Le chemin du deuil

Article d'un partenaire
de Protégez-Vous

Par Fédération des coopératives funéraires du Québec Partenaire de Protégez-Vous Mise en ligne : 07 mars 2018

Photo: François Lafrance pour la FCFQ

Photo: François Lafrance pour la FCFQ

Amorcer un travail de deuil peut être douloureux. Heureusement, il y a des outils. Chantal Verdon, chercheuse spécialisée au niveau du deuil, en connaît plus d’un.

Comment se traduit l’état de choc qui suit l’annonce du décès?

Tout est au ralenti, on se sent engourdi, on n’entend plus rien, l’information ne passe pas et il est difficile de répondre aux questions. Il y a une panoplie de réactions physiques et physiologiques qui se créent, par exemple le cœur se débat, la respiration est accélérée, on a un bourdonnement dans la tête, des trous de mémoire, et les paroles ne sortent pas dans le bon ordre.

Certaines personnes se mettent sur le pilote automatique. Il y a tellement de choses à faire : appeler tout le monde, faire les démarches funéraires, régler ce qui entoure le testament.

Souvent, l’état de choc est combiné au déni où on ne réalise pas ce qui vient d’arriver. Tous les deux sont des mécanismes de protection. Et lorsque cet état prend fin, le travail de deuil peut commencer.

En quoi consiste le travail de deuil?

Je dirais que c’est comme une balle de laine multicolore et pleine de nœuds qu’il faut démêler. Il s’agit de choisir comment on va classer les bouts de ficelles : par couleur ou par grandeur? Ensuite, on doit identifier les thèmes autour de chacun ainsi que l’histoire qu’il y a derrière.

C’est un travail qui se retrouve aussi dans l’art de faire des listes. Ce que j’aurais voulu dire et qui n’a pas été dit. Ce que je n’ai pas eu le temps de faire avec la personne décédée. Ce que j’ai aimé… Il y a une infinité de listes possible pour démêler tout ça dans sa tête et dans son cœur, et faire ainsi la paix avec des bribes d’histoires.

Le deuil peut également prendre l’allure d’une montagne à gravir : choisir les chemins pour s’y rendre, s’asseoir par terre pour prendre une pause, se rendre compte qu’il y a des embûches, que ce serait peut-être mieux de tourner à gauche. Aller chercher de l’aide quand la côte est trop abrupte, qu’on est essoufflé, ou qu’on a le goût d’arrêter. Se faire accompagner.

En fait, c’est un travail qui demande de s’investir. On ne pourra jamais grimper la montagne si on ne commence pas à marcher. Et on ne démêlera jamais notre balle de laine si on ne voit pas qu’il y en a une devant soi. Le rythme et les thèmes à aborder vont être différents d’une personne à l’autre, et il y a autant de façon de vivre un deuil que d’êtres humains sur terre.

Quels sont les repères qui permettent de dire qu’un deuil est normal?

Trop rapidement, les personnes en deuil veulent des résultats, parce que leur entourage s’attend à ce qu’elles aillent mieux le plus vite possible, qu’elles retournent travailler et qu’elles reprennent leurs habitudes de vie. Mais pour la plupart des gens, ça ne se passe pas comme ça.

Avant tout, il est important de prendre le temps de vivre son deuil. Je parle ici de vivre un deuil et non de faire son deuil. Un deuil, ça se passe beaucoup dans l’être, dans la réflexion, dans l’adaptation.

C’est quelque chose qui bouge : on oscille entre l’état de deuil où s’entrecroisent le chagrin, la colère et les symptômes dépressifs, pour ensuite aller vers l’autre sphère où la personne endeuillée se réinvestit dans la vie. Cette oscillation de l’un à l’autre peut se faire plusieurs fois dans une même journée, ou encore rester bloquée pendant un mois.

Tant que le deuil est en mouvement, qu’il y a des réactions, qu’on peut prendre des pauses, manger, dormir et répondre à ses besoins usuels, c’est un signe que le deuil est sain. Ça ne veut pas dire pour autant que c’est facile.

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