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Pêche au thon : existe-t-il des choix responsables ?

Par Catherine Crépeau
Dossier - Pêche au thon - Des techniques de pêche à corriger

Surpêche, prises « accessoires » d’espèces menacées, exploitation des travailleurs : l’industrie du thon traîne une mauvaise réputation. Comment faire un choix responsable lors de vos achats.

Le thon est l’une des espèces de poissons les plus populaires au Canada, surtout dans sa version en conserve, qui vous permet d’ajouter des protéines dans votre assiette à un coût abordable. Mais toutes les variétés ne s’équivalent pas. Certaines espèces sont surexploitées, alors que les techniques de pêche invasives et la pêche illégale menacent les écosystèmes, selon plusieurs observateurs.

La production mondiale de thon et des espèces apparentées a explosé au cours des 60 dernières années, passant de 0,6 million de tonnes en 1950 à plus de 6 millions de tonnes en 2010, selon les données de l’Organisation­ des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). Cette hausse de la demande pousse l’exploitation des ressources à la limite. Le tiers des sept principales espèces de thonidés est surexploité, et l’état des stocks risque de se détériorer s’il n’y a pas amélioration de la gestion de la ressource, souligne la FAO. À ce chapitre, les thons en conserve sont loin de faire bonne figure. Greenpeace estime que la majorité de ceux qui sont vendus au pays est issue de pêche non durable.

>> À lire aussi: Évaluation de plus de 100 thons en conserve

Malgré le code de conduite international édicté en 1995 par la FAO, il reste difficile pour les consommateurs de savoir quel chemin leur thon a parcouru avant d’atterrir dans leur assiette. Le principal problème selon les groupes environnementalistes : un manque de transparence quant à la provenance des poissons – une même espèce peut être menacée dans l’océan Indien, mais en bonne santé dans le Pacifique – et aux méthodes de pêche utilisées.

Du quasi-esclavage

Greenpeace accuse également l’industrie du thon de traiter les travailleurs en esclaves. Sa cible : Thai Union Group, qui produit une conserve de thon sur cinq dans le monde, dont celles de la marque Petit navire – qui obtiennent toutefois une bonne note sur le plan nutritionnel. Dans un rapport publié en octobre 2015, l’organisme rapporte que des ouvriers birmans et cambodgiens ont été battus et forcés de travailler sur des bateaux pendant plusieurs mois, voire des années.

Le secteur thaïlandais des produits de la mer est devenu tristement célèbre dans le monde pour sa pratique de la traite des êtres humains, la servitude pour dettes, le travail des enfants et le travail forcé. D’après l’Organisation internationale du travail, un ouvrier sur 10 à bord des bateaux de pêche thaïlandais rapporte des maltraitances physiques graves et près de 20 % sont victimes de travail forcé.

Des techniques de pêche à corriger

Les techniques de pêche jouent pour beaucoup sur les stocks de thon. En fait, opter pour une espèce qui se porte bien sans savoir comment elle a été pêchée est insuffisant pour faire un choix responsable, estime Greenpeace. Quelques conseils pour vous y retrouver.

La pêche à la senne

Elle consiste à déployer d’immenses filets autour des bancs de poissons et à les refermer pour les emprisonner. Elle est utilisée dans 80 % des prises commerciales de thon à chair pâle, comme le listao et le thon à nageoires jaunes. Greenpeace la considère comme acceptable, sauf lorsqu’elle est combinée à des dispositifs de concentration de poissons (DCP), des objets flottants servant à attirer les thons. Le problème, c’est qu’ils entraînent aussi la prise « accessoire » de jeunes thons ou d’espèces qui ne sont pas recherchées, comme des requins, des tortues de mer et des raies. Chaque année, des milliers de tonnes de ces espèces sont rejetées à la mer, mortes ou mourantes.

« Il y a eu d’énormes progrès techniques au cours des 10 ou 15 dernières années pour réduire ces prises accessoires », tempère Jean-Claude Brêthes, titulaire de la chaire UNESCO en analyse intégrée des systèmes marins à l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). « La pêche à la senne a aussi évolué. Les filets ne devraient être étendus que lorsque les thons sont bien identifiés et présents en quantité suffisante. Et comme les thons juvéniles nagent plus lentement, ils forment généralement des bancs séparés de ceux des adultes. Normalement, ils ne devraient pas être capturés accidentellement. Certaines régions, comme le Pacifique où les dauphins se tiennent près des thons, sont toutefois problématiques. » Pour le spécialiste, il faudrait plutôt s’occuper de la pêche illégale et du non-respect des quotas.

La palangre

Cette autre technique génère de nombreuses prises accessoires. Utilisée dans environ 80 % des prises de thon blanc dans le monde, elle consiste à étendre une longue ligne, pouvant mesurer jusqu’à 130 km, à laquelle sont accrochés des milliers d’hameçons appâtés.

La pêche à la canne

Pour Greenpeace, seule la pêche à la canne est véritablement respectueuse des populations de thon. Comme chaque poisson est capturé individuellement, les prises accessoires sont beaucoup moins nombreuses. Vous trouverez toutefois peu de thon en conserve pêché de cette façon sur les tablettes des épiceries.

À privilégier : espèces dont les stocks sont jugés en santé

• Listao ou bonite à ventre rayé : Thon pâle dont la chair est légèrement plus foncée que celle du thon blanc et du thon jaune.

À éviter : espèces quasi menacées ou vulnérables

• Germon, ou thon blanc (albacore en anglais) : C’est le seul à pouvoir porter l’appellation « thon blanc » au Canada. Sa chair est de couleur crème et blanche, légèrement rosée.

• À nageoires jaunes, ou jaune (parfois appelé albacore en français) : Thon pâle. Le plus gros thon mis en conserve. Il est légèrement plus foncé que le thon blanc et sa saveur est un peu plus prononcée que celle du listao.

• Obèse : Thon pâle. Sa chair devient grisâtre à la cuisson, ce qui en fait un candidat peu recherché en conserverie.

Source : Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), 2011, FAO et Greenpeace.

Fiables, les logos de pêche durable ?

L’inquiétude quant à la santé des pêcheries a mené à la création d’écoétiquettes. Toutes n’ont cependant pas la même crédibilité. Quelques conseils pour reconnaître les logos de pêche durable et responsable.

Plusieurs écoétiquettes s’appuient sur de grands principes sans vraiment examiner les techniques de pêche ou distinguer les origines des poissons, souligne Jean-Claude Brêthes. Même Greenpeace ne tient compte que de la technique de pêche la plus répandue pour déconseiller certaines espèces, illustre-t-il. Voici les écoétiquettes que vous pourriez voir sur vos conserves de thon, ainsi que leurs caractéristiques.

Marine Stewardship Council (MSC) : Le Fonds mondial pour la nature (WWF), en collaboration avec Unilever, a été le premier, en 1997, à lancer son programme, basé sur le Code de conduite pour une pêche responsable de la FAO. Reconnu internationalement, son logo Marine Stewardship Council (MSC) repose sur une évaluation indépendante faite par des scientifiques. « Le MSC est un processus rigoureux qui tient compte de l’état des stocks, des méthodes de pêche, de leur impact sur les écosystèmes et de la gestion des pêcheries », explique Jean-Claude Brêthes, qui a participé à l’examen de certains des quelque 18 000 produits certifiés. Bien que des scientifiques lui reprochent de bâcler ses analyses, cette certification réduit les risques d’encourager une pêche non durable. Au total, six produits de notre évaluation portent ce logo, mais aucun n’est recommandé : quatre sont des thons blancs que nous avons exclus d’office de nos recommandations, car ils contiennent davantage de mercure que les autres variétés et les stocks sont quasi menacés, et deux ne contiennent pas suffisamment de protéines pour répondre aux critères nutritionnels que nous avons fixés.

Ocean Wise : L’étiquette Ocean Wise, lancée en 2009 par l’aquarium de Vancouver, est davantage un programme de recommandation qu’une certification. L’organisme sélectionne des produits et en fait la promotion. Plus de 500 fournisseurs, épiceries et restaurants sont ainsi reconnus pour ne servir que des produits de la mer dont la pêche ne nuit pas aux océans. Au total, neuf produits de notre évaluation portent ce logo. Aucun ne figure parmi nos recommandations puisque sept sont des thons blancs et deux ne fournissent pas suffisamment de protéines.

Sea Choice : Ce programme pour les produits de pêches durables a été mis en place en 2006 par la Fondation David Suzuki et quatre autres organismes canadiens. Il indique l’origine des produits et les techniques de pêche, mais ne fait pas de vérification indépendante de la conformité. Il compte près de 500 partenaires (épiceries, comptoirs de sushis, etc.). Aucun des produits de notre évaluation ne porte ce logo.

Ami des dauphins : Quant aux allégations de type « ami des dauphins » ou « sans nuire aux dauphins », que l’on voit sur la majorité des boîtes de thon, ne vous y fiez pas. Si le processus d’attribution de certaines de ces étiquettes est rigoureux, dans plusieurs cas il ne repose que sur les réponses fournies par les fabricants et fournisseurs, sans vérification, explique Jean-Claude Brêthes.

Et le mercure ?

Naturellement présent dans les océans, le mercure se loge dans la chair des poissons sous sa forme organique appelée méthylmercure. Chaque fois qu’un thon mange un autre poisson, la substance toxique s’accumule, et comme le thon est un grand prédateur, il est généralement plus contaminé que d’autres espèces.

Ingéré en grande quantité, le méthylmercure affecte les systèmes nerveux et immunitaires, ainsi que les poumons, les reins et les yeux, souligne l’Organisation mondiale de la santé. Il peut également provoquer des retards de développement chez les fœtus et les enfants.

Santé Canada assure que la concentration de mercure dans le thon en conserve est inférieure à la norme, peu importe l’espèce. La population en général n’a donc pas à limiter sa consommation. Toutefois, le ministère émet des réserves sur le thon blanc et recommande à certains groupes de ne pas dépasser certaines limites, par semaine :

• 4 portions (300 g) pour les femmes enceintes ;

• 2 portions (150 g) pour les enfants de 5 à 11 ans ;

• 1 portion (75 g) pour les moins de 4 ans.

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