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Par Mathilde Roy
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Robaxacet, Antiphlogistine, Deep Relief, Myoflex, Advil, Tylenol… Vous trouverez, en pharmacie, plus d’une centaine de produits en vente libre conçus pour soulager les dos endoloris. Or, lesquels choisir?

Exit le Tylénol
Crèmes, lotions, gels, vaporisateurs et timbres avec analgésique
Relaxants musculaires : effet limité
Crèmes, lotions, gels, vaporisateurs et timbres sans analgésique
Et les suppléments naturels ?

Avant toute chose, une mise en garde importante de Yann Gosselin Gaudreault, pharmacien : il ne faut pas vous automédicamenter, sauf dans deux cas bien précis de douleurs musculaires, soit si le mal de dos est causé par un effort récent que vous pouvez retracer (comme une nouvelle activité physique) ou si vous souffrez d’une douleur chronique stable, qui a déjà fait l’objet d’un diagnostic. Dans toute autre situation, il vaut mieux suivre les conseils de médecins et d’autres spécialistes de la santé.

Par ailleurs, les guides de bonnes pratiques pour traiter les maux de dos le mentionnent tous : la médication devrait être utilisée si les traitements non pharmacologiques, comme l’exercice et les thérapies manuelles, ne parviennent pas à vous soulager. C’est votre cas ? Voici ce que vous devez retenir.

>> À lire aussi : Soulager un mal de dos en douceur et la chirurgie et les injections, en dernier recours 

Exit le Tylenol 

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Il y a quelques années à peine, nous aurions indiqué l’acétaminophène (Tylenol, par exemple) comme premier choix pour soulager les maux de dos aigus. Or, les plus récentes études – compilées par la revue médicale The Lancet en 2018 – concluent que cet analgésique n’est pas efficace pour traiter ce type de douleurs.

« Ce sont les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) [Advil, Motrin, etc.] qui sont désormais recommandés en complément d’autres approches, et pour de courtes périodes », résume Martin Descarreaux, professeur au Département des sciences de l’activité physique à l’Université du Québec à Trois-Rivières et titulaire de la Chaire de recherche internationale en santé neuromusculosquelettique.

Ce conseil prend en compte les effets secondaires possibles liés à la prise de ces produits, dont des troubles digestifs, rénaux et cardiaques. « Il devient d’autant plus important d’en parler avec votre pharmacien, parce que vous pourriez passer à côté d’une contre-indication », prévient Yann Gosselin Gaudreault. Également, lisez bien les instructions et mises en garde sur les emballages.

Ces comprimés, qui comprennent l’ibuprofène (Advril, Motrin, etc.) et le naproxène (Aleve ou Motrimax, lesquels sont vendus derrière le comptoir de la pharmacie), sont à réserver pour la douleur aiguë, lorsqu’il y a inflammation. Si le mal ne s’estompe pas ou qu’il s’aggrave après quatre ou cinq jours, il faut consulter un médecin.

Crèmes, lotions, gels, vaporisateurs et timbres avec analgésique

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Pour éviter les effets indésirables des AINS pris oralement, comme l’irritation de l’estomac, vous pourriez vous tourner vers le gel Voltaren (diclofénac dié­thy­la­mine), un anti-inflammatoire topique qui agit rapidement en pénétrant sous la peau. Évitez toutefois de prendre de l’ibuprofène ou du naproxène en même temps que ce produit : « Vous risqueriez alors de dépasser la dose maximale d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et d’augmenter le risque d’effets secondaires », avertit le pharmacien, basé à Alma. C’est d’ailleurs pour cette raison que le Voltaren est vendu derrière le comptoir.

Les Myoflex, Antiphlogistine inodore et autres produits vendus avec la mention « sans odeur » contiennent quant à eux un analgésique : le salicylate de triéthanolamine, un ingrédient qui pénètre aussi sous la peau et qui a un effet local. L’efficacité de ces produits topiques avec analgésique est cependant mal documentée, selon Yann Gosselin Gaudreault. Avec ceux-ci, par contre, vous pouvez aussi prendre un antidouleur en vente libre pour vous aider à calmer la douleur.

Relaxants musculaires : effet limité

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Il n’y a aucun bénéfice à prendre des relaxants musculaires en vente libre contre les douleurs liées à l’arthrose, puisque ces douleurs touchent les articulations et non les muscles, prévient Yann Gosselin Gaudreault.

Les produits de cette catégorie, comme­ le Tylenol Mal de dos et le Robaxacet, combinent le méthocarbamol – qui réduit les spasmes musculaires en agissant sur le système nerveux central – à l’acétaminophène. Cependant, « étant donné que l’acétaminophène est maintenant considéré comme inefficace contre les maux de dos, il est difficile de se prononcer sur les bienfaits de ces deux produits, qui en contiennent », souligne le pharmacien.

Le Robax Platine, quant à lui, est jumelé à de l’ibuprofène, qui a un effet anti-inflammatoire ; il pourrait donc agir plus efficacement contre le mal de dos. Ce qui est sûr, selon Yann Gosselin Gaudreault, c’est que la version Robaxisal, qui allie un relaxant musculaire à de l’aspirine, est à éviter : « C’est un gros non. L’aspirine n’est pas faite pour soulager la douleur ; elle est destinée aux gens qui présentent des risques cardiovasculaires. »

Si vous optez pour un relaxant musculaire, ne prenez pas un autre analgésique en même temps, car la surdose est facile à atteindre. Par ailleurs, les relaxants musculaires entraînent de la somnolence chez une personne sur trois et peuvent aussi causer des étourdissements et des nausées, entre autres troubles.

Yann Gosselin Gaudreault déconseille l’orphénadrine (OrfenAce), un relaxant musculaire en vente derrière le comptoir de la pharmacie, comme premier choix : « Le risque d’interactions médicamenteuses et d’effets secondaires est plus important qu’avec les autres produits de cette catégorie », dit le professionnel de la santé. 

>> À lire aussi : De nouvelles étiquettes plus faciles à comprendre

Crèmes, lotions, gels, vaporisateurs et timbres sans analgésique

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Antiphlogistine, Deep Relief, Icy Hot, Bengay, Tiger Balm, Arthri-Plus… les produits topiques procurant une sensation de chaleur ou de froid créent en quelque sorte une autre douleur qui dissimule le mal sous-jacent, selon Yann Gosselin Gaudreault. Ce sont des « contre-irritants ».

Le salicylate de méthyle induit une sensation de chaleur, tandis que le menthol et le camphre laissent une impression de froid. Les produits Arthri-Plus renferment aussi de l’essence de girofle, un ingrédient utilisé pour son effet anesthésiant, qui peut soulager temporairement les douleurs musculaires ou articulaires.

Alors, froid ou chaud ? « Choisissez la sensation que vous préférez », tranche le pharmacien. Il arrive que le menthol, le camphre et le salicylate de méthyle soient utilisés en même temps ; dans ce cas, la sensation de chaleur domine. 

Autre produit vendu en pharmacie : la capsaïcine, un dérivé du piment qui, en plus de créer une sensation de chaleur, neutralise le message de la douleur au cerveau. Toutefois, il faut utiliser ce composé – vendu sous le nom commercial de Zostrix (d’autres produits contre l’arthrite, comme Antiphlogistine et Deep Relief, en contiennent, en plus du menthol et du salicylate de méthyle) – de trois à quatre fois par jour, et ce, pendant trois à quatre semaines, avant d’en sentir l’effet. En outre, il irrite les peaux fragiles.

« Les gens qui souffrent d’ar­throse ou de douleur après un zona peuvent en tirer un certain bénéfice à long terme, après s’y être habitués progressivement », souligne Yann Gosselin Gaudreault.

Par ailleurs, les gels procurent un effet rafraîchissant et pénètrent rapidement sous la peau. Les liquides, crèmes, lotions et onguents sont idéaux pour frictionner les zones endolories, et ce « minimassage » fait partie du traitement. Si vous n’aimez pas les corps graisseux ou que vous ne voulez pas tacher vos vêtements, le pharmacien vous conseille de vous tourner vers les timbres.

>> Consultez aussi notre enquête sur le prix des médicaments

Et les suppléments naturels ?

Plusieurs suppléments sont vendus comme solutions contre les maux de dos; c’est le cas du curcuma et de l’huile de poisson, par exemple. « Quand on regarde la littérature scientifique, les données sont un peu décevantes, constate toutefois le pharmacien Yann Gosselin Gaudreault. Certaines personnes disent que ça fonctionne bien. Je n’y vois pas d’inconvénient, mais l’important est de vous assurer que le produit n’est pas contre-indiqué si vous prenez d’autres médicaments. »

Certaines données suggèrent que le cannabidiol (CBD) – une molécule qui provient du cannabis (mais sans les propriétés euphorisantes, ou alors avec peu d’entre elles) – soulage la douleur. La Dre Aline Boulanger, de la Clinique de la douleur du Centre hospitalier de l’Université de Montréal (CHUM), en prescrit à certains de ses patients. « Dans la tête de bien des gens, parce que c’est naturel, ce produit n’a pas d’effets négatifs et est sans danger. Ce n’est pas la réalité », avise la professionnelle.

Celle-ci ajoute que sur une quarantaine de ses patients, un seul est parvenu à cesser tout autre médicament. Plusieurs ont dû arrêter le CBD en raison de somnolence et d’étourdissements, et cette substance n’est pas recommandée aux personnes qui ont des antécédents de psychose ou des maladies cardiaques, rénales sévères, hépatiques et/ou pulmonaires, selon la docteure. « C'est un outil supplémentaire, mais comme tous les autres produits, il a ses qualités et ses défauts », conclut-elle.

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