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Choisir votre poisson : que veulent dire les différents logos et allégations ?

Par Amélie Cléroux
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Apprenez comment faire des choix éclairés au rayon de la poissonnerie, entre les produits d’ici et d’ailleurs; entre les poissons surexploités et ceux qui sont issus de la pêche ou de l’aquaculture durables; et entre les différentes certifications et allégations que vous trouverez sur les emballages.

De multiples enjeux
Quoi repérer ?
Pour savoir si le poisson a été pêché ou élevé localement
Pour savoir si le poisson est issu d’une pêche durable
Pour savoir si le poisson est issu d’une aquaculture durable
Pour savoir si le poisson vient d’une aquaculture biologique
Pour un guide facile : le Menu bleu marin
La traçabilité du homard d’ici

Pas simple de choisir le poisson à mettre dans l’assiette ! Bien souvent, le lieu d’origine de l’espèce ne figure pas sur l’emballage. Par ailleurs, le poisson que vous achetez est-il surexploité ? Pas évident de le savoir non plus…

Dans un tel océan de complexité, il existe heureusement des logos à repérer et des outils à consulter pour vous permettre de démêler le tout.

De multiples enjeux

Connaître l’espèce de poisson, sa provenance, la méthode de pêche ou d’élevage employée et son lieu de transformation (le cas échéant) : voilà ce qu’on appelle la traçabilité. « C’est la base pour faire un choix », souligne le nutritionniste Bernard Lavallée.

Pourtant, la loi impose peu d’exigences en matière d’étiquetage. Seuls les poissons qui sont préemballés et importés doivent afficher leur pays d’origine, indique l’Agence canadienne d'inspection des aliments (ACIA) sur son site internet. Or, ce pays d'origine fait référence au pays dans lequel la dernière transformation importante – par exemple l’emballage – a eu lieu, et non à son lieu de pêche ou de production.

Par ailleurs, il ne faut pas confondre le nom commun d’un poisson et l’origine du produit vendu, comme dans le cas du « saumon de l’Atlantique ». Cette espèce carnivore, très populaire sur le marché, n’a pas été pêchée dans cet océan, mais elle est issue d’élevages qu’on trouve un peu partout dans le monde. Notez que sa consommation est déconseillée par différents organismes, dont Seafood Watch, un programme de recommandation de produits de la mer responsables fondé par l’Aquarium de la baie de Monterey, aux États-Unis.

En effet, l’élevage en système ouvert, c’est-à-dire en utilisant des filets disposés directement dans la mer, est répandu dans l’aquaculture du saumon de l’Atlantique et pose plusieurs problèmes, notamment celui des déchets – comme les excréments des poissons et les produits de synthèse employés – qui se déversent dans l’environnement.

L’aquaculture en système fermé, soit celle qui est pratiquée dans des bassins installés sur la terre, est généralement considérée comme une pratique plus durable, souligne Bernard Lavallée dans son livre Sauver la planète une bouchée à la fois (Éditions La Presse).

Et du côté de la pêche ? C’est loin d’être rose. De tous les stocks mondiaux de poissons, près de 60 % sont exploités à plein rendement et environ 30 % sont surexploités, rapporte l’Organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO). Autrement dit, la majorité des espèces sont pêchées au même rythme (ou plus rapidement) qu’elles se reproduisent.

De plus, certaines méthodes sont critiquées pour leur impact sur la biodiversité. Par exemple, la pratique du chalutage par le fond, qui consiste à traîner un filet tenu par des poids au fond de la mer, est décriée par plusieurs organismes comme Greenpeace puisqu’elle détruit les fonds marins.

Quoi repérer ?

Bonne nouvelle : les choses changent en épicerie. Depuis quelques années, la plupart des grandes chaînes choisissent de vendre des espèces non menacées et de mieux identifier leurs produits, relève Bernard Lavallée.

Metro, par exemple, s’est mise en marche dès 2010 en adoptant une politique de pêche et d’aquaculture durables, mise à jour en 2018. Parmi les principes, l’étiquetage des produits vendus par l’épicier vous permet de connaître, en un coup d’œil, non seulement la provenance du poisson et le type d’élevage ou de pêche, mais aussi le nom scientifique de l’espèce (unique, contrairement aux noms communs). Par exemple, le flétan du Groenland – Reinhardtius hippoglossoides – est aussi appelé turbot au Québec, mais en Europe, c’est plutôt une autre espèce qui porte ce nom (Psetta maxima).

Bien sûr, n’hésitez pas à questionner le poissonnier. Néanmoins, plusieurs logos, appellations et sites web peuvent aussi vous aider à faire des choix plus éclairés. Notez que les logos sont utilisés sur une base volontaire par les entreprises qui sont titulaires de la certification ou qui répondent aux normes.

Voici des exemples fiables et répandus de logos et de répertoires d’espèces marines locales que vous pouvez consulter.

Pour savoir si le poisson a été pêché ou élevé localement

Les logos « Aliments du Québec »

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Cette certification identifie les poissons d’origine québécoise, qu’ils soient pêchés ou élevés en aquaculture. S’il s’agit d’un produit transformé, par exemple un poisson fumé ou un pâté, au moins 85 % des ingrédients – dont 100 % des ingrédients principaux – doivent être d’origine québécoise pour qu’il puisse l’arborer.

La transformation et l’emballage doivent aussi avoir été effectués dans la province. Le pendant biologique de ce logo identifie les poissons et fruits de mer élevés ici et produits selon les normes d’aquaculture biologiques (voyez plus bas).

L'allégation « Produit du Canada »

La mention en question s'applique aux poissons qui sont capturés dans les eaux canadiennes (ou dans les eaux adjacentes conformément à la réglementation relative aux quotas de pêche) ainsi qu’aux produits d’élevage se trouvant au Canada. Que le produit de la mer soit pêché ou élevé, sa transformation doit avoir lieu dans un établissement canadien, au moyen d'ingrédients du pays.

Le site Pêchés ici, mangés ici

Ce portail, conçu par le ministère de l'Agriculture, des Pêcheries et de l'Alimentation du Québec (MAPAQ), brosse le portrait d’espèces pêchées ou élevées au Québec, des plus répandues (comme la truite arc-en-ciel) aux moins connues (le sébaste, par exemple).

Le site Fourchette bleue, d’Exploramer

Ce programme propose une liste d’espèces marines méconnues du Saint-Laurent – la baudroie d’Amérique ou le merlu argenté, entre autres – à privilégier lors de vos achats parce qu’elles sont disponibles en quantité suffisante dans le fleuve et issues de techniques de pêche respectueuses des fonds marins.

Pour savoir si le poisson est issu d’une pêche durable

Au cœur de la notion de pêche « durable » repose l’idée que l’espèce ne doit pas être surexploitée. Or, plusieurs autres critères s’ajoutent, comme des méthodes de pêche qui réduisent les captures d’espèces non visées (« prises accessoires ») et limitent les dommages dans les milieux marins, explique Jean-Claude Brêthes, professeur émérite à l’Institut des sciences de la mer de Rimouski de l’Université du Québec à Rimouski (UQAR). Fiez-vous à des logos crédibles pour vous assurer de ces aspects.

Le logo « Marine Stewardship Council » (MSC)

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Cette écocertification, qui se base sur les guides de la FAO, est la plus reconnue dans le monde de la pêche, indique Jean-Claude Brêthes. Des organismes voués à la sensibilisation des méthodes de pêche et de l’aquaculture durables, tel Seafood Watch, recommandent d’ailleurs aux consommateurs d’acheter des produits certifiés MSC.

Le hic ? Les coûts rattachés à cette certification. Celle-ci coûte elle-même entre 80 000 et 150 000 $ environ, selon l’espèce et la complexité du dossier. S’ajoutent à cela l’audit annuel (la vérification) et l’affichage du logo, lequel exige des redevances, pour un total de plusieurs milliers de dollars chaque année, énumère l’expert.

Au Québec, une première espèce de poisson, le flétan du Groenland, est en voie d’obtenir cette certification. D’autres produits de la mer sont certifiés MSC, notamment le homard des Îles-de-la-Madeleine ou de la Gaspésie et la crevette nordique.

Le logo « Ocean Wise »

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Fondé par l’Aquarium de Vancouver, l’organisme Ocean Wise met en œuvre un programme de recommandations et applique les critères de durabilité élaborés par Seafood Watch. Les produits identifiés par le logo sont recommandés.

Pour savoir si le poisson est issu d’une aquaculture durable

Une aquaculture durable doit limiter son impact sur l’environnement, par la qualité des eaux rejetées dans la nature, entre autres. « Si la moulée qui sert à nourrir les poissons d’élevage est faite à partir de produits de la mer, ces derniers devront aussi avoir été pêchés ou produits de façon durable », spécifie Jean-Claude Brêthes.

Le logo « Aquaculture Stewardship Council » (ASC)

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Il s’agit de l’équivalent de la certification MSC, mais appliqué aux produits de l’aquaculture.

Le logo « Ocean Wise »

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Ocean Wise recommande aussi des produits qui sont issus de l’aquaculture en appliquant les critères de durabilité établis par Seafood Watch.

Pour savoir si le poisson vient d’une aquaculture biologique

S’il veut s’afficher comme bio, un poisson vendu au Canada doit répondre à des normes spécifiques : l’utilisation des produits de synthèse dans les bassins ou l’élevage d’espèces génétiquement modifiées sont interdits, et les poissons doivent être nourris d’aliments biologiques.

Les poissons doivent aussi vivre dans un espace suffisamment grand où le stress et les maladies sont contrôlés, résume Nicolas Bourque, coordonnateur à l’information au Conseil des appellations réservées et des termes valorisants du Québec (CARTV). Que le poisson soit d’ici ou d’ailleurs, il doit être issu d’un élevage en bassins fermés, ajoute-t-il. Les fruits de mer, toutefois, peuvent provenir d’une aquaculture pratiquée en milieu naturel.

Le logo « Biologique Canada »

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En plus de garantir le respect des normes biologiques, ce logo est reconnu par Seafood Watch comme un gage d’aquaculture durable pour différentes espèces de fruits de mer.

Pour un guide facile : le Menu bleu marin

En partenariat avec Seafood Watch, l’Aquarium de Québec a créé une liste en français d’espèces recommandées (ou non) et de logos à rechercher pour chacune d’entre elles.

La traçabilité du homard d’ici

En plus de compter sur les certifications « Aliments de Québec » et « Marine Stewardship Council » (MSC), les homards pêchés en Gaspésie portent un médaillon de traçabilité qui vous permet de retrouver l’origine du crustacé, une initiative du Regroupement des pêcheurs professionnels du sud de la Gaspésie. Entrez le code alphanumérique pour connaître l’origine de l’animal et en savoir plus sur le capitaine, et même voir ce dernier à l’œuvre en vidéo.

>> À lire aussi : 4 bons conseils pour choisir votre poisson

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