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Nanomatériaux: pas de norme internationale

Par Rémi Maillard Mise en ligne : 18 juin 2010  |  Magazine : juillet 2010

Photo: Shutterstock

Même s’il n’existe pas encore de norme internationale, les nanomatériaux sont en général définis comme étant formés de composants dont au moins l’une des dimensions est inférieure à 100 nanomètres.

Plus d’un millier de produits vendus dans le commerce en contiennent déjà. On les trouve surtout dans les secteurs des cosmétiques (crèmes, rouges à lèvres), de l’habillement et du sport, mais aussi dans le bâtiment, l’alimentation, l’électronique et l’automobile.

Le marché mondial des nanotechnologies est estimé à plusieurs centaines de milliards de dollars canadiens et pourrait tripler d’ici à 2015. Leur taille minuscule confère aux nanoparticules de nouvelles propriétés physiques, chimiques, biologiques ou mécaniques, entre autres, très recherchées par l’industrie.

Le problème? «Les objets à l’échelle nanométrique n’obéissent plus strictement aux lois habituelles de la physique: ils manifestent un “comportement quantique”, c’est-à-dire très différent de celui qu’on peut observer à une plus grande échelle», explique Dorothée Benoit-Browaeys. Autrement dit, leurs propriétés et leur toxicité ne peuvent être évaluées sur la base des propriétés et de la toxicité connues des mêmes matériaux à l’échelle macroscopique.

Identifier les produits qui en contiennent
Aucune loi ou règlement ne fait référence aux nanomatériaux au pays. Santé Canada se borne à reconnaître qu’« à l’heure actuelle, les renseignements sur les risques liés aux nanomatériaux sont insuffisants» et que «de nouvelles approches devront être adoptées à l’avenir afin de demeurer au fait des progrès accomplis dans ce domaine». Résultat, rien sur les étiquettes ne permet de savoir si une crème ou tout autre produit en contient, alors que leur nombre explose.

Pourtant, un rapport du Conseil des académies canadiennes (CAC) commandé par Ottawa et publié en 2008 rappelait que «certaines substances que l’on croyait d’abord inoffensives se sont révélées par la suite potentiellement dangereuses pour la santé et l’environnement», notamment les BPC, l’herbicide agent orange ou le bisphénol A. Et pour éviter que de telles erreurs se répètent, le comité d’experts sur les nanotechnologies et les nanomatériaux du CAC recommandait de renforcer les mécanismes de réglementation existants «afin de permettre une surveillance efficace de leurs effets sur les consommateurs, les travailleurs et l’environnement».

«Il ne faut pas attendre qu’il y ait un problème pour agir. Nous devons adopter le principe de précaution et prendre en compte l’ensemble du cycle de vie de ces nouveaux produits lors de leur évaluation, réclame Édith Deleury, présidente de la Commission de l’éthique de la science et de la technologie du Québec. Les compagnies de cosmétiques doivent cesser de faire des recherches dans le seul but de fabriquer toujours plus de nouveaux produits. Elles devraient aussi financer des recherches indépendantes pour vérifier leurs effets sur la santé et l’environnement. Enfin, il faut instaurer des normes plus contraignantes en matière d’approbation et de suivi postcommercialisation de ces produits, de manière à ce qu’ils puissent être rapidement retirés du marché en cas de problème.»

De son côté, Dorothée Benoit-Browaeys estime que les articles qui contiennent du nanotitane «doivent l’annoncer clairement afin que les consommateurs puissent choisir en toute connaissance de cause». En Europe, la Royal Society britannique juge que les nanoparticules devraient être considérées comme de nouvelles substances chimiques, et donc qu’il faudrait s’assurer de leur innocuité avant de les introduire dans des biens de consommation.

Pour sa part, l’Afsset préconise l’application du principe de précaution ainsi qu’un «étiquetage compréhensible» informant les consommateurs de la présence de nanomatériaux dans les produits et de leur éventuelle toxicité. Une nouvelle réglementation adoptée en 2009 dans l’Union européenne va dans ce sens. Elle prévoit que, à partir de 2012, les nanomatériaux utilisés dans les cosmétiques seront soumis à une évaluation de sécurité avant d’être autorisés sur le marché. En outre, ils devront figurer dans la liste des ingrédients.

Nocives pour l'environnement?

Les crèmes solaires nous protègent des effets néfastes du soleil. Mais elles perturbent aussi la vie aquatique. Une étude réalisée entre 2003 et 2007 dans des récifs coralliens au Mexique, en Indonésie, en Thaïlande et en Égypte montre ainsi que certains ingrédients qu’elles contiennent accélèrent le blanchiment des coraux au bout de quelques dizaines d’heures seulement, et ce même à des concentrations très faibles. Or, ce processus peut gravement endommager et détruire des récifs de corail entiers, affirme Greenpeace. D’après l’étude, 10 % des 10 000 tonnes de filtres solaires anti-UV fabriqués chaque année seraient utilisés par des baigneurs évoluant dans des zones coralliennes.

Plutôt inquiétant quand on sait qu’environ le quart de la crème dont ils se sont enduits le corps se retrouve dans l’eau au bout de 20 minutes de nage. «Les parabènes, cinnamates, benzophénones et dérivés du camphre semblent être à l’origine de ce phénomène», précise Elyse Rémy, porte-parole de l’Institut national d’information en santé environnementale, à Montréal.

Les filtres chimiques anti-UV présents dans bon nombre d’écrans solaires constituent une autre menace pour les milieux aquatiques, car plusieurs ont des effets hormonaux. «Aucune des crèmes solaires sur le marché n’est biodégradable. Il est certain qu’à un moment ou à un autre il y aura un problème», insiste la biochimiste et cosmétologue montréalaise Mikaela Teris. La dissémination dans les écosystèmes des nanoparticules de dioxyde de titane que contiennent de plus en plus d’écrans solaires suscite également l’inquiétude des environnementalistes.

Selon l’Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail (Afsset), l’usage des crèmes solaires au nanotitane aboutirait à des rejets dans le milieu naturel de 230 tonnes par an uniquement en France. Faute de données écotoxicologiques fiables, l’Afsset estime que, comme «le risque ne peut être estimé, il ne peut donc pas être exclu».  Les recherches indiquent d’ailleurs qu’à des concentrations élevées, certaines nanoparticules peuvent altérer le développement embryonnaire ou provoquer des troubles de la capacité respiratoire chez les poissons.

Aussi, ces nanoparticules fixent et transportent des contaminants, qui s’accumulent dans leur chair et risquent ensuite de se retrouver dans la chaîne alimentaire. Enfin, une étude sur les nanoparticules de dioxyde de titane dans les cosmétiques publiée l’an dernier suggère qu’elles seraient capables d’éliminer des bactéries vitales pour les écosystèmes et très utiles dans le traitement de l’eau. La solution? Opter pour un costume de bain style 1900, en n’oubliant pas le chapeau!

 

Pour en savoir plus
Le meilleur des nanomondes, Dorothée Benoit-Browaeys, Buchet-Chastel, 2009
Agence française de sécurité sanitaire de l’environnement et du travail
Conseil des académies canadiennes
Alliance citoyenne sur les enjeux des nanotechnologies
Environmental Working Group
Friends of the Earth


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Santé et alimentation

Commentaires 1 Masquer

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  • Par DIANE PASCAL | 20 juillet 2018

    Il serait bon de connaître les crèmes solaires qui ne contiennent pas de filtre chimique.Merci.