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Métaux lourds

Par Protégez-Vous Mise en ligne : 09 Août 2012

metaux lourds

Comme s’il ne suffisait pas de redouter les bactéries qui peuplent nos aliments, il faut aussi compter avec la menace de quelques métaux lourds. S’ils sont souvent naturellement présents dans l’environnement, il s’agit surtout de substances issues des engrais, des pesticides et de la pollution industrielle en général.

Les principaux métaux lourds qui contaminent la chaîne alimentaire – l’arsenic, le cadmium, le mercure et le plomb – ont des propriétés pour le moins inquiétantes. Ils peuvent favoriser ou déclencher l’apparition d’un cancer. Certains sont à l’origine de troubles neurologiques graves. La plupart ont la triste réputation d’être des perturbateurs endocriniens c’est-à-dire qu’ils empêchent les hormones de jouer leur rôle de régulateur de l’organisme. Il peut en résulter des désordres dans le développement, la croissance et le comportement.

L’arsenic

L’arsenic, contenu dans les plantes et les animaux, combiné avec du carbone ou de l’hydrogène, est dit «organique». Ingéré à petites doses, il est transformé par le foie en une substance moins toxique qui est ensuite éliminée. À l’inverse, l’arsenic dit «inorganique», parce qu’il est lié à des éléments comme l’oxygène, le chlore et le soufre, est considéré comme toxique pour la santé humaine.

L’arsenic, sous ses formes organique ou inorganique, peut être présent à de très faibles concentrations dans l’eau et dans presque tous les aliments (viandes, produits laitiers, pâtisseries, pains, céréales, légumes, fruits, jus de fruit). On trouve des concentrations plus élevées d’arsenic dans les poissons, les mollusques et les crustacés, mais comme il s’agit d’arsenic organique, il est facilement éliminé par l’organisme. Des chercheurs de l’Université John Hopkins, aux États-Unis, ont découvert des traces d’arsenic dans... le poulet! Les éleveurs en donnent à la volaille pour prévenir les infections et donner une appétissante teinte rosée à leur chair!

En 2012, l’arsenic a plus d’une fois défrayé la manchette. Une enquête du magazine américain Consumer Reports portant sur des jus de pomme et de raisin a détecté dans 10 % des échantillons des concentrations en arsenic dépassant la limite fixée pour l’eau potable (il n’existe pas de normes pour les jus). Puis des chercheurs du Dartmouth College, aux États-Unis, ont découvert des taux d’arsenic alarmants dans des barres de céréales et des préparations pour nourrissons édulcorées au sirop de riz brun. Certaines barres affichaient une dose d’arsenic équivalant à 12 fois la limite recommandée par Santé Canada pour l’arsenic dans l’eau potable; l’une des préparations pour nourrissons renfermait un taux d’arsenic six fois plus important que le maximum recommandé pour l’eau potable.

L’exposition chronique à l’arsenic inorganique accroît les risques de cancer chez l’humain et peut affecter le système digestif, les reins, le foie, les poumons et l’épiderme. Une exposition de quelques jours ou de quelques semaines à des concentrations très élevées d’arsenic inorganique peut aussi provoquer divers effets sur la santé (nausées, diarrhée, vomissements, engourdissement des membres).

Comment éviter l’arsenic?

  • Variez votre alimentation.
  • Limitez la consommation des aliments transformés contenant du sirop de riz brun, surtout chez les jeunes enfants

Le cadmium

Naturellement présent dans l’environnement, le cadmium provient cependant majoritairement de l’industrie métallurgique, des centrales thermiques, de l’élimination des déchets solides et de l’épandage des boues d’épuration. Il entre aussi dans la composition de plusieurs pesticides et engrais. Il est très soluble dans l’eau, très mobile dans les sols et susceptible d’être bioaccumulé.

On en trouve dans presque tous les aliments que nous consommons, mais en plus grandes concentrations dans les céréales (dont le blé), les pommes de terre, les légumes racines et les légumes à feuilles.

Même le chocolat noir, dont on a tant vanté les vertus antioxydantes, est contaminé au cadmium! Une enquête du magazine suisse Bon à savoir, publiée en septembre 2009, révélait qu’un adulte absorbait plus que sa dose maximale hebdomadaire rien qu’en mangeant chaque semaine deux tablettes et demie de l’une des marques testées. Le cadmium n’est que partiellement éliminé par l’urine; la plus grande partie s’accumule dans le foie et les reins. À fortes doses, il peut d’ailleurs provoquer des lésions rénales irréversibles.

La toxicité du cadmium menace particulièrement la santé des femmes âgées. D’une part, elles sont plus vulnérables à une carence en fer, ce qui entraîne une absorption et une accumulation plus importante du cadmium dans les intestins au fil des années. Or, une telle exposition au cadmium accroît les risques d’ostéoporose. D’autre part, comme le cadmium est un perturbateur endocrinien, même à des doses extrêmement faibles il peut favoriser l’apparition de cancers hormonodépendants comme le cancer du sein.

Pour limiter son exposition au cadmium, il est conseillé d’adopter une diète variée et d’éviter de consommer des abats (foie, rognons) de gibier dans lesquels le polluant s’accumule.

Le mercure

Le mercure est un métal présent à l’état naturel dans le sol, les pierres, les cours d’eau et les océans. C’est aussi un polluant issu du traitement de la pâte et du papier, de l’exploitation minière, de l’incinération des déchets, de la combustion du charbon et de l’activité sidérurgique. Le mercure entre aussi dans la composition d’une foule de produits d’utilité courante: piles, ampoules, crèmes pour la peau, onguents, vaccins, etc. Ce métal persistant peut voyager sur de longues distances dans l’atmosphère et dans l’eau et s’accumuler dans les sols et les sédiments des lacs et des rivières.

C’est principalement sous sa forme organique, le méthylmercure, que le mercure contamine l’organisme humain. Il ralentit le développement neuromoteur des enfants exposés pendant ou après la grossesse. Quant aux adultes contaminés, ils peuvent développer des dérèglements neurologiques, rénaux et thyroïdiens.

À chaque échelon de la chaîne alimentaire, le méthylmercure s’accumule dans la chair des animaux et des poissons. On le retrouve donc en plus grande concentration dans de grands poissons marins comme le requin et le thon, et d’eau douce comme le brochet, le doré, le maskinongé, etc. Le poisson est une excellente source de protéines et d’oméga-3, mais il vaut mieux préférer les espèces les moins contaminées et réduire sa consommation d’espèces plus contaminées.

La plupart des poissons vendus au Québec affichent un taux de mercure sous la norme maximale de 0,5 ppm fixée par Santé Canada – sauf l’espadon, le requin et le thon frais. Quant au thon blanc en conserve, les femmes enceintes, qui souhaitent le devenir ou qui allaitent ne devraient pas en manger plus de quatre portions par semaine (une portion équivaut à 75 g ou 125 ml). Les enfants âgés de un à quatre ans ne devraient pas en consommer plus d’une portion par semaine, et les cinq ans à 11 ans, pas plus de deux par semaine.

 Espèces à éviter

 Espèces à préférer

 bar commun

 anchois

 espadon (importation)

 bar d’Amérique (élevage)

 esturgeon (sauvage)

 crabe dormeur (É.-U.) et des neiges (Canada)

 hoplostète orange (pêche de mer néo-zélandaise)

 écrevisse (É.-U.)

 makaire

 hareng de l’Atlantique (É.-U. et Canada)

 mérou oualioua

 huîtres (élevage)

 rascasse (Pacifique)

 maquereau de l’Atlantique

 requin

 morue charbonnière (Alaska: pas plus de trois repas par mois pour les enfants de moins de six ans)

 saumon de l’Atlantique (élevage)

 moule (élevage)

 scorpène

 palourde (ou mye) à coquille dure de la côte est des États-Unis (élevage et pêche)

 tile

 pétoncle du golfe (élevage)

 thon rouge

 sardine

 saumon rouge (sockeye) en conserve

 saumon sauvage (Alaska)

 tilapia (élevage, É.-U.)

Source: www.sabotage-hormonal.org

Le plomb

Au Canada, les concentrations de plomb dans l’air sont sous la limite détectable depuis l’interdiction des carburants au plomb. Mais ce métal est encore très utilisé en Amérique du Nord pour les batteries électriques de véhicules et des pièces d’automobile. Il entre encore dans la composition du carburant des avions et dans la fabrication d’une multitude d’objets d’utilité courante.

Le plomb n’est pas biodégradable. Du coup, les rejets industriels et autres matières résiduelles larguées dans l’environnement ou dans les dépotoirs sont autant de sources qui contaminent lentement les sols et l’eau.

On trouve des traces de plomb dans divers aliments. Le plomb dans le sol est absorbé par les plantes, tandis que le plomb atmosphérique tombe sur les cultures pour se retrouver dans les produits de la terre. De plus, les aliments peuvent être contaminés pendant leur transformation à l’usine, leur transport jusqu’aux magasins et leur préparation à la maison – notamment si on les fait cuire dans de l’eau contaminée ou si on les manipule avec des ustensiles contenant du plomb.

Le plomb n’a aucune fonction physiologique et aucun niveau d’exposition au plomb n’est sécuritaire. Une fois assimilé, le plomb se retrouve rapidement dans le sang, puis il se fixe dans les os et les dents. Les enfants l’absorbent et le retiennent davantage que les adultes. Une petite quantité du plomb accumulé est progressivement libérée et éliminée dans l’urine. Mais ce processus s’échelonne sur des dizaines d’années.

En raison de leur faible poids corporel, les nourrissons et les enfants âgés de six ans et moins sont plus vulnérables à une ingestion alimentaire de plomb. Aussi, le plomb piégé dans les os d’une femme enceinte peut se libérer dans le corps, traverser le placenta et atteindre le fœtus. Même à très faibles doses d’exposition, le plomb a des propriétés neurotoxiques: déficiences et handicaps mentaux, déficit de l’attention, mauvaise coordination et dysfonction visuelle, troubles d’acquisition du langage et anémie.

Le plomb bouleverse aussi les systèmes endocrinien et reproducteur. Résultat: puberté retardée, troubles de fertilité, fausses couches, altération du sperme, modifications des hormones thyroïdiennes.

La fragilisation du squelette chez les personnes souffrant d’ostéoporose – surtout les femmes ménopausées – favoriserait aussi la libération dans l’organisme du plomb accumulé dans les os.

Comment éviter l’ingestion de plomb par voie alimentaire

  • Faites évaluer par un laboratoire la teneur en plomb de l’eau du robinet.
  • Si vous habitez une maison construite avant 1990, les conduits d’eau comportent probablement des soudures au plomb. Avant de la boire, laissez couler l’eau du robinet une minute si vous ne l’avez pas ouvert depuis quelques heures; l’eau qui a stagné dans la tuyauterie pourrait contenir du plomb.
  • Comme le plomb se dissout plus facilement dans l’eau chaude, il vaut mieux utiliser de l’eau froide pour boire et cuisiner.
  • Évitez de cuisiner ou d’entreposer des aliments dans des poteries vernies fabriquées à l’étranger; leur vernis pourrait contenir des traces de plomb.
  • Évitez de mettre des aliments ou de verser des boissons alcoolisées ou acides dans des récipients en cristal de plomb ou ornés de motifs en plomb; des particules de plomb peuvent migrer vers les aliments liquides ou solides.
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Santé et alimentation

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