Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Alimentation et prévention du cancer: règles à suivre

Par Rémi Maillard

«Que ton aliment soit ton remède», disait Hippocrate. Cette recommandation n’a jamais été autant d’actualité puisqu’il est désormais établi que l’alimentation joue un rôle important dans l’explosion de certaines pathologies, comme les troubles cardiovasculaires, le diabète et plusieurs cancers, sans parler de l’épidémie d’obésité.

Pour aider les professionnels de la santé à mieux répondre aux questions du grand public, l’Institut national du cancer (INCa), en France, a récemment publié un état des lieux des connaissances en matière de nutrition et de prévention des cancers.

Sur la base des données scientifiques fournies par le Fonds mondial de recherche contre le cancer et l’American Institute for Cancer Research, entre autres, l’INCa a dressé la liste des comportements et habitudes alimentaires qui protègent de la maladie ou y exposent.

En voici les 6 grandes lignes, commentées par Stéphanie Côté, coordonnatrice d’Extenso, le Centre de référence sur la nutrition humaine de l’Université de Montréal. Également: un tableau qui présente les niveaux de preuve entre certains facteurs nutritionnels et les cancers.

Fruits et légumes

Selon l’INCa, consommer chaque jour au moins cinq fruits et légumes non féculents variés (400 g/jour ou plus), crus, cuits, frais, en conserve ou surgelés, réduit le risque de cancer.

«Certains légumes sont particulièrement riches en substances anticancer, notamment les crucifères [brocolis, choux de Bruxelles, choux-fleurs] et les alliacées [ail, oignons, échalotes, poireaux], explique Stéphanie Côté. Les fruits les plus recommandés sont les baies, spécialement les bleuets, les framboises, les fraises et les canneberges, qui sont bourrés de nutriments. Mais qu’ils soient rouges, jaunes, verts, blancs, violets ou orange, tous les fruits et légumes sont intéressants, car chacun possède ses propres vitamines, minéraux ou antioxydants.»

Autre avantage: ils apportent peu de calories et renferment beaucoup de fibres et d’eau, ce qui permet de manger à sa faim tout en contribuant à éviter le surpoids et l’obésité. Quant aux féculents, «ils ont des qualités nutritionnelles, précise Stéphanie Côté, simplement les études n’ont pas établi de lien avec l’incidence du cancer».

Viandes rouges et charcuteries

Le risque de cancer colorectal est augmenté de 29 % par portion de 100 g de viandes rouges [bœuf, porc, mouton, agneau, cheval] consommée par jour et de 21 % par portion quotidienne de 50 g de charcuteries, avertit l’INCa. «La viande rouge renferme une molécule pro-oxydante qui favoriserait le développement de cancers, confirme Stéphanie Côté. Et la charcuterie pose surtout problème parce qu’elle contient des nitrites et des nitrates qui, une fois dans le corps, peuvent se transformer en composés cancérigènes.»

Conclusion de l’INCa: il faut limiter la consommation de viandes rouges à moins de 500 g par semaine et, pour compléter l’apport de protéines, alterner avec des viandes blanches [poulet, dinde, etc.], du poisson, des œufs et des légumineuses. Sans oublier de réduire ses envies de charcuteries, en particulier celles qui sont très grasses ou très salées.

Sel

L’abus de sel et d’aliments salés accroît le risque de cancer de l’estomac, prévient l’INCa. Or, les Canadiens consomment en moyenne 8 g de sel par jour, soit plus du double de la quantité recommandée et près de 40 % de plus que l’apport maximal tolérable fixés par Santé Canada pour un adulte – l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande de ne pas dépasser une consommation quotidienne de 5 g.

«Plus de 80 % du sel que nous ingérons se trouve dans les aliments transformés ou déjà préparés. Mieux vaut donc cuisiner le plus possible à la maison», conseille Stéphanie Côté.

Alcool

«Le risque augmente avec la quantité globale d’alcool absorbée et est significatif dès une consommation moyenne d’un verre par jour», affirme l’INCa. Comme il n’existe pas de dose qui soit sans effet sur la santé, «toute consommation d’alcool est déconseillée».

La raison? Vin, bière et spiritueux contiennent de l’éthanol, une substance qui, une fois dans l’organisme, se décompose en produits cancérigènes. De son côté, l’OMS indique que la dose maximale acceptable d’alcool est de deux verres par jour pour les hommes et d’un verre pour les femmes.

Kilos superflus

Il faut garder un poids santé, c’est-à-dire avoir un indice de masse corporelle (IMC) compris entre 18,5 et 24,9 kg/m2. En effet, l’INCa rappelle que l’accroissement de la corpulence est associé à une augmentation de 8 à 55 % du risque de plusieurs cancers. Au contraire, le risque de cancer du côlon, par exemple, diminue de 18 à 29 % en fonction du type d’activité physique pratiquée ou de son intensité. Aujourd’hui, au Canada, le surpoids ou l’obésité touchent près de 60 % de la population adulte et 26 % des enfants.

Pour prévenir ce fléau, l’INCa recommande de limiter les activités sédentaires (télévision, ordinateur) et de pratiquer, au moins cinq jours par semaine, 30 minutes ou plus d’activité physique d’intensité modérée (marche rapide, vélo, natation). Ou alors, de s’adonner à 20 minutes d’activité d’intensité élevée (course) trois jours dans la semaine.

Suppléments de bêta-carotène

Naturellement présent dans beaucoup de fruits et légumes comme les pêches, les abricots, les cerises, les oranges, les carottes, les brocolis et le fenouil, le bêta-carotène est un puissant antioxydant qui «piège» les radicaux libres, soupçonnés d’endommager nos cellules. D’après l’INCa, une alimentation «équilibrée et diversifiée» suffit à couvrir les besoins nutritionnels et il faut s’abstenir d’en consommer sous forme de suppléments alimentaires.

En effet, non seulement leur utilisation à fortes doses (de 20 à 30 mg/jour) «n’a pas d’effet protecteur sur le risque de divers cancers», mais les études montrent qu’elle augmente «significativement» le risque de cancer du poumon chez les personnes exposées à des agents cancérogènes, notamment les fumeurs.

Pour en savoir plus
• Institut national du cancer: Nutrition et prévention des cancers: des connaissances scientifiques aux recommandations
• Fonds mondial de recherche contre le cancer
• La santé par le plaisir de bien manger: la médecine préventive au quotidien, Richard Béliveau et Denis Gingras, Trécarré, 2009
• Anticancer: prévenir et lutter grâce à nos défenses naturelles, David Servan-Schreiber, Robert Laffont, 2007

Du vin chaque jour? Entretien avec Richard Béliveau

Boire un peu de vin chaque jour nuit-il à la santé? Oui, soutient l’INCa, car les risques de cancer augmentent dès le premier verre d’alcool et «quel que soit le type de boisson alcoolisée», y compris le vin. Oui, confirme une importante étude de l’Université d’Oxford menée durant sept ans auprès de 1,3 million de femmes au Royaume-Uni, dont la majorité ingérait 10 g d’alcool par jour, soit l’équivalent d’un verre de vin.

Bien que peu élevée, cette consommation serait à l’origine de 13 % des cancers du sein, du foie, du rectum, de la bouche et de la gorge, concluent les chercheurs britanniques – pour le cancer de la bouche, le risque augmentait de 29 %, et jusqu’à 44 % pour celui de la gorge.

Propriétés anticancéreuses

Alors faut-il vider toutes nos bonnes bouteilles… au fond de l’évier? «Certainement pas», commente Richard Béliveau (photo), docteur en biochimie et chercheur au service d’oncologie de l’Hôpital général juif de Montréal.

Il explique: «Il est évident qu’une consommation excessive d’alcool, par exemple le fait de se soûler en dehors des repas, induit des cancers. Mais le rapport de l’INCa et l’étude d’Oxford ont constaté une augmentation spectaculaire des risques de cancer des voies aérodigestives supérieures [bouche, gorge, larynx, œsophage] uniquement chez les fumeurs actifs. De plus, l’étude d’Oxford a été réalisée sur une population à risque, en raison de sa sédentarité et d’un régime pauvre en végétaux et trop riche en graisses. En réalité, si vous ne fumez pas ou si vous êtes un ancien fumeur, les risques ne sont pas significatifs.»

Au contraire, M. Béliveau relève que la consommation modérée d’alcool au moment des repas – d’un à deux verres pour les hommes, un verre pour les femmes – est associée à une réduction du risque de 10 à 30 % de certains cancers (thyroïde, rein et lymphome non hodgkinien), ainsi qu’à une baisse d’environ 30 % du taux de mortalité par maladies cardiovasculaires.

De même, boire un ou deux verres de vin rouge par jour permettrait de réduire de 50 % la probabilité de souffrir de la maladie d’Alzheimer. En effet, le vin rouge n’est pas une boisson alcoolisée comme les autres, explique Richard Béliveau. Contrairement au blanc, on le fabrique en conservant la peau du raisin. Or, au cours du processus de fermentation, celle-ci libère de nombreux polyphénols. Et l’une de ces molécules, le resvératrol, possède des propriétés anticancéreuses, en plus d’avoir une action bénéfique sur le système cardiovasculaire.

Pas un alcool comme les autres

Cela dit, l’alcool joue bel et bien un rôle dans le développement de cancers, tels que celui du foie, de la bouche ou du côlon, y compris chez les non-fumeurs, signale M. Béliveau. «Mais on note une différence importante entre l’alcool et le vin rouge, précise-t-il. Par exemple, alors que celui-ci n’a aucun effet sur le risque de cancer du foie, les autres sortes d’alcools l’accroissent de 30 %. Le seul cancer qui augmente légèrement chez les non-fumeuses, qu’elles boivent de l’alcool ou du vin rouge, est celui du sein.»

Que faut-il en conclure? Richard Béliveau et nombre d’autres chercheurs et médecins estiment que la réponse de l’organisme à l’alcool dépend en grande partie du contexte alimentaire. Selon eux, on ne peut donc mettre sur le même plan la consommation quotidienne d’un ou deux verres de vin dans le cadre d’un régime diversifié riche en oméga-3, en fruits, en légumes et en légumineuses – soit un régime de type méditerranéen – et celle qui est associée à une nourriture grasse, au tabac ou à un mode de vie sédentaire.

Autrement dit, comme le soulignait récemment le professeur David Servan-Schreiber dans une tribune libre publiée dans la presse, «c’est la synergie de nos habitudes, bonnes ou mauvaises, qui semble déterminante pour le développement des tumeurs».

Illustration: Mélanie Giguère-Gilbert. Photo: Robert Etcheverry

Lire l'article
Test
14 crèmes solaires testées

Vous hésitez entre une crème solaire à écran chimique et une autre à écran physique, aussi appelée «crème solaire minérale»? Pour vous aider à choisir la meilleure lotion, nous avons testé 14 crèmes solaires à écran chimique de marques telles Equate, Coppertone et Banana Boat ainsi que 2 crèmes solaires à écran physique fabriquées par les entreprises québécoises Zorah et Attitude.

Lire l'article
Test
Seltzers : 29 produits évalués

Nos experts ont goûté à l’aveugle 29 seltzers, des eaux pétillantes alcoolisées aux saveurs fruitées, dont ceux de marque Bud Light, Coors, Noroi, Oshlag, Smirnoff, White Claw et plusieurs autres. Pour trouver les meilleures boissons à siroter sur votre terrasse cet été, voyez les résultats de notre test.

Lire l'article
Comment choisir un antimoustiques pour le corps?

Vous désirez barrer efficacement le chemin aux moustiques et aux tiques cet été. Or, quel répulsif choisir pour éviter les piqûres? DEET, icaridine, huile d’eucalyptus citronné, huile de soya, citronnelle, huiles essentielles, vêtements imprégnés de perméthrine : les produits sont nombreux, mais pas tous aussi efficaces les uns que les autres!

Lire l'article
Comment soulager les piqûres d’insectes et de moustiques

Si la plupart des piqûres et des morsures de moustiques sont bénignes, d’autres peuvent occasionner des démangeaisons, des douleurs ou des réactions cutanées. Pour les soulager, devriez-vous opter pour la glace, l’hydrocortisone, la calamine, la pramoxine ou la cétirizine? Tour d’horizon des ingrédients à privilégier.

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.