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Quel moyen de contraception est pour vous?

Par Amélie Cléroux Mise en ligne : 15 août 2019  |  Magazine : septembre 2019 Photos: Shutterstock.com, Louise Leblanc (Édith Guilbert)

contraception-1 Photos: Shutterstock.com, Louise Leblanc (Édith Guilbert)

Qui dit sexe dit contraception; cela va de soi. Pourtant, même si les méthodes sont plus nombreuses que jamais – de la pilule au stérilet en passant par le condom, le timbre et l’anneau –, «se protéger» ne se fait pas toujours pas sans accrocs. Voici comment choisir la méthode contraceptive qui vous convient.

1. Entre confusion et fardeau
2. Les hormones : du pour et du contre
3. Impact sur l'environnement des méthodes contraceptives
4. Choisir d’abord pour soi

Pour des milliers de jeunes Québécoises, tout commence avec la pilule combinée, dont l’ancêtre a révolutionné les mœurs dans les années 1960. C’est le cas d’Alexandra, de Constance, de Bianka et de Joanny*, qui se sont fait prescrire un contraceptif oral à l’adolescence.

Nous avons invité ces quatre amies âgées de 26 à 30 ans à discuter de contraception avec nous autour d’une table. Toutes témoignent du même constat : aucune d’entre elles ne se souvient d’avoir discuté à l’époque d’une autre méthode avec leur médecin.

>> Lisez aussi nos articles à propos des méthodes classiques (pilule, stérilet, etc.), de la contraception naturelle, de la contraception définitive et de l'avenir de la contraception

Ce moyen de contraception convient à la majorité des jeunes filles et est souvent mis de l’avant par les professionnels de la santé, confirme la Dre Édith Guilbert, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ). C’est aussi la méthode la plus connue, et donc la plus demandée, ajoute celle qui est aussi professeure associée au Département d'obstétrique, de gynécologie et de reproduction de l’Université Laval. 

Au Québec, elle est utilisée par 63,2 % des femmes qui sont âgées de 17 à 20 ans et qui sont actives sexuellement, et par 48,7 % de celles qui ont de 21 à 29 ans et le même profil, rapporte la plus récente enquête sur la santé sexuelle des jeunes adultes menée par l’INSPQ en 2013-2014.

Si le recours à la contraception décline avec l’âge, selon différentes statistiques québécoises, l’usage de la pilule diminue aussi au profit d’autres méthodes, comme le stérilet et l’anneau contraceptif. Par exemple, l’utilisation du stérilet Mirena (avec hormone progestative) a fait un bond de 1,9 à 6,9 % entre les deux groupes d’âge étudiés par l’INSPQ. L’emploi de ces deux derniers moyens reste néanmoins marginal, et bien en deçà de celui de la pilule, du condom… et même du coït interrompu.

1. Entre confusion et fardeau

« Et pourquoi ne pas opter pour l'anneau ? » demande Bianka à ses amies, qui s’interrogent sur leur méthode de contraception actuelle. « J'y ai pensé, mais mon médecin semblait dire que c'était compliqué de le placer pour qu'il soit vraiment efficace », répond Joanny, qui est passée sans conviction de la pilule au timbre cutané il y a quelques années. Pourtant, l'anneau est reconnu efficace, peu importe son emplacement dans le vagin, nous a confirmé la Dre Guilbert en entrevue.

De leur côté, Constance et Alexandra prennent toujours la pilule et n’ont aucune idée de ce qu’est l’anneau. « Mon médecin ne m’a jamais proposé autre chose que la pilule ou le stérilet », indique Alexandra. Si les professionnels de la santé ne tiennent pas tous le même discours, difficile pour les utilisatrices de ne pas être confuses, estiment les quatre femmes.

Certains intervenants auraient besoin de mettre leurs connaissances à jour, reconnaît la Dre Édith Guilbert. Or, c’est aussi la responsabilité de chacune de s’informer, dit-elle. Un avis que partage Sylvie Lévesque, sexologue et professeure à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). « Mais ce n’est pas toujours évident, nuance cette spécialiste. Et on ne peut pas demander à une adolescente de 16 ans de bien connaître toutes les méthodes qui existent et ce qui pourrait lui convenir, par exemple. »

Parce que non seulement c’est compliqué, mais c’est aussi un fardeau, croit la sexologue. « Le poids de la contraception et le stress d’une grossesse non désirée reposent actuellement sur les épaules de la personne qui possède un utérus », dit-elle. Selon la professeure et chercheuse à l’UQAM, il est important de sensibiliser tout le monde aux enjeux de la contraception – y compris les hommes.

2. Les hormones : du pour et du contre

Pour Joanny, qui voulait cesser la prise d’hormones et ne plus se soucier de contraception pendant plusieurs années, le stérilet de cuivre semblait être la meilleure solution, même si l’intervention l’intimidait un peu. L’inclinaison particulière de son utérus a finalement eu raison de son projet : « J'ai lâché prise après une tentative très douloureuse et un peu traumatisante, raconte la femme de 28 ans. Les risques de perforation étaient trop importants et ça devenait ridicule de me mettre autant en danger pour ça. »

C'est donc pour elle un retour au timbre contraceptif. « Je suis déçue, avoue-t-elle. J'avais envie de donner une pause à mon corps et de reprendre un cycle menstruel naturel. »

« Ne plus vouloir prendre d’hormones synthétiques est compréhensible. Certaines femmes ont parfois des effets secondaires légers ou plus importants », explique Édith Guilbert. Reste que la majorité d’entre elles n'ont pas d'effets secondaires qui nuisent à leur qualité de vie, et les risques sur la santé sont minces, rappelle la docteure.

Les méthodes à base d'œstrogènes, par exemple la pilule, le timbre et l’anneau, peuvent favoriser la formation de caillots et entraîner une thromboembolie veineuse. Le risque est faible, mais il est présent. « On estime qu’une femme sur 1 000 environ est touchée, ce qui représente un taux plus faible que pendant la grossesse ou l’accouchement », souligne la Dre Guilbert. Quand cela arrive, les conséquences peuvent être très graves, comme une embolie pulmonaire, ajoute-t-elle. C’est pour cette raison que le rapport risques-bénéfices est évalué en fonction de l’état de santé de chaque patiente.

Cette crainte fait qu’on oublie les effets positifs de la prise d’hormones sur les femmes qui n’ont pas de contre-indications médicales, dit cette professionnelle de la santé. Parmi eux : la diminution des symptômes menstruels et la réduction des risques de développer un cancer de l’endomètre ou de l’ovaire. Et « ces risques sont réduits aussi longtemps qu’on utilise le contraceptif », ajoute la médecin-conseil.

3. Impact sur l'environnement des méthodes contraceptives

Les hormones des contraceptifs sont aussi décriées pour leur impact sur l'environnement. Excrétées dans l’urine, elles ne sont pas filtrées dans les usines d’épuration et se retrouvent dans les cours d’eau et l’environnement. Il s’agit de perturbateurs endocriniens pour la faune aquatique.

On y associe principalement la « féminisation » des poissons mâles, un phénomène qui entraîne une diminution de leur fertilité – et donc du nombre d’individus (et de leur survie), eux-mêmes nécessaires à la survie d’autres espèces, explique Anne-Marie Boulay, chercheuse en génie chimique et en analyse de cycle de vie à Polytechnique et au Centre international de référence sur le cycle de vie des produits, procédés et services (CIRAIG).

Outre l’effet des hormones, les répercussions écologiques de la contraception sont peu étudiées. Une chose est sûre, toutefois : comme pour tout objet dont la fabrication, l’emballage et le transport nécessitent des ressources – et dont l’utilisation génère des déchets –, les conséquences sur l’environnement sont liées à la fréquence d’utilisation et à la durée de vie du bien en question. Par exemple, le stérilet sans hormones (fait de plastique et d’un fil de cuivre), qui ira à la poubelle au bout de cinq ans, a une incidence mineure. « Bien entendu, l’utilisation d’une méthode comme le condom [généralement fait de latex et emballé individuellement] a moins d’impact si on a une vie sexuelle peu active, dit Anne-Marie Boulay. Mais on ne dira jamais aux gens de cesser de faire l’amour ou de ne pas utiliser de condoms ! » Surtout que, à l’échelle mondiale, plusieurs jugent que la régulation des naissances constitue en soi une approche écologique.

4. Choisir d’abord pour soi

Essayer plusieurs moyens de contraception au fil du temps constitue un cheminement normal, selon la Dre Édith Guilbert. Cependant, « comme les risques liés à la contraception hormonale combinée [pilule, timbre, anneau vaginal] sont plus importants au cours des six premiers mois de son utilisation, faire une pause de la pilule pour quelques mois, par exemple, n’est pas recommandé ». Se faire installer un stérilet entraîne aussi des risques pour la santé. « Il est préférable d’utiliser le même contraceptif longtemps, résume la spécialiste. D’où l’importance de faire un choix réfléchi et à son image. »

Mais comment ? À moins de contre-indications, il importe de choisir une méthode avec laquelle la personne se sent bien physiquement, et dont le fonctionnement correspond à son rythme de vie et à sa rigueur d’utilisation, conseille la Dre Guilbert. « Il vaut mieux choisir une méthode un peu moins efficace en théorie que d'en utiliser une de la mauvaise manière », indique-t-elle. Par exemple, un moyen de contraception a beau avoir une efficacité théorique de 99 % et plus, s’il est mal utilisé, il ne fera pas son travail correctement.

Tout dépend aussi du risque de grossesse que la personne est prête à prendre. L’enjeu n’est pas le même pour une femme qui souhaite avoir un enfant avec son conjoint prochainement et qui utilise une méthode naturelle, pour un couple dont la famille est complète et qui s’informe sur la vasectomie ou pour une adolescente de 15 ans pour qui une grossesse non désirée serait dramatique, illustre Édith Guilbert.

dre-edith-guilbert-1 - « Comme les risques liés à la contraception hormonale combinée [pilule, timbre, anneau vaginal] sont plus importants au cours des six premiers mois de son utilisation, faire une pause de la pilule pour quelques mois, par exemple, n’est pas recommandé. » - Dre Édith Guilbert, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ) et professeure associée au Département d’obstétrique, de gynécologie et de reproduction de l’Université Laval

* Par souci de confidentialité, seul le prénom des personnes ayant livré un témoignage pour les besoins de ce dossier a été conservé.

RESSOURCES

Le sexe et moi
Ce site Internet conçu par la Société des obstétriciens et gynécologues du Canada regroupe une foule d’informations sur la contraception et la sexualité en général.

Clinique de planning des naissances de Rimouski
Elle publie de nombreux renseignements sur les différents moyens de contraception.

Fédération du Québec pour le planning des naissances 
Il s’agit d’un regroupement féministe de défense des droits et d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et reproductive. 

6 juillet 2019
Date à laquelle une action collective contre le géant pharmaceutique Bayer a été autorisée au Québec, afin de dédommager les femmes qui ont pris ou se sont fait prescrire les pilules Yasmin et/ou Yaz. L’action collective est notamment fondée sur des allégations de risques de thrombose artérielle, de thromboembolie veineuse, d’embolie pulmonaire ou de maladie de la vésicule biliaire associés à l’utilisation de ces produits comparativement à d’autres contraceptifs oraux. 

>> Pour faire un choix éclairé, quelle que soit votre situation, nous vous proposons un guide pratique des moyens de contraception qui existent à l’heure actuelle. Lisez nos articles à propos des méthodes classiques (pilule, stérilet, etc.), de la contraception naturelle, de la contraception définitive et de l'avenir de la contraception.

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