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Du gin sans alcool fait ici

Par Mathilde Roy
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Hickson, HP Juniper, Noroi, Alphonse… une vague de spiritueux sans alcool déferle au Québec alors que plusieurs distilleries d’ici mettent au point leur gin non alcoolisé. Prix, fabrication, conseils aux femmes enceintes ou qui allaitent, voici tout ce que vous devez savoir à leur sujet.

Le Québec suit la tendance
Ils font comment ?
Derrière le prix
Sécuritaire pour les femmes enceintes ?

Le Québec suit la tendance

Si vous souhaitez limiter votre consommation d’alcool ou carrément y mettre un terme, vous pourriez être tenté par les spiritueux sans alcool, qui se multiplient sur les tablettes. À moins que vous les ayez déjà invités dans votre bar ! Les « sobres curieux » (ou « sober curious » en anglais) sont de plus en plus nombreux à opter pour la modération en choisissant ces boissons aromatisées qui remplacent la vodka ou le gin dans un cocktail.

« C’est une option le fun pour les gens qui veulent porter un toast avec les autres autour de la table, mais qui ne boivent pas d’alcool, que ce soit parce qu’ils ont un entraînement le lendemain, qu’ils ont arrêté de boire ou parce qu’ils veulent adopter une consommation responsable », remarque Valérian Roy, cofondateur de HP Juniper, premier distillateur québécois à avoir lancé un gin sans alcool dans la province, en 2020.

La tendance, née en Europe il y a quelques années, incite de plus en plus de microdistillateurs québécois à proposer leur version de gin sans alcool. Ces spiritueux font aujourd’hui partie intégrante du paysage de la SAQ et des épiceries de la province. « C’est un produit qui se vend à l’année, pas seulement durant le mois sans alcool, en février », témoigne Jonathan Robin, président et fondateur de la distillerie Noroi, qui est aussi, avec l’ancien joueur de football Étienne Boulay, derrière les prêts-à-boire sans alcool Atypique, vendus dans les IGA.

Le défi des distillateurs qui se lancent dans les boissons sans alcool : reproduire la texture, c’est-à-dire le côté « huileux » des gins alcoolisés, leur richesse aromatique, et même la sensation de chaleur en bouche qu’offre l’alcool.

« À l’aide d’un petit élément piquant, comme la baie de genièvre, on est capable de recréer quelque peu l’effet du resserrement de gorge qu’on ressent habituellement lorsqu’on boit un gin alcoolisé », explique Dave Ricard, président et fondateur de la Distillerie des Appalaches, à Lévis, qui a mis au point le gin sans alcool Alphonse, en l’honneur d’Alphonse Desjardins, fondateur du mouvement coopératif des caisses populaires du même nom.

Il reste que les spiritueux sans alcool sont à découvrir en cocktails, et non en shooter, préviennent les fabricants. « Seul, ce n’est pas bon », tranche Jonathan Robin. C’est lorsque les gins sont mélangés à du tonique ou autres mixtures qu’ils dévoilent toute leur complexité et leurs arômes.

Ils font comment ?

Mais comment est produit le gin sans alcool ? Dave Ricard explique que l’Alphonse n’est pas une boisson désalcoolisée, comme c’est le cas de la bière et du vin à « moins de 0,5 % d’alcool ». Autrement dit, l’alcool n’a pas été retiré de la boisson. Et il ne s’agit pas non plus d’une « eau aromatisée ».

Pour offrir de la complexité à son spiritueux, le fabricant utilise le même processus que pour produire son gin régulier, soit la distillation à l’aide d’un alambic en cuivre. La différence : plutôt que de distiller un alcool neutre avec des aromates qui donnent son caractère au gin, la préparation se fait à partir d’une solution à base d’eau. HP Juniper dit favoriser le même processus.

Sans vouloir trop en dévoiler, Jonathan Robin, de la distillerie Noroi, affirme utiliser une « technique innovante », qui permet de ne pas perdre ou altérer les arômes lors de la distillation. Pour préserver un maximum de saveurs, il avoue aussi ne pas filtrer son gin « Esprit-de-London », ce qui explique son apparence trouble.

Le choix des aromates distingue aussi les produits. Outre la baie de genièvre, ingrédient phare des gins, l’Alphonse contient, entre autres choses, du thé du Labrador et des fleurs de sureau, tandis que HP Juniper propose deux produits : le « Classique », dans lequel le citron, la cannelle, le concombre, le romarin et l’eucalyptus sont notamment à l’honneur, ainsi que le « Floral », aromatisé à la rose, l’hibiscus, l’eucalyptus et la fleur de concombre.

Ces produits sont désormais incontournables pour plusieurs personnes, qui y voient une belle solution de rechange à l’alcool. Comme Sarah Michelle, par exemple, qui les a découverts lors du Défi 28 jours sans alcool en février 2020 et qui dit en avoir toujours une bouteille au frigo depuis. Marie-France Ouimette, pour sa part, a craqué pour les versions prêtes à boire, qu’elle trouve plus goûteuses que les spiritueux.

À l’inverse, d’autres consommateurs se disent déçus : « Ça ne remplit pas du tout le mandat du gin. Disons que c’est un autre liquide aromatique amusant à utiliser pour concocter des cocktails et boissons », estime Simon Jodoin. « De l’eau aromatisée qui coûte trop cher ! », tranche pour sa part Marianne Lajoie.

valeurs-nutritives-gin-sans-alcool - Au Québec, les spiritueux qui affichent « moins de 0,5 % d’alcool » ne sont pas considérés comme des boissons alcooliques, et une liste d’ingrédients ainsi qu’un tableau des valeurs nutritionnelles sont obligatoires sur leur étiquette. Ils sont généralement sans sucre et sans calories.

Derrière le prix

Parce qu’ils sont dépourvus d’alcool, on s’attendrait à ce que ces spiritueux soient beaucoup moins chers que les gins à 40 % d’alcool. Après tout, ils sont faits à base d’eau et, de ce fait, leurs fabricants n’ont pas à payer la taxe élevée imposée sur les boissons alcoolisées par la SAQ. Pourtant, ils se détaillent généralement entre 25 et 30 $ la bouteille de 750 ml. Comment l’expliquer ?

Fabriquer un tel produit n’est pas simple, car cela nécessite beaucoup plus d’ingrédients que pour créer un spiritueux classique, expliquent les distillateurs interrogés. « L’alcool est un solvant naturel ; il extrait donc facilement les saveurs. Avec une solution à base d’eau, les arômes ne ressortent pas autant lors de la distillation », justifie Dave Ricard, de la Distillerie des Appalaches, dont le gin sans alcool se détaille 29,40 $ à la SAQ. Résultat : l’entrepreneur dit utiliser trois fois et demie plus d’aromates pour parfumer son spiritueux sans alcool que son gin régulier.

Par ailleurs, capturer les arômes exige un long processus qui implique de distiller les ingrédients séparément, contrairement à la production d’un gin régulier. « Tous nos produits comportent une touche de complexité, mais, en termes de distillation, l’Alphonse est celui dans lequel on met le plus d’effort. »

Les normes de salubrité sont aussi plus exigeantes, ce qui force les microdistilleries à se procurer de nouvelles attestations, formations et de l’équipement. « L’alcool à 40 % agit comme un désinfectant, mais pas l’eau aromatisée ; elle exige un processus de fabrication beaucoup plus rigoureux, puisque les bactéries peuvent y proliférer », explique Jonathan Robin, qui produit également un rhum sans alcool.

Pour éviter que le spiritueux se gâte, des agents de conservation – comme le sorbate de potassium, le benzoate de sodium et l’acide citrique – sont ajoutés à la boisson distillée. La plupart des fabricants conseillent de le consommer dans les trois mois suivant l’ouverture de la bouteille, et idéalement de garder celle-ci au réfrigérateur.

Sécuritaire pour les femmes enceintes ?

Les spiritueux sans alcool pourraient facilement séduire les femmes enceintes, pour qui la consommation d’alcool est déconseillée. Toutefois, la prudence est de mise, car ces boissons sont aromatisées avec des herbes qui pourraient nuire au bon déroulement de la grossesse, souligne la nutritionniste Stéphanie Côté.

« C’est difficile de se prononcer sur les gins sans alcool, parce qu’on ignore les concentrations utilisées. Mais on sait que les baies de genièvre en infusion sont déconseillées, car elles peuvent augmenter les contractions utérines, prévient l’auteure du livre Grossesse : 21 jours de menu. On les déconseille aussi chez la femme qui allaite, car leurs effets sur elle et sur son bébé sont très peu documentés. » Pour les mêmes raisons, d’autres plantes, comme le thé du Labrador, présent dans des gins sans alcool sur le marché, sont à proscrire.

Pourtant, les produits de HP Juniper, Noroi et Distillerie des Appalaches n’affichent pas d’avertissement à cet effet. « Bien qu’il existe des étiquettes de mise en garde sur les boissons énergisantes contenant de la caféine, les étiquettes des aliments ne sont généralement pas tenues de porter une mise en garde liée à la consommation pendant la grossesse », nous écrit Santé Canada par courriel.

L’agence fédérale précise que, même si sa publication Votre guide pour une grossesse en santé ne fait pas référence aux spiritueux sans alcool, elle recommande d’éviter les infusions contenant certains ingrédients, comme des baies de genièvre ou du thé du Labrador, pendant la grossesse. Elle invite aussi les femmes enceintes à en discuter avec un professionnel de la santé si cette question les préoccupe. Les distillateurs à qui nous avons parlé conseillent la même chose, puisqu’ils ne peuvent en aucun cas donner d’avis médical à ce sujet.

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