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Par Mathilde Roy (journaliste)
comment-choisir-seltzer Tenzen/Shutterstock.com

Vous avez envie de siroter un bon seltzer? Ce n’est pas le choix qui manque sur les tablettes! Mais leur aura « santé » est-elle justifiée? Voici comment repérer les meilleures eaux pétillantes alcoolisées et aromatisées.

Les saveurs, principales pommes de discordes
La petite histoire du seltzer
Une nouvelle manne
Des prêts-à-boire « santé »?
Un alcool « sournois »
Pourquoi un tableau de valeurs nutritives sur les seltzers?

Absents du marché il y a à peine trois ans, les « seltzers » sont devenus des boissons estivales incontournables. Ces eaux pétillantes alcoolisées aux saveurs fruitées se multiplient sur les tablettes de la Société des alcools du Québec (SAQ), des épiceries et des dépanneurs. À la SAQ, l’offre de ces prêts-à-boire a quadruplé entre les étés 2020 et 2021, tandis que le volume des ventes a bondi de plus de 250 %, note Linda Bouchard, agente d’information de la société d’État.

Peu ou pas sucrés, peu caloriques et faibles en alcool, ils ont en effet de quoi séduire. « Le seltzer “parfait” serait à la fois désaltérant, goûteux et surtout pas trop aqueux; ses saveurs, bien que dénuées de complexité, auraient une certaine profondeur », définit Marc Chapleau, expert-conseil en vins et autres boissons alcoolisées.

Parmi les 29 produits évalués, aucun n’atteint cet équilibre, mais quelques-uns ont plu à nos dégustateurs pour leur côté rafraîchissant, la finesse de leurs bulles ou encore leur goût, jugé plus naturel que d’autres. Grande conclusion de cet exercice : le plaisir à siroter ces boissons est plutôt limité et, avec des notes variant de 65 à 74 %, aucune ne se démarque nettement. Consultez notre liste de meilleurs seltzers testés.

Les saveurs, principales pommes de discorde

Marc Chapleau a encadré les trois experts invités à notre dégustation à l’aveugle : Jean-Sébastien Michel, président d’Alambika, dont la division Alkadémie a une mission éducative; Kathleen Mc Neil, professeure de sommellerie à l’Institut de tourisme et d’hôtellerie du Québec (ITHQ); et Olivier Deschamps Band, finissant du programme Formation internationale en service et sommellerie de l’ITHQ.

Ces derniers ont jugé l’équilibre entre l’acidité, la sucrosité, l’effervescence et l’amertume des seltzers, ainsi que la qualité des arômes (comme ceux de framboises, de mangue ou de citron), qui devaient être à la fois éclatants et les plus naturels et fins possibles.

Dans l’ensemble, les juges ont trouvé ces boissons plutôt simples : l’alcool est quasi imperceptible, les arômes ne restent pas en bouche malgré une forte odeur et le goût donne l’impression d’être sucré bien que les produits contiennent peu ou pas de sucre.

Si les seltzers aux parfums d’agrumes (citron, lime, etc.) ont davantage plu, ceux aux saveurs tropicales ont récolté des avis divergents. Par exemple, deux des dégustateurs ont déploré les arômes peu naturels ainsi que l’acidité trop présente d’une des boissons testées, tandis que le troisième a aimé son caractère fruité et épicé. Un conseil, donc : n’hésitez pas à essayer plusieurs des produits de notre test pour découvrir ceux qui vous plaisent.

La petite histoire du seltzer

Venu des États-Unis, le seltzer (ou hard seltzer) tire son nom de l’eau de Seltz, une eau minérale naturellement gazeuse puisée depuis des siècles en Allemagne. Le mot « hard » fait référence à l’alcool contenu dans ces boissons pétillantes, en opposition à « soft » dans soft drink.

Si son nom est difficile à prononcer, sa composition, elle, est toute simple : il s’agit d’une eau alcoolisée, à laquelle ont été ajoutés des arômes de fruits et du dioxyde de carbone.

La plupart des seltzers évalués sont fabriqués à partir de sucres fermentés (sucre de canne, fructose, etc.) et d’orge maltée – c’est le cas de ceux vendus en épicerie et dépanneur. Seulement 3 des 29 prêts-à-boire goûtés sont faits d’eau et de vodka et, de ce fait, ne peuvent être vendus qu’à la SAQ. Difficile toutefois de déterminer si l’une ou l’autre de ces versions est meilleure pour les papilles. En effet, seul le seltzer Smirnoff à la framboise rosée est offert dans les deux versions. Dans ce cas précis, les dégustateurs ont jugé le produit à la vodka plus équilibré et ses saveurs, plus naturelles.

D’autres seltzers, qui n’étaient pas disponibles au moment de notre sélection, sont faits à base de gin ou de cidre. Plus récemment, des versions au thé glacé sont aussi apparues sur le marché.

Une nouvelle manne

Ce qui est sûr, c’est que petits et grands acteurs de l’industrie se lancent à pieds joints dans ce marché en forte croissance, qui attire de nouveaux consommateurs, ceux qui ne boivent pas de bière par exemple. « Les seltzers, c’est la plus grosse chose qui est arrivée à l’industrie de l’alcool depuis les microbrasseries », affirme David Lachance, directeur des ventes, Comptes majeurs, chez Molson Coors, qui commercialise les produits Coors Seltzer et Vizzy.

Un virage qui vient tout de même avec ses défis, selon lui : « C’est un peu plus compliqué que la bière parce qu’il faut offrir plusieurs saveurs. Il a fallu investir massivement pour élaborer un malt très peu goûteux, qui laisse toute la place aux fruits, ainsi qu’en recherche et développement des arômes. »

Des prêts-à-boire « santé »?

Pour promouvoir leurs produits, les fabricants revendiquent une certaine naturalité. « Eau gazéifiée », « arômes naturels », « sans agents de conservation », annoncent par exemple plusieurs marques. Aucun des prêts-à-boire évalués ne s’affiche cependant comme étant biologique.

De plus, les marques répètent à l’envi l’absence de sucre et le faible apport calorique de leurs produits. De fait, les seltzers de notre test contiennent de 0 à 5 g de sucre par portion de 355 ml et, en moyenne, 95 calories.

Le nutritionniste Bernard Lavallée estime que de telles allégations peuvent laisser croire qu’il s’agit d’un produit meilleur qu’un autre pour la santé ou pour la perte de poids. Or, à ce propos, il est sans équivoque : « Une boisson alcoolisée reste une boisson alcoolisée. » Il rappelle que nombre d’études démontrent que les boissons faibles en calories ou allégées ne contribuent pas à la perte de poids et que la consommation d'alcool a des effets néfastes sur la santé, peu importe sa composition. « Le risque, c'est de croire que ces produits sont moins pires que d’autres, ce qui pourrait nous pousser à en boire plus », ajoute-t-il.

Un alcool « sournois »

Le marketing santé des seltzers ne doit pas non plus faire oublier leur teneur en alcool, selon Éduc’alcool. « Il s'agit d’un produit qui pourrait, par son goût, nous faire oublier qu’il est alcoolisé et, par conséquent, être sournois », indique sa directrice générale, Geneviève Desautels.

Parce que le seltzer est une boisson estivale, notre interlocutrice appelle particulièrement à la vigilance sur l’eau. En bateau ou sur un quai, par exemple, une seule boisson alcoolisée (toutes catégories confondues) aurait l’effet de trois en raison de votre exposition prolongée au vent et au soleil, de la déshydratation et de la fatigue.

Sournois, les seltzers pourraient le devenir encore plus, alors que des versions à 8 % d’alcool, notamment de marque Bud Light, Smirnoff et White Claw, se sont frayées un chemin dans le marché américain au cours de la dernière année. Une tendance à venir ici? Rien n’est prévu en ce sens, nous indiquent la SAQ et Molson Coors.

Pourquoi un tableau de valeurs nutritives sur les seltzers?

Vins, bières, spiritueux… Vous aurez remarqué que les produits alcoolisés n’affichent pas de tableau de valeurs nutritives sur leur contenant. En effet, les boissons dont la teneur en alcool est supérieure à 0,5 % sont exemptées de cette obligation. La raison : les gens pourraient déduire qu’elles offrent un avantage nutritionnel, nous indique l’Agence canadienne d’inspection des aliments (ACIA), par courriel.

Pourtant, la majorité des seltzers de notre évaluation présentent cet étiquetage, fortement associé à la nourriture. Selon l’ACIA, d’une part, il n’est pas interdit de le faire. D’autre part, les fabricants de boissons alcoolisées ont l’obligation d’afficher le tableau de valeurs nutritives si le produit est accompagné d’une allégation sur la teneur en nutriments, telle que « faible en sucre ». C’est le cas de plusieurs produits de notre test.

>> Pour trouver le meilleur seltzer, consultez notre liste de seltzers recommandés ou utilisez notre comparateur de produits.

>> À lire aussi : Notre test de 28 cidres effervescents

>> À lire aussi : Notre test de 20 gins québécois

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  • Par MARC-ANDRE RENAUD
    19 Mai 2022

    Merci pour cette intéressante série sur les Seltzers. J'aimerais attirer votre attention sur l'importante distinction entre les produits à base de malt et ceux à base de vodka pour les personnes atteinte de la maladie coeliaque. Celles-ci ne peuvent évidemment pas consommer les produits à base de malt vendus en épicerie. Certains produits comme White Claw, très bons par ailleurs, sont disponibles dans les deux versions : malt pour ceux vendus en épicerie ou vodka pour ceux vendus à la SAQ. L'emballage, les logos, les saveurs, tout est pareil sauf la liste d'ingrédients écrite en tout petits caractères. Difficile donc de les distinguer lorsqu'on vous en offre un lors d'une soirée chez des amis...