Votre navigateur n'est plus à jour et il se peut que notre site ne s'affiche pas correctement sur celui-ci.

Pour une meilleure expérience web, nous vous invitons à mettre à jour votre navigateur.

Vaccins contre la COVID-19 et risques de thrombose en six points

Par Marie-Eve Shaffer
vaccins-az-jj-2

Les vaccins conçus par AstraZeneca et Johnson & Johnson suscitent de nombreuses craintes et questions depuis qu’ils sont associés à de très rares cas de thrombose. Quels sont les risques? Sont-ils les mêmes, peu importe le sexe ou l’âge? Protégez-Vous répond à six questions sur le sujet.

1. Les inquiétudes sont-elles justifiées?

Le lien entre les vaccins d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson et le développement de thrombose a été confirmé au début du mois d’avril.

Le vaccin d’AstraZeneca peut en effet provoquer la formation de caillots sanguins (thrombose) et une diminution de la quantité de plaquettes dans votre sang (thrombocytopénie).

«À la suite de la vaccination [avec le sérum d’AstraZeneca], notre corps peut produire des anticorps qui, plutôt que de nous défendre, vont s’attaquer aux plaquettes sanguines. Cela fait en sorte qu’on a moins de plaquettes et, paradoxalement, celles-ci s’agglutinent, ce qui peut créer des caillots sanguins. C’est une réaction auto-immune», explique le Dr Nicholas Brousseau, médecin-conseil à l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

En s’appuyant sur des données émanant des États-Unis, l’Agence européenne des médicaments a conclu que les mêmes complications peuvent survenir chez les personnes qui ont reçu le vaccin de Johnson & Johnson. Dans ce cas, le problème est théorique puisque, bien qu’il soit approuvé au Canada, aucune dose n’y a encore été distribuée.

Dans les cas recensés jusqu’à présent, les caillots se formaient le plus souvent dans une veine du cerveau (thrombose du sinus veineux cérébral) et, dans une moindre mesure, dans la région de l’abdomen (thrombose de la veine splanchnique). Des cas d’embolie pulmonaire et de thrombose artérielle ont aussi été rapportés.

L’Institut Paul-Ehrlich, en Allemagne, qui a examiné neuf cas de thrombose avec thrombocytopénie, a constaté que des patients ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca présentaient «plus d’un événement de thrombose», ce qui veut dit que plusieurs caillots obstruaient leurs vaisseaux sanguins.

2. Quels sont les symptômes d’une thrombose avec thrombocytopénie?

Les symptômes qui doivent être surveillés incluent des douleurs à la poitrine ou à l’abdomen ainsi qu’un sévère mal de tête. L’enflure des jambes et l’apparition de contusions sur le bras où le vaccin a été injecté sont d’autres signes indiquant qu’il faut consulter un professionnel de la santé.

Les symptômes d’une thrombose avec thrombocytopénie apparaissent généralement dans un délai de 4 à 20 jours suivant l’administration du vaccin à vecteur viral. Ils vous seront expliqués pendant votre rendez-vous de vaccination afin que vous puissiez donner un consentement éclairé, assure le médecin-conseil de l’INSPQ.

>> À lire aussi : Vaccins contre la COVID-19: 10 réponses à vos questions

3. Quel est le risque de développer une thrombose après avoir reçu un vaccin?

Le risque est très faible. Dans un échantillon d’un million de personnes ayant reçu le vaccin d’AstraZeneca, seulement quatre souffriront de complications liées à la formation d’un caillot de sang et à la diminution des plaquettes, d’après une étude de la Medicines and Healthcare products Regulatory Agency (MHRA) du Royaume-Uni.

L’Institut Paul-Ehrlich avance pour sa part qu’environ une personne vaccinée avec le sérum d’AstraZeneca sur 100 000 souffrira d’une thrombose avec thrombocytopénie.

En comparaison, le risque de thrombose est de :

  • 1 sur 100 000 avec le vaccin d’AstraZeneca;
  • 21 par 100 000 voyageurs après un voyage en avion de plus de 4 heures;
  • 90 à 100 par 100 000 femmes qui prennent des contraceptifs oraux;
  • 100 à 200 par 100 000 personnes dans la population en général.

Les autorités de santé publique, dont Santé Canada, l’Agence européenne des médicaments et l’INSPQ, assurent que les avantages du vaccin d’AstraZeneca l’emportent sur les risques. Dans un avis du Comité sur l’immunisation du Québec, il est rapporté qu’une personne âgée de 45 à 49 présente 20 fois plus de risque d’être hospitalisées après avoir contracté la COVID-19 que de développer une thrombose avec thrombocytopénie. Plus l’âge augmente, plus les bienfaits sont importants.

4. Quels sont les facteurs en cause?

La MHRA a constaté que les risques de thrombose étaient plus élevés chez les personnes âgées de 20 à 29 ans (1/100 000), mais que plus l’âge des patients augmentait, plus ils diminuaient.

«Les femmes sont également davantage touchées, mais elles ont été aussi plus nombreuses à recevoir le vaccin d’AstraZeneca, souligne le Dr Brousseau. Dans les prochaines semaines, on en apprendra plus, à savoir si le sexe constitue un facteur de risque significatif.»

Les personnes qui ont déjà fait une thrombose et celles qui sont sujettes à en souffrir – notamment les femmes qui prennent la pilule contraceptive et les fumeurs – ne seraient pas plus à risque de développer des complications graves après avoir obtenu un vaccin à vecteur viral, d’après le médecin-conseil de l’INSPQ.

«Cet effet secondaire arrive à la suite d’une réaction auto-immune, rappelle-t-il. Ce n’est pas le même mécanisme [qui entraîne une thrombose] chez la personne qui prend la pilule contraceptive. À l’heure actuelle, ce n’est pas un facteur de risque, mais il nous reste beaucoup à apprendre.»

Quant aux femmes enceintes, si le Comité sur l’immunisation du Québec a recommandé de ne pas leur administrer le vaccin d’AstraZeneca, c’est que davantage de données sur les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna sont disponibles. «Plus de 100 000 femmes enceintes les ont reçus aux États-Unis et aucun problème n’a été noté. On a plus de recul avec ces vaccins», mentionne le Dr Nicholas Brousseau.

La MHRA conseille aux femmes enceintes de discuter avec un professionnel de la santé pour évaluer si les bienfaits d’un vaccin à vecteur viral sont plus importants que les risques.

5. Les habitudes de vie peuvent-elles prévenir ces complications?

«On ne sait pas exactement ce qui cause cette réaction auto-immune, indique le Dr Brousseau. Si on souffre de cette complication, qu’on soit actif ou pas, ça risque de nous causer des problèmes de toute façon.»

6. Quels sont les traitements offerts?

Prendre un médicament anticoagulant en vente libre, comme l’Aspirinmd, ne vous permettra pas de soigner une thrombose avec thrombocytopénie. «Vu que c’est un mécanisme particulier qui provoque cette réaction, il faut un traitement particulier», précise le Dr Brousseau.

Si vous ressentez des symptômes, vous devez consulter un professionnel de la santé pour obtenir un médicament approprié qui éclaircira le sang, ainsi que des immunoglobulines, qui renverseront la réaction des anticorps contre les plaquettes sanguines.

Dans les cas les plus graves, les patients sont hospitalisés pendant quelques jours.

>> À lire aussi : Votre Apple Watch ou votre Fitbit peuvent-elles détecter la COVID-19?

Lire l'article
Cas vécu : une voiture « démonstrateur » est-elle neuve ?

Un couple a poursuivi avec succès son concessionnaire après avoir découvert que la voiture neuve qu’il venait d’acheter avait été utilisée à des fins de démonstration.

Lire l'article
Contrer le vol de vélos

Tout cycliste connaît les risques de se faire voler sa monture. Ce n’est pas une légende urbaine. À Montréal seulement, plusieurs milliers de vélos disparaissent chaque année. La plateforme Garage 529 permettra-t-elle de ralentir le fléau ? Portrait de la situation et astuces de prévention.

Lire l'article
Maisons neuves : des entrepreneurs haussent indument les prix

À quelques semaines, voire à quelques jours d’emménager dans leur propriété toute neuve, des consommateurs reçoivent un avis de l’entrepreneur leur demandant une somme d’argent supplémentaire pour couvrir la hausse des coûts de construction, sans que le contrat n’autorise une telle augmentation. Est-ce légal? Ont-ils des recours?

Lire l'article
Bris des transmissions automatiques Nissan : l’action collective de l’APA est autorisée

La Cour supérieure vient d’autoriser une importante action collective contre Nissan Canada qui vise la majorité des véhicules 2010-2019 livrés avec une transmission automatique à variation continue. La liste des modèles s’avère la plus complète parmi les nombreuses actions collectives canadiennes et américaines intentées contre Nissan pour ses transmissions problématiques.

  Ajouter un commentaire

L'envoi de commentaires est un privilège réservé à nos abonnés.

Il n'y a pas de commentaires, soyez le premier à commenter.