Apaiser le dernier souffle

Article d'un partenaire
de Protégez-Vous

Par Fédération des coopératives funéraires du Québec Partenaire de Protégez-Vous Mise en ligne : 14 mai 2018 Photo de François Lafrance, pour la FCFQ.

Photo de François Lafrance, pour la FCFQ.

« Elle a levé les yeux vers moi et m’a dit : Est-ce que je suis en train de mourir? » - Marina Orsini nous parle du décès de sa mère.

Ma mère habitait près de chez nous, de l’autre côté de la rue. On a toujours été très proches. On a beau savoir que logiquement nos parents vont mourir avant nous, on n’est jamais vraiment préparé à ça. Quand ma mère est morte, c’est là que j’ai compris qu’un jour j’allais mourir. Je le savais, mais ce n’était pas vraiment intégré.

Ça fait quatre ans qu’elle est décédée, quatre ans que je ne l’ai pas vue alors que je la voyais tout le temps. Elle traversait la rue pour venir souper ou c’est moi qui allais chez elle. Quatre ans, et je me dis encore que ça ne se peut pas. Ma mère était toujours sur une patte, elle avait plein de projets, elle aimait la vie et elle ne voulait pas mourir. C’était une force de la nature. Elle avait 75 ans quand elle est morte, mais elle avait l’air d’une femme de 60 ans. Une magnifique femme d’ailleurs. C’est extrêmement difficile de voir quelqu’un comme elle qui diminue sous tes yeux tous les jours.

J’ai eu la chance d’être bien entourée par ses trois sœurs, son frère et mon amie Pauline. Ils me donnaient un coup de main au niveau des horaires. Une chance que j’ai eu de l’aide, parce que je pense qu’on m’aurait donné un lit à côté d’elle.

Mais au bout de six mois, j’ai quand même dû consulter. J’avais besoin de comprendre des choses parce que je voulais être une aidante efficace. Nous étions toutes les deux fortes de caractère et j’avais besoin de m’outiller autrement si je voulais qu’on traverse ça ensemble. Je suis donc allée voir une psychologue spécialisée dans le deuil, ce qui, en soi, était déjà spécial. À force de parler avec elle du lien qui nous unissait ma mère et moi, elle a fini par me dire : Imagine que tu es dans une voiture. C’est toujours toi qui as été derrière le volant alors que ta mère était à tes côtés. Aujourd’hui, tu es dans une phase où c’est ta mère qui est derrière le volant et toi dans le siège du passager. Tu dois respecter son rythme, ses besoins, ses limites.

La plus belle chose que je pouvais donner à ma mère, c’était d’être là, avec elle, dans les silences, les rires, ou encore dans nos différences. Et malgré cette terrible période où on en voulait à la vie, où il nous arrivait d’être indignées, frustrées et enragées, on a vécu des choses vraiment exceptionnelles. Elle m’appelait son ange… elle me faisait tellement confiance.

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