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Produits naturels: comment s'y retrouver?

Par Mise en ligne : 08 août 2016  |  Magazine : septembre 2016

Shutterstock

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Les contenants de produits de santé naturels affichent un numéro octroyé par Santé Canada. Mais que veut-il dire, au juste ? Explications.

Si vous êtes un consommateur de vitamines, de probiotiques ou d’oméga-3, vous savez sans doute que seules les marques qui portent un numéro de produit naturel (NPN) accordé par Santé Canada peuvent être vendues au pays.

L’octroi et l’encadrement des NPN ne vont pas sans faille ni sans critique. Un exemple notoire : le fameux Cold-FX, que d’anciennes publicités décrivaient comme procurant un « soulagement immédiat » des symptômes du rhume et de la grippe. Or, une enquête de l’émission de consommation Marketplace diffusée à CBC en 2012 a révélé que le produit n’a aucun effet s’il est pris après l’apparition des premiers symptômes.

La preuve se trouverait dans une étude que le fabricant aurait menée, mais sans en divulguer les conclusions à Santé Canada. Troublé, le président de l’Ordre des pharmaciens du Québec, Bertrand Bolduc, avait alors affirmé, en entrevue à Radio-Canada, que les autorités devraient contraindre les compagnies à publier toutes leurs études.

>> À lire aussi: Comment mieux comprendre les études scientifiques

Depuis, le fabricant a dû remplacer « prévention et soulagement du rhume et de la grippe » par « aide à réduire la fréquence et la durée des symptômes du rhume et de la grippe en stimulant le système immunitaire ». Au moment où nous écrivions ces lignes, il contestait devant la Cour suprême de la Colombie-Britannique une demande de recours collectif lui reprochant d’avoir caché à Santé Canada son étude aux résultats peu concluants.

En février 2015, chez nos voisins du sud, Walmart, Walgreens, Target et GNC ont été accusés d’avoir vendu des produits de santé naturels (PSN) frauduleux. Plusieurs produits de marques maison étiquetés comme étant du ginseng, du ginkgo biloba et de la racine de valériane ne contenaient aucune trace d’ADN de ces plantes, mais plutôt des résidus de riz, de farine et de plantes d’intérieur ou des traces d’arachides et de soya, des substances allergènes qui auraient dû être déclarées sur les emballages. Au Canada, les produits incriminés ont été rappelés en septembre 2015.

Certains, comme le Dr David Juurlink, spécialiste en pharmacologie clinique et en toxicologie de l’Université de Toronto, jugent que les NPN viennent légitimer certains produits dont l’efficacité n’a pas été démontrée scientifiquement.

« L’homologation de Santé Canada est trompeuse pour le public, qui peut la voir comme une approbation de traitement », déclarait-il à CBC News en avril 2016, à la suite de la condamnation des parents d’un bambin de 19 mois mort de méningite parce qu’il avait été traité avec un PSN au lieu de recevoir des soins médicaux.

De son côté, Santé Canada dit s’assurer que les produits homologués ont été examinés et jugés sûrs, efficaces et de haute qualité. Mais qu’en est-il exactement ?

Numéros de produits naturels: trop faciles à obtenir?

Afin d’obtenir une licence de mise en marché, tous les fabricants ou importateurs de PSN doivent soumettre à Santé Canada des informations sur la composition, la posologie et les contre-indications de leurs produits.

« Ils ne doivent pas fournir d’études précises, mais ils sont tenus de présenter des preuves suffisantes pour répondre aux considérations de sécurité, d’efficacité et de qualité de leurs produits », explique Kim Godard, de la Direction des produits de santé naturels et sans ordonnance à Santé Canada.

Ces preuves peuvent inclure des résultats d’essais cliniques, des renvois à des études publiées, des articles ou des pharmacopées ancestrales (de médecine ayurvédique, par exemple). Mais si on se fie à une autre émission de Marketplace, diffusée en mars 2015 à CBC, il serait aisé de passer à travers les mailles du filet. En effet, quelques pages photocopiées d’une vieille encyclopédie homéopathique ont suffi à Santé Canada pour octroyer un NPN à un produit bidon soumis par les journalistes.

Par ailleurs, certains PSN peuvent être carrément dangereux s’ils contiennent des ingrédients non déclarés. En février 2016, les produits Forta for Men ont dû être rappelés à la grandeur du pays parce qu’ils pouvaient contenir des médicaments non déclarés associés à de graves risques pour la santé, comme le sildénafil et le tadalafil, les noms génériques du Viagra et du Cialis. Les produits affichaient pourtant un NPN.

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PSN et médicaments

Dans le cas d’un médicament, le processus de mise en marché et les mesures de contrôle réglementaire sont plus rigoureux. La compagnie pharmaceutique doit soumettre à Santé Canada ses études précliniques, demander une autorisation d’essais cliniques, en présenter les résultats et se soumettre à des inspections.

« Le développement d’un nouveau médicament dure de 10 à 15 ans », explique Olivier Bernard, pharmacien et auteur du blogue Le Pharmachien. « Au cours de cette période, il est testé sur des milliers­ de patients. Une fois sur le marché, il est administré à des millions de personnes dans un contexte de vie réelle. Il arrive qu’un médicament ait des effets indésirables graves ou que son efficacité ne soit pas aussi bonne que les études le montraient. La mise en marché des médicaments n’est pas parfaite, mais il y a tellement de mesures de contrôle que le risque d’erreurs est beaucoup plus faible. »

Dans le cas des PSN, des vérifications sont faites seulement s’il y a des rapports d’effets indésirables, des plaintes, des signalements provenant d’autres agences provinciales ou fédérales, des rappels ou des avertissements internationaux. « On fait confiance aux demandeurs, admet Kim Godard. Si un manufacturier est reconnu pour faire de fausses allégations, nous ferons des vérifications et nous serons plus proactifs dans notre approche. Mais en règle générale, on se fie à leur bonne foi. »

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Homologation = confusion

« Santé Canada a le devoir de s’assurer qu’il y a une adéquation entre l’allégation thérapeutique, c’est-à-dire ce que le fabricant affirme que le produit peut faire, et ce que les connaissances de la science nous permettent de croire qu’il fait », indique Michel Caron, pharmacien et adjoint professionnel à la Direction générale de l’Ordre des pharmaciens du Québec. Par exemple, si un PSN s’affiche comme étant un « brûleur de graisse » et que Santé Canada sait que cela n’est pas prouvé scientifiquement, l’homologation sera refusée. Par contre, si son fabricant propose « Associé avec une diète normale et de l’exercice, permet de contribuer à la gestion du poids », il sera plus susceptible de recevoir un NPN.

Santé Canada met en ligne des monographies de produits qui ont pour but d’aider le fabricant à préparer sa demande sans avoir à fournir de preuves quant à l’innocuité, à l’efficacité et à la qualité de son produit. Toutes les informations y sont : ingrédients, propriétés, utilisation, conditions d’utilisation et d’entreposage, doses, risques, etc.

Par exemple, pour la valériane, le Ministère suggère les informations suivantes : « Utilisé traditionnellement en phytothérapie pour aider à soulager la nervosité », « Prendre une seule dose 30 à 60 minutes avant le coucher », « Voie d’administration orale, ne pas dépasser 0,3 g à 3,6 g par jour. Ne pas dépasser 3,6 g par dose unique. Consulter un praticien de soins en santé si les symptômes persistent ou s’aggravent. Consulter un médecin si l’insomnie persiste au-delà de trois semaines. Ne pas prendre d’alcool. Certaines personnes peuvent ressentir de la somnolence. »

>> À lire aussi: Vaincre l'insomnie, oui c'est possible!

Grâce aux monographies, un fabricant apprendra, par exemple, qu’il ne doit pas utiliser l’allégation « Traite le diabète », mais plutôt « Contribue au métabolisme des glucides », une affirmation « assez large pour ne pas être dangereuse pour la population, mais tellement générale qu’elle ne veut plus rien dire », déplore Olivier Bernard.

La confusion qui en découle est accentuée par la tendance de certaines pharmacies à placer ensemble produits de santé naturels et médicaments sans ordonnance. « J’éprouve un énorme malaise devant cette pratique, poursuit-il. Selon la loi, la section clinique d’une pharmacie doit être clairement séparée du reste. Les médicaments doivent être dans cette section, et tous les autres produits, dont les PSN, à l’extérieur. Quand on met côte à côte un sirop contre la toux DM (dont le dextrométhorphane est l’ingrédient médicinal) et un sirop homéopathique, ça devient difficile pour le patient de départager médicaments et PSN. Ainsi, un parent dont l’enfant a une forte fièvre risque de se tourner vers un produit dont l’efficacité n’est pas prouvée scientifiquement. »

Malgré ses lacunes, le NPN reste la seule façon d’évaluer les produits naturels qu’on trouve sur le marché. « Une consultation avec le pharmacien est toujours sage, précise Michel Caron. Elle entraîne une discussion qui permet de déterminer la pertinence ou non de prendre un produit de santé naturel. Par exemple, si les signes et symptômes d’un patient sont alarmants, comme une fièvre importante, le pharmacien peut l’orienter vers un médicament ou une ressource médicale. »

Quelques chiffres intéressants

187 produits de santé naturels, avec ou sans homologation, ont été retirés du marché canadien au cours des cinq dernières années.
Source : Santé Canada.

70 000 produits de santé naturels ont obtenu une autorisation de mise en marché de Santé Canada entre 2004 – année d’entrée en vigueur du Règlement sur les produits de santé naturels – et 2013.
Source : Santé Canada.

Les PSN regroupent les vitamines et minéraux, les remèdes à base de plantes médicinales, les médicaments homéopathiques et traditionnels (chinois, par exemple), les probiotiques ainsi que d’autres produits, comme la mélatonine et les oméga-3. Pour être vendus au Canada, ils doivent afficher un NPN (numéro de produit naturel) ou un DIN-HM (numéro de remède homéopathique). Les remèdes homéopathiques sont désignés différemment parce qu’ils peuvent contenir des dérivés de drogues sous ordonnance ou d’autres stupéfiants, comme des opiacés ou des dérivés de cannabis.

Pour en savoir plus

Santé Canada
Vous pouvez rapporter, de manière simple et rapide, les effets indésirables d’un médicament ou d’un PSN à votre pharmacien ou à Santé Canada par l’intermédiaire du Programme Vigilance.

Canadiens en santé
En juin 2016, 628 avis et rappels de PSN se trouvaient sur le site Web de Santé Canada. La plupart d’entre eux n’ont pas d’autorisation de mise en marché et sont potentiellement dangereux. Consultez la liste.

Office de la protection du consommateur (OPC)
Les PSN sont soumis aux dispositions de la Loi sur la protection du consommateur interdisant les représentations trompeuses. L’OPC est déjà intervenu dans le cas de produits amaigrissants vendus sur le Web, tels que des extraits de baies d’açaï ou de garcinia cambogia.

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Santé et alimentation

Commentaires 1 Masquer

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  • Par DIANE PASCAL | 19 mai 2017

    À part les dangers pour les Enfants, est-ce qu'on peut utiliser pour parfumer la maison sans danger.