Qu’est-ce qui fait grimper le prix de l’essence?

Par Télé-Québec Mise en ligne : 13 septembre 2017

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Vous vous demandez où va l’argent que vous dépensez pour acheter un litre d’essence ? Voici comment vos précieux dollars sont partagés.

La taxation

C’est LE gros morceau. À Montréal, du 12 septembre 2016 au 12 septembre 2017, les taxes représentaient en moyenne 41 % du prix à la pompe, selon la Régie de l’énergie du Québec. C’est environ deux fois plus que le total des marges de raffinage et de détail.

Les consommateurs paient jusqu’à cinq taxes :

  • Taxe d’accise fédérale (10 cents le litre). Bonne nouvelle : elle est fixe et n’augmente pas en fonction du prix du litre d’essence ;
     
  • Taxe sur les carburants provinciale ou TCP (19,2 cents le litre). Elle est réduite dans certaines régions éloignées des dépôts d’essence, où ce produit coûte déjà plus cher en raison des frais de transport plus élevés ;
     
  • Supplément de la TCP dans certaines villes, comme Montréal, pour financer le transport collectif (3 cents le litre) ;
     
  • TPS (5 %) et TVQ (9,975 %). Mauvaise nouvelle : ces taxes s’appliquent… sur les autres taxes.

Marges de profits

Les raffineurs et détaillants se paient, afin de couvrir leurs frais et dégager un profit. En 2016-2017, selon la Régie de l’énergie, la marge de raffinage était en moyenne de 14 % et la marge de détail de 7 %.

Mais jusqu’où iront certains détaillants pour la gonfler ? La collusion, souvent évoquée mais ardue à démontrer, s’est retrouvée au coeur d’une saga juridique de dix ans. Au rang des défendeurs, 56 pétrolières, distributeurs et détaillants de l’Estrie, soupçonnés de s’être entendus pour fixer le prix de l’essence. En mai 2017, une entente à l’amiable a mené à un versement de 17 millions de dollars dans le cadre d’un recours collectif lié à ces agissements.

Le prix du brut

C’est LA grande variable qui fait bouger les prix, d’autant plus que le Québec importe la totalité de son pétrole brut. Toujours selon la Régie de l’énergie, le prix du pétrole brut représentait en moyenne 38 % du prix du litre d’essence en 2016-2017.

Le prix du baril de pétrole varie en bourse en fonction de l’offre et la demande. Des catastrophes naturelles peuvent aussi faire grimper les prix à la pompe. En forçant la fermeture de nombreuses raffineries au Texas, l’ouragan Harvey a par exemple fait bondir le prix du litre de plus de 10 cents au Québec.

Les guerres, comme celle d’Irak ou de Syrie, peuvent également faire monter les prix. En augmentant l’offre, la production de pétrole de schiste aux États-Unis ou la levée de l’embargo contre le pétrole iranien font, au contraire, baisser les prix.

Si vous tenez vraiment à voir venir la prochaine flambée des prix, c’est donc du côté de la météo et de la géopolitique qu’il faut regarder !

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