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Par Amélie Cléroux (journaliste) et Linda Gauthier (chargée de projets)
comment-choisir-gin-quebecois Shutterstock.com

Classique, fruité, floral ou épicé, du gin fait au Québec, en voulez-vous, en v’là ! Pour choisir un gin à votre goût, connaître les aromates et les procédés de fabrication vous sera utile. Voici comment faire le meilleur choix (pour vous !).

De bons gins d’ici ?
Quelle est la différence entre un « dry gin » et un « gros gin » ?
« Origine Québec », « Préparé au Québec » ou « Embouteillé au Québec » ?
Un gin, comment c’est fabriqué ?

L’offre de gins du Québec – c’est-à-dire préparés ou embouteillés ici – se multiplie à toute allure. En 2017, notre évaluation incluait presque tous les produits offerts à la SAQ, soit 13. Cette fois-ci ? Nous en avons répertorié plus de 130 fabriqués par plus de 50 producteurs différents !

Parmi ces produits, « 60 ont été introduits dans la dernière année, précise Simon Bourbeau, directeur des spiritueux à la SAQ. C’est donc un marché en très forte effervescence ».

Cette explosion du marché du gin du Québec et du nombre de jeunes distilleries ces dernières années est semblable à celle qu’ont connue la bière et les microbrasseries, selon Marc Chapleau, expert-conseil en vins et autres boissons alcoolisées. Cet essor s’expliquerait parce que ce type d’alcool peut être produit un peu partout, contrairement au vin, par exemple, qui requiert un environnement propice à la croissance des vignes.

« Tout l’art du gin se trouve dans le dosage et l’assemblage des aromates. Il est possible d’intégrer des aromates typiques à la région et de lui donner une touche à la fois originale et locale », souligne également l’expert, pour qui les gins du Québec « sortent des sentiers battus ».

D’ailleurs, le gin est souvent l’un des premiers produits développés par les distilleries. « Le marché du whisky, lequel prend trois ans à fabriquer, sera probablement le prochain à prendre de l’ampleur », prévoit Ronald Georges, auteur du livre Le guide Georges des spiritueux du Québec.

De bons gins d’ici ?

Pour vous aider dans votre quête d’un bon produit, nous avons organisé une dégustation à l’aveugle de 20 gins du Québec, vendus de 22 à 66 $, avec quatre dégustateurs aguerris.

Résultats ? Les gins s’en sortent bien, avec des notes variant de 74 à 92 %. Pas moins de 15 produits obtiennent une note de 80 % et plus, notamment nos trois « bons choix », qui coûtent moins de 40 $ la bouteille.

Cinq autres produits, couronnés « meilleurs choix », sortent du lot avec des notes de 85 % ou plus, ce qui correspond, selon nos dégustateurs, à de « très bons » gins, voire « excellents » dans le cas du meilleur produit de notre évaluation, le seul ayant récolté une note supérieure à 90 %.

Quelle est la différence entre un « dry gin » et un « gros gin » ?

Un excellent gin doit, notamment, se démarquer par son équilibre. « Des arômes fins et prenants de genièvre – lesquels peuvent se traduire par des notes d’épices ou de conifères –, auxquels se greffent une bonne note d’agrumes et, assez souvent, des nuances poivrées. En bouche, cet excellent dry gin, en plus d’être fin et parfaitement équilibré, sera par ailleurs bien sec », décrit Marc Chapleau.

En revanche, un seul produit de notre évaluation n’entre pas dans la catégorie des dry gins, selon notre expert Marc Chapleau. Le gin De Kuyper est en effet considéré comme un « gros gin », aussi appelé « genièvre ». « Ce type de spiritueux, sorte de croisement entre un whisky et un gin, se reconnaît à ses odeurs prononcées de céréales de même qu’à son côté plus sucré et plus capiteux en bouche », explique-t-il.

« Origine Québec », « Préparé au Québec » ou « Embouteillé au Québec » ?

La SAQ utilise trois dénominations spécifiques pour identifier les produits d’ici. Celles-ci sont basées sur « la déclaration de bonne foi des producteurs », explique Simon Bourbeau de la SAQ. Voici ce qu’elles signifient.

origine-quebec - Produit entièrement fabriqué dans la province, « du grain à la bouteille ». La grande majorité des ingrédients doivent venir du Québec, incluant l’alcool et sa matière première. De faibles quantités d’aromates – par exemple pour une touche de citron ou d’épice spécifique – peuvent provenir d’ailleurs. Seuls deux produits de notre sélection apparaissent dans cette catégorie, soit le gin de Menaud, une distillerie et brasserie de Charlevoix, ainsi que le gin sauvage de Cirka, une distillerie de Montréal.
prepare-quebec - De façon générale, l’alcool utilisé pour fabriquer le produit provient d’ailleurs – souvent de l’Ontario –, mais la préparation du mélange se fait ici. Notez que, pour pouvoir porter cette mention, l’alcool doit avoir été redistillé au Québec. Un gin préparé dans la province, mais aromatisé avec des agrumes venus de l’étranger peut porter cette mention, par exemple. Toutefois, « les aromates disponibles au Québec en quantité suffisante doivent être obtenus ici », précise Simon Bourbeau, de la SAQ.
embouteille-quebec - Cette catégorie est assez large : elle peut englober des produits faits ailleurs et embouteillés ici ou encore des gins préparés en partie dans la province, et ce, par des entreprises québécoises ou non. Par exemple, deux producteurs de notre évaluation – De Kuyper (Pays-Bas) et Gordon’s (Angleterre) – sont d’origine étrangère, mais leurs gins vendus au Québec sont respectivement produits à Montréal et en Montérégie. De leur côté, les produits Seventh Heaven et Romeo’s Gin appartiennent à des producteurs de Montréal (Station 22 pour le premier et Pur Vodka pour le second), tandis que la Distillerie Mariana, à l’origine des gins Canopée et Loop, est une entreprise de la Mauricie. Les trois producteurs affirment que l’idéation des produits et une part de leur production ont lieu dans la province, mais ils confirment que l’alcool de base provient de l’Ontario et n’est pas redistillé au Québec.

Un gin, comment c’est fabriqué ?

La base de ce spiritueux, un alcool neutre, est le plus souvent obtenue par la fermentation d’un grain. « Le maïs est très utilisé, parce que son sucre est facilement accessible pour la fermentation et que son goût peu prononcé pourra laisser plus de place aux aromates », indique Jonathan Roy, président de l’Union québécoise des microdistilleries (UQMD) et de la Distillerie Fils du Roy.

Parmi les ingrédients aromatiques, un est essentiel : la baie de genièvre. Pour le reste, les artisans peuvent laisser aller leur imagination, selon le type de gin qu’ils veulent produire : gingembre, citron, coriandre, thé du Labrador, champignons, fleurs, petits fruits, algues…

Plusieurs méthodes sont utilisées pour intégrer les saveurs, notamment faire macérer directement les ingrédients dans l’alcool, qui sera par la suite distillé de nouveau. Ceux-ci peuvent aussi être disposés dans un panier d’aromates (ou filtres) et leurs vapeurs seront recueillies au moment de la distillation. Certains producteurs utilisent ces deux façons de faire, selon les produits ou les aromates qu’ils désirent y introduire, ou les combinent.

D’autres producteurs – habituellement de grands volumes – ajouteront plutôt des distillats concentrés de leurs aromates à un alcool acheté en vrac. Il est aussi possible d’ajouter des huiles essentielles ou des saveurs artificielles.

Si l’UQMD promeut la présence et l’utilisation d’alambics – appareils de distillation – chez le producteur lui-même, les grands fabricants ne procèdent pas ainsi. Cela dit, leur procédé, plus industriel qu’artisanal, leur permet de répondre à la demande et ils ont leur place sur le marché, selon Jonathan Roy.

« Il n’y a pas de méthode obligatoire pour faire du gin, et chaque distillerie a son idée, une façon de faire différente pour y arriver, souligne-t-il. C’est ce qui fait que la production de gin est exponentielle au Québec et que les produits d’ici sont si diversifiés. »

Et de la diversité, il y en a ! D’ailleurs, huit pastilles de goût ont été introduites à la SAQ pour décrire les gins : agrume, boisé fumé, floral, forestier boréal, fruit, genièvre, herbacé végétal et épicé.

« Ça permet d’avoir un langage commun entre les producteurs et les consommateurs, de mieux guider ces derniers et de répondre à leurs préférences », dit Jonathan Roy.

Vous ne connaissez pas encore « votre » pastille? À défaut d’essayer tous les produits offerts sur le marché, laissez-vous inspirer par ce que leurs pastilles évoquent. Êtes-vous séduit? Les aromates vous intriguent-ils? Pour raffiner votre choix, aidez-vous de nos fiches descriptives, qui résument l’avis de dégustateurs aguerris.

>> Pour trouver le meilleur gin québécois, consultez notre liste de gins recommandés ou utilisez notre comparateur de produits.

>> À lire aussi : Les gins sans alcool et notre évaluation de prêts-à-boire québécois.

>> À lire aussi : Notre évaluation de vins blancs québécois et notre évaluation de cidres effervescents québécois.

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