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Vaccins contre la COVID-19: 10 réponses à vos questions

Par Marie-Eve Shaffer
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Dans les prochains jours ou semaines, vous pourrez vous faire vacciner contre la COVID-19, si ce n'est déjà fait. Pourrez-vous choisir votre vaccin? Serez-vous protégé d’une infection? Quels seront les effets secondaires? Protégez-Vous répond à 10 questions fréquentes sur les sérums conçus pour atténuer les symptômes de la maladie.

*Ce texte est mis à jour régulièrement en fonction des annonces gouvernementales et des avancées scientifiques. Dernière mise à jour : 2 juin 2021.

1. Est-ce que je risque d’avoir des effets secondaires graves?

Plus de 50 % des personnes vaccinées ressentiront seulement une douleur au site d’injection, qui disparaîtra en quelques jours. Certaines seront plus fatiguées, auront mal à la tête ou feront de la fièvre dans les 48 heures suivant la vaccination.

Les études réalisées jusqu’à maintenant démontrent que les effets secondaires sont plus importants à la suite de l’injection de la deuxième dose.

Quant aux effets secondaires graves, ils sont généralement le résultat d’une réaction allergique. Si vous souffrez d’allergies ou si vous avez déjà fait une forte réaction allergique à la suite de l’administration d’un vaccin, consultez un professionnel de la santé avant de vous présenter dans un centre de vaccination.

Le vaccin d’AstraZeneca, qui est seulement dispensé aux personnes âgées de 45 ans et plus au Québec, semble être à l’origine de troubles de coagulation et de thrombose veineuse cérébrale. Ces complications sont très rares, soit environ un cas sur 100 000. Les autorités de santé publique ont malgré tout décidé, en mai 2021, que ce vaccin ne sera plus offert comme premier dose. Pour ceux à qui le sérum d’AstraZeneca a été administré lors de la première injection, il est recommandé de le recevoir de nouveau puisque les risques de complication sont plus faibles. Opter pour un vaccin à ARN Messager les augmenterait.

Pour ce qui est des réactions mortelles, il n’a pas été prouvé que le vaccin soit à l’origine de décès. L‘Institut norvégien de santé publique mentionne toutefois que «pour les personnes très fragiles et celles dont l’espérance de vie est très courte, les effets secondaires des vaccins, même relativement bénins, peuvent avoir de graves conséquences».

2. Si je suis vacciné, est-ce que je peux attraper la COVID-19?

Oui, vous pouvez contracter la maladie après avoir été vacciné. Cependant, votre organisme ayant développé une réponse immunitaire, vous risquez moins de souffrir de complications graves.

Les premiers vaccins qui ont été autorisés au Canada, soit ceux qui ont été conçus par Pfizer-BioNTech et Moderna, confèrent une efficacité respectivement de 95 et de 94,1 % après l’injection des deux doses. Après la première, elle se situe à environ 80 %, d’après l’Institut national de santé publique du Québec (INSPQ).

Le vaccin recombinant ChAdOx1-S, conçu par AstraZeneca et l’Université d’Oxford, offre une efficacité de 62 %. Quant à celui à vecteurs viraux de Johnson & Johnson, qui nécessite une seule dose, il prévient les symptômes de la maladie dans une proportion de 66 %.

«Ce ne sont pas des vaccins parfaits, indique le Dr Nicholas Brousseau, médecin-conseil à l’INSPQ. Il faut que les gens continuent à appliquer les précautions (distanciation physique, port du masque, lavage des mains, etc.). Si, dans les jours suivants la vaccination, les gens augmentent leurs contacts, ça peut poser problème parce que le vaccin n’aura pas eu le temps de faire effet.»

Les vaccins atteignent leur pleine efficacité de deux à quatre semaines après avoir été administrés, d’après l’INSPQ.

3. Dois-je me faire vacciner si j’ai contracté la COVID-19?

Oui. Même si vous avez été atteint de la COVID-19, vous avez avantage à recevoir le vaccin. Vous devez cependant attendre que vos symptômes aigus se résorbent et que vous ne soyez plus contagieux. Vous pouvez aussi attendre quelques semaines puisque vous êtes protégé pendant trois mois après la guérison.

4. Le Québec a rallongé l’intervalle entre les deux doses du vaccin. Dois-je m’en inquiéter?

Devant le nombre limité de doses dont elles disposent, les autorités de nombreux pays allongent le délai prescrit entre la première et la deuxième dose des vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna qui sont autorisés au Canada.

Pfizer-BioNTech recommande un intervalle de 21 jours entre les deux doses, alors que Moderna préconise un délai de 28 jours. Mais un avis de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un délai de 42 jours entre les deux injections. Pour le vaccin d’AstraZeneca, une période d’au plus 12 semaines peut séparer l’administration des deux doses.

Dans un premier temps, Québec a choisi d’attendre de 42 à 90 jours avant d’administrer la deuxième dose du vaccin. Au mois de mars 2021, il a décidé d’étirer ce délai à quatre mois. Il s’appuie entre autres sur un avis du Comité sur l’immunisation au Québec (CIQ) indiquant que, «de manière générale, des intervalles rapprochés pour des vaccins nécessitant plus d’une dose ne génèrent pas une réponse immunitaire optimale et un allongement de l’intervalle entre la première et la deuxième dose permet d’obtenir des taux d’anticorps sériques plus élevés, une protection plus grande et surtout de plus longue durée».

L’étude de l’INSPQ, qui démontre que l’efficacité des vaccins de Pfizer-BioNTech et Moderna atteint 80%, a également encouragé le gouvernement du Québec à retarder l’administration de la deuxième dose.

5. Est-ce que je peux choisir le vaccin qu’on m’injectera?

Non. Les autorités de santé publique organisent la distribution des vaccins selon les exigences de chacun.

Le vaccin de Pfizer-BioNTech doit être conservé dans des réfrigérateurs à une température de -70C, ce qui fait qu’il est utilisé dans les grands centres de vaccination. Celui de Moderna est plus facilement déplaçable puisqu’il doit être entreposé dans un environnement maintenu à -200C. Il en est de même pour les vaccins d’AstraZeneca et Johnson & Johnson qui doivent être placés dans des réfrigérateurs dont la température oscille entre 20C et 80C. Ainsi, il n’y a qu’un seul vaccin disponible dans chaque centre de vaccination.

En ce qui concerne le vaccin d’AstraZeneca, qui pourrait être à l’origine de troubles de coagulation et de thrombose veineuse cérébrale, les rendez-vous au cours desquels il doit être administré sont annoncés dans le site internet Clic Santé.

Notez que vous pouvez toujours refuser un vaccin.

6. Qu’arrive-t-il si on m’injecte deux doses de deux vaccins différents?

En s’appuyant sur des études internationales, le Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI) a émis des recommandations sur l’interchangeabilité des vaccins contre la COVID-19. Dans la mesure du possible, vous devez recevoir deux fois le même vaccin, mais si cela est impossible, il y a des options.

Les vaccins de Pfizer-BioNTech et de Moderna s’appuient sur la même technologie, soit celle de l’acide ribonucléique messager (ARN messager). Ils permettent de produire la même protéine pour se protéger contre la COVID-19, explique le Dr Brousseau.

À l’occasion de votre deuxième rendez-vous de vaccination, vous pouvez opter pour un autre vaccin à ARN messager, mais vous ne pouvez pas recevoir un vaccin à vecteur viral comme celui d’AstraZeneca.

Aux États-Unis, les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) préconisent l’injection de deux doses du même vaccin à ARN messager, mais avancent qu’il est possible d’administrer une dose de chaque vaccin dans le cas, par exemple, où l’un d’eux serait épuisé.

Pour les personnes qui ont reçu le vaccin d’AstraZeneca comme première dose, il est possible d’obtenir un sérum à ARN messager au deuxième rendez-vous de vaccination. Une étude de l’Université d’Oxford indique toutefois que les effets secondaires sont plus importants (fièvre, maux de tête, fatigue, etc.) si un vaccin à ARN messager est administré comme deuxième dose, que si l'on reçoit deux doses du même vaccin.

7. Quand pourrai-je me faire vacciner?

Le gouvernement du Québec a déterminé les groupes qui doivent être vaccinés en premier, comme les personnes vivant dans des centres d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) et les travailleurs de la santé. Vous pouvez ainsi savoir où vous vous situez dans l’ordre de vaccination.

Quant à savoir le moment exact où vous serez vacciné, notez que la campagne de vaccination dépend de l’approvisionnement des vaccins. Le ralentissement des livraisons au mois de janvier a bousculé le calendrier de vaccination qui avait été produit au Québec au début de l’année. La vaccination grand public a débuté le 1er mars, avec les personnes âgées de 85 ans et plus qui ne vivent pas en résidence.

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau, maintient pour sa part que toutes les personnes qui voudront se faire vacciner pourront le faire d’ici la fin du mois de septembre [2021]». Le gouvernement de François Legault prévoit pour sa part que tous ceux qui veulent être vaccinés pourront recevoir une première dose d’ici le 24 juin 2021.

8. Est-ce que les vaccins autorisés par Santé Canada sont efficaces contre les variants?

Un variant voit le jour lorsque le virus se reproduit et que sa séquence génétique est modifiée. Des centaines de variants du virus SARS-CoV-2 ont été répertoriés par l’OMS depuis le début de la pandémie, mais, à ce jour, seulement quatre retiennent particulièrement l’attention des autorités de santé publique.

Les variants du Royaume-Uni, de l’Afrique du Sud, du Brésil, du Nigéria et de l'Inde permettent au virus de se transmettre plus rapidement d’une personne à l’autre. Et, d’après les CDC, le variant britannique (B.1.1.7) augmenterait le risque de décès, alors que celui de l’Afrique du Sud (B.1.351) résisterait aux vaccins autorisés, tout comme celui du Nigéria (B.1.525) et possiblement celui de l’Inde (B.1.617). Quant au variant du Brésil (P.1), il pourrait infecter une même personne plus d’une fois.

Les compagnies pharmaceutiques ont réalisé des tests pour s’assurer de l’efficacité des vaccins devant la menace des variants. Moderna soutient que la protection conférée par son vaccin est inchangée devant le variant britannique, mais qu’elle est diminuée contre celui de l’Afrique du Sud. Elle doit poursuivre ses recherches à ce sujet.

Le vaccin de Johnson & Johnson semble aussi moins efficace contre le variant de l’Afrique du Sud.

Le consortium formé de Pfizer et Biotech, pour sa part, assure que son vaccin est efficace contre les variants et qu’il n’est pas nécessaire d’en développer un nouveau. Il demeure toutefois à l’affût des nouveaux variants qui pourraient émerger.

Quant à AstraZeneca et l’Université d’Oxford, ils espèrent pouvoir fournir un vaccin de deuxième génération, qui serait en mesure davantage en mesure de lutter contre les variants.

9. Est-ce que les vaccins à ARN messager peuvent modifier mon code génétique?

Non. Les vaccins à ARN messager ont comme mission d’inciter votre organisme à produire une protéine qui se trouve à la surface du virus et qui s’accroche à vos cellules. Dès que l’ARN contenu dans le vaccin a indiqué à votre système immunitaire de se mettre en mode combat, il disparaît, comme l’illustre cette vidéo du quotidien Le Monde. Ainsi, il n’a pas accès au noyau de vos cellules et, ultimement, à votre ADN.

10. Est-ce que je serai protégé pour une longue période?

«C’est la grande question», répond le Dr Nicholas Brousseau. La campagne de vaccination n’ayant commencé qu’au mois de décembre 2020, il est trop tôt pour connaître la durée de protection des vaccins. On en saura davantage dans les mois à venir.

>> Lire tous nos textes sur la COVID-19.

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