de la santé en contactant leur CLSC, notamment pour des problèmes de santé mentale.

Avant la pandémie, des services de télémédecine reconnus par la RAMQ étaient notamment donnés par des médecins spécialistes dans le Grand-Nord ou dans des régions éloignées des grands centres pour des services spécialisés, tels que la pneumologie pédiatrique et le suivi de grossesse à risque.

Cette avancée était très attendue par la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec (FMOQ). Selon son président, le Dr Louis Godin, les membres de la FMOQ apprécient déjà la souplesse que peuvent leur offrir les téléconsultations. Ils peuvent ainsi rejoindre des patients vulnérables sans que ceux-ci sortent de la maison.

Le Collège des médecins se préparait pour sa part depuis quelques années à l’accroissement des services de télémédecine. «Pour que les patients en bénéficient de façon appropriée, c’est important de ne pas oublier les concepts de base de confidentialité, de transmission d’informations et du consentement du patient», note la Dre Nathalie Saad, vice-présidente du Collège des médecins.

À l’heure actuelle, aucune liste officielle n’a été dressée sur le type de consultations qui peuvent être réalisées en télémédecine par les omnipraticiens du réseau public. En raison de la situation d’urgence qui prévaut, le Collège des médecins s’en remet au bon jugement de ses membres qui doivent assurer un suivi des patients vulnérables à la COVID-19.

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Mêmes responsabilités

Même si le patient n’est pas physiquement devant lui, le médecin doit respecter son code de déontologie. La Dre Nathalie Saad recommande d’ailleurs à ses collègues de prendre le temps, plus que jamais, de réviser le dossier médical de leur patient à l’avance afin de mieux orienter la consultation.

«La plupart des hôpitaux s’organisent pour rendre les dossiers disponibles à la maison ou à l’extérieur de l’hôpital via des plateformes sécurisées, indique-t-elle. Il y a parfois des informations sur un scan ou un ultrason fait quelques mois plus tôt qui peuvent être très pertinentes. Comme cette information est disponible, il y a une obligation de revoir les tests.»

Pour se préparer à leur examen médical virtuel, les patients, pour leur part, doivent s’assurer de la fiabilité de leur connexion Internet et du bon fonctionnement de leur ordinateur, tablette ou téléphone intelligent, sans quoi ils devront utiliser le traditionnel téléphone.

Pendant l’entretien, le médecin doit a fortiori poser davantage de questions pour avoir l’heure juste sur l’état de son patient. «Le patient doit [pour sa part] s’assurer de livrer des réponses les plus claires possible aux questions qui lui sont posées», avise le Dr Louis Godin.

En cas de doute, le praticien a le devoir d’exiger que le patient se rende dans une clinique ou un centre hospitalier pour se soumettre à un examen physique, insistent les deux médecins interrogés.

Dans le secteur privé

Dans le secteur privé, les services de télémédecine sont davantage répandus. Depuis le déclenchement de la pandémie, ils sont fortement recherchés. Des entreprises veulent les inclure dans la gamme d’avantages sociaux qu’ils offrent à leurs employés.

«Et cela ne concerne pas seulement de grandes banques ou des cabinets d’avocats de Montréal ou Toronto, mais aussi des usines en région, des pharmacies et des épiceries», témoigne le porte-parole de la clinique en ligne montréalaise Dialogue, Jean-Christophe de Le Rue.

Depuis quelques années déjà, des compagnies d’assurance ont commencé à ajouter la télémédecine dans leurs forfaits. Ainsi, SSQ Assurance, Canada Vie et la Great-West se sont alliées à Dialogue. Cette clinique montréalaise travaille par ailleurs avec la Financière Sun Life, qui propose aussi les applications EQ Care, Akira et Maple. La Financière Manuvie a aussi opté pour Akira, qui est une propriété de TELUS Santé.

Pour le citoyen qui n’a pas souscrit à ces polices d’assurance et qui ne travaille pas pour une compagnie ayant adhéré à un service de télémédecine, il est possible de faire appel à un médecin à distance. Des cliniques privées, telles que VirtualMED et Medic Axion, effectuent des consultations virtuelles avec monsieur et madame Tout-le-Monde. Il suffit de se rendre sur leur site Internet pour prendre un rendez-vous. Les prix oscillent entre 70 et 380 $, selon le type d’examen médical demandé.

La plateforme Bonjour-Santé, qui gère les files d’attente de cliniques médicales, offre aussi la possibilité de rejoindre rapidement un médecin par téléphone ou par vidéoconférence. Le service est gratuit pour les patients voulant communiquer avec leur médecin de famille ou un professionnel de la santé travaillant dans leur clinique habituelle. Pour ceux qui veulent contacter un médecin au Québec, nonobstant l’endroit où il pratique, il en coûtera 18,95 $. À noter que ce ne sont pas toutes les cliniques médicales qui sont abonnées à ce service de télémédecine.

Pharmaprix a par ailleurs convenu d’un partenariat avec Maple afin que ses clients puissent avoir accès gratuitement à un médecin en ligne jusqu’au 3 avril. L’offre pourrait être prolongée, selon la porte-parole de Maple, Alexandra Violeau.

«À la fin du partenariat avec Pharmaprix, les services de Maple à la population seront toujours disponibles, explique-t-elle. Maple travaille activement pour ajuster la plateforme aux dernières réglementations concernant la télémédecine.»

Cette dernière mentionne que les quelque 600 médecins qui collaborent avec Maple peuvent intervenir pour une multitude de problèmes de santé, comme des infections urinaires, des sinusites, des infections oculaires, des allergies, des dysfonctions érectiles et des migraines. Le prix pour une consultation varie de 49 à 99 $.

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Quelques conseils

Même si les consultations sont effectuées à distance par des médecins à l’emploi d’entreprises privées, «les mêmes principes de déontologie s’appliquent», insiste la vice-présidente du Collège des médecins.

La Dre Natalie Saad lance d’ailleurs un avertissement concernant les services privés de télémédecine: les soins donnés par des médecins pratiquant à l’extérieur du Québec ne sont pas contrôlés par le Collège des médecins. «Pour leur sécurité, les gens doivent privilégier des médecins québécois», explique-t-elle.

Qui plus est, la communication n’est pas assurée entre une clinique virtuelle et le réseau public de la santé, avise la Dre Saad. Donc, les résultats d’une prise de sang demandée par un médecin rencontré en ligne ou même ses notes rédigées pendant l’entretien ne sont pas automatiquement transmis dans le Dossier Santé Québec du patient. Ce dernier est ainsi responsable de faire le lien entre son médecin de famille et le praticien rencontré virtuellement.

TELUS Santé est bien au fait de ce problème. L’entreprise montréalaise mettra en place une solution d’ici un mois ou deux. La clinique virtuelle Dialogue, qui offre ses services par le biais de compagnies d’assurance et d’entreprises uniquement, propose déjà cette possibilité à ses clients.

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  • Par CARLO TARINI
    02 Avril 2020

    excellente initiative lets go ministère de la santé...grouillez vous pour rendre cela universel