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Comment choisir un psychothérapeute?

Par Dominique Forget
Psychotherapeute comment le choisir

Seuls les thérapeutes reconnus par un ordre professionnel peuvent dorénavant pratiquer la psychothérapie. Votre psy est-il en règle ? Comment trouver celui qui détient la bonne clé pour entrer dans votre tête et y faire un bon ménage? Devriez-vous opter pour une psychothérapie cognitivo-comportementale? Psychodynamique? Humaniste? Nos conseils.

Pour soigner les traumatismes de son enfance, Christiane a tout essayé: des séances d’hypnose en groupe dans le sous-sol d’un bungalow de Longueuil; des consultations en «chromathérapie» où une gourou à la voix apaisante lui demandait d’imaginer la couleur verte chaque fois qu’un mauvais souvenir lui venait en tête; des séances de thérapie par le rire, desquelles elle ressortait plus anxieuse qu’à l’arrivée. Il y a deux ans, elle a finalement trouvé une aide constructive auprès d’une travailleuse sociale qui applique une technique efficace pour traiter le syndrome de stress post-traumatique. Depuis, Christiane a acquis une certaine paix intérieure. «Mais j’ai dilapidé des milliers de dollars dans des thérapies inutiles, dit cette jeune esthéticienne. J’étais prête à m’accrocher à n’importe quoi pour aller mieux.»

Ce «n’importe quoi» sera bientôt chose du passé grâce à l’application de la nouvelle Loi modifiant le Code des professions et d’autres dispositions législatives dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines (aussi appelée loi 21). Dorénavant, seuls les psychologues, les médecins (peu importe leur spécialité) et les psychothérapeutes titulaires d'un permis émis par l'Ordre des psychologues du Québec (OPQ) peuvent pratiquer la psychothérapie. Les psychothérapeutes ont jusqu’au 21 juin 2014 pour se conformer à cette loi et obtenir leur permis. S’ils ne répondent pas aux nouvelles exigences, certains peuvent bénéficier d’un droit acquis leur permettant de continuer à pratiquer.

Ce grand ménage était réclamé depuis longtemps par l’Office des professions du Québec, appuyé par l’OPQ. Moult reportages ont montré des patients comme Christiane se faire arnaquer par des charlatans qui affi chaient pourtant le titre de psychothérapeute.

«En santé mentale, on a affaire à des gens vulnérables, qui ont envie de croire à une solution miracle pour soulager leur souffrance. Il fallait les protéger, explique Rose-Marie Charest, psychologue et présidente de l’OPQ. On se faisait appeler par des gens ayant vécu des histoires d’horreur, mais s’ils avaient utilisé les services d’un psychothérapeute qui n’était pas membre de l’OPQ, on ne pouvait rien faire pour eux. Ce titre n’étant alors pas balisé, n’importe qui pouvait se l’approprier. La nouvelle loi met fin à cela.»

Pas tous zen

À la fin de 2013, 600 psychothérapeutes avaient obtenu un permis de l’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) pour exercer. L’organisme s’attend à en délivrer 400 de plus d’ici le 21 juin 2014, date butoir pour obtenir un permis de pratique en règle. Les individus qui continueront à pratiquer la psychothérapie sans permis après cette date pourront être poursuivis et visés par des amendes entre 1 500 et 20 000 $.

Jeanne Taillefer (nom fictif) ne prévoit pas demander de permis. Travailleuse sociale, elle a pratiqué la psychothérapie en CLSC pendant plus de 20 ans et exerce maintenant en pratique privée, à Montréal. Elle traite surtout des patients qui ont vécu un traumatisme, au moyen de la technique de l’EMDR (pour eye movement desensitization and reprocessing ou, en français, désensibilisation et reprogrammation par mouvement des yeux), une technique reconnue par l’OPQ. En vertu de la nouvelle loi, à défaut d’avoir un diplôme de maîtrise, cette professionnelle membre de l’Ordre des travailleurs sociaux devrait se prévaloir de la clause de droit acquis pour obtenir son permis qui lui permettrait de continuer à exercer. Il lui faudrait alors démontrer à l’OPQ qu’elle a cumulé, au cours des trois dernières années, 600 heures de pratique, mais surtout 200 heures sous supervision. Elle trouve cette exigence trop lourde à remplir.

À son avis, les compétences des travailleurs sociaux en psychothérapie ne sont pas reconnues à leur juste valeur par les psychologues. «Pourtant, nous sommes appréciés par nos patients. Nous sommes des experts en relations humaines et, contrairement à certains psychologues, nous allons souvent au-delà de l’écoute active. Nous nous démenons pour trouver des solutions concrètes pour aider nos patients.»

Elle comprend qu’on veuille protéger la population des charlatans. «Mais moi aussi, je suis membre d’un ordre professionnel!» argumente-t-elle, jugeant cette garantie suffisante pour assurer la protection du public. Ainsi, cette professionnelle de 63 ans prévoit pratiquer sans permis de l’OPQ, à moins de recevoir une mise en demeure de cet ordre, ce qui pourrait survenir si un patient ou un collègue la signalait à l’organisme. «De toute façon, la loi sera difficile à appliquer. Ce ne sera pas facile de départager ceux qui font de la psychothérapie de ceux qui offrent simplement du soutien et des conseils.»

Psychothérapie en danger?

En effet, entre les deux, la ligne est parfois mince. «Évidemment, on n’empêchera pas les gens de consoler les affligés, image la présidente de l'OPQ, Rose-Marie Charest. Tout le monde a le droit de soutenir une personne et de lui donner des conseils. Ce n’est pas acte réservé.»

 Mais la psychothérapie, oui. Ainsi que la définit la nouvelle loi, c’est un traitement «qui a pour but de favoriser chez l’individu des changements significatifs dans son fonctionnement cognitif, émotionnel ou comportemental».

Michel Brais, titulaire d’une maîtrise universitaire en art dramatique, pratique depuis 23 ans la psychothérapie auprès d’artistes. Il a obtenu son permis de l’OPQ grâce à la clause de droit acquis. Même s’il s’est conformé sans difficulté à la nouvelle loi, il se dit un peu déçu par son entrée en vigueur. Car dorénavant, des personnes ayant un profil similaire au sien ne pourront plus devenir psychothérapeutes, ce qui privera la profession de bons candidats, croit-il.

«Dans le passé, des professionnels d’un certain âge qui avaient une riche expérience de vie pouvaient se former pour pratiquer la psychothérapie et mettre à profit leur expertise en relations humaines. C’est important d’avoir des psychothérapeutes qui viennent de différents horizons, car la souffrance psychologique est complexe et chaque individu est unique», dit Michel Brais.

Échos positifs

Andrée Thauvette-Poupart, travailleuse sociale, est présidente de la Société québécoise des psychothérapeutes professionnels. Les membres de cette association, comme ceux de l’Association des psychothérapeutes psychanalytiques du Québec et de la Société­ canadienne de psychanalyse, ont obtenu un permis de pratique grâce à la clause de droit acquis. Elle compare l’Ordre des psychologues à un «bulldozer qui a pesé lourd dans les négociations entourant cette loi». La preuve: il a réussi à obtenir de nouveaux pouvoirs, soit l’émission des permis de pratique à des gens déjà reconnus par d’autres ordres et associations professionnelles… La part du lion, quoi.

Malgré ce bémol, elle se rallie derrière la loi 21, comme la plupart des professionnels du milieu, où l’écho est positif. «À court terme, ça peut causer des désagréments à certains professionnels, mais il faut voir plus loin, affirme Andrée Thauvette-Poupart. Il y a eu tellement d’abus dans le passé… Il fallait assurer la protection du public.» Me Caroline Arel, directrice générale d’Option consommateurs, bien au fait du dossier, applaudit aussi la nouvelle loi. «Comme dans le domaine de la santé physique, soigner la tête des gens exige des compétences.»

Magasinez votre psy

Sylvie Salvas, travailleuse sociale et psychothérapeute, est chaque fois étonnée quand un quidam l’appelle pour prendre un rendez-vous. «On me demande mes tarifs, si j’ai des disponibilités prochainement et mon adresse. C’est tout», raconte celle qui travaille à Saint-Jean-sur-Richelieu. «Les gens demandent rarement quelle approche j’utilise ou avec quel type de clientèle j’ai le plus de succès. On prend plus de soin à choisir sa voiture que son psychothérapeute!» Pourtant, il faut savoir à qui vous confiez votre tête et si cette personne est la meilleure pour vous aider.

L’Ordre des psychologues du Québec (OPQ) tient un service de référence par téléphone et par Internet­ pour chercher un psychothérapeute. Ce service recense environ 2 000 psychologues qui pratiquent la psychothérapie et 600 psychothérapeutes titulaires d’un permis de pratique de l’OPQ. «Nous recommandons toujours trois professionnels et nous suggérons de tous les appeler pour voir si le contact est bon», explique Rose-Marie Charest.

Elle assure que les psychologues ne sont pas privilégiés aux dépens des autres thérapeutes. «L’ordinateur génère les noms au hasard à partir des critères spécifiés par le client.» La première information qui vous sera demandée est la région dans laquelle vous souhaitez consulter. Gardez en tête qu’il vaut mieux ne pas avoir à rouler pendant une heure pour visiter votre psy, car vous devrez le voir au moins une fois par semaine, pendant plusieurs semaines, voire des mois ou des années.

Ensuite, quel problème psychologique désirez-vous soigner? Certains profession­nels se spécialisent dans les relations de couple, d’autres traitent des troubles anxieux chez les enfants, la dépression post-partum, etc. Dans le flou, vous pouvez mentionner un malaise général, «comme être mal dans sa peau», illustre Rose-Marie­ Charest. Vous serez alors dirigé vers un praticien plus généraliste.

Le type d’approche privilégiée est un élément fondamental dont il vous faut aussi tenir compte. «Certaines personnes “pratico-pratiques” qui veulent des outils concrets pour mieux vivre au jour le jour préféreront une approche cognitivo-comportementale. D’autres, qui veulent fouiller­ plus loin et comprendre d’où vient leur mal-être, opteront pour l’approche analytique et psychodynamique, résume Rose-Marie Charest. C’est personnel à chacun.»

Qui peut pratiquer la psychothérapie?

Outre les psychologues et les médecins, qui sont autorisés d'emblée à pratiquer la psychothérapie, les psychothérapeutes peuvent aussi la pratiquer à condition d'être titulaires d'un permis émis par l'Ordre des psychologues du Québec (OPQ). Les psychothérapeutes pouvant obtenir ce permis de pratique se divisent en deux catégories:

1.  Les professionnels qui sont déjà membres de ces ordres professionnels:
• Ordre des conseillers et conseillères d’orientation du Québec
• Ordre des ergothérapeutes du Québec
• Ordre des infirmières et infirmiers du Québec
• Ordre des psychoéducateurs et psychoéducatrices du Québec
• Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec
• Ordre professionnel des sexologues du Québec

et qui répondent à ces exigences:
• être titulaire d’un diplôme de deuxième cycle universitaire (maîtrise) dans le domaine de la santé mentale et des relations humaines
• avoir reçu une formation universitaire théorique d’au moins 765 heures en psychothérapie
• avoir complété un stage supervisé de 600 heures.
«Si une plainte est déposée contre un psychothérapeute rattaché à l’un de ces ordres professionnels, c’est le syndic de l’ordre en question qui mène l’enquête», précise Rose-Marie Charest, présidente de l’OPQ.

2.  Les professionnels qui exerçaient déjà la psychothérapie avec compétence lors de l’adoption de la loi, en juin 2012, qui ne répondent pas aux exigences du point 1, peuvent bénéficier de la clause de droit acquis à la condition de démontrer à l’OPQ:
• qu’ils possèdent au minimum un baccalauréat dans une discipline liée à la santé mentale ou aux relations humaines (en philosophie ou en pédagogie, par exemple)
• qu’ils ont exercé la psychothérapie pendant au moins 600 heures au cours des trois dernières années (dont 200 heures sous la supervision d’un collègue)
• qu’ils ont suivi de la formation en psychothérapie.

«Dans leur cas, c’est l’OPQ qui se chargera d’enquêter si une plainte est déposée», poursuit Rose-Marie Charest. Ces professionnels ont jusqu’au 21 juin 2014 pour profiter de cette clause de droit acquis. Après quoi, il sera trop tard. Ils ne pourront plus jamais pratiquer légalement, à moins de joindre un des ordres mentionnés, ce qui peut nécessiter une formation universitaire.

Selon Passeport Santé, il existe quatre grandes familles de psychothérapies

• Analytiques et psychodynamiques: influencées par la psychanalyse, ces approches font appel à la notion d’inconscient et recherchent des liens entre les difficultés présentes et les expériences passées, dont les conflits refoulés et non résolus.

Cognitivo-comportementales: elles visent à remplacer des pensées ou des émotions indésirables ou incontrôlables par d’autres, plus appropriées.

• Existentielles et humanistes: elles misent sur la prise de conscience des difficultés et des forces de la personne, et sur le moment présent. Le but est l’exploration de soi et l’expérimentation de nouveaux comportements.

• Systémiques ou interactionnelles: ces approches considèrent que les malaises d’une personne proviennent des interactions avec l’entourage (famille, amis, équipe de travail, etc.). L’objectif est de modifier les relations entre l’individu et son entourage.

Jamais seul

Le titre de «psychothérapeute» ne peut être utilisé seul; il doit être combiné à un titre professionnel ou à un titre de diplôme. Par exemple:
• «Infirmière, psychothérapeute»
• «Conseiller d’orientation, psychothérapeute»
• «Bachelier en philosophie, psychothérapeute».
Source: Ordre des psychologues du Québec.

Le prix d’un psy

Attendez-vous à payer entre 80 et 130 $ pour une heure de psychothérapie. Puisque les loyers sont généralement plus chers en ville, les tarifs sont aussi plus élevés dans les grandes villes qu’en région. Les thérapies s’échelonnent sur une douzaine de semaines, parfois moins, parfois beaucoup plus, notamment lorsqu’il s’agit d’une psychanalyse. Votre psychothérapeute pourra vous aider à évaluer la durée nécessaire selon le problème à traiter et les objectifs que vous souhaitez atteindre.

Pour obtenir des services de psychothérapie dans le système public de santé, adressez-vous au guichet d’accès en santé mentale d’un centre de santé et de services sociaux. Les normes du ministère de la Santé stipulent qu’un patient devrait être évalué dans les sept jours suivant sa demande et avoir accès aux services appropriés en moins de 30 jours. En réalité, les temps d’attente sont beaucoup plus longs. Mais si vous patientez, les traitements seront alors gratuits.

«C’est inacceptable que dans notre société les plus riches puissent se payer une psychothérapie parce qu’ils en ont les moyens ou parce qu’ils ont des assurances privées, alors que les plus pauvres doivent s’en passer», dénonce Rose-Marie Charest, qui a fait de l’accessibilité son cheval de bataille. Le ministre de la Santé Réjean Hébert a d’ailleurs promis de se pencher sur la possibilité que les visites chez le psychologue soient un jour acquittées avec la carte d’assurance maladie. À suivre.

Méfiez-vous lorsqu’un thérapeute...

• ne détient aucun permis l’autorisant à pratiquer la psychothérapie (même s’il est membre d’associations).
• insiste sur ses compétences particulières ou son propre pouvoir.
• dénigre le travail des autres, notamment des professionnels.
• vous promet des résultats, quel que soit votre problème.
• utilise des titres comme «thérapeute de l’âme», «médium», «accompagnateur» ou «coach de vie», tout en vous offrant notamment un traitement pour un trouble psychologique (dépression, anxiété).
• parle de chakras, d’astrologie, d’ésotérisme, de chamanisme, de rééquilibrement énergétique comme de moyens magiques pour traiter un trouble psychologique.
• dit que vous avez plein pouvoir pour changer et que si cela ne fonctionne pas, c’est parce que vous avez de la difficulté à vous abandonner au traitement.
Source : Ordre des psychologues du Québec

Trois ressources intéressantes

Ne laissez pas n’importe qui entrer dans votre tête - Ordre des psychologues du Québec
Service de référence pour trouver un psychothérapeute - Ordre des psychologues du Québec
Choisir son psy (les différentes approches utilisées en psychothérapie) - Passeport Santé

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