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Violence et abus envers les aînés: comment porter plainte?

Par Protégez-Vous Mise en ligne : 05 mai 2016

Même si les cas de violence envers les aînés sont plus dénoncés qu'autrefois, franchir le pas demeure difficile. Voici quelques pistes pour reconnaître la maltraitance et la dénoncer si vous en êtes témoin, ou victime.

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Photo: Shutterstock

Les aînés se ­sentent souvent vulnérables et isolés, et plusieurs hésitent longtemps avant de briser le silence lorsqu'ils sont victimes de violence. Quelle que soit la forme de la maltraitance, les victimes, dans bien des cas, ont honte et souvent très peur.


La maltraitance envers les aînés peut se présenter sous différentes formes:

• L’abus physique est défini comme toute forme de violence touchant l’intégrité physique de la personne. Par exemple: recevoir des coups, des tapes, se faire pousser ou bousculer, se faire lancer des objets, se faire serrer les bras, se faire rudoyer, attacher à un lit ou à un fauteuil, etc.

• L’abus psychologique touche pour sa part à l’intégrité émotionnelle, par des actes comme se faire parler durement, recevoir des menaces, des propos blessants, dénigrants ou infantilisants, se faire ridiculiser ou humilier verbalement.

• L’abus sexuel comprend le harcèlement sexuel (verbal ou physique), les attouchements, le viol et tout autre acte lié à la sexualité et pour lequel la personne n’a pas donné ou ne peut pas donner son consentement en raison de sa vulnérabilité.

• L’abus financier concerne les biens de la personne. On parle ici d’actes comme la fraude, le vol d’argent ou de biens, la manipulation visant à soutirer de l’argent aux victimes, l’utilisation frauduleuse de leurs cartes bancaires ou l’emploi de tout moyen de pression concernant un héritage ou la gestion de leurs finances.

• La négligence, enfin, est définie comme toute omission de poser un acte ou de répondre à un besoin reconnu de la personne âgée (que cela soit volontaire ou non).

Pour les personnes âgées victimes d’une ou de plusieurs formes d’abus, qu’il s’agisse d’un geste isolé ou récurrent, il y a toujours des conséquences. Ces agressions génèrent chez elles une multitude d’émotions négatives comme de la peur, de l’anxiété, de la détresse psychologique, de la confusion, de la honte, de l’incompréhension et de l’insécurité.

Dans les cas où la maltraitance se répète dans le temps, la victime peut ressentir une baisse de son estime personnelle, se replier sur elle-même et même s’isoler complètement. Ce type de situation conduit parfois à la dépression et au suicide. Les abus physiques ou sexuels graves laissent souvent des traces physiques sur le corps (fractures…). Et les abus financiers mènent à la perte de sources de revenus, d’épargnes ou de biens matériels et laissent les victimes dans une grande insécurité pour l’avenir.

Briser le silence et porter plainte

Prendre la décision de dénoncer la personne qui nous maltraite n’est jamais un choix facile et vient souvent bouleverser notre entourage. Bien qu’il puisse sembler relativement plus aisé de dénoncer quelqu’un que l’on ne connaît pas, les abus, qu’ils soient commis par un étranger ou un proche, emmènent souvent avec eux le sentiment d’être anéanti! Dénoncer une personne qui nous agresse dans la rue, vole notre sac à main ou encore nous fraude financièrement, n’est pas une mince tâche pour un adulte et en bonne santé. Alors, imaginez une personne âgée vulnérable.

Certes, les choses deviennent encore plus bouleversantes lorsque la maltraitance subie vient d’un proche. Il n’est malheureusement pas rare que les aînés soient maltraités par leur conjoint, un de leurs enfants ou petits-enfants, un neveu ou une nièce, un ami ou une connaissance intime. Dans ces cas, bien sûr, la victime sait qui est la personne qui la maltraite, mais le lien affectif qui les lie rend la situation intensément plus complexe.

Comment admettre que cette personne, qui normalement devrait veiller à notre bien-être, puisse causer cette souffrance? La victime vit un véritable déchirement, car elle doit choisir entre subir la maltraitance ou dénoncer quelqu’un qu’elle aime. Or, il est crucial d’agir, car ces formes d’abus sont le plus souvent répétitives et tendent à s’aggraver avec le temps.

Ici, un confident s’avère d’une grande aide. Un proche ou un intervenant qui connaît votre situation saura vous donner soutien, force et courage et aussi vous aider à poursuivre vos démarches.

Commencez en vous informant d’abord de vos droits, de vos recours et de ce qui arrive à la suite d’une plainte. Vous pouvez contacter la ligne Aide Abus Aînés pour recevoir du soutien et vous faire guider dans les démarches à entreprendre pour porter plainte.

Il faut aussi bien se préparer. Réunissez les faits (moment où il y a eu un épisode d’abus, qui l’a commis, ce qui s’est déroulé, de quelle façon, les actions répétées s’il y a lieu avec les moments précis et les actions exactes pour chaque événement). Notez tout pour ne rien oublier.

Puis, dirigez-vous vers les autorités pouvant recevoir votre plainte. Lors de cette étape importante, faites-vous accompagner! C’est le service de police qui reçoit les plaintes liées aux abus et à la maltraitance. Vous devrez suivre la procédure officielle qu’on vous expliquera. C’est ici que vous donnerez votre témoignage. Les policiers sui­vront par la suite le dossier de la plainte et vous aviseront de la suite des choses. Il se peut que des accusations soient portées et que vous soyez appelé à témoigner en cour plus tard. Vous pourrez vous préparer pour cela en temps et lieu.

Dans le cas de fraude financière, vous pouvez porter plainte à l’Autorité des marchés financiers (1 877 525-0337).

Trouver de l’aide


Bien sûr, le fait d’être victime de maltraitance peut ébranler votre confiance dans les gens. Et pourtant, si vous voulez que ça arrête, il faut commencer par en parler à une personne en qui vous décelez une loyauté et une sincérité à votre égard. Ce peut être votre médecin, une infirmière, une travailleuse sociale ou tout autre intervenant d’une clinique médicale, d’un hôpital, d’un CLSC, d’un centre de jour ou d’un organisme communautaire. Vous pouvez aussi contacter directement le service de police ou le CLSC de votre secteur pour recevoir du soutien et de l’aide.

Si vous n’êtes pas certain, vous pouvez consulter le plan du gouvernement provincial sur la maltraitance envers les aînés. Vous pouvez aussi appeler une ligne d’entraide téléphonique qui vous accordera écoute et soutien. La ligne Aide Abus Aînés (1 888 489-2287), par exemple, est un service provincial gratuit, accessible à tous et en tout temps. Il offre de l’écoute, du soutien, des conseils, des références et des pistes de solution pour contrer les abus.


Ressources utiles

Cet article écrit par Pascale Laprise, travailleuse sociale, a initialement été publié dans notre guide pratique «Aide aux aînés» écrit en partenariat avec l'Institut universitaire de gériatrie de Montréal. Pour consulter la liste des guides que vous pouvez vous procurer, rendez-vous dans notre boutique.

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