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Migration de substances dans les aliments

Par Protégez-Vous Mise en ligne : 09 Août 2012

Attention a la migration de substances dans les aliments

Les conserves, les pots de plastique et le papier d’aluminium constituent une source majeure d’exposition à diverses substances chimiques. Voici comment diminuer les risques pour la santé.

On se demande parfois si les produits qu’on s’apprête à acheter ou à préparer sont bons pour la santé. Mais qui s’inquiète de l’innocuité des conserves, des pots en plastique, des boîtes de carton et du papier d’aluminium?

Plusieurs études indiquent que les emballages et contenants constituent une source majeure d’exposition, en lien avec l’alimentation, à deux types de perturbateurs endocriniens reconnus: le bisphénol A (BPA) et les phtalates, notamment le phtalate de di-2-éthylhexyle (DEHP). Les principaux facteurs qui favorisent la migration de ces substances vers les aliments sont le gras, le temps d’exposition et la température. Ainsi, plus un aliment en sachet ou en boîte est riche en matières grasses, plus il sera susceptible de contenir une quantité élevée de contaminants libérés par son emballage – surtout des phtalates. Pris individuellement et à petites doses, plusieurs produits chimiques couramment utilisés n’ont pas forcément d’effets nocifs. Mais en s’additionnant, ils peuvent devenir très réactifs.

>> Lisez aussi nos articles publiés en 2020: Où se cache le plastique dans l'alimentation?, 4 solutions pour manger moins de plastique et Les 7 familles de plastique

Le bisphénol A (BPA)

Le BPA est utilisé à grande échelle dans la fabrication de plastiques et de résines destinés, entre autres, au revêtement de la paroi intérieure des canettes de boisson et de la majorité des conserves. C’est l’un des constituants des plastiques rigides tels que le polycarbonate. En 2010, un rapport de Santé Canada indiquait qu’on avait détecté des concentrations urinaires de bisphénol A chez 91 % des Canadiens âgés de six à 79 ans. Le BPA s’élimine rapidement (en quelques heures) et ne s’accumule pas dans les graisses. Si on en trouve des traces dans 91 % des échantillons urinaires, cela signifie donc que les Canadiens sont exposés tous les jours au BPA. Santé Canada a établi la dose journalière admissible (DJA) à 25 µg/kg de poids corporel; Environnement Canada estime que l’exposition quotidienne de la population au BPA fluctue entre 0,08 et 4,30 µg/kg de poids corporel.

Dans une étude publiée à l’automne 2011, des chercheurs de l’Université Harvard ont démontré que les gens se nourrissant quotidiennement de soupe en conserve présentaient dans leurs urines un taux de bisphénol A de plus de 1 200 % supérieur à celui des consommateurs de soupe maison. Faut-il s’étonner que Campbell, le géant mondial de la soupe, ait annoncé le printemps dernier la disparition du BPA de ses boîtes de conserve?

La liste des effets du BPA est longue: déformations génitales chez les nouveau-nés garçons, apparition précoce de la puberté chez les jeunes filles, baisse de la qualité du sperme de l’homme, trouble des systèmes hépatique et reproducteur, déficit d’attention, hyperactivité, dépression, obésité, diabète de type 2, cancers du sein et de la prostate.

En 2008, le Canada a été le premier pays au monde à classer le BPA comme toxique. Depuis, les biberons et les sucettes vendus au pays ne peuvent en contenir – mais l’interdiction ne touche pas les emballages alimentaires, car «Santé Canada a conclu que l’exposition actuelle au BPA provenant des matériaux d’emballage des aliments ne pose pas de risque pour la santé de la population en général, y compris pour la santé des nouveau-nés et des nourrissons». Seulement quelques pays, dont la France et la Turquie, ont emboîté le pas au Canada.

Les phtalates

Quant aux phtalates, ce sont des substances très utilisées notamment pour assouplir les plastiques. Ils entrent dans la fabrication d’articles en PVC flexibles, comme des pellicules et des récipients pour protéger les aliments. Même s’ils sont semi-volatils et qu’on les retrouve un peu partout dans notre environnement (eau, sols, air), la principale voie d’exposition est l’ingestion, notamment par les graisses.

Comme perturbateurs endocriniens, les phtalates peuvent inhiber l’effet de la testostérone et imiter les œstrogènes et modifier la production d’hormones thyroïdiennes. Ils peuvent donc être à l’origine d’accouchements prématurés, d’anomalies génitales chez les nouveau-nés, de puberté précoce chez les jeunes filles, de problèmes de fertilité et de perturbation du fonctionnement de la glande thyroïde. Certains chercheurs les associent aussi au développement du diabète de type 2 et de l’obésité, des allergies, de l’asthme et de cancers.

En 2011, soit 12 ans après l’Europe et deux ans après les États-Unis, le Canada a limité l’utilisation de six phtalates (le DEHP, le DBP, le BBP, le DINP, le DIDP et le DNOP) dans les jouets et articles pour enfants faits de résine de vinyle.

Comment réduire votre exposition au BPA et aux phtalates

  • Consommez autant que possible des produits frais vendus en vrac ou surgelés. Le BPA et les phtalates migrent dans les aliments et les boissons à partir du revêtement interne des boîtes de conserve ou de certains contenants en plastique, notamment en PVC.
  • Allez moins souvent au restaurant. Des études ont prouvé que les personnes qui mangent souvent à l’extérieur présentent des niveaux plus élevés de BPA. En cuisinant chez vous, vous pourrez mieux sélectionner vos ingrédients.
  • Préférez les contenants de verre aux récipients en plastique. Les aliments et boissons placés dans des boîtes ou des barquettes en plastique peuvent être contaminés par les substances chimiques libérées par ces contenants. Conservez donc plutôt vos restes de repas dans des récipients en verre ou en acier inoxydable.
  • Pour la cuisson au micro-ondes, optez pour le verre résistant à la chaleur ou la céramique. Une température élevée accélère la migration de produits chimiques vers les aliments et les boissons. La mention «Compatible micro-ondes» signifie que le récipient résiste à la chaleur du four à micro-ondes, pas qu’il n’y a aucun risque pour votre santé.
  • Limitez votre consommation d’aliments gras préemballés. Ils sont souvent conservés dans des emballages enduits de substances destinées à empêcher la graisse de les tacher.

L’aluminium

L’aluminium est un élément naturellement abondant sur la Terre. Nous y sommes exposés quotidiennement par l’entremise des aliments (épices, raisins secs, thé), de l’eau traitée (les stations d’épuration sont de grandes consommatrices de sels d’aluminium), de certains médicaments (antiacides, comprimés enrobés) et de cosmétiques (antisudorifiques, produits de maquillage). Cela dit, l’alimentation est de loin la principale source d’exposition à l’aluminium. L’industrie alimentaire l’utilise comme additif (marinades, fromage fondu, œufs liquides), mais la plus grande source d’exposition alimentaire est les produits céréaliers (gâteaux, crêpes, muffins, biscuits, beignes, etc.), possiblement à cause des additifs et de la levure chimique qu’ils contiennent.

Plusieurs études scientifiques ont évalué le taux de migration de l’aluminium dans les aliments lors de la cuisson. Chaque fois, les chercheurs ont confirmé que de l’aluminium se dégage bel et bien de l’enveloppe des aliments cuits en papillote sur le BBQ, mais en quantité inférieure aux doses acceptables.

La migration de l’aluminium vers les aliments dépend de l’acidité de ces derniers, du type de récipient, du temps de cuisson, de la pureté de l’aluminium utilisé et de l’addition de sel à l’eau bouillante. Par ailleurs, une poêle en aluminium usée ou abîmée libérera plus facilement le métal. En outre, les légumes feuillus (laitue, chou chinois, chou) et les aliments acides (tomates, agrumes) s’en imprègnent davantage.

Bien que certains experts associent ce métal à la maladie d’Alzheimer, Santé Canada, entre autres, estime que le lien n’est pas clairement démontré. De plus, le corps humain absorberait une faible quantité de l’aluminium ingéré, car la quasi-totalité du métal est excrétée dans les selles et l’urine. Le ministère fédéral conseille tout de même de «ne pas faire cuire ou conserver longtemps des aliments dans des contenants en aluminium».

Le carton

Le carton pourrait aussi renfermer des substances nocives susceptibles de contaminer les aliments. Selon une étude menée en 2010 par l’Autorité de contrôle alimentaire du canton de Zurich, en Suisse, le carton fabriqué à base de papier recyclé peut contenir des résidus d’huiles minérales provenant de l’encre des journaux et autres matériaux imprimés utilisés. Ces résidus présentent la particularité de migrer dans les aliments avec lesquels ils sont en contact, notamment les céréales, le riz et les pâtes – parfois même en traversant le sachet intérieur destiné à les conserver! Les chercheurs suisses ont également établi que plus ils restaient longtemps sur les tablettes, plus ils avaient tendance à s’imprégner de ces substances nocives. Des expériences effectuées sur des rats montrent que les huiles minérales peuvent entraîner une inflammation chronique de différents organes internes et l’apparition de cancers. De son côté, Santé Canada affirme n’avoir relevé aucun risque associé à la découverte d’huile minérale dans les matériaux d’emballages recyclés.

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